BOUVARD ET PÉCUCHET
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Bouvard et Pécuchet - Brouillons, vol. 9, folio 1104v
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Il avait peur de passer pr un impie, & d'être mal vu au château.
        Maintenant ils y venaient trois fois la semaine –
                                                                                                  les réchauffait
      vers cinq heures, en hiver ; la tasse de thé                                   Mr                   
C'était vers cinq heures en hiver. la tasse de thé les réchauffait. Mr  le Cte/Comte
....[illis.]....
....[illis.]....
....[illis.]....


par ses allures rappelait le genre de l'ancienne cour. la Comtesse placide &
grasse, montrait sur toutes choses un grand discernement. Melle Yolande leur fille
avec ses yeux bleus & sa taille de roseau était bien « le type de la jeune personne »
l'Ange des keepsakes – & Me de Noaris leur dame de compagnie, ressemblait à Pécuchet
ayant son nez pointu.
La première fois qu'ils entrèrent dans le salon, elle défendait quelqu'un.
— « je vous assure qu'il est changé. son cadeau le prouve ! »
Ce qq'un
Cette personne était gorgu. Il venait d'offrir aux futurs époux un prie-dieu
gothique ; on l'apporta. Les armes des deux maisons s'y étalaient en reliefs de
couleur. Mr. de Mahurot en parut content, & Me de Noaris lui dit : « Vous
vous souviendrez de mon protégé ! »
Peu de jours après elle amena deux enfants, un gamin d'une douzaine d'années
et sa soeur qui en avait dix, peut-être. Par les trous de leurs guenilles, on voyait
leurs membres, rouges de froid. L'un était chaussé de vieilles pantoufles, l'autre
n'avait plus qu'un sabot. Leurs fronts disparaissaient sous leurs chevelures. – & ils regardaient 
autour d'eux, avec des prunelles ardentes, comme de jeunes loups effarés.
Me de Noaris conta qu'elle les avait rencontrés le matin sur la grande route. Placquevent
ne pouvait fournir aucun détail. 
                                                          « Victor. Victorine
On leur demanda leurs noms. — Émile, Émilie » rien de plus. — « où était leur père ? »
                                                                                Rien
— « en prison ! » — « avant que faisait-il ? des collets ! — « Bien, un braconnier » « Leur pays – »
— « Saint-Pierre » — « mais quel Saint-Pierre ». Les deux petits pour toute réponse
disaient en reniflant — « Sais pas ! Sais pas ! » – Leur mère était morte, & ils
mendiaient.
                          exposa
Me de Noaris combien combien il serait dangereux de les abandonner. Elle attendrit
la Comtesse, piqua d'honneur le Comte, fut soutenue par Mademoiselle, s'obstina
                                                                                                    leur trouverait de l'ouvrage
réussit. La femme du garde-chasse en prendrait soin. on les placerait plutard
attendrit & comme ils ne savaient ni lire, ni écrire, Me de Noaris leur donnerait elle-même
des leçons, afin de les préparer au catéchisme.  cela valait mieux que de les envoyer chez Petit
                Mr Jeufroy                                                                    mioches
   Quand le c/abbé venait au château on allait quérir les deux mioches*. Il les interrogeait
lui/leur faisait une conférence, où il mettait de la prétention, à cause de l'auditoire 
                                              discouru sur les              Bouvard en s'en
              une fois qu'il avait parlé des Patriarches,                         en retournant avec
lui, & Pécuchet ...............[illis.]........................... les traita légèremt    en [illis.]
Jacob s'est distingué par des filouteries, David par des meurtres, Salomon
par ses débauches.
                                                                                                elle   elle attendrit
                                                                                                         la       Ctesse
                                                                                                             la M*

[Transcription de Joëlle Robert ]