Correspondance de Flaubert
à Duplan Jules, Croisset, 24 mai 1865
Notice
2 images :
Chargement de l'image en cours ...

 

À JULES DUPLAN

 

[Croisset, 24 mai 1865.]

Nuit de mercredi.

Cher vieux

J'ai hésité toute la journée à envoyer la lettre ci-jointe à Me Cornu. Si tu croyais cependant que malgré les deux mots cochons qu'elle renferme on puisse la lui montrer fais-le. Explication : j'avais promis à Bouilhet de lui faire une lettre pr Me Cornu. Tu reconnaîtras là l'homme. – Au lieu de lui faire une lettre qu'il aurait copiée, j'en envoie une de mon chef.

La situation de notre vieux, me paraît triste. Il est temps qu'on s'occupe de lui activement.

Tu ne l'as pas vu ? Il sera reparti sans aller chez toi – ni chez Max – ni chez Me Husson où il a dîné, [illis.] ni chez personne !

Enfin il faut prendre ses amis comme ils sont – & ce n'est pas le moment de l'engueuler ! à quoi bon, d'abord ?

Si l'on est puni par les choses qu'on aime trop, celles qu'on n'aime pas assez, qqfois, se vengent. Monseigneur n'a pas pris Paris par le bon bout.

Je suis navré de son état – auquel je ne vois de remède que par les démarches de Me Cornu ?

Adieu je t'embrasse très fort

Ton Gve Flaubert