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Extraits de la correspondance de Gustave Flaubert
concernant L'Éducation sentimentale  [1862 à 1869]

 

 

La documentation


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Ces extraits de lettres sont le résultat de l’indexation thématique. Ne soyez donc pas surpris d’y trouver les abréviations, la ponctuation, l'orthographe et les repentirs présents dans le manuscrit des lettres. Les ratures n'y apparaissent pas.
En voici un exemple : « Ce livre, qui n’est qu’en style, a pr danger perpétu continuel le style même. »

 

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Enquêtes et recherches d'informations

 

1 - à Duplan Jules, Croisset, 29 mars 1863   

Lettre n° 1209   

Dans la journée je lis de l'anglais – & même du grec. Il m'a pris une rage de Théocrite. Jolie préparation pr peindre les mœurs parisiennes –

2 - à Duplan Jules, Croisset, 13 mai 1863   

Lettre n° 1221   

Arrange-toi pr être libre l'après-midi pendant une dizaine de jours afin que nous puissions faire des promenades pittoresques dans les faubourgs & aux environs. Tu sais que tu m'as promis de m'accompagner dans ces flâneries

3 - à Duplan Ernest, Croisset, 24 juillet 1863   

Lettre n° 4227   

J'attends toujours – & avec une gde impatience la petite note que vous deviez donner à Jules. L’ami qui pourrait me rendre ce service à Rouen est maintenant en voyage de sorte que je reste le bec dans l’eau sur mon papier blanc. 1° quelles sont les fonctions honteuses qu’un banquier peut proposer à un jeune homme du monde. 2° par quels moyens un banquier peut-il ruiner (sans scandale) un ami. & comment un tiers (étranger aux affaires) peut-il avoir les preuves de ladite filouterie, – de manière ensuite à menacer d’un chantage. Si vous n’êtes trop accablé d’affaires vous seriez bien aimable au nom des principes & du Vieux de m’envoyer cela illico

4 - à Commanville Caroline, Paris, 01 février 1864   

Lettre n° 1284   

Au milieu de tout cela je pense sans cesse à mon roman je me suis même trouvé samedi dans une des situations de mon héros. Je rapporte à cette œuvre (suivant mon habitude) tout ce que je vois & ressens. – Pour te donner une idée de mes occupations la semaine dernière et de la manière dont moi & mes fidèles trimaient sur le pavé sache que le jeune Duplan n'a fait dans la journée de jeudi que 6 fois le trajet du boulevard du Temple aux Invalides

5 - à Commanville Caroline, Croisset, 18 avril 1864   

Lettre n° 1306   

J'ai besoin de passer à Paris un bon mois, au moins, à consulter des collections de journaux.

6 - à Commanville Caroline, Paris, 22 mai 1864   

Lettre n° 1313   

Mes séances à la Bibliothèque impériale ne sont pas douces – d'autant plus que je me prive à peu près de déjeuner afin d'y arriver de meilleure heure – & quelle compagnie ! J'étais hier à côté d'un véritable La Pommerais, un bourgeois qui empoisonnait

7 - à Commanville Caroline, Paris, 30 mai 1864   

Lettre n° 1315   

Sur ce, je t'embrasse & vais passer mes baûttes pr aller à la Bibliothèque lire des choses ineptes & prendre des notes sur icelles

8 - à Bosquet Amélie, Croisset, 19 juillet 1864   

Lettre n° 1322   

Quant à votre ami il continue ses lectures socialistes, du Fourier, du St-Simon, etc

9 - à Bosquet Amélie, Croisset, 19 juillet 1864   

Lettre n° 1322   

Dans qq temps je serai fort en ces inepties. J'ai lu aussi toute la correspondance du P. Lacordaire avec Me Swetchine –  & beaucoup de Lamennais

10 - à Leroyer de Chantepie Marie-Sophie, Croisset, 06 octobre 1864   

Lettre n° 1331   

Tous ces temps-ci je m'étais occupé de socialisme 

11 - à Commanville Caroline, Paris, 22 février 1865   

Lettre n° 1355   

Le commerce des arts m'occupe exclusivement. Je suis perdu au milieu des vieux journaux & des marchands de tableaux. – Demain et les jours suivants j'ai rendez-vous avec plusieurs d'entr'eux. Rien n'est plus difficile que les renseignements dont j'ai besoin. J'étudie en même temps l'histoire de la gravure

