Correspondance de Flaubert
à Sainte-Beuve Charles Augustin, Lieu non indiqué, 23 décembre 1862
Notice

 

À CHARLES SAINTE-BEUVE

 

[Paris, avant le 23 décembre 1862.]

 

[Brouillon]

 

Lundi

1.


Mon cher Maître

Votre troisième & dernier article sur Salammbô m'a radouci. Je ne vous ai jamais bien voulu & je vous serre les mains derechef Je n'ai jamais été bien furieux. Qq amis des (ceci est une confidence) Mes amis les plus intimes et non pas moi ont pu être se sont un peu irrités des deux autres. Mais moi, à qui sais vous avez dit franchement ce que vous pensez de mon gros livre, je vous sais gré d'avoir mis tant de retenue ménagemens clémence dans votre critique.
Donc, encore une fois, et bien sincèrement, je vous remercie encore une fois de tout ce que vous dites d’aimable et de cordial pr ma personne des de vos marques d'affection que vous me donnez  Mais Cela dit & Passant donc par-dessus les politesses – & je commence ce que j'intitule mon

APOLOGIE
 

Êtes-vous bien sûr d'abord dans votre jugement général sur Salammbô d’avoir de n'avoir pas écouté un peu trop obéi à votre impression nerveuse ? L'objet de mon livre, tout ce monde-là barbare barbare & oriental oriental molochiste & ses horreurs, tout cela vous déplaît en soi.

Vous vous étonnez à chaque minute Vous vous étonnez & vous me blâmez m’en voulez d’être étonné.
Mais je n’y peux rien

Car Vous commencez par douter de la réalité de ma reproduction puis vous me dites : « après tout, elle peut être vraie ? » – & vous concluez par comme conclusion vous vous écriez : « tant pis si c'est vrai. » il fallait devais-je donc Fallait-il donc embellir, atténuer, fausser, franciser ? Mais vous me reprochez vous-même d'avoir fait un poème & vous, d'avoir été classique dans le mauvais sens

 

2.

le mauvais sens du mot. & & vous m’objectez même me battez avec les Martyrs. La conception était Or le système de Ch. me semble diamétralement opposé à la même au mien au mien... Il parlait d’un Il procédait avec une & avec l’intention bien arrêtée formelle d’exalter certaines choses. Mais j’ai voulu seulement faire un tableau & une analyse. Chateaubriand s’est dit a rêvé Comment devait être un beau martyr les martyrs il rêvait des martyrs typiques.

dès le début j’ai une une présompt supériorité sur lui C’est de chercher la vérité pr elle même

Moi j’ai essayé de fixer un mirage & de reb en d’appliquer/ant à l’antiquité les procédés du roman moderne. J’ai tâché d’être simple. Riez tant qu’il vous plaira oui je dis simple & non pas sobre. Rien n’est plus compliqué qu’un Barbare.
Vous m’accorderez qu’ils se tatouent & s’ornementent & que leurs religions sont moins claires que la chrétienne. Vous n’avez (pas tenu compte des efforts que j’ai faits pr entrer au cœur des du mysticisme antique. J’ai dit en français et le premier). Mais Mais j’arrive à vos articles articles & je vo me défends je vous combats pied à pied.
Je vous arrête, dès le début, à propos du périple d’Hamon. admiré par Montesquieu & que je n’admire point. Si ce Hamon là est le même qui a fait les voyages, il avait à qui peut-on faire croire aujourd’hui que ce soit là une œuvre authentique. un document authentique original adaptation.
C’est évidemment traduit raccourci échenillé
C’est en fait qu’une traduction ; c‘est un abrégé raccourci, fait par un grec & & arrangé presqu’une table de chapitres. fait par un grec. Je trouve dans les lignes de M. & après Jamais un Africain sémite ou un Asiatique Oriental qqu’il soit n’a écrit

 

3.

Comme cela. de ce style J’en prends à témoin l’inscription si emphatique & redondante d’Eschmounazar. Vous [illis] qui les[illis]. D’abord les gens qui

comme vous
l’entendez
 

se font appeler fils de Dieu, œil de Dieu ne sont simples fous (voir les inscript d’Hamaker) ne sont pas simples comme vous l’entendez & il merveilleux que M se réjouit de ne voir dans l’ennuyeux périple s’y retrouve même esprit du Grec – Je n’ai pas le livre sous les yeux mais jeS et puis vous m’accorderez que les Grecs n’entendaient ne comprenaient rien au monde Barbare & que s’ils y avaient entendu compris qq chose ils n’eussent pas été des grecs. L’Orient répugnait à l’hellénisme. On n’a qu’à voir quels mascarades ils ont fait quels travestissemens n’ont-ils pas fait subir à tout ce qui leur a fait passer par les mains. d’étranger. J’en dirai autant de Polybe. certes il est pr moi une Autorité incontestable quant aux faits. Mais tout ce qu’il n’a pas vu (ou omis intentionnellement comme sortant de son cadre ou de son école [illis] car lui aussi il avait un cadre & une école) je peux bien aller le chercher partout partout ailleurs. – Le périple d’Hannon n’est donc pas pas pas – mais un « monument carthaginois » bien « bien loin d’être  « le seul » comme vous le dites. Un vrai monument Carthaginois c’est l’inscription de Marseille, écrite par en vrai punique. Il est simple celui-là je vous l’accorde l’avoue car c’est un tarif et encore il l’est-il moins que votre ce fameux périple d’Hannonil y a bien perce un petit coin de merveilleux à travers [illis] votre le grec ne fût-ce que les peaux de gorille prises pr des peaux d’humains humaines &qui étaient appendues dans le temple de Moloch traduisez Saturne & dont j’ai je vous ai épargné à vos lectures la description – et d’une – remerciez-mo Je vous dirai même en passant entre nous que le périple d’Hannon m’est complètement odieux. Car je l’ai lu pr l’avoir lu &relu – avec les 6 dissertations

