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Extraits de la correspondance de Gustave Flaubert
concernant L'Éducation sentimentale  [1862 à 1869]

 

 

La chronologie


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Ces extraits de lettres sont le résultat de l’indexation thématique. Ne soyez donc pas surpris d’y trouver les abréviations, la ponctuation, l'orthographe et les repentirs présents dans le manuscrit des lettres. Les ratures n'y apparaissent pas.
En voici un exemple : « Ce livre, qui n’est qu’en style, a pr danger perpétu continuel le style même. »

 

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Progression – Rythme de l'écriture

Planning de travail
 

1 - à Bosquet Amélie, Paris, 21 octobre 1862   

Lettre n° 1124   

D'autre part, je rêvasse un autre bouquin, mais il me manque encore bien des choses avant même d'en faire le plan. J'ai grande envie, ou plutôt grand besoin, d'écrire. Voilà tout ce que je sais de moi.

2 - à Duplan Jules, Croisset, 29 mars 1863   

Lettre n° 1209   

Quant à moi je suis dans la confection simultanée de mes deux plans. C'est à cela que je passe toutes mes soirées. Je ne sais pour lequel me décider. J'attends Monseigneur dans 15 jours. Alors je prendrai un parti.

3 - à Lévy Michel, Croisset, 31 mars 1863   

Lettre n° 1210   

je travaille simultanément à deux plans de livres. Je ne sais encore lequel des deux je prendrai.

4 - à Goncourt Edmond et Jules de, Croisset, 02 avril 1863   

Lettre n° 1212   

je travaille à deux plans de roman sans savoir encore auquel des deux il faut s'atteler

5 - à Gautier Théophile, Croisset, 03 avril 1863   

Lettre n° 1213   

Je rêvasse à la fois deux livres sans faire grande besogne

6 - à Duplan Jules, Croisset, 07 avril 1863   

Lettre n° 1214   

Je travaille sans relâche au plan de mon Éducation sentimentale. Ça commence à prendre forme ?

7 - à Duplan Jules, Croisset, 15 avril 1863   

Lettre n° 1216   

L’Éducation sentimentale en reste là

8 - à Goncourt Edmond et Jules de, Croisset, 06 mai 1863   

Lettre n° 1220   

J'ai fait le plan de deux livres qui ne me satisfont ni l'un ni l'autre.

9 - à Duplan Jules, Croisset, 07 mai 1863   

Lettre n° 4577   

Je n'ai pas encore pris de parti. Je flotte toujours entre mes deux bonshommes et mon roman parisien. C'est celui-là qui m'occupe le plus. Mais je n'avance guère. Il me vient des détails mais l'ensemble m'échappe. Je ne suis pas prêt de me mettre à écrire et je m'ennuie démesurément

10 - à Leroyer de Chantepie Marie-Sophie, Vichy, 17 juin 1863   

Lettre n° 1228   

J'ai fait deux plans de livres qui sont peut-être bons ? mais qui ne m'enthousiasment guère !

11 - à Duplan Jules, Vichy, 26 juin 1863   

Lettre n° 1236   

J'ai réfléchi à mes deux plans sans y rien ajouter

12 - à Commanville Caroline, Paris, 29 février 1864   

Lettre n° 1295   

Quand j'ai un moment de repos, je dors sur mon divan en songeant à mon roman que j'ai gde envie d'écrire.

13 - à Commanville Caroline, Paris, 03 mars 1864   

Lettre n° 1297   

Je vais employer le temps qui me reste d'ici à mon départ définitif de Paris –  à préparer mon terrible roman.

14 - à Roger des Genettes Edma, Croisset, 04 avril 1864   

Lettre n° 1302   

Me voilà commençant un livre qui me demandera probablement plusieurs années.

15 - à Commanville Caroline, Croisset, 18 avril 1864   

Lettre n° 1306   

Heureusement que maintenant je travaille beaucoup. – Au plan de mon gd roman parisien. Je commence à le comprendre, mais jamais je n'ai autant tiré sur ma pauvre cervelle.

16 - à Commanville Caroline, Paris, 11 mai 1864   

Lettre n° 1311   

J'ai, hier, travaillé toute la journée avec Monseigneur au plan de mon livre. Nous en étions, le soir, plus brisés l'un & l'autre que si nous eussions cassé du caillou. Mais nous avons fait, je crois, d'excellente besogne ? L'idée principale s'est dégagée & maintenant c'est clair. Mon intention est de commencer à écrire, pas avant le mois de 7bre [septembre].