12 - à Leroyer de Chantepie Marie-Sophie, Croisset, 11 mai 1865   

Lettre n° 1378   

Les lectures que j'ai été obligé de faire pour ce livre m'écartent de toute autre étude

13 - à Duplan Jules, Paris, 20 juin 1865   

Lettre n° 1388   

J'ai repris le cours de mes travaux – & comme pr les rendre complets il faut que j'étudie un peu les choses veux-tu venir dîner jeudi avec ton ami (demain tu as ton frère & vendredi je vais chez Me Husson). Après le repas nous irions dans un bastringue. Informe-toi-z’en  d'ici là

14 - à Commanville Caroline, Londres, 11 juillet 1865   

Lettre n° 1393   

J'ai vu à Londres beaucoup de choses très curieuses & plusieurs qui me seront fort utiles pr mon roman

15 - à Bonenfant Louis, Paris, 01 février 1866   

Lettre n° 4245   

Il faut que tu me rendes le service de collaborer avec moi ! C’est-à-dire que je te prie de m’envoyer les renseignements suivants : 1° Quelle était la route que prenait la diligence de Nogent à Paris. – (celle qui partait de Nogent, le soir.) 2° il y en avait aussi une aussi (de nuit) venant de Troyes autant qu’il m’en souvient. 3° par quelle barrière entrait-on dans Paris ? 4° et une fois dans Paris quelles rues suivait-on jusqu’au bureau des Messageries ? Mon histoire se passe en 1845.

16 - à Commanville Caroline, Paris, 03 février 1866   

Lettre n° 1437   

Je mène comme toi une vie agitée mais non dans le gd monde. Je suis perdu dans les fabriques de porcelaine. – J'ai passé hier tout mon après-midi avec des ouvriers de la barrière du faubourg St-Antoine et de la f barrière du Trône. J'avais eu, le matin, la visite d'un conducteur de diligence. – Je vais aller aujourd'hui à la gare d'Ivry. – Rentré chez moi je lis des traités sur les faïences. Je n'ai pas été au bal des Tuileries ni à celui de l’Hôtel de Ville. Les Pots m'occupent trop

17 - à Sainte-Beuve Charles Augustin, Paris, 12 mars 1866   

Lettre n° 1445   

Pourriez-vous me dire ce qu'il faut lire pour connaître un peu le mouvement néo-catholique vers 1840 ? Mon histoire s'étend de 1840 au Coup d'État. J'ai besoin de tout savoir, bien entendu, et, avant de m'y mettre, d'entrer dans l'atmosphère du temps. Si vous avez quelque livre ou recueil qui puisse m'être utile, L'Avenir par exemple, vous seriez bien aimable de me le prêter

18 - à Commanville Caroline, Paris, 24 avril 1866   

Lettre n° 1455   

je passe tous mes après-midi aux bibliothèques publiques à lire des journaux de l'année 1847. – J'en ai encore pour une quzaine de jours. Rien n'est plus ennuyeux ni plus pénible que de travailler dans ces grandes halles. On y a froid. On y est mal assis. On y fait du bruit. C'est abominable

19 - à Commanville Caroline, Paris, 13 mai 1866   

Lettre n° 1460   

Voilà à peu près un mois que je n'ai écrit une ligne étant tout occupé par la lecture des journaux de l'année 1847. – J’en ai avalé, avant-hier, pendant sept & heures & demie ! il n'y a pas de travail plus abrutissant & plus irritant que celui-là ! Je touche à la fin, Dieu merci !

20 - à Rohaut Jules, Paris, 14 mai 1866   

Lettre n° 1461   

Pouvez-vous me dire où je trouverais la collection du Tintamarre de 1847 ? – Il n'y a pas moyen de se le procurer dans aucune bibliothèque publique. Bouilhet me dit que [vous] allez entrer dans cette sublime institution. Voilà pourquoi je vous demande le renseignement ci-dessus. Si Commerson possédait la collection de 1847, pourriez-vous la lui emprunter ? Je la rendrais 24 heures après.

