Correspondance de Flaubert
à Chilly Charles de, Paris, 15 octobre 1869
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À CHARLES DE CHILLY

 

[Paris, 15 octobre 1869.]

 

Mon cher ami

Vous recevrez, par le même courrier la une lettre où je vous accuse réception de la vôtre comme nous en étions convenus.

Depuis mercredi j'ai reçu de Me Sand une lettre exquise où elle m'offre carrément de me céder son tour. Mais je sais que ce sacrifice la gênerait et je l'ai refusé.

Puisqu'il n'y a pas moyen de se débarrasser du Latour St Ybars, il faut bien en passer par là. – Mais la repr remise d'Aïssé est une chose déplorable. Soyez-en convaincu ! J'attendais qu'elle fût jouée pr vendre le volume de vers – pr placer le Château des coeurs (une gde pièce fantastique faite en collaboration avec moi – & que je retravaille maintenant) – pr présenter encore trois pièces en prose inédites. & pr faire un traité avec Lévy un traité relatif à une édition complète des œuvres de Bouilhet. Je me suis chargé de ses affaires et j'ai l'air de les perdre. Son héritier peut m'accuser de négligence.

Par la position où je me trouve il me faut souhaiter l'insuccès de Latour St Ybars qui est un très galant homme et celui de Me Sand qui est mon amie ! Cela est intolérable ! – à qui la faute ?

Si Aïssé n'est jouée qu'en mars j'ai peur que Berton ne soit fatigué ?

À quel chiffre arrêtez-vous les recettes ?

J'espère vous rencontrer demain en allant à l'enterrement du pauvre Ste-Beuve ou après l'enterrement.

 

Une bonne poignée de main de votre

Gve Flaubert

 

Vendredi matin.