17 - à Commanville Caroline, Paris, 22 mai 1864   

Lettre n° 1313   

Mon séjour ici sera bien encore de 15 bons jours (mais pas plus). Il me faut bien cela pr en finir (momentanément du moins) avec mes ennuyeuses recherches

18 - à Duplan Jules, Croisset, 03 juillet 1864   

Lettre n° 1319   

Je n'ai guère pensé à mon roman au milieu de mes villégiatures (mot du gd monde) consécutives. Je ne me mettrai à la copie qu'après mon roman voyage de Montereau vers la fin d'août

19 - à Roger des Genettes Edma, Croisset, 20 octobre 1864   

Lettre n° 1332   

Depuis sept semaines, j’ai écrit quinze pages et encore ne valent-elles pas grand-chose…

20 - à Duplan Jules, Croisset, 24 novembre 1864   

Lettre n° 1342   

Je pioche comme un misérable. À la fin de janvier j'espère t'apporter trois chapitres, (de 40 à 50 pages). À cet endroit-là, seulement, je pourrai voir la tournure que ça aura.

21 - à Goncourt Edmond et Jules de, Croisset, 07 janvier 1865   

Lettre n° 1351   

Je me couche à 4 heures du matin, & commence à reprendre mes esprits vers 4 heures du soir. La copie va très lentement. & je ne suis pas gai. Mais il est inutile que je vous emmerde avec mes emmerdements. Vous devez avoir assez des vôtres

22 - à Commanville Caroline, Paris, 05 février 1865   

Lettre n° 1354   

Je reste le soir chez moi, tranquillement. & je recommence à travailler. Mon bouquin m'assomme un peu moins. & depuis mon séjour ici j’ai écrit près de dix pages. – Assez faibles, il est vrai. Tu es bien gentille, pauvre chérie, de m’envoyer des encouragements & des consolations. J'ai besoin des uns & des autres

23 - à Commanville Caroline, Paris, 22 février 1865   

Lettre n° 1355   

Rien n'est plus difficile que les renseignements dont j'ai besoin. J'étudie en même temps l'histoire de la gravure. Au La copie est interrompue par ces occupations. J'espère la reprendre dans une huitaine de jours

24 - à Leroyer de Chantepie Marie-Sophie, Croisset, 11 mai 1865   

Lettre n° 1378   

Au mois de septembre dernier je me suis mis, après beaucoup d'hésitations, à un grand roman qui va me demander des années et dont le sujet ne me plaît guère

25 - à Duplan Jules, Croisset, 21 mai 1865   

Lettre n° 1381   

Je commence à travailler sérieusement. J'aurai fini mon chapitre à la fin de la semaine prochaine. Pour le moment je suis un peu moins découragé

26 - à Goncourt Edmond et Jules de, Croisset, 26 septembre 1865   

Lettre n° 1409   

Je vis comme un ours et ne sais rien de ce qui se passe. Me voilà arrivé bientôt à la fin de ma première partie (encore trois ou quatre mois). j'ai travaillé beaucoup depuis tout l'été. que sera-ce ? je n'en sais rien !

27 - à Mathilde (princesse), Croisset, 01 octobre 1865   

Lettre n° 1410   

Pour oublier un peu toutes les tuiles domestiques qui me sont tombées sur la tête cet été, j'ai travaillé le plus que j'ai pu – (& selon ma coutume sans avancer beaucoup dans ma besogne) mais enfin, le temps se passe ! l c'est l'important

28 - à Leroyer de Chantepie Marie-Sophie, Croisset, 08 octobre 1865   

Lettre n° 1411   

Afin de me distraire, je me suis plongé dans un travail forcené. Jamais je ne me suis donné de mal comme depuis deux mois et j'espère, vers le Jour de l'An, être arrivé à la fin de la première partie de mon roman

29 - à Goncourt Edmond et Jules de, Croisset, 16 octobre 1865   

Lettre n° 1412   

Je continue à travailler comme un homme. – & il se pourrait que j'aie fini ma 1re partie au commencement de janvier.