21 - à Soulié Eudore, Paris, 15 mai 1866   

Lettre n° 1462   

Pourriez-vous me rendre le service suivant : j'aurais besoin de savoir les actes de vandale et d'épicier commis par le père Louis-Philippe dans Versailles. Je tiens moins à ce qu'il a fait comme architecture qu'aux inepties picturales, rallongements ou diminutions de tableaux, etc. Pourriez-vous m’écrire une petite note de cinq lignes là-dessus et me l’apporter lundi prochain chez Magny ? Si vous saviez, d'autre part, quelques bonnes filouteries en matière d'art, vous me rendriez service en me les indiquant

22 - à Commanville Caroline, Paris, 06 août 1866   

Lettre n° 1483   

Si tu as Flavie près de toi, n'oublie pas de lui demander en quoi consiste le tiers ordre.

23 - à La Rounat Charles de, Croisset, 10 novembre 1866   

Lettre n° 1523   

La présente est pr réclamer de toi un petit service. N'as-tu pas été, vers 1846 ou 47 dans la Rédaction ou administration du journal La Pandore ? J'aurais besoin de détails sur les feuilles de cette espèce, à cette époque. Ce sont les secrets de la boutique que je demande, avec le galbe d'icelle. Combien pa un pareil journal rep demandait-il de capitaux ? Combien payait-on les articles ? etc. bref, si tu pouvais me faire une petite physiologie de la chose, tu serais bien aimable

24 - à La Rounat Charles de, Croisset, 10 novembre 1866   

Lettre n° 1523   

J'attends ta réponse, immédiatement, si faire se peut. recueille tes souvenirs & instruis-moi. Voici ma situation : c'est un journal d’art tel qu'un Artiste inférieur que l'on veut transmuer en journal politique. J'ai donc besoin de savoir connaître [illis.] l'intérieur d'une feuille artistique. l’intérieur d'une feuille ! jolie métaphore !

25 - à Sand George, Croisset, 17 novembre 1866   

Lettre n° 1530   

ne vous tourmentez pas pr les renseignements relatifs aux journaux. ça occupera peu de place dans mon livre. & j'ai le temps d'attendre. Mais quand vous n'aurez rien à faire jetez-moi sur le un papier quelconque ce que vous vous rappelez de 48. – puis vous me développerez cela en causant. Je ne vous demande pas de la copie, bien entendu, mais de recueillir un peu vos souvenirs personnels

26 - à Gonzalès Emmanuel, Croisset, 1866   

Lettre n° 1549   

Vous seriez bien aimable de m'envoyer tout de suite par la poste le livre suivant dont j'ai grand besoin : Le Turf et les courses de chevaux en France et en Angleterre par Chapus. Il me le faut absolument, coûte que coûte ! Si vous connaissez quelque chose d'analogue, envoyez-le-moi, mêmement

27 - à Feydeau Ernest, Croisset, 1866   

Lettre n° 1548   

Mon héros Frédéric a l'envie légitime d'avoir plus d’argent dans sa poche et joue à la Bourse, gagne un peu, puis perd tout, 50 à 60 000 francs. C'est un jeune bourgeois complètement ignorant en ces matières et qui ne sait pas en quoi consiste le 3 %. Cela se passe dans l’été de 1847. Donc, de mai à fin août, quelles ont été les valeurs sur lesquelles la spéculation s'est portée de préférence ? Ainsi il y a trois phrases à mon histoire : 1° Frédéric va chez un agent de change, apporte son argent et se décide pour ce que l'agent de change lui conseille. Est-ce ainsi que cela se passe ? 2° Il gagne. Mais comment ? et combien ? 3° Il perd tout. Comment ? et pourquoi ? Tu serais bien aimable de m'envoyer ce renseignement, qui ne doit pas tenir dans mon livre plus de 6 ou 7 lignes. Mais explique-moi clairement et véridiquement. Fais attention à l'époque, c'est en 1847, l’été des affaires Praslin et Teste

28 - à Duplan Jules, Paris, 17 mars 1867   

Lettre n° 1577   

Présentement je lis un tas de choses sur 48. Je vais à la Bibliothèque des Députés & je recueille des renseignements de droite & de gauche