 

4.

de Bougainville dans le Mémoire de l’Académie des inscriptions sans compter des maintes thèses de doctorat. Car le périple d’Hannon est étant un sujet de thèse. Mais je continue continuons.
Quant à mon héroïne je vous l’abandonne. Je vous abandonne Salammbô entièrement. Je ne la défends pas. Vous l’appelez tout à la fois une Elvire sentimentale qui a un pied dans le Sacré-Cœur, une Bovary, vous l’effacez derrière vous la comparez à Velléda  (Vell et vous

Elle ressemble selon vous à une Elvire sentimentale, à Velléda, à Bovary.

Mais non. Velléda est si active & intelligente si européenne [illis.]
Et vous l’appelez une Bovary. Mais non. Me Bovary était est agitée par des instincts multiples & Salammbô est clouée au contraire demeure clouée par l’idée fixe. C’est une maniaque. Une espèce Ste Thérèse. etc. n’importe, celle-là je vous l’abandonne & je ne suis pas sûr de sa réalité par la réalité par la raison que car ni vous ni moi ni personne, aucun ancien et aucun moderne ne peut connaître la femme orientale par la raison qu’on ne la voit pas qu’il est impossible de la fréquenter.
Vous m’accusez de manquer de logique & vous me demandez : « prquoi les Carthaginois ont-ils massacré les 300 Barbares ? »

Les Carthaginois ?  Ce n’est pas compl mais dans quel but ? 

La raison en est bien simple -  ils en veulent aux Bactriens* haïssent les mercenaires & ils sont les plus forts. & ceux-là sont cela est une raison il me semble  ils les tuent ceux-là leur tombent sous la main et Quant à ce que « La nouvelle, dites-vous, peut pouvait arriver d’un moment à l’autre au camp. » par quel moyen ?  je vous prie et qui donc l’eût apportée ?

des Barbares ? Mais il n’en restait pas dans la ville !
des flâneurs ? touristes, des voyageurs pr des étrangers, le commun* des indifférents

                     Ce ne pouvait être
                      sont-ce les Carth ?
                       était-ce les
J’ai eu soin de montrer
qui donc avait intérêt à cela ? révéler leur crimeLa soldatesque Mais j’ai eu soin de montrer qu’il n’y avait nulle communication entre Carth. & le camp ? & l’armée 

&mauvais article
d’ailleurs & que dont j’ai
rectifié les données, ayant
étudié la lèpre
à Damas & en
Syrie.

5.

Le lait de chienne soit dit en passant était & est encore un remède
connu. Voir dict. des Sciences médicales art. lèpre &
pour ce qui est d’Hannon, il s’échappe parce qu’on
les mercen le laissent s’échapper
. C’est une générosité des
parce que Mercenaires qui ils ne sont nullement pas encore déchainés contre lui, ils ne peuvent pas encore le tuer & s’en

(d’après  mes observations
faites à Damas et
en Nubie). Hamon,
dis-je, s’échappe
parce que les Mercen
le laissent volontairement
s’échapper

moquent plutôton ils le tuent l’indignation leur vient ensuite avec la réflexion
qui ne veulent pas le tuer ils le huent & le renvoient. Puis l’indignation
vient ensuite avec la réflexion
. Car il leur faut du beaucoup de temps avant de comprendre toute la perfidie des anciens de Carth
Mâtho  rôde « comme un fou » autour de Carthage. Oui, comme un fou est le mot juste – Ch. IV & il s’en je crois dans c’est l’amour tel que nous le représentent tous les documents le concevaient les anciens. N’était-il pas une folie, une malédiction ….. c’est …….. une maladie, une punition une maladie envoyée par les Dieux. – vous dites que Polybe serait serait bien étonné, dites-vous, de voir ainsi son Mâtho, & trouvé. Tant pis pr Polybe. – & d’abord qu’en savez-vous ?

Je ne le crois pas et

Mais Mr Voltaire n’aurait n’eût point [Illis.] partagé sa stupéfaction cet étonnement. Rappelez-vous ce qu’il dit des de la violence des passions de l’Afrique dans Candide (récit de la vieille) : « c’est du feu, du vitriol  etc. »

à propos de l’aqueduc

«  ici on est dans l’invraisemblable jusqu’au cou » – oui. Oui cher Maître, vous avez raison, & plus même que vous ne le croyez, mais pas comme vous le croyez.  Je vous dirai plus loin ce que je pense de

Lequel m’a donné beaucoup de mal, mais pr faire entrer convenablement dans Carthage mes deux héros

cet épisode. J’ai amené non pr décrire l’aqueduc

Car l’aqueduc lequel m’a fort embarrassé (& c’est un passage très faible mais comme moyen de faire mais pr faire entrer convenablement dans Carthage Spe. & Mâtho.