30 - à Duplan Jules, Croisset, 29 octobre 1865   

Lettre n° 1413   

Je travaille toujours comme un misérable & j'espère dans les premiers jours de janvier avant le 20, avoir fini ma sempiternelle 1ère partie ? Je vais commencer dans une huitaine le dernier mouvement du chapitre VIe, après quoi j'en ai un, petit, de dix pages.

31 - à Chojecki Charles-Edmond, Croisset, 15 novembre 1865   

Lettre n° 1415   

Je n'ai pas fini !... Je touche à la terminaison de la première partie. Quand arriverai-je au bout des deux autres ? Apollon, Dieu des Ratures, seul peut le savoir !

32 - à Commanville Caroline, Paris, 29 mars 1866   

Lettre n° 1448   

quand je reviendrai à Croisset au milieu de mai j'aurai, probablement fini le 1er chapitre de ma seconde partie. Le 2e & le 3e me demanderont plus d'un an !

33 - à Feydeau Ernest, Croisset, 24 juin 1866   

Lettre n° 1474   

Si je travaille bien j'aurai fini la seconde partie de mon roman dans dix-huit mois ! Je n'ose même pas songer à la troisième

34 - à Bosquet Amélie, Croisset, 20 août 1866   

Lettre n° 1489   

J'ai travaillé furieusement, pendant six semaines, de la fin de mai au milieu de juillet. – Puis j'ai été quinze jours en Angleterre, quinze jours à Paris et dans les environs. – Je suis revenu hier de Dieppe, où j'ai passé une semaine – et me revoilà courbé sur ma table pour deux grands mois. – J'irai à Paris vers la fin d'octobre, pour voir la pièce de Bouilhet. – Mais je n'y resterai pas, ayant l'intention de passer ici tout l'hiver, pour afin de hâter un peu mon interminable roman

35 - à Primoli Charlotte (comtesse), Croisset, 27 août 1866   

Lettre n° 1493   

Après une vacance de cinq semaines passées à Londres, à Paris, à Chartres et à Dieppe me revoilà courbé sur ma besogne jusqu'au milieu de l'hiver, tâchant d'avancer un peu mon interminable roman

36 - à Feydeau Ernest, Croisset, 01 septembre 1866   

Lettre n° 1495   

le revoilà à son travail en train de confectionner le chapitre II de la seconde partie de son interminable livre

37 - à Chevalier Ernest, Croisset, 23 octobre 1866   

Lettre n° 1513   

j'y resterai jusqu'à la fin de février, probablement, afin d'avancer un peu dans mon interminable bouquin

38 - à Taine Hippolyte, Croisset, 05 novembre 1866   

Lettre n° 1521   

Nous ne nous p verrons pas avant la fin de février ? je voudrais avancer qque peu mon interminable roman.

39 - à Fovard Frédéric, Croisset, 07 novembre 1866   

Lettre n° 1522   

Quant à moi je vais tâcher de pousser une violente pioche d'ici le mois de février

40 - à Roger des Genettes Edma, Croisset, 13 novembre 1866   

Lettre n° 1526   

maintenant je vais piocher ferme car toute distraction me dérange

41 - à Leroyer de Chantepie Marie-Sophie, Croisset, 13 décembre 1866   

Lettre n° 1542   

Quant au mien, je ne suis pas encore à la moitié. Il est très long et très difficile à écrire

42 - à Sand George, Croisset, 12 janvier 1867   

Lettre n° 1556   

Moi, je continue à tripoter mon roman

43 - à Sainte-Beuve Charles Augustin, Croisset, 16 janvier 1867   

Lettre n° 1558   

Quant à mon bouquin, il n'est pas près d’être fini. J'achève la seconde partie. Je ne puis être complètement débarrassé avant le milieu de 1869 !

44 - à Duplan Jules, Paris, 17 mars 1867   

Lettre n° 1577   

Eh bien, mon pauvre vieux, je continue à pousser péniblement ma décharge. J'en suis maintenant au milieu de ma 2e partie. J’espère avoir fini mon chapitre III vers Pasques

45 - à Duplan Jules, Paris, 17 mars 1867   

Lettre n° 1577   

Je n'aurai pas fini  le tout, avant trois ans ! – encore trois ans !