29 - à Sandeau Paule, Paris, 20 mars 1867   

Lettre n° 1578   

Je ne serai pas pré chez moi vendredi dans l'après-midi parce que j'ai un rendez-vous avec un commissaire de police pr des renseignements littéraires

30 - à Bouilhet Louis, Paris, 01 avril 1867   

Lettre n° 1588   

Ma grippe a l’air de se passer. Mais elle a été violente et j’ai peur qu’elle ne recommence dans mes courses que je vais être obligé de faire à Sèvres et à Creil. Il faut pourtant que je m’y résigne. Car je ne puis aller plus loin, dans ma copie, sans voir une fabrique de faïence. Je bûche la révolution de 48 avec fureur

31 - à Bouilhet Louis, Paris, 01 avril 1867   

Lettre n° 1588   

Sais-tu combien j’ai lu et annoté de volumes depuis six semaines ? Vingt-sept, mon bon

32 - à Schlésinger Maurice, Paris, 02 avril 1867   

Lettre n° 1589   

question (importante et pressée, S. V. P.). Je suis forcé, dans le travail que je fais maintenant, de passer par la Révolution de 48. – Vous avez joué un rôle dans Le Club des femmes. Le récit exact de cette soirée se trouve-t-il quelque part ? Ce qui serait bien, ce serait de recueillir vos souvenirs à ce sujet et de me les envoyer lisiblement écrits – car j’ai souvent du mal à déchiffrer vos rares épîtres.

33 - à Goncourt Edmond et Jules de, Paris, 13 avril 1867   

Lettre n° 1594   

La copie n’a pas du tout marché depuis quinze jours. – je suis perdu dans les journaux de 48 ! J’ai été à la manufacture de Sèvres & à celle de Creil. J’y retournerai (à Creil) la semaine prochaine.

34 - à Sand George, Paris, 13 avril 1867   

Lettre n° 1593   

Le roman ne marche pas du tout. Je suis plongé dans la lecture des journaux de 48. – Il m’a fallu faire (et je n’en ai pas fini) différentes courses à Sèvres, à Creil, etc –

35 - à Duplan Jules, Croisset, 12 juin 1867   

Lettre n° 1618   

je n’ai pas regretté mon voyage. Car je me suis profondément diverti aux Tuileries. J’ai fait là de bonnes études, mon cher vieux. – Dans la journée j’avais fait des courses pr mon roman, total 14 heures de voiture. N’oublie pas d’aller chercher d’ici à qques jours au Café anglais le menu qu’on m’a promis. – & envoie-le moi.

36 - à Sand George, Croisset, 12 juin 1867   

Lettre n° 1619   

Ce livre-là, d’ailleurs, me demande des recherches fastidieuses. Ainsi, lundi j’ai été successivement au Jockey-Club, au Café anglais et chez un avoué –

37 - à Achard Amédée, Croisset, 05 septembre 1867   

Lettre n° 1657   

Un renseignement, s’il vous plaît, c’est-à-dire un service. J’ai dans mon bouquin un duel qui se passe au Bois de Boulogne, en l’an 1847. Dans quelle partie du bois ce genre d’affaires avait-il lieu, à cette époque ? J’aurais besoin de la route qui y menait et du paysage ambiant. Je ne puis mettre la chose à la Mare d’Auteuil que vous connaissez mieux que personne. Vu que les de Goncourt ont placé là (dans Renée Mauperin) un duel qui est très bien fait

38 - à Achard Amédée, Croisset, 05 septembre 1867   

Lettre n° 1657   

Il faudrait que l’endroit où mes gens se battent fût assez découvert pour qu’ils puissent voir, à qques pas de distance, un cabriolet arrivant sur eux à bride abattue – Comprenez-vous ce que je désire, mon bonhomme ? J’ai fixé mon rendez-vous à la Porte Maillot (qui était alors une grosse porte en bois, n’est-ce pas ?). Mais de là où aller ? & par où ?

