ATELIER BOVARY
CLASSSEMENT GÉNÉTIQUE : Plans et scénarios | Brouillons
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I, chap. 9 : Image du vicomte - Copiste, folio 90
[En vert, les suppressions demandées par Laurent-Pichat pour la Revue de Paris.]
 
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  brodé cela, sur quelque métier de palissandre, meuble
mignon que l'on cachait à tous les yeux, qui avait
occupé bien des heures et où s'étaient penchées les
boucles molles de la travailleuse pensive. Un souffle
d'amour avait passé parmi les mailles du canevas ;
chaque coup d'aiguille avait fixé là, une espérance
ou un souvenir, et tous ces fils de soie entrelacés
n'étaient que la continuité de la même passion 
silencieuse. - Et puis le Vicomte un matin l'avait
emporté avec lui. de quoi avait-on parlé, lorsqu'il 
restait sur les cheminées à large chambranle, 
entre les vases de fleurs et les pendules
Pompadour ? Elle était à Tostes - lui il était
à Paris, maintenant, là-bas. Comment était-ce
Paris ? quel nom démesuré ! elle se le répétait
à demi voix pour se faire plaisir ; il sonnait
à ses oreilles comme un bourdon de cathédrale ;
                                       jusque sur l'étiquette
il flamboyait à ses yeux jusque sur l'étiquette
de ses pots de pommade
de ses pots de pommade.
     La nuit, quand les mareyeurs dans leurs
charettes passaient sous ses fenêtres en chantant
la marjolaine elle s'éveillait ; - et écoutai/nt le bruit
des roues ferrées qui à la sortie du pays s'amortissait 
vite sur la terre. « ils y seront demain » se
disait-elle ; Et elle les suivait dans sa pensée,
montant et descendant les côtes, traversant les
villages, filant sur la grande route, à la clarté
des étoiles. mais au bout d'une distance indéterminée,
il se trouvait toujours une place confuse, où expirait 
son rêve.
 
[Transcription de Hisaki Sawasaki]