Correspondance de Flaubert
à Duplan Jules, Croisset, 07 mai 1863
Notice

 

À JULES DUPLAN

 

[Croisset, 7 mai 1863.]

Jeudi soir

 

Mon bon vieux,

[...] J'ai lu ton travail une fois, et je veux le lire une seconde, quand ma première impression sera un peu effacée. Les deux derniers actes sont amusants. Voilà ce qu'il y a de sûr. Je trouve dans les premiers un peu de trouble ? trop d'explications relatives à des faits antérieurs et puis les scènes ont trop la même valeur. Il n'y en a pas de grandes et de petites. Cela sent le livre. Tu t'es tenu trop près du roman sans doute ? . . . Je ne suis guère compétent en matière théâtrale. Tu ferais bien de consulter Monseigneur qui est un homme plein de bons conseils. [...]

Je n'ai pas encore pris de parti. Je flotte toujours entre mes deux bonshommes et mon roman parisien. C'est celui-là qui m'occupe le plus. Mais je n'avance guère. Il me vient des détails mais l'ensemble m'échappe. Je ne suis pas prêt de me mettre à écrire et je m'ennuie démesurément... [Flaubert parle de ses lectures et de Thiers qui] me fait rugir. Quel Prudhomme !