ATELIER BOVARY
CLASSSEMENT GÉNÉTIQUE : Plans et scénarios | Brouillons
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I, chap. 1 : Enfance de Charles- définitif, folio 11
 
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  et puis, qu'est-ce qu'elle comptait donc, en faire de son fils ?
Auraient-ils jamais de quoi l'entretenir dans les écoles du
gouvernement, lui acheter une charge ou un fond de commerce
[ qu'il se fasse donc paysan plus comme eux plus tard, si le
coeur l'y pousse on l'engagera, & qui sait ? d'ailleurs
avec du toupet un homme réussit toujours dans le monde
c'était là, la conclusion ; il ne disait plus rien après ] Me
Bovary se mordait les lèvres, et l'enfant grandissant,
vagabondait dans le village.
                Quoi que fît sa mère, Charles vécut donc jusqu'à
quinze ans dans la liberté oisive, des petits garçons de la campagne
                                                                  chassait
i/Il suivait les laboureurs aux champs, et poursuivait à coups
de mottes de terre les cor dans les sillons, les corbeaux qui s'envolaient.
il mangeait les mûres le long des fossés, gardait les dindons avec
                                                                                               taillis
une gaule , fanait à la moisson, [illis.] courait dans le bois taillis
                                                                                           [illis.]
pr se couper des baguettes.
                                              {{ [ souvent ils partaient à plusieurs
pêcher au bout d'un roseau des grenouilles dans les étangs.]
il se roulait comme un poulain sur la luzerne fauchée
se balançait tout seul au brancard des charrettes, l'hiver
dans la grange s'amusait à se laisser glisser du haut
en bas des bottes de paille. }}
                  il jouait à la marelle, sous le porche de l'église
les jours de pluie, et aux gdes fêtes suppliait le bedeau de lui
laisser sonner les cloches, pr pouvoir se pendre de tout
son corps à la gde corde, et se sentir emporté par
elle, dans sa volée.
                Aussi poussa-t-il comme un chêne. il acquit
de fortes mains, de belles couleurs.
               à ses douze ans, sa mère obtint que l'on commençât
ses études. on en chargea le curé, [que l'on priait à dîner
                                                                  chaque
                                                                   tous les dimanches.]
 
[Transcription de Nicole Caron]