Correspondance de Flaubert
Flaubert à Ivan Tourgueneff, Croisset, 05 février 1879
Notice

 

À IVAN TOURGUENEFF

 

[Croisset, 5 février 1879.]

mercredi, 5 heures

 

Merci de votre télégramme, mon cher ami. Je viens de vous en envoyer un autre, qui précédera ce billet.

J'ai mis de côté un sot orgueil, et j'accepte. Car avant tout il ne faut pas crever de faim, ce qui est une sotte manière de crever.

Maintenant je voudrais bien savoir ce qui en adviendra, et si je peux compter sur cette place. J'ai peur que Ferry n'ait ses protégés et que, la chose étant connue, des compétiteurs ne me démolissent. Avant votre départ, tâchez que j'aie un moyen de savoir à quoi m'en tenir positivement.

Je voudrais déjà que vous fussiez revenu de Russie. Votre visite m'a été bien douce. D'ailleurs, c'est à votre tendre éloquence que je dois ma détermination sensée.

Je vous embrasse comme je vous aime, c'est-à-dire fortement.

Votre vieux

Gve Flaubert