ATELIER BOVARY
CLASSSEMENT GÉNÉTIQUE : Plans et scénarios | Brouillons
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II, chap.3 : En allant chez la nourrice - Copiste, folio 142
[En vert, les suppressions demandées par Laurent-Pichat pour la Revue de Paris.]
 
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  de police à galon d'argent qu'il portait le matin,
pour fumer sa pipe, sur la place. Ayant aussi
l'habitude de boire beaucoup d'eau-de-vie, souvent
il envoyait la servante au Lion d'or lui en acheter
une bouteille, que l'on inscrivait au compte de son
fils ; et il usa pour parfumer ses foulards, toute
la provision d'eau-de-Cologne qu'avait sa bru.
           Celle-ci, ne se déplaisait point dans sa
compagnie. Il avait couru le monde.  il parlait
de Berlin, de Vienne, de Strasbourg, de son temps
d'officier, des maîtresses qu'il avait eues, des
grands déjeuners qu'il avait faits ; puis, il se
montrait aimable, et parfois même, soit dans
l'escalier ou au jardin, il lui saisissait la taille,
en s'écriant « Charles, prends garde à toi. »
           Alors la mère Bovary s'effraya pour
le bonheur de son fils, et craignant que son
époux, à la longue, n'eût une influence 
immorale sur les idées de la jeune femme, elle se
Peut-être avait-elle des
inquiétudes plus sérieuses.
Mr Bovary était homme à
ne rien respecter.
hâta de presser le départ. Peut-être avait-
elle des inquiétudes plus sérieuses. Mr
Bovary était homme à ne rien respecter
.
          Un jour, Emma tout à coup, fut
        tout à coup
prise du besoin de voir sa petite fille, qui
avait été mise en nourrice, chez la femme
 du menuisier ; et sans regarder à l'almanach,
 si les six semaines de la v/Vierge duraient encore,
elle s'achemina vers la demeure de Rollet, qui
se trouvait à l'extrémité du village, au bas de
 la côte, entre la grande route et les prairies.
 
[Transcription de Danielle Girard]