ATELIER BOVARY
CLASSSEMENT GÉNÉTIQUE : Plans et scénarios | Brouillons
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I, ch. 4 : Le repas de noce - Copiste, folio 48
[En vert, les suppressions demandées par Laurent-Pichat pour la Revue de Paris.]
 
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Mais Charles ne dissimulait rien, il  l'appelait ma femme, la tutoyait, s'informait
      à chacun  
d'elle,  la cherchait partout, et souvent l'entraînait dans les cours où on
l'apercevait de loin
entre les arbres qui lui
passait le bras pour la
taille & continuait à
marcher à demi penché
sur elle, en lui chiffonnant
{{  la tutoyait, s'informait d'elle à chacun, la cherchait
partout, et souvent il l'entraînait dans les cours,
où on l'apercevait de loin entre les arbres qui lui
passait le bras pour la taille, et continuait à
marcher à demi penché sur elle, en lui chiffonnant
avec sa tête, la guimpe de son corsage. 
  }}
avec sa tête, la guimpe
de son corsage
        Deux jours après la noce, les époux s'en allèrent. -
Charles à cause de ses malades ne pouvait s'absenter
plus longtemps. Le père Rouault les fit reconduire 
dans sa carriole et les accompagna lui-même
jusqu'à Vassonville. Là il embrassa sa fille une
dernière fois, mit pied à terre et reprit sa route.
Lorsqu'il eut fait cent pas environ, il s'arrêta,
et comme il vit la  carriole s'éloignant, dont les
roues tournaient dans la poussière, il poussa un gros
soupir. p/Puis il se rappela ses noces, son temps
                   la première grossesse de sa femme
d'autrefois, la première grossesse de sa femme ; il 
était bien joyeux, lui aussi, qu'il l'avait
               sa femme 
emmenée de chez son père dans sa maison, quand il
la portait en croupe, en trottant sur la neige ; car on
était aux environs de Noël et la campagne était
toute blanche. - Elle le tenait par un bras ( à l'autre
était accroché son panier ) le vent agitait les longues
dentelles de sa coiffure cauchoise, qui lui passaient
quelquefois sur la bouche - et lorsqu'il tournait la
tête, il voyait près de lui, sur son épaule, sa petite mine
rosée qui souriait silencieusement, sous la plaque
d'or de son bonnet. Pour se réchauffer les doigts, elle
les lui mettait de temps en temps, dans la poitrine.
Comme c'était vieux tout cela ! leur fils à présent
 
[Transcription de François Charron]