46 - à Crépet Eugène, Paris, mars 1867   

Lettre n° 1587   

Mon bouquin ne peut être fini avant la fin de 1869, ainsi vous avez du temps

47 - à Bouilhet Louis, Paris, 01 avril 1867   

Lettre n° 1588   

Sais-tu combien j’ai lu et annoté de volumes depuis six semaines ? Vingt-sept, mon bon. Ce qui ne m’a pas empêché d’écrire dix pages

48 - à Feydeau Ernest, Croisset, 12 juin 1867   

Lettre n° 1617   

Mais il me faut encore, pour finir mon interminable bouquin, quatorze mois de pioche forcenée

49 - à Sand George, Croisset, 18 juillet 1867   

Lettre n° 1630   

Mais à partir du commencement de 7bre jusqu'au milieu de février je ne bougerai plus d’ici, afin d'avancer l'interminable roman qui m'embête de plus en plus.

50 - à Tourbey - Loynes Jeanne de, Croisset, 21 septembre 1867   

Lettre n° 4255   

Je vais donc reprendre mon long bouquin qui ne peut être terminé avant deux ans

51 - à Bosquet Amélie, Croisset, 22 septembre 1867   

Lettre n° 1661   

je vais me remettre à mon lourd bouquin. – J'espère avoir fini la 2e partie à la fin de février. – Restera la 3e ! Bref, je n'aurai pas terminé le tout avant deux ans !

52 - à Mathilde (princesse), Croisset, septembre 1867   

Lettre n° 1663   

Je travaille avec assez d'entrain. & je me promets, comme une récompense, au bout de mon chapitre, d'aller vous voir.

53 - à Duplan Jules, Croisset, 11 octobre 1867   

Lettre n° 1666   

Depuis que tu ne m’as vu j'ai pioché comme trente nègres. – Dans huit ou dix jours j'aurai fini mon chapitre qui sera le plus long de tous : 50 pages ! – – et si ça va bien je peux, à la fin de février, avoir terminé ma seconde partie. Mais que sera-ce, que sera-ce ? Problème !

54 - à Sand George, Croisset, 30 octobre 1867   

Lettre n° 1668   

Le travail ne va pas trop mal. J'espère avoir fini ma seconde partie au mois de Février. Mais pr avoir tout terminé dans deux ans, il faut que d'ici là votre vieux ne bouge de son fauteuil. – C'est ce qui fait que je ne vais pas à Nohant. Huit jours de vacances c'est pr moi trois mois de rêverie

55 - à Sandeau Paule, Croisset, 16 novembre 1867   

Lettre n° 1675   

Quant à votre ami, il espère, à la fin de janvier – avoir terminé la seconde partie de son roman ! Comme il m'embête ! Comme il m'embête !

56 - à Bosquet Amélie, Croisset, 16 novembre 1867   

Lettre n° 1676   

J’espère vous voir, à la fin de janvier, quand j’aurai fini le dernier chapitre de ma seconde partie.

57 - à Duplan Jules, Croisset, 15 décembre 1867   

Lettre n° 1681   

Je travaille comme trente mille nègres, mon pauvre vieux. – Car je voudrais avoir fini ma seconde partie à la fin de Janvier. Pour avoir terminé le tout, au printemps de 69, je n'ai pas de manière à publier dans deux ans d'ici, je n'ai pas huit jours à perdre. Tu vois la perspective.

58 - à Mathilde (princesse), Croisset, 16 décembre 1867   

Lettre n° 1682   

Je vis maintenant complètement seul – ma mère étant à Rouen – & je travaille le plus que je peux – afin d'avoir fini ma seconde partie vers les derniers jours de janvier.

59 - à Sand George, Croisset, 18 décembre 1867   

Lettre n° 1683   

Pour que j'aie fini mon livre dans le printemps de 1869, il faut que d'ici là je ne me donne pas huit jours de congé ! Voilà pourquoi je ne vais point à Nohant

60 - à Fovard Frédéric, Croisset, 19 décembre 1867   

Lettre n° 1684   

Je suis harassé ! et si je veux avoir fini mon livre dans le printemps de 1869, je [ne] dois pas, d'ici là, perdre une semaine.

