Correspondance de Flaubert
à Collier-Tennant Gertrude, Croisset, 27 juin 1877
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À GERTRUDE TENNANT

 

[Croisset, 27 juin 1877.]

Croisset, près

Rouen (Seine inférieure)

 

Je vous remercie bien, ma chère Gertrude, de votre exactitude à me répondre & de vous être occupée de nos affaires. – Si Mr Rolt voulait examiner sérieusement la chose je suis sûr qu'elle lui conviendrait. Car l'entreprise est excellente. (Commanville n'a plus guère besoin maintenant que de deux cents mille fr. – c'est peu. & pr nous, c'est tout.) – Je me recommande pr activer son zèle, à votre bonne amitié et à celle du au souvenir de Clarence.

Quant à la politique de la France, d'ici à quatre mois, il n'y aura rien. – Les élections renverront les mêmes députés. Mac-Mahon donnera sa démission, & nous aurons pr Président le père Thiers. Voilà ce qui arrivera, très probablement.

Donnez-moi qqfois de vos nouvelles. Je pense à vous si souvent ! ma chère Gertrude !

Comme j'aurais besoin de causer avec vous et de vous dire un tas de choses, qui ne peuvent s'écrire !. – Ma vie n'est pas drôle – j'en escamotte des amertumes à force de travail. – & je vous souhaite tout le bonheur que je n'ai pas – que je n'ai jamais eu.

Caroline vous remercie de votre bon souvenir. (Elle est maintenant près de moi.

Tout à vous du fond de l'âme

votre vieil ami

Gve Flaubert