Préfaces de Raymond Queneau à Bouvard et Pécuchet
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« lui un jugement quelconque de peur de dire naturellement
« une bourde, une des sottises qui eussent enrichi le 
« florilège bouvardo-pécuchétien »

          et ne finissait-il pas (après une allusion insupportable
à l'oeuvre de l'« un de nos contemporains ») sur une
invocation à « ce Sottisier qui eut terminé le roman source
et où sans doute aurait figuré en bonne place – avec la permission
de la chronologie – la présentation même que nous
venons de terminer
». 

          L'idée devait me paraître bonne (stupide satisfaction),
car je commençai ainsi ma nouvelle préface : 

           « Ecrire une introduction à Bouvard et Pécuchet
« appartient au genre d'entreprises présomptueuses où l'on
« se casse le nez à coup sûr, car il n'est pas douteux qu'un
« pareil morceau de littérature ne contienne, par essence,
« une telle abondance de bourdes, lieux communs, bévues,
« calembredaines, âneries, imbécillités, idées reçues et
« foutaises que le texte ne devrait pas figurer en tête de
« l'ouvrage, mais bien, en toute justice, dans le chapitre
« fondamental où Flaubert voulait dépenser les richesses
« de son sottisier. »
  
           Eh bien, cette astuce n'est pas neuve. On l'a déjà
perpétrée. Je l'ai retrouvée dans le FLAUBERT de Thibaudet,
passage qui m'avait échappé (excuses) : 

               « Quand, devant Bouvard et Pécuchet, la critique
« lève les bras au ciel, flétrit en Flaubert le jeune homme
« bien doué qui a mal tourné, que, d'autre part, le flaubertisme
« intégral, réunit autour de M. Folantin dans l'arrière-boutique
« d'un traiteur sinistre, salue dans Bouvard