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Salammbô, notes autographes

[ carnet n° 7, série notes de lectures ]

Notice

Le carnet de notes n° 7 est conservé à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Il mesure 77 mm sur 118 mm ; il est relié en cuir grenat avec un fermoir et il possède encore son crayon à papier glissé dans le fourreau prévu à cet usage. Presque toutes les notes ont été prises au crayon, lors de séances en bibliothèques. Flaubert a utilisé son carnet dans le sens de la hauteur, et il l'a commencé par les deux bouts, laissant les pages du milieu vierges. On remarque les traces de six pages coupées ou arrachées ; un feuillet volant a été collé avant la dernière page. Le carnet est folioté jusqu'à 52 ; au total, 67 pages présentent des notes manuscrites. Flaubert a porté lui-même en titre, sur une feuille de papier collée au verso de la couverture, glissée dans un soufflet : « Notes pr Salammbô (1860) ». Sur la première page, se trouve le nom et l'adresse du propriétaire : « Gustave Flaubert / boulev. du temple / 42 », une inscription qu'on peut aussi bien lire « Orient 44 » que « Ouest 44 », à nouveau la date « 1860 » et des dessins géométriques difficilement interprétables.

On peut dater plus précisément, dans l'année 1860, certaines de ces notes. Les premières dans l'ordre chronologique, et non dans l'ordre des pages, concernent les monnaies. Une lettre à Louis Bouilhet, daté du [16 mars 1860], fixe un premier repère certain : « J'ai passé mon après-midi au cabinet des Médailles. - Ma besogne ne sera pas longue. J'espère qu'il en sera de même pour les Pierreries. » On trouve en effet dans le « Journal du service public », conservé au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque impériale, les mentions des séries qui lui furent communiquées. À la date du 15 mars 1860 : « M. Gustave Flaubert, les médailles Juives, Carthaginoises, Lyciennes, Ciliciennes, Dariques, Bactrianes, de Malte, Gozzo et les Baléares, les as et les médailles d'Égine et de Thasos. » Et le lendemain, 16 mars : « les terres cuites antiques[1]  ». Ces premières notes se trouvent aux folios 50-41, Flaubert prenant pour commencer son carnet à l'envers.

L'autre repère chronologique est fourni par une lettre à Ernest Feydeau que Jean Bruneau place avec vraisemblance au [30 mars ? 1860] : « Je viens, après le jardin des Plantes, de me livrer à Dioscoride et à la Mischna. » Les notes de ces deux ouvrages occupent les premières pages du carnet (ffos 3-8), pris cette fois à l'endroit. Elles sont suivies par celles sur les pierres précieuses (ffos 10-15). Une autre mention de la Mischna se trouve dans une lettre plus tardive aux Goncourt, du 3 juillet  : « Quant à moi, je me livre à la Kabbale, à la Mischna, à l'art militaire des Anciens, etc. ».

Les autres séries de notes de ce carnet sur les parures (ffos 15-19), sur les coiffures (ffos 41-40) et sur les supplices (ffos 38-36), placées à la suite des deux ensembles qui occupent chacun un bout du carnet, semblent également se rapporter au chapitre VII : l'Intendant-des-intendants d'Hamilcar porte une « mitre blanche », dont Flaubert aurait pu chercher la description dans le livre de Chaussard ; et les supplices infligés aux gouverneurs des campagnes sortent pour une part du Dictionnaire de la Bible de Dom Calmet[2]. La rédaction du chapitre VII s'achevant en mai 1860, les notes complémentaires ont donc très certainement été prises à la fin du séjour parisien, c'est-à-dire dans la première quinzaine d'avril, Flaubert étant de retour à Croisset au plus tard le 17.

C'est le seul carnet de notes que nous possédions pour Salammbô.

Comme son titre l'indique, ce carnet est presque exclusivement consacré à Salammbô, à l'exception de sept pages présentant des informations pratiques (adresses, courses à faire), situées pour la plupart au centre du carnet ; comme elles n'ont apparemment pas de rapport avec le roman, nous n'avons pas cru devoir les transcrire.

Ce carnet a été précédemment publié par l'édition du Club de l'Honnête Homme, t. VIII, p. 312-319 et par Pierre-Marc de Biasi, Carnets de travail, p. 167-187. Contrairement à nos prédécesseurs, nous présentons le carnet en commençant par la fin, pour respecter l'ordre chronologique. Nous ne signalons pas les différences de lectures entre notre transcription et les deux éditions antérieures, la seconde reproduisant souvent les erreurs de la première.

Nous remercions Mme Claude Billaud et M. Luc Passion, conservateurs à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