61 - à Feydeau Ernest, Croisset, 25 décembre 1867   

Lettre n° 1685   

Je me mets à ma table vers midi et demi. À 5 heures je pique un chien qui dure quelquefois jusqu'à 7, alors je dîne. Puis, je me refous à la pioche jusqu'à 3 heures et demie ou 4 heures du matin

62 - à Feydeau Ernest, Croisset, 25 décembre 1867   

Lettre n° 1685   

J'espère avoir fini ma seconde partie à la fin de janvier, et tout le reste dans l'été de 1869 ?

63 - à Sand George, Croisset, 01 janvier 1868   

Lettre n° 1691   

Il me faut tant de temps pr faire si peu que je n'ai pas une minute à perdre (ou à gagner), si je veux avoir fini mon lourd bouquin dans l'été de 1869.

64 - à Sand George, Croisset, 01 janvier 1868   

Lettre n° 1691   

il est temps que ma seconde partie finisse – après quoi j'irai à Paris. ce sera vers la fin de ce mois

65 - à Lévy Michel, Croisset, 10 janvier 1868   

Lettre n° 4266   

Je travaille, pr le moment, d'une façon frénétique. J'espère avoir fini au mois de mai. – Nous pourrons nous mettre à imprimer en 7bre

66 - à Duplan Jules, Paris, 14 mars 1868   

Lettre n° 1711   

Quant à ton vieux géant, il a commencé aujourd'hui le Ier chapitre de sa 3e partie

67 - à Duplan Jules, Paris, 14 mars 1868   

Lettre n° 1711   

il me reste encore 250 pages à écrire ! ne comptes-tu pr moi rien, non plus, les bourgeois qui vous abordent par ces phrases : « Eh bien, avez-vous qque chose nouvelle page sur le chantier ? – Vous êtes paresseux »,

68 - à Mathilde (princesse), Croisset, 10 juin 1868   

Lettre n° 1742   

Quant à mon au mien il me faut encore une grande année de travail acharné avant de l'avoir fini. Vous plaira-t-il, au moins !

69 - à Sand George, Croisset, 05 juillet 1868   

Lettre n° 1754   

J'ai violemment bûché depuis six semaines

70 - à Leroyer de Chantepie Marie-Sophie, Croisset, 05 juillet 1868   

Lettre n° 1752   

Je suis toujours plongé dans mon roman. Il me faut encore une bonne année avant de l'avoir fini

71 - à Tourgueneff Ivan, Paris, 25 juillet 1868   

Lettre n° 1762   

Puis je reviendrai à Croisset pr y reprendre mon bouquin.

72 - à Commanville Caroline, Croisset, 21 août 1868   

Lettre n° 1772   

Je prépare maintenant la fin de mon chapitre. J'arrange le château et la Forêt de Fontainebleau ! quel travail ! & songer que j'en ai encore pr une grande année !

73 - à Mathilde (princesse), Croisset, 09 septembre 1868   

Lettre n° 1779   

Mon abominable bouquin me donne du mal & j'y avance très lentement. Je ne pourrai pas l'avoir fini avant l'été prochain. – après quoi je n'en fais plus de pareil. Les bourgeois sont trop laids en nature pour s'éreinter à les peindre.

74 - à Sand George, Croisset, 09 septembre 1868   

Lettre n° 1780   

Moi, je travaille furieusement. Je viens de faire une description de la forêt de Fontainebleau, qui m'a donné envie de me pendre à un de ses arbres. Comme je m'étais interrompu pendant trois semaines, j'ai eu un mal abominable pr me remettre en train

75 - à Duplan Jules, Croisset, 13 septembre 1868   

Lettre n° 1782   

Je travaille comme un bœuf, mais je n'avance guère ! il y a des jours où je me sens vidé & écrasé. Quel bouquin ! Je ne suis pas gai, par moments, je t'assure.

76 - à Commanville Caroline, Croisset, 13 septembre 1868   

Lettre n° 1781   

Je travaille beaucoup mais n'avance pas vite. Ce qui me reste encore à écrire m'épouvante. Enfin !...

77 - à Duplan Jules, Croisset, 19 septembre 1868   

Lettre n° 1785   

Non, « nous n'avons plus vingt ans ! » C'est précisément pr cela qu'il serait temps de faire qq chose de beau avant de déguerpir. – Je voudrais avoir fini ce livre-là afin d'en écrire un autre plus chic. & je travaille avec acharnement dans le seul but de m'en débarrasser.

