ATELIER BOVARY
CLASSSEMENT GÉNÉTIQUE : Plans et scénarios | Brouillons
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II, chap. 1 : Le curé - Copiste, folio 118
[En vert, les suppressions demandées par Laurent-Pichat pour la Revue de Paris.]
 
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  sur la cheminée un des flambeaux de cuivre qui
s'y trouvaient rangés en colonnade avec leurs
chandelles. « voulez-vous prendre quelque chose ?
un doigt de cassis, un verre de vin ?
L'ecclésiastique refusa fort civilement. i/Il
venait chercher son parapluie qu'il avait oublié
l'autre jour au couvent d'Ernemont ; et, après
avoir prié Me Lefrançois de le lui faire remettre
au presbytère dans la soirée, il sortit pour se
rendre à l'église, où l'on sonnait l'Angélus.
Quand le pharmacien n'entendit plus sur
la place le bruit de ses souliers, il trouva fort
inconvenante sa conduite de tout-à-l'heure. Ce
refus d'accepter un rafraîchissement lui semblait
une hypocrisie des plus odieuses. les prêtres
godaillaient tous sans qu'on les vît, et
cherchaient à ramener le temps de la dîme.
L'hôtesse prit la défense de son curé -
« d'ailleurs, il en plierait quatre comme vous,
sur son genou, continuait-elle. il a, l'année
dernière, aidé nos gens à rentrer la paille.
il en portait jusqu'à six bottes à la fois, tant
il est fort ! »
Rétablir tout ce §§ {{  - Bravo ! «  fit le pharmacien. « envoyez donc
vos filles en confesse à des gaillards d'un
tempérament pareil ! moi, si j'étais le
gouvernement, je voudrais qu'on saignât les
prêtres, une fois par mois. Oui, Mme Lefrançois, 
tous les mois une large phlebotomie,
dans l'intérêt de la police et des moeurs ! »
  }}
 
[Transcription de Jean-Christophe Portalis]