C’est d’ailleurs le ressouvenir d’
C’est une ruse de guerre inspirée

6.

une anecdote rapportée dans Polyen (ruses de guerre)
par l’histoire de Théodore, l’ami de Cléon qui gardait Sestos lors de la prise de Sestos par les gens d’Abydos.

 

On regrette un lexique. Voilà un reproche que je trouve souverainement injuste. J’aurais pu vous assommer le lecteur avec des mots techniques. Loin de là, et j’ai pris un soin infini pr traduire tout en français par des périphrases. Je n’ai pas employé un seul mot [illis.] spécial dont la traduction ne se sans le faire

suivre immédiatement de

l’explication – J’en excepte les noms de mesure, de monnaie & de mois que le sens de la phrase fait deviner. Mais quand vous voyez rencontrez dans un livre une page creutzer, piastre ou penny, cela vous empêche-t-il de comprendre ? & qu’auriez-vous dit si j’avais appelé Moloch Melek & Carthage Kerr Karts-Adda qui était son vrai nom, Hannibal Han-Baal, & si au lieu de décrire par exemple dire que les esclaves au moulin avaient des muselières de j’avais dit écrit des paussicappes. Quant aux noms

H et mieux que tout cela, avec les ruines du temple de Thugga, que j’ai vu moi-même de mes yeux, & dont aucun voyageur ni antiqu. que je sache, n’a parlé !
N’importe, c’est drôle ! dites-vous. Soit.

De parfums & de pierreries, j’ai bien été obligé de mettre les noms qui sont dans Théophraste, Pline ou Athénée. Aussi pr la botanique les plantes, j’ai mis employé les noms latins, les mots reçus, au lieu des mots arabes ou phéniciens. Ainsi, j’ai dit du Lausonia Lawsonia au lieu de henneh & même j’ai même eu eu la complaisance d’écrire Lausonia qui par u un U, ce qui est une faute, & de ne pas ajouter inermis qui est son vrai nom – eût été plus précis A. – Mais je ne peux, par respect pr le lecteur

B de même pr Kok’heul que j’écris antimoine, et je vous en
épargnant sulfure. Remerciez-moi, ingrat que vous êtes.

François, écrire Hamilcar & Hannibal sans H, puisqu’il y a un esprit rude sur l’&, & m’en tenir Rollin ! un peu de douceur douceur complaisance.
Quant au temple de Tanit, je suis convaincu de l’avoir reconstruit tel qu’il était avec le traité faussement attribué à Lucien avec le traité de Luc de la Déesse de Syrie, avec ce qu’on sait du temple de Jérusalem,

et mieux que tout, celui de Thugga que j’ai vu de mes yeux.

& mieux que tout cela, les médailles du duc de Luynes, avec ce qui un passage de St Jérôme cité par Selden, de diis Syriis etc. – & notes, avec le plan du reste du temple de Gozzo qui est bien Carthaginois.         M


J’insiste sur
ce temple.

7.

De plus [illis] [illis]
Enfin pr prévenir ici toute objection j’ai en qq sorte indiqué ma mes
                                                                                      les [illis] qui
                                                           par surcroît de délicatesse [illis]
source & fait que j’ai même eu soin d’indiquer mes sources pr les

        me base
voir que si je me trompais c’était sciemment du nom par le seul mot de
on a la filière
et la méthode.

savants. J’ai répondu  d’avance à cette objection « mais qui vous dit que c’était aussi à Carthage » par cette réponse « je vous décris celui de Maphug c’est à dire celui de Lucien.
Spendius dit « J’ai vu tout cela en Syrie dans la ville de Maphug. »
 
                            on sait à quoi s’en tenir
                                                                      Quant à  la description
[illis] & au point de vue littéraire [illis]
en elle-même, je la trouve moi très claire – compréhensible & le drame

Quant à la description en elle-même au point de vue littéraire

cependant court par-dessus. n’en est pas embarrassé car Spendius & Matho restent au premier plan et on ne les perd pas de vue. une minute. il il n’y a pas dans mon livre une page de description isolée gratuite [illis] & toutes mes descriptions servent à mes personnages & ont une influence lointaine ou immédiate sur l’action.
Je n’accepte pas non plus le mot de chinoiserie pr la appliqué à chambre
De Salammbô, (malgré l’épithète d’exquise qui le relève, comme dévorants fait à chiens dans le fameux vers d’Athalie songe.) parce que
un seul détail                                                   en [illis] existant
je n’ai pas mis un trait un qui ne soit – dans la Bible. ou que l’on rencontre encore en Orient. Vous moi [illis]
Vous me répéterez que la Bible n’est pas un guide pr Carthage
ce qui qui n’est                                                                             [illis][illis]
([illis] c’est une contre ce qui est un point de vue à discuter).  Mais les
                                                                    Vous reconnaîtrez
Hébreux étaient encore plus près des Carthaginois que des Chinois. convenez-en. convenez-en ! Voilà ce qui s’appelle un mot impropre,
                                             Q        P
mon cher Maître ; – il y a d’ailleurs des choses de climat qui sont
Je vous épargne les textes. Pr le  mobilier & les costumes
éternelles. – & des détails*. Les Maisons Les gargoulettes [illis]
                                                            tout ce bric-à brac Je vous épargne
voir sur ce passage. (
[illis] textes les sources de ce passage là se
                                                                  les textes

 

8.

