BOUVARD ET PÉCUCHET
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Bouvard et Pécuchet - Brouillons, vol. 1, folio 17                        
[Page entièrement barrée]
6.
Un bureau de sapin, placé juste dans le milieu, incommodait par ses angles
– et tout autour, sur des planchettes, sur les trois chaises, sur v*/le vieux
fauteuil & dans les coins, se trouvaient pêle-mêle plusieurs volumes de
l'encyclopédie-Roret, le manuel du magnétiseur, un Fénelon, d'autres
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bouquins – avec des tas de paperasses, deux noix de coco, diverses médailles
[ des graines curieuses ]   un bonnet turc, & des coquilles – rapportées du
Hâvre par Dumouchel. une couche de poussière veloutait les murailles
autrefois peintes en jaune. La brosse pr les souliers traînait au bord
du lit, dont les draps pendaient. On voyait au plafond une gde tâche
noire, produite par la fumée de la lampe.
Bouvard, – à cause de l'odeur sans doute, demanda la permission d'ouvir
la fenêtre.
— « Les papiers s'envoleraient ! » s'écria Pécuchet, qui redoutait en plus les
courants d'air.
Cependant, il haletait dans cette petite chambre, chauffée depuis le matin
par les ardoises de la toiture
Bouvard lui dit. — « à votre place, j'ôterais ma flanelle »
— « Comment ? » & Pécuchet baissa la tête, s'effrayant à l'hypothèse de
de ne plus avoir son gilet de santé.
— « Faites-moi la conduite ! » reprit Bouvard « l'air extérieur vous rafraichira ! »
                  Enfin Pécuchet repassa ses bottes, | tout | en grommelant : — « vous
m'ensorcelez ma parole d'honneur »
           Et malgré la distance, il l'accompagna jusque chez lui, au coin de la
rue de Béthune, en face le Pont de la Tournelle.
                                                                  puis
         [ D'abord il ne voulut pas entrer, mais céda par politesse]
La chambre de Bouvard, bien cirée, avec des rideaux de percale & des meubles en
acajou, jouissait d'un balcon ayant vue sur la rivière. Ses deux ornements
                                                               au milieu de
principaux étaient un porte-liqueurs sur la commode, &, le long de la glace, des
daguérréotypes représentant des amis, celui de Barberou entr'autres, une peinture
                 occupait l'alcôve
à l'huile, dominait la couchette de fer.
— mon oncle ! » dit Bouvard. & le flambeau qu'il tenait éclaira un
monsieur.
[Transcription de Jean-Christophe Portalis]