39 - à Barbès Armand, Croisset, 08 octobre 1867   

Lettre n° 1664   

Les détails que vous m'envoyez seront mis (incidemment) dans un livre que je fais et dont l'action se passe de 1840 à 1852. Bien que mon sujet soit purement d'analyse, je touche quelquefois aux événements de l'époque. Mes premiers plans sont inventés et mes fonds réels. Vous connaissez mieux que personne bien des choses qui me seraient utiles et que j'aurais besoin d'entendre

40 - à Duplan Jules, Croisset, 15 décembre 1867   

Lettre n° 1681   

Je me propose, du reste, de l'arranger dans mon roman, quand j'en serai à la Réaction qui a suivi les 4 Journées de Juin. J'aurai (dans le second chapitre de ma 3e partie) un dîner où on exaltera son livre sur la Propriété

41 - à Duplan Jules, Croisset, 15 décembre 1867   

Lettre n° 1681   

En fait de lectures, je me suis livré, dernièrement, à l'étude du croup. Il n'y a pas de style plus long et plus vide que celui des médecins ! Quels bavards ! Et ils méprisent les avocats !

42 - à Fovard Frédéric, Paris, 03 mars 1868   

Lettre n° 1705   

Je vais, à partir de ce matin, devenir un personnage insalubre à cause de mon trimballage dans les hospices d'enfants

43 - à Mathilde (princesse), Paris, 09 mars 1868   

Lettre n° 1709   

Non, Princesse, je n'étais pas malade hier, mais éreinté, ayant été deux fois à l’hôpital Ste-Eugénie.

44 - à Commanville Caroline, Paris, 09 mars 1868   

Lettre n° 1706   

tu vas avoir un peu plus de temps. Le mien a été fort occupé par des courses à l’hôpital Ste-Eugénie pr voir des enfants qui avaient le croup. (c'est abominable & j'en sortais navré. Mais l'art avant tout.) Je n'y ai été hier que deux fois dans la en cinq heures. Heureusement que c'est fini. Je puis maintenant faire ma description.

45 - à Commanville Caroline, Paris, 09 mars 1868   

Lettre n° 1706   

Je me livre aussi à pas mal de courses relat pr avoir des renseignements sur 48

46 - à Duplan Jules, Paris, 14 mars 1868   

Lettre n° 1711   

Quant aux renseignements à recueillir, ça me demande un temps terrible ! Je fais des courses, j'écris des lettres, j'envoie & renvoie mon mameluk dans les maisons, etc. – J'ai passé une semaine entière à me trimbaler à l’hôpital Ste-Eugénie, pr étudier des moutards atteints de croup. Bref, je suis fatigué – & assez dégoûté

47 - à Duplan Jules, Croisset, 26 juin 1868   

Lettre n° 1745   

J'ai besoin pr d'aller de re-transporter ma binette dans la capitale 1° pr lire encore qques journaux sur 48. 2° pr aller passer deux jours dans la forêt de Fontainebleau. (tu serais même un brave si tu m'accompagnais dans cette excursion. – Nous tâcherons de retrouver la cabane de Cœur-d’acier).

48 - à Bonenfant Louis, Croisset, 06 juillet 1868   

Lettre n° 4262   

Peux-tu recueillir tes souvenirs de garde nationale en 1848 ? (juin) Quelle route avez-vous suivie pr aller de Nogent à Paris ? N’avez-vous pas été envoyés aux Tuileries avec la garde nationale de Troyes ? Si tu te rappelles qqu’épisode un peu saillant, je tu serais bien aimable de me le coucher par écrit, [illis.] mêmement. 2° Émilie m’a promis une liste de mots de patois nogentais. J’aurais besoin de tous ces documents là d’ici à une quinzaine de jours

49 - à Bonenfant Louis, Croisset, 29 juillet 1868   

Lettre n° 4264   

Je ne t'ai pas suffisamment remercié. Ta narration est de tout point excellente & me fournira de bons détails. Tu m'as rendu un vrai service en me l'envoyant. Je remercie aussi ma petite cousine Émilie de pr son vocabulaire nogentais