 

trouvent presque tous je vous renvoie aux textes réunis dans le la 19ème mem dissertation de l’abbé Mignot (Acad des inscript) vieille coll tome tome 48 ou 49 je crois je cite de m de mémoire je n’en ne sais rien.
           Quant  à [illis.] dirais* du « l’Opéra, à la ce goût de pompe et l’ d’emphase » prquoi donc voulez-vous que ce n’existât pas cela ces

La manière dont
Les cérémonies des
on est reçu en
visites, les prosternations,
[illis.]
les invocations religieu
tout les encensements
sur le seuil etc tout cela reste est-il n’a pas été inventé par Mahomet je suppose

choses n’aient pas été comme cela ainsi puisque c’est encore comme cela elles sont telles maintenant. Là-bas on ne fait pas une visite à qqu’un d’importante sans être encensé avec de l’encens avec un [illis.]cela seul donne le ton d’une race, d’un monde.
Je vous suis pas à pas,cher maître & j’arrive à. Il en est de même d’Annibal. Prquoi trouvez-vous que j’ai fait son enfance « fabuleuse » – est-ce parce qu’il tue un aigle – qu’y a-t-il à cela d’étrange ? beau miracle dans un pays où les aigles sont très communs abondent dans sur ces plages parages. Moi qui suis le plus maladroit des chasseurs. Si la scène se passait s’était eût été placée en France dans les Gaules j’aurais mis un hibou, ou un loup ou un renard. Mais français que vous êtes, vous êtes habitué malgré vous à regarder, considérer l’aigle

H lesquels cannes & les
quels révolvers étaientp;
apportés dans
la poche ou dans

apportés comme mes
poignards dans la manche des paletots.
& même mes Carth sont-ils plus décents que députés américains…..sont plus décents puisque le public ne les voit pas n’était pas là

comme un oiseau noble – & plutôt comme un symbole que comme un être animé. – ils existent cependant.
Vous me demandez ensuite où j’ai pris une pareille idée des conseils de Carthage ? Mais dans tous les [illis.] milieux analogues, par les temps de Révolution. – depuis la Convention jusqu’aux débats du parlement en Amérique américain . A – avant la guerre coloniale*. – rappelez-vous les coups de cannes qu’ils se donnaient. – Vous me citez en opposition une grosse autorité, celle d’Aristote. Mais Aristote, antérieur de plus à mon époque n’est d’aucun poids j’[illis.]étant antérieur à mon époque de plus de 80 ans aucuns

B naguères encore où l’on s’échangeait des coups de canne & des coups de revolver      M

 

 

9.

n’est ici d’aucun poids
d’aucun poids

il y avait eu avant la la conspiration de Carthalon (530-avant J.C)
usurpation

ici une autorité. D’ailleurs il se trompe grossièrement, le Stagyrite, quand il dit affirme qu’on n’a jamais vu à Carthage « ni d’émeute ni de tyran ».
voulez-vous des dates ? en voilà  . . . .

empiètement de la famille
la conspiration d’Hannon contre le sénat & le peuple de Carth 337,
la conjuration de Bomilcar 307 etc.
Mais je dépasse Aristote. –
Attendez ! j’arrive au moment à un autre

des Magon, 460 & création du Cen Centumvirat 460-440
Vous me reprochez les escarboucles formées par l’urine des lynx. ceci c’est du Théophraste, Traité des Pierreries, tant pis pr lui. – J’allais oublier Spendius. Eh bien ! non, cher maître –
J’arrive aux richesses d’Hamilcar. Cette description, qque vous disiez la description de ses richesses est au second plan dans le morceau – Hamilcar la domine. Vous avez beau dire, elle est je la crois très en situation. Elle est justifiée très motivée. Sa La colère va croissant du suffète va en augmentant à mesure qu’il voit aperçoit les déprédations commises dans sa maison, & loin d’être à « tout moment hors de lui », il n’éclate qu’à la fin, quand il rencontre trouve se heurte à une injure personnelle. « qu’il ne gagne pas à cette visite », cela m’est bien égal. Je ne fais  n’étant point chargé de
 faire son panégyrique – & mais je ne trouve pas que je l’ai pense pas l’avoir « taillé en charge aux dépens du reste du caractère ».
 Le même L’homme qui trahit tue plus loin les mercenaires qui se

Ce qui est un joli trait de son fils étant Hannibal en Italie,
est bien le même

donnent* à lui de la façon manière façon que vous savez j’ai montré
– et qui est une act* de son fils Hannibal est bien le
 qui fait fo falsifier les ses [illis.] marchandises & fouetter à outrance ses esclaves.
Suit dans votre second article tout un paragraphe pr de vous me chicanez sur le nombre de mes les onze mille trois cents quatre vingt seize hommes de son armée – en aj tout me demandant – «  d’où le savez-vous ? (ce nombre) qui vous l’a dit ? en italique – mais vous venez de le voir vous-même, puisque j’ai dit le nombre -

 

9bis.  