78 - à Feydeau Ernest, Croisset, 27 octobre 1868   

Lettre n° 1796   

Je vais avoir fini, dans une huitaine, le second chapitre de la dernière partie. – & j'espère être affranchi du tout, au mois de juillet prochain ?

79 - à Harrisse Henry, Croisset, 28 octobre 1868   

Lettre n° 1798   

Si je veux publier mon interminable bouquin en 1869, il faut que je l'aie fini au mois de juillet. D'ici là je n'ai pas une heure à perdre. Aussi je ne commencerai pas ma saison d'hiver cette année avant la fin de février.

80 - à Commanville Caroline, Croisset, 31 octobre 1868   

Lettre n° 1800   

J’aimerais fort à batifoler sur les rivages de la Méditerranée ! Mais mon Ve chapitre, que deviendrait-il ? Un dérangement de 15 jours me ferait perdre tout mon hiver.

81 - à Sand George, Croisset, 31 octobre 1868   

Lettre n° 1801   

Cependant je travaille à mon roman comme plusieurs bœufs. J'espère, au jour de l'An, n'avoir plus que cent pages à écrire, c'est-à-dire encore six bons mois de travail

82 - à Feydeau Ernest, Croisset, 23 novembre 1868   

Lettre n° 1805   

Pour paraître en octobre prochain, il faut que j'aie fini en juillet ; or, je n'ai pas d'ici là une minute à perdre.

83 - à Mathilde (princesse), Croisset, 23 novembre 1868   

Lettre n° 1806   

ma solitude complète va commencer. j'en profiterai pour accélérer mon interminable bouquin, qui commence à m'exaspérer par la lenteur de sa confection !

84 - à Sand George, Croisset, 24 novembre 1868   

Lettre n° 1807   

– & je vais rester ici jusqu'à la fin de février sans doute. À cette époque-là j'espère être arrivé à mon dernier chapitre qui me demandera encore trois mois. Bref il faut que j'aie fini en juin si je veux paraître en octobre.

85 - à Sand George, Croisset, 19 décembre 1868   

Lettre n° 1812   

Je travaille démesurément et suis, au fond, réjoui par la perspective de la Fin qui commence à se montrer. Pour qu'elle arrive plus vite j'ai pris la résolution de demeurer ici tout l'hiver, jusqu'à la fin de mars probablement ? En admettant que tout aille pr le mieux, je n'aurai pas terminé le tout, avant la fin de mai

86 - à Leroyer de Chantepie Marie-Sophie, Croisset, 28 décembre 1868   

Lettre n° 1813   

Elle m’avait invité à aller chez elle à Nohant, le 15 de ce mois, pour le baptême de ses petites-filles. Mais mon bouquin m'a retenu. Le moindre dérangement physique me trouble la cervelle

87 - à Duplan Jules, Croisset, 10 janvier 1869   

Lettre n° 1821   

Depuis mon retour j’ai travaillé le plan de mes deux derniers chapitres c’est encore 60 pages qui me restent ! que j’ai à écrire – (sans compter l’épilogue !). Je suis épouvanté par ce qui me reste à faire ! Je vais m’y mettre ce soir. – Mais j’en ai le cœur malade ! mon Dieu mon Dieu ! que je suis fatigué !

88 - à Tourgueneff Ivan, Croisset, 02 février 1869   

Lettre n° 1833   

Bref, je suis brisé de fatigue & d’ennui. Mon interminable roman m’écœure & m’assomme ! – et j’en ai encore pr quatre mois, au moins !

89 - à Sand George, Croisset, 02 février 1869   

Lettre n° 1831   

Bref, j’en ai encore pr quatre ou cinq mois. Quel bon ouf je pousserai quand ce sera fini – & que je ne suis pas près de refaire des bourgeois ! Il est temps que je m’amuse !

90 - à Mathilde (princesse), Croisset, 16 février 1869   

Lettre n° 1837   

je tremble en songeant à mon pauvre roman. Il avance ! & dans six semaines je commencerai le dernier chapitre.

91 - à Sand George, Croisset, 23 février 1869   

Lettre n° 1839   

j’espère, dans une dizaine de jours, commencer mon avant-dernier chapitre ! Quand il sera bien en train (au milieu) je m’en irai à Paris vers Pasques – pas avant.

92 - à Harrisse Henry, Paris, 01 avril 1869   

Lettre n° 1851   

Quand je dis que mon roman est terminé, je mens impudemment. J’ai encore à écrire tout un chapitre, ce qui est l’affaire de deux mois.

