ATELIER BOVARY
CLASSSEMENT GÉNÉTIQUE : Plans et scénarios | Brouillons
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I, 4 : Le repas de noce - Copiste, folio 47
[En vert, les suppressions demandées par Laurent-Pichat pour la Revue de Paris.]
 
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  joindre, dans un coin à quatre ou cinq autres
des invités, qui ayant eu par hasard , plusieurs
fois de suite à table, les bas morceaux des viandes,
trouvaient aussi qu'on les avait mal reçus,
chuchottaient sur le compte de leur hôte, et souhaitaient 
sa ruine à mots couverts.
       Madame Bovary mère n'avait pas desserré
les dents de la journée. On ne l'avait consultée ni
sur la toilette de la bru, ni sur l'ordonnance du
festin ; elle se retira de bonne heure. Son époux,
au lieu de la suivre, envoya chercher des cigares
à Saint-Victor , et fuma jusqu'au jour, tout
en buvant des grogs au kirsch, mélange inconnu 
à la compagnie, et qui fut pour lui comme 
la source d'une considération plus grande
encore.
    Charles n'était point de complexion facétieuse,
il n'avait pas brillé pendant la noce. i/ll répondit 
médiocrement aux pauvres calembourgs, mots
à double entente, compliments et gaillardises que
l'on se fit un devoir de lui décocher dès le
potage
Le lendemain en revanche, il
semblait un autre homme .les
yeux brillants & la figure
épanouie
- c'est lui plutôt
que  l'on eût pris  pr la
 vierge                                  
mariée de la veille, tandis que
la mariée ne laissait rien
                    où l'on       deviner

découvrir qui pût donner
prise à penser
qque chose.
Les plus malins ne
savaient que répondre
& ils la considéraient
quand elle passait près
 d'eux avec des
 tensions d'esprit
démesurées
      Le lendemain en revanche, il semblait un
autre homme, les yeux brillants et la figure épanouie, 
c'est lui plutôt que l'on eût pris pour la vierge 
de la veille, tandis que la mariée ne laissait rien
découvrir qui pût donner prise à penser quelque chose.
Les plus malins ne savaient que répondre, et ils la 
considéraient quand elle passait près d'eux avec des tensions
d'esprit démesurées. Mais Charles ne dissimulait rien, il l'appelait
« ma femme ».
   
[Transcription de François Charron]