 

Je vous suis pas à pas cher Maître et
Je Le stratagème de Spendius n'a rien d'extraordinaire &j'arrive à son stratagème  son stratagème n'est « ni bizarre ni étrange ». – C'est presque un poncif et même j'ai même hésité avant si je le mettrais (« illis.)
Il m'a été fourni par Élien (hist des animaux) & par Polyen (stratagèmes) cela même était si connu depuis le siège de Mégare par Antipater (ou Antigone) (ou Antigone on se dispute sur l'inventeur) – que l'on dev nourrissait exprès des porcs avec les éléphants – pr qu'ils que les grosses bêtes ne fussent pas surprises effrayées par les gdes petites. C'était en un mot une farce connue usuelle, & probablement fort usée au temps de Spendius. – Je n'ai pas été obligé de remonter jusqu'à Samson. J'ai écarté Car j'ai repoussé autant que possible tout détail pris dans les appartenant aux époques légendaires. –  Plus discret en cela que Silius italicus qui avait toutdont j'ai amplement profité qqfois.

 

10.

d'hommes qu'il y avait dans les différens corps de son l'armée, puisque c'est le total de l'addition & non un chiffre jeté en l'air au hazard pr produire un effet de précision.
Il n'y a « ni vice malicieux ni bagatelle » dans mon serpent. Tout ce chapitre est une [illis.] espèce de espèce de précaution oratoire pr [illis.] atténuer celui de la tente. – qui n'a chaque personne & qui dans le serpent eut fait pousser des cris. J'ai mieux aimé qu [illis.] qu [illis.] un effet impudique (si impudeur il y a il y a) fut pr avec un serpent qu'avec un hom. Elle s'enlace galant avant de quitter sa maison elle s'enlace au génie de de sa maison famille, au à la Révo Religion même de sa patrie, dans en son symbole le plus antique, à la terre elle-même voilà tout que cela soit « messéant dans une Iliade ou une Pharsale » c'est possible mais je n'ai pas eu la prétention de faire ni l'un ni l'autre  l'Iliade ni la Pharsale
Ce n'est pas ma faute non plus si les orages sont fréquents dans la tuniserie, Chateaubriand à cette saison-là à la fin de l'été. Chateaubriand n'a pas plus inventé les orages que les couchers de soleil cela il me cela, & Les uns
& les autres, il me semble, appartiennent à tout le monde. – & notez d'ailleurs que mon l'âme décrite de cette histoire est le génie de Moloch le feu ici la foudre ! Ici le dieu lui-même sous une de ses formes agite il* dompte Salammbô le tonnerre était ici donc bien à sa place c'est la voix de Moloch resté en dehors – & vous  avouerez en outre de plus que je vous ai épargné la description classique de l'orage – d'ailleurs mon & puis mon pauvre orage ne tient pas en tout trois lignes et à des places endroits différentes.

par un autre accident de l'histoire non  pareille  
dans les guerres d'Agathoclès
et par un passage

à pro   

11.

L'incendie qui suit est m'a été inspiré par une épisode de l'histoire de Massinissa & par un passage
d'Hirtius – dans des circonstances analogues. Je ne sors pas de mon du milieu & du pays même de l' de mon action, comme vous voyez.
à/À propos des parfums de Salammbô vous m'attribuez plus d'imagination que je n'en ai. Voyez sentez donc humez dans la Bible Judith et Esther ! & promenez – on les pénétrait on les empoisonnait de parfums littéralement ce que j'ai eu soin de dire au début au commencement dès qu'il a été question de la maladie de Salammbô – Puis c'est

 

Une hystérique mais une hystérique vraie* – maladie que l'on confond en littérature avec la  & promenez-vous dans un bazar, n'importe lequel vous
serez ensuite convaincu que j'ai été modéré. –
n'importe direz-vous c'est

 

Pourquoi ne voulez-vous pas non plus que la perte disparition du Zaïmph ait été pr qque chose dans la perte de la bataille, puisque l'armée des mercenaires contenait des gens qui croyaient au Zaïmph ?  J'indique les causes principales de cette perte 3 mouvements militaires – & puis j'ajoute celle-là, p/comme cause secondaires & dernière,
Dire que j'ai inventé des supplices aux funérailles des Barbares n'est pas exact. Hendrich dans son livre intitulé (Carthago – [illis.] 1664  seu Carthaginensium Respublica 1664) a réuni des [illis.] textes pr prouver que les Carthaginois avaient coutume de mutiler les cadavres de leurs ennemis ou leur crevait & les différens genres de supplices sont nombreux. – & vous voulez vous étonnez que des Barbares qui ont raison après tout & qui sont vaincus & désespérés enragés ne leur rendent pas la pareil n'en fassent pas autant & une fois cette fois-là, seulement.

 

12.

Rappelez-vous donc faut-il vous rappeler Me de Lamballe, le général Bréa, ce que l’on faisait aux comment les insurgés traitaient les Mobiles en juin de juin 1848 – & ce qui se passe en Amérique aux États-Unis à présent. J’ai été sobre, au contraire, calme & très doux & puis c’est la guerre inexpiable [illis.]
Et Puisque nous sommes, cher maître, à en train de nous dire nos sentiments vérités franchement – je vous avouerai, cher Maître, que une la pointe d’imagination sadique m’a presque un peu blessé ; toutes vos paroles sont graves ; importantes & or un tel mot est pres de vous lorsqu’il est imprimé est devient presqu’une flétrissure ! oubliez-vous que je me suis assis sur les bancs de  la Correctionnelle comme accusé prévenu d’outrage aux mœurs ? & que les imbéciles & les méchants se font des armes de tout ! ne soyez pas étonné si un de ces jours vous lisez dans le Figaro qque chose d’analogue à ceci : « Mr fl est un disciple de De Sade. Son ami, son parrain, un gd maître en fait de critiques l’a dit lui-même assez clairement, bien qu’avec  [illis.] qu’avec cette finesse & cette bonhomie railleuse qui etc. » – qu’aurais-je à répondre ? & à faire ? accepterais-je le rappro