93 - à Commanville Caroline, Paris, 01 avril 1869   

Lettre n° 4271   

Tous mes trimballements sont finis & je me suis remis au travail 

94 - à Sand George, Paris, 03 avril 1869   

Lettre n° 1853   

Je ne compte pas m’en aller de Paris avant le 10 ou le 12 juin, quand mon roman sera fini & recopié

95 - à Sand George, Paris, 29 avril 1869   

Lettre n° 1860   

J’espère demain finir mon dernier chapitre ? Je n’aurai plus que l’épilogue 12 pages

96 - à Laurent Caroline, Paris, 03 mai 1869   

Lettre n° 1861   

Mais je suis surchargé ou plutôt surmené de travail. Je me suis juré d’avoir fini mon livre à la fin de la semaine prochaine, et je ne bouge !

97 - à Commanville Caroline, Paris, 05 mai 1869   

Lettre n° 1863   

J’espère dans 15 jours ou trois semaines avoir enfin fini terminé mon roman ! c’est-à-dire donner au copiste les premières pages vers le 20 ou le 25 de ce mois. – Quel soulagement !

98 - à Sand George, Paris, 13 mai 1869   

Lettre n° 1865   

Je compte toujours avoir tout fini vers le milieu de la semaine prochaine

99 - à Commanville Caroline, Paris, 23 mai 1869   

Lettre n° 1867   

je n’ai pas le temps de me chercher un logement, puisque j’ai à peine le temps de faire recopier mon ms

100 - à Sand George, Paris, 04 juin 1869   

Lettre n° 1871   

J’ai déployé depuis 8 jours une activité furibonde. La copie de mon roman est finie, & je me suis trouvé un logement ! – mais je suis éreinté.


101 - à Commanville Caroline, Croisset, 09 juin 1869   

Lettre n° 1873   

à la fin de la semaine prochaine, Monseigneur sera revenu de Paris & nous nous mettrons à corriger L’Éducation Sentimentale, phrase par phrase. Ce sera l’affaire d’une quinzaine au moins.

102 - à Commanville Caroline, Croisset, 19 juin 1869   

Lettre n° 1878   

Dans une huitaine de jours je me mettrai aux corrections de mon roman.

103 - à Sand George, Croisset, 24 juin 1869   

Lettre n° 1881   

(Quant à mon roman, – L’Éducation sentimentale – je n’y pense plus, Dieu merci. Il est recopié. bea* D’autres mains y ont passé. Donc il la chose n’est plus mienne. Elle n’existe plus. Bonsoir !)

104 - à Commanville Caroline, Croisset, 07 juillet 1869   

Lettre n° 1888   

Sa maladie, outre qu’elle m’afflige beaucoup, pr lui, me gêne dans mes petites affaires personnelles car nous devions ensemble revoir mon roman – Quand sera-t-il en état de s’occuper de cette besogne ? – S’il ne revient pas dès le commencement d’août, je serai obligé de revenir ici dans le mois de 7bre [septembre]. Tout cela détraque mes vacances. – Mais il faut avoir de la philosophie ! Croirais-tu que je ne pense pas du tout à mon roman ?

105 - à Mathilde (princesse), Croisset, 08 juillet 1869   

Lettre n° 1889   

Mon roman est là – dans sa boîte et je n’y pense pas plus que s’il n’existait point. Je le reprendrai dans six semaines pr y faire les dernières corrections. – & puis vogue la galère !

106 - à Duplan Jules, Croisset, 29 juillet 1869   

Lettre n° 1902   

Je n’ai pas eu la force de relire mon roman – d’autant plus que les observations de Maxime si justes qu’elles soient m’irritent. J’ai peur de les accepter toutes, – ou d’envoyer tout promener.

107 - à Mathilde (princesse), Croisset, 30 juillet 1869   

Lettre n° 1904   

Je relis maintenant mon roman afin d'en pour en effacer les fautes de français

108 - à Commanville Caroline, Croisset, 19 décembre 1879   

Lettre n° 3961   

Ne t'inquiète pas du vieux ms [manuscrit] de l'Éducation. il est écrit des deux côtés, n'est-ce pas ? Dans ce cas-là, tu peux le brûler.