50 - à Bonenfant Louis, Croisset, 29 juillet 1868   

Lettre n° 4264   

je ne puis me soumettre à son désir, qui est de changer le nom du héros de mon roman. – tu dois te souvenir, cher ami, qu'il y a quatre ans, je t'ai demandé s'il y avait encore à Nogent des personnes du nom de Moreau ? Tu m'as répondu qu'il n'y en avait pas & tu m'as fourni plusieurs noms du pays que je pouvais employer sans inconvénient. Fort de tes renseignements je me [illis.] suis embarqué naïvement. Il n'est plus temps pr moi de revenir là-dessus. Un nom propre est une chose extrêmement importante dans un roman, une chose capitale. On ne peut pas plus changer le nom un personnage de nom que de peau, – c'est vouloir blanchir un nègre. Tant pis pr les Moreau qui existent à Nogent ! Ils n'auront pas d'ailleurs à se plaindre de moi. Car mon Mr Moreau est un jeune homme très chic.

 


51 - à Mathilde (princesse), Dieppe, 10 août 1868  

Lettre n° 1769   

Vendredi dernier j'ai été à Fontainebleau et grâce à Octave Feuillet j'ai pu voir une partie du palais

52 - à Leroyer de Chantepie Marie-Sophie, Dieppe, 10 août 1868  

Lettre n° 1766   

Je n'ai point d'ailleurs l'autorité que vous me supposez. Ainsi, vendredi dernier, j'ai eu beaucoup de mal à obtenir la permission de visiter le château de Fontainebleau et on a été sur le point de me mettre à la porte, fort poliment, il est vrai, et sans Octave Feuillet (qui est le bibliothécaire de ce palais), je m'en retournais à Paris comme un simple mortel

53 - à Duplan Jules, Croisset, 02 septembre 1868  

Lettre n° 1776   

Voici ce qui m'arrive J'avais fait un voyage de Fontainebleau avec retour par le chemin de fer. quand un doute m'a pris, & je me suis convaincu hélas, qu'en 1848 il n'y avait pas de chemin de fer de Paris à Fontainebleau. Cela me fait deux passages à démolir & à recommencer ! Je vois dans Paris-Guide (t. 2, p. 1660) que la ligne de Lyon n'a commencé qu'en 1849. Tu n'imagines pas comme ça m'embête ! J'ai donc besoin de savoir 1° comment en en juin 1848 on allait de Paris à Fontainebleau. 2° Peut-être y avait qque tronçon de ligne déjà faite qui servait ? 3° quelles voitures [illis.] prenait-on ? 4° et où descendaient-elles à Paris

54 - à Duplan Jules, Croisset, 02 septembre 1868  

Lettre n° 1776   

Voici ma situation : Frédéric est à Fontainebleau avec Rosanette. Il apprend la blessure de Dussardier (c'est le 25 juin) & il part pour Paris – avec Rosanette qui n'a pas voulu le lâcher. Mais en route la peur la reprend & elle reste – Il arrive seul à Paris, où par suite des barricades St-Antoine, il est obligé de faire un long détour avant de pouvoir atteindre au logis de Dussardier qui demeure dans le haut du faubourg Poissonnière. Te rappelles-tu la binette des ambulances ? S'il te revient revient à la mém* mémoire qques détails sur les nuits de Paris, cette semaine-là, envoie-les-moi. Mon héros vagabonde dans les rues pendant la dernière nuit, celle du 25 au 26 (c'est le 26 que tout a été fini). Maintenant tu comprends la chose comme moi-même. Tâche de me trouver des renseignements précis

55 - à Duplan Jules, Croisset, 02 septembre 1868  

Lettre n° 1776   

En 48, le chemin de Corbeil à Paris était ouvert. Reste à savoir comment aller de Fontainebleau à Corbeil ? Mais ce n'est pas la route.

56 - à Duplan Jules, Croisset, 19 septembre 1868  

Lettre n° 1785   

Aussi, mon bon vieux, j'attends les renseignements en question. Est-ce qu'aux Messageries tu ne pourrais pas les avoir. Qque bourgeois du Crédit foncier doit savoir ça ? On avait la diligence de Lyon ? mais ça ne me convient pas. J’aime mieux une guimbarde – où descendait cette guimbarde-là dans Paris. Ma page (de voyage) est restée en blanc – & de plus celle où Frédéric se promène la nuit dans la capitale. Car avant de le faire marcher, il faut savoir d'où il part.