et à ce propos
Permettez-moi
une remarque
digression

Eh bien, j’accepte le rapprochement. C’est. Je suis au contraire dans mes férocités excès saugrenus tout à l’autre bout du gd Marquis. Il haïssait la Nature car c’était l’antiphysis incarné, & moi je l’adore. Je vous défie de trouver dans tout De Sade un arbre ni un animal, pas même une bête féroce, ni un nom de couleur ni même, ce qui est plus ce qui va vous paraître plus fort – une description de femme nue – description d’organes sexuels, c’est tout – à chaque pas c’est vrai – Mais de femme ou d’homme jamais – il cet homme ce drôle funèbre d’un esprit métaphysique & archi-faux, allait toujours au but, prêchait continuellement, voulait prouver, exister & pas une fois & n’a pas même voulu essayer peindre. Il était de l’école du sentiment – de l’école des Coquins & procédait par la dialectique de l’éloquence.

 

13.
Je m'incline devant ce qui suit à savoir votre objection contre le siège. Oui vous avez raison cher Maître. Là j'ai donné le coup de pouce. J'ai forci l'histoire & comme vous le dites très bien j'ai voulu faire un siège. Je frappe ma poitrine en disant mea culpa. Eh bien mais où est le mal ? dans

Mais dans

un sujet militaire d'avoir pris* voulu faire un siègede vouloir faire un siège
& puis notez que je ne l'ai pas complètement inventé ce siège – je l'ai un peu chargé. C'est voilà c'est  là est toute ma faute.

Quand
Mais pr les
immolations d'enfants

un sacrifice d'enfant dans la guerre ici du moins d'Agathoclès 309 Diod[ore] dit* 200 enf. et plus de 300 pers. s'offrir elles-même
parce que malgré la condition
Gélon [illis.] 440.

Oh ! oh car Oh oui je le regrette* regarde complètement comme non avenu le ch. De Montesquieu. – non avenu ici du moins & ce fait ne & cette horreur ne fait pas – et pr moi les immolations d'enfants du temps d'Annibal ne font pas un pr moi un doute. Comme il n'en faisaient pas pr S. Italicus. vp. – preuve car -- St Augustin

on en brûla très bien dans la guerre d'Agath[oclès] en 309 voy. Diodo[re]) pr les époques postérieures voir Silius Italicus Eusèbe & St Augustin qui affirme que la chose se passait encore de son temps. [illis.] [illis.] etc. Jougez-donc qu'en Grèce les sacrifi. hum. n'étaient pas compl. Abolis à la bataille de Leuctres.

Vous regrettez qu'il n'y ait pas dans tout parmi mes grecs un raisonneur philosophe un brave homme, un monsieur* chargé de dire ou, faire un cours de morale
& sentant comme nous. Allons donc.  est était-ce possible puis le nom d'Aratus vous est venu sous la plume. Mais c'est lui Aratus précisément & pas un autre qui m'a inspiré Aratus que vous rappelez est précisément celui d'après lequel j'ai rêvé Spendius. – C'était un le 1er chef de la [illis.] homme d'escalade & de ruse qui tuait très bien les vedettes & la nuit les sentinelles & qui avait des éblouissements au gd soleil jour. J'ai relu* Je le connais celui-là & depuis longtemps oui je me suis refusé un contraste c'est vrai mais un contraste facile,  un contraste voulu & faux –

 

14.

J’ai fini l’analyse. & j’arrive à votre jugement
Vous avez peut-être entièrement raison dans votre jugement quant au
     vos considérations  sur                                                     à vos considé
dans vos considérations sur le roman historique appliqué à l’Antiquité ? & il se peut très bien que j’aie échoué ? Mais D’après
                                                                            Cependant
Les vraisemblances et mes impressions à moi je crois sincèrement avoir fait qque chose qui ressemble (un peu de loin) à Carthage. – Vous
                                                                           par moment
m’accorderez bien que je me
je me suis trompé en Archéologie que si
                                                                             pour 
l’on ret
rouve aux lieux même où je l’ai dit les choses que j’ai dites or
cela m’est arrivé depuis deux fois déjà depuis en faisant le

pr l’inconnu
& pr l’avenir

                       mon [illis] présomptueux pr le reste & que*
commencement de ce livre. Pour ce qui est quant du côté psychologique
         je ne puisse* montre* faire connaître [illis] des Carth vivants
                                                                            comme des Musulmans [illis]
                                                                                    & des autres. Je [illis]
que j’ai vu je vous le répète beaucoup des choses qui vous horripilent.
adoucis*  [illis]  [illis] lui sont antérieurs* &                 [illis] 

qui est en opposition
radicale avec elles
les a plutôt
[illis]
que créés. J’aime
à croire qu’elles
lui sont antérieures

