ATELIER BOVARY
CLASSSEMENT GÉNÉTIQUE : Plans et scénarios | Brouillons
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I, chap. 1. Enfance de Charles (1) - Brouillons, vol.1, folio 12
 
  Elle était devenue en vieillissant, à la manière du vin trop longtemps
gardé qui se change en vinaigre - âpre à vivre, piaillarde nerveuse -
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elle était devenue en
vieillissant 
              
comme le vin éventé qui
se fait                              
devint vinaigre, elle était
devenue avec l'âge
,
de caractère             
âpre à vivre sèche d d'humeur
irritable - nerveuse                 
trop longtemps gardé
comme le vin éventé qui se      
fait vinaigre                        
gaie
change en                       
  
Elle portait des  tours  en
faux cheveux noirs
       l'eussent
qui l'avaient détaché d'elle, encore plus. c'était quand
je l'ai conn . une femme maigre d'av davantage
s'il avait eu assez de coeur, pr en apercevoir toute
l'étendue.| c'était une petite femme maigre, à nez
teint blafard                propre de sa personne & délicate de la poitrine
retroussé, l'oeil vif & la voix piallarde.
jadis propre de sa personne et bon enfant
gaie de joyeuse, expansive, ardente elle était devenue
                                           aimante
avec l'âge triste, renfermée morne - ardente jadis,
                                                      avec l'âge
joyeuse, gaie, elle était devenue sombre morne
morne, renfermée, irascible. elle l'avait tant
                  et sans se plaindre ! si longtemps quand elle le voyait
souffert ! la pauvre créature d'abord sans se
plaindre. puis en se plaignant, sans qu'il daignât
d'abord      
dans son amour dans
vanité                  
son orgueil - dans son
bien être enfin. & souffert
sans se plaindre ;
et longtemps ! et sans se
plaindre quand
s'en apercevoir. son dans son amour d'abord.
dans son orgueil - dans son bien être
dans sa vanité ensuite, dans son quand elle
le voyait courir après toutes les gotons du village
et et ce qui lui devenait plus sensible maintenant
dans son bien être enfin ! elle l'avait vu courir
tant de fois après des gotons de village.
                                                                       coeur il est vrai
aux premiers temps des blessures de son amour quand
                                              toutes
elle le vit/voyait courir après des gotons de village et
et que            vingt mauvais
que tous les mauvais lieux du pays le lui
dans son lit       
renvoyaient le soir blasé, las,
triste, puant l'ivresse
                         - qu'y avait-il à faire, *sinon pleurer*
renvoyaient le soir, blasé, las - puis l'orgueil
                                                       cet
s'était révolté en s'apercevant que l'homme dont
elle de génie n'était qu'un sot. - alors elle s'était
            avait avalé sa rage dans un stoïcisme muet mais
tue - et maintenant blessée serrée dans la gêne
dépense   - vivant d'épargnes - tracassée de dettes
devenant/ue chaque jour mu* se rognant la
dépense, elle avait peur de la misère et
ne se pardonnait pas d'avoir été trompée

vivait dans la glace. elle reporta toute
      l'      de sa nature remuante
son ardeur sur les affaires de la vie, devint
seule        
elle mena la ferme qq temps.     
elle allait voir les avoués         
des billets &
se rappelait les échéances, donnait
à son mari de bons avis qu'il
par entêtement  
ne suivait pas- et fidèle,       
dévouée, active, buvant les        
humiliations à larges traits elle    
se vengeait de sa vertu en
ménagère, tracassière, tripoteuse - c'était elle
                      de
qui s'occupait tout - qui faisait de tout -
    vertu
stoïcisme - dont elle se payait au dehors
    petites
en intrigues & en criailleries domestiques
                         qui la soulageaient pr un
                          moment . mais Mr Bovary
                   était brutal - tout tremblait
 
[Transcription de Pierre-Yves Cachard]