BOUVARD ET PÉCUCHET
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Bouvard et Pécuchet, chap. 1. Brouillons, vol. 1, folio 20v.
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3.
La vue de cette noce amena Bouvard & Péuchet à parler des
femmes qu'ils déclarèrent frivoles perfides, acariâtres, têtues ; – & malgré
                                           souvent
cela, souvent elles étaient meilleures que les hommes. d'autres fois, elles étaient
pires. Bref, il valait mieux vivre sans elles. Aussi Pécuchet était resté
célibataire
– moi, je suis veuf » dit Bouvard « & sans enfants 
– c'est peut-être un bonheur pr vous » mais la solitude à la longue était
bien triste.
                                                  vaste
[ Pécuchet tira une prise de sa tabatière ; & Bouvard ferma les yeux comme absorbé
dans des réflexions.]
Péc sans les absoudre
montr qq défér pr
                       la religion
se montra moins irreligieux
Puis, au bord du quai, parut une fille de joie avec un soldat
                                  noirs
Blême, les cheveux noirs & marquée de petite vérole, elle s'appuyait sur le
bras du militaire, en traînant ses savattes & balançant les hanches.
Quand elle fut un peu plus loin, Bouvard se permit une observation obscène
Pécuchet devint très rouge &, sans doute pr s'éviter de répondre, lui désigna
du regard un prêtre qui s'avançait
                                                                      toute 
                                                                            l'avenue des maigres [*                 ]*
L'écclésiastique descendit avec lenteur toute l'allée des ormeaux sans feuilles
                la chaussée         Bouvard  B. Bouvard
jalonnant le trottoir – & Bouvard dès qu'il n'aperçut plus le tricorne
[illis.]
[illis.]
...[illis.]...
                                             Bouvard 
 Bouvard se déclara soulagé, car il exécrait les jésuites.  Pécuchet [ sans les
              manifesta 
                 montra pr la religion plus de déférence
défendre ] eut deux ou trois paroles pr la religion.
[illis.] d'un Saltimbanque
tout [illis.] la reprise
de la [illis.]
     Cepend*            jalousies
Cependant l/des persiennes en face s'étaient relevées. Les passants devinrent plus
                    Le crépuscule tomba/it.
nombreux. Le crépuscule tomba. Sept heures sonnèrent.
B. & P. étaient toujours             paroles/paroles
Leurs propos coulaient intarissablement, les remarques | de Pécuchet | succédant 
                                    et                les                                          aux
aux anecdotes | de Bouvard, | & aux aperçus philosophiques les considérations
individuelles. Ils dénigrèrent le corps des Ponts & chaussées, la régie des tabacs 
                         contribution               notre marine*  notre marine
le système des impôts, le commerce, les théâtres, tout le genre humain, comme
ceux qui ont subi de gds déboires. Bouvard paraissait prendre les choses
           gaillardement
d'une façon gaillarde, Pécuchet les ruminer avec tristesse.
Chacun, en écoutant l'autre retrouvait des parties de lui-même oubliées –
et bien qu'ils eussent passé l'âge des émotions naïves, ils éprouvaient
un plaisir tout nouveau, une sorte d'épanouissement, le charme
enfin des tendresses à leur début.
[Transcription de Jean-Christophe Portalis]