Certain. Mais là n’est pas la question ; si mon livre ne se tient pas d’un
                je me moque de l’archéologie
                                 B si les
bout à l’autre, si les caractères ne sont pas suivis, si si les costumes ne sont ne sont pas point appropriés aux usages & les architectures au
           M
climat, si la Couleur n’est pas  [illis]  [illis], si les détails détonnent s’il n’y a pas harmonie si les mœurs ne dérivent pas de la Religion – & les
                                  A N
faits des passions, s’il n’y a pas en un mot Harmonie c’est un livre je suis dans le faux. Mais sinon non. Tout se tient
Mais Le milieu vous agace & vous répugne. Je le sais bien ou plutôt je le sens – & dès la première ligne vous avez dû dire qu’est-ce que cela en
                                                                   votre point de v
fait ? Mais
au lieu de rester à votre point de vue personnel, votre point de vue de Lettré, de Moderne, de français, de parisien, – prquoi n’êtes-vous pas venu de mon côté


L'âme humaine n'est point partout l'âme comme dit/dis la même bien qu'en dise Mr Levallois – ce qui est par paraître exemple un joli exemple d'[illis.]
La moindre vue sur le monde l'ensemble est là pr prouver le contraire.
Je crois même avoir été

15.

Et vous auriez vu que loin d'être indépendant de toute sympathie humaine par* de gds fait* efforts pr en déverser entrer dans
Comprendre jusque* le cœur – même de tout ce qui a peuplé un cont d'immenses pays  un continent.
Je suis resté au  je suis  je n'ai pas dépassé le monde des organes & des instincts  ̶  direz vous que l'homme n'est point partout le même comme parle Vallois.   
Mais partout ses instincts ses besoins organiques ses [illis.]      sont les mêmes                  [illis.]                 
& je crois avoir été moins dur pr l'humanité

moins dur pr l'humanité

Dans Salammbô que dans Me Bovary. Il y a sympath
La curiosité l'amour qui m'a fait entrer dans ces mythes d'un monde poussé vers des religions des [illis.] [illis.] et des peuples disparus, a qque chose de moral en soi & sympathique, il me semble.
Quant au style j'ai moins sacrifié dans mon second livre là que dans le premier l'autre à la rondeur de la phrase & à la période. Les métaphores y sont rares & les épithètes positives. Si je mets bleues après après pierres c'est que bleus est le mot juste & croyez-moi qu'il & croyez aussi et soyez également persuadé qu'on distingue très bien la couleur des pierres, [illis.] à la clarté des étoiles. Interrogez là-dessus tous les voyageurs en Orient, où allez-voir.
Et puisque vous m'avez [illis.] avez été jusqu'à me blamer/blamez des pr certains mots – énorme entr'autres, que je ne défends pas (bien que je soutienne que qu'un silence excessif fait/fasse l'effet du vacarme) moi aussi je vous en reprocherais de mon côté qques expressions.
Je n'ai pas compris la petite citation de Desaugiers ni quel est son but ?  C'est que le livre vous ennuyait ou vous irritait dès la 23ème page. Vous étiez bien aise de rire un peu

 

16.

Voilà ce que j’ai compris. J’ai froncé* mais et j’ai ri moi-même, cela m’a semblé drôle & [illis.] – J’ai mais j’ai froncé les sourcils, je l’avoue, à d’autres joyeusetés  telles que bibelots carthaginois, diable de manteau, imagination libertine de Schahabarim & ragoût & pimenté à propos de pr Salammbô qui batifole avec le serpent. & devant le beau drôle de Lybien qui n’était ni beau ni drôle. & l’imagination libertine appliqué au [illis.] de Schahabarim

Une dernière question
personnelle
         insolente

Une dernière question [illis.], ô cher Maître, une question inconvenante, une question*. Prquoi trouvez-vous Schahabarim presque comique et vos bonshommes de P.Royal si sérieux ? pr moi, je trouve Mr Singlin est funèbre à côté de mes éléphants, [illis.], je les considère comme regarde des Barbares tatoués comme étant moins et plus anti-humains, plus moins spéciaux, moins cocasses, plus moins rares que des gens qui vivant en commun & qui s’appellent Monsieur jusqu’à la mort. Je les trouve plus étranges & plus loin de mon cœur que les Mer des Barbares tatoués& mais or & c’est précisément parce qu’ils sont hors nature loin de moi très loin de moi que j’admire votre pénétration à les comprendre & votre talent à [illis.] pr les montrer qui les a compris. reproduire à me les faire comprendre. Car  j’y crois, à Port-Royal – & je souhaite encore moins y vivre qu’à Carthage. – et de même que vous vous étonnez de mes férocités coloriées, je m’étonne de leur austérité grise – cela également aussi est était d’un seul [illis.], hors nature, tout d’un morceau, exclusif, forcé & cependant vrai pourtant. Pourquoi ne voulez-vous pas que deux vrais existent ? deux excès contraires ? opposés ? contraires, deux monstruosités différentes.

 

17.

