Correspondance de Flaubert
Destinataire inconnu, Croisset, 18 juin 1867
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À X***

 

[Croisset, 18 juin 1867.]

 

Mon cher confrère

Votre demande m'honore trop pour que je n'y réponde pas de la manière la plus catégorique.

Me Bovary a une longue histoire je parle du livre.

J'avais à cette époque-là (1856) des amis très intimes à la Revue de Paris. Le ms [manuscrit] après qques discussions a été imprimé intact jusqu'à la 3e partie. – Mais vous trouverez au commencement de la 4e une note aigre-douce que la rédaction & moi, nous échangeâmes.

C'est cette note-là qui a tiré l'œil de la censure & qui m'a valu mon Procès. Le plaidoyer de Senard fut splendide & dura sept heures.

L'avocat général Pinard m'avait trépigné pendant deux heures. Bref nous avons été acquittés. Les considérants qui me regardent sont curieux. (Février 1857.)

Puis s'en est suivi un déluge d'articles.

Quelqu'un de chez moi a gardé plusieurs de ces feuilles. (Cela fait un tas énorme.) – Voulez-vous que je vous les envoie ? –  à charge de me les renvoyer ?

C'est pour vous que j'écris, cher Monsieur. C'est-à-dire pour les amis inconnus. Je suis donc entièrement à votre service

et je vous serre les deux mains

Gve Flaubert

 

Croisset près Rouen.

18 juin 67.