57 - à Feydeau Ernest, Croisset, 27 octobre 1868  

Lettre n° 1796   

Tu serais bien aimable si tu pouvais répondre à ces ques deux questions 1° quels étaient en juin 48 les postes de la garde nationale dans les quartiers Mouffetard, Saint-Victor & Latin ? 2° Dans la nuit du 25 au 26 juin (la nuit du dimanche au lundi), était-ce la garde nationale ou la ligne qui occupait la rive gauche de Paris ? Je me suis déjà adressé à pas mal de personnes & on ne m'a pas répondu ; je reste le bec dans l'eau avec trois pages blanches

58 - à Sand George, Croisset, 31 octobre 1868  

Lettre n° 1801   

Je viens d'avaler les 10 premiers tomes de Buchez & Roux

59 - à Feydeau Ernest, Croisset, 23 novembre 1868  

Lettre n° 1805   

Merci pour ta note. La réponse à la deuxième question est précise, mais est-elle bien vraie ? Puisque Guastalla la contredit, demande-lui là-dessus une explication ; éclaircis-moi ce point-là et tu seras bien aimable. Quant aux postes, ils devaient être aux mairies. Quel bouquin emmerdant !

60 - à Feydeau Ernest, Croisset, 23 novembre 1868  

Lettre n° 1805   

En mai 1849, existait une société ayant pour but de fournir des ornements au culte catholique, soutanes, reliques, etc. Cette société, qui avait pour chef Mr de Savouillan, avait été fondée par Mr de Calonne. Renseignements sur icelle, s.v.p. N'est-ce pas là-dedans qu'était le gars Barbey d'Aurevilly ?

61 - à Baudry Frédéric, Paris, 1868  

Lettre n° 4263   

Pouvez-vous me donner : les Mémoires de Caussidière, les Pages d’histoire de Louis Blanc ?

62 - à Sand George, Croisset, 01 janvier 1869  

Lettre n° 1817   

Je suis resté à Paris trois jours, que j’ai employés à chercher des renseignements & à faire des courses pr mon bouquin. J’étais si exténué vendredi dernier que je me suis couché à 7 heures du soir. Telles sont mes folles orgies dans la Capitale

63 - à Duplan Jules, Croisset, 10 janvier 1869  

Lettre n° 1821   

Je te demande un service littéraire. Tu sais tout ce qui se passe dans une maison d’accouchement des environs de Paris. J’ai besoin 1° de l’aspect de la chambre, mobilier ustensiles, garde, etc. 2° la binette de la sage-femme qui accouche. 3° ma sage-femme propose à mon jeune homme (père de l’enfant) de le débarrasser dudit poupon

64 - à Sand George, Croisset, 02 février 1869  

Lettre n° 1831   

Vous voyez en votre vieux troubadour un homme éreinté. J’ai passé huit jours à Paris, à la recherche de renseignements assommants (7 à 9 heures de fiacre tous les jours – ce qui est un joli moyen de faire fortune avec la Littérature.. enfin !).

65 - à Sand George, Croisset, 02 février 1869  

Lettre n° 1831   

Je me suis trimbalé aux Pompes funèbres, au Père-Lachaise, dans la vallée de Montmorency, le long des boutiques d’objets religieux, etc. !

66 - à Duplan Jules, Croisset, 07 mars 1869  

Lettre n° 1843   

Je viens d’envoyer à Blamont une petite note où je lui demande un expédient pr un effet qui m’est indispensable dans mon bouquin.

67 - à Goncourt Edmond et Jules de, Croisset, 13 mars 1869  

Lettre n° 1846   

1° Connaissez-vous qq part une théorie quelconque sur les portraits d’enfant. 2° Quels sont les plus beaux portraits d’enfants ? Ma situation est celle-ci : un esthétiqueur qui fait le portrait d’un enfant mort & se livre, devant la mère, à un débagoulage artistique indélicat, – le tout pr briller. Si vous ne connaissez rien, envoyez-moi le fruit de vos observations personnelles. J’aurais besoin de quatre à cinq lignes substantielles – & je ne saurais, chers Messieurs, m’adresser mieux qu’à vous.