 

Conclusion
Ai-je assez bavardé
 ?
En ai-je assez dit & êtes-vous bien las de moi
il faut pourtant que vous lisiez Je vais finir un peu de patience. Êtes-vous curieux de connaître La faute énorme (énorme est ici à sa place) que je trouve dans mon livre. la voici
le piedestal est trop gd pr la statue. – mais & comme je crois que or comme on ne pèche jamais par le trop mais par le pas assez il aurait fallu cent pages de plus relatives à Salammbô seulement. – quant aux autres
qques transitions manquent – qui elles existaient & que j je les ai retranchées ou trop raccourcies par dans la peur d’être ennuyeux.
Dans le ch. IV tous* les murs de Carthage, dans tout ce qui se rapporte à Giscon est de même tonalité que le la 2è moitié partie du ch II (Hannon) C’est la même situation & qui il n’y a point progression d’effet ni de couleur ! [illis] qui ne monte pas
4° tout ce qui s’étend depuis la bataille du Macar jusqu’au serpent & tout le ch XII jusqu’au dénombrement des Barbares s’enfonce comme intérêt & comme Couleur disparaît dans le souvenir ce sont des passages endroits de second plan – ternes des endroits traditionnels de brefs passages transitoires, que je ne pouvais malheureusement éviter  – Sans intérêt quant au fond. & qui alourdissent le livre L Malgré les efforts de prestesse que j’ai pu faire. ceu ce sont ceux là qui m’ont p le plus coûté – que j’aime le moins & dont je me suis le plus reconnaissant.

 

18.

  autre canaillerie
Hannon
mis en croix
je ne peux pas
le [illis.]

4° L’aqueduc.
Aveu : mon opinion [illis.] cachée secrète est qu’il n’y avait point d’aqueduc à Carthage malgré les ruines actuelles de l’aqueduc. Aussi ai-je eu soin d’abor de prévenir d’avance toutes les objections par une phrase hypocrite à l’adresse des archéologues. J’ai mis les pieds dans le plat lourdement en indiquant en rappelant que c’était une invention romaine alors

& que l’aqueduc
d’à présent était a été
[illis.]
refait sur
l’ancien

nouvelle alors. Il y a bien un aqueduc prétendu phénicien en Palestine. Mais je n’y crois pas c’est du moins un point contesté.
Mais
le souvenir de Bélisaire coupant l’aqueduc romain de Carthage m’a poursuivi & puis pour savoir com c’était une belle entrée pr Spendius & Matho. N’importe. Mon aqueduc est une lâcheté. Confiteor.

Où est le danger ?
théorie [illis.]
plus de documents
qu’on ne croit
Mais aller les
[illis.]
[illis.]

Donc il ne me reste plus maintenant, mon cher Maître, qu’à vous dire merci. Vous m’avez traité avec toute l’amabilité & toute la considération possible. 2 tout en me riant un peu au nez, vous ne m’avez pas moins fait trois gds saluts – j’entends trois gds articles – et en me donnant des égratignures, vous m’avez très tendrement serré les mains. B Les conseils de la fin ne seront pas perdus. Très détaillés, très considérables & qui ont dû vous être plus pénibles qu’à moi. Mais A c’est de cela surtout que je vous suis reconnaissant. & vous n’avez eu affaire ni à un sot ni à un ingrat.

 

19

 

5° autre et dernière canaillerie Hannon.
Pour faire de l'effet & par Par amour de la clarté j'ai a faussé l'histoire quant à sa mort. Car Hannon les effets de Carthage contemporaine & rivale d'Hannibal d'Hamilcar *fut crucifié*
Il fut bien il est vrai crucifié par les mercenaires. Mais en Sardaigne – le général crucifié en face de Spendius s'appelait Hannibal – mais quelle confusion c'eût été pr le lecteur
Telles sont Tel est selon moi cher Maître mes plus grosses fautes ces ce qu'il y a de pire de dans le mon livre.
Je me prive de vous dire ne vous dis pas ce que j'y trouve de qualités bien. Mais soyez bien sûr que je n'ai point fait un Carthage fantastique. Les documents sur Carth. existent & ils ne sont pas tous dans Movers. Seulement il faut aller les chercher loin.
Ainsi Ammien Marcellin m'a fourni la forme exacte d'une porte, le poème de Corippus (Johannides) beaucoup de détails sur les peuplades africaines etc.
Et puis mon exemple sera peu suivi. Ce [illis.] est sans n'a aucun où donc alors est le danger ? Les Leconte de Lisle et  Les Leconte de Lisle & les Baudelaire sont moins à craindre que les Nadaud & 

où le superficiel est une qualité & où

les Clairville dans ce doux pays de France [illis.] où le léger*
le banal & le facile & le niais sont si facile sont adoptés & toujours applaudis, adoptés, adorés – il me semble que nous n'avons rien à craindre en enlevant* un peu trop au [illis.] & à l'extravagant.

me pardonnez-vous ?

J'ai préconisé les beafteks  côtelettes de tigre & les filets de crocodile à des gens qui se [illis.] de la [illis.] de goujon. [illis.] l' arrive remonte jamais qu'on prend/prenne seulement le goût du bœuf, je serai content voilà.
On ne risque de corrompre personne quand on aspire à la gdeur. Ai-je mon pardon ?

 

20.

 

Il ne me reste plus
Je termine en vous disant encore une fois merci, mon cher Maître – En me donnant des égratignures vous m’avez très tendrement serré les mains – & bien que vous m’ayez qque peu ri au nez, vous ne m’avez pas moins fait trois gds saluts, trois gds articles très détaillés, très considérables, & qui ont dû vous être plus pénibles qu’à moi – c’est de cela surtout que je vous suis reconnaissant. Les conseils de la fin ne seront pas perdus, et vous n’aurez eu à faire ni à un sot ni à un ingrat.
tout à vous.
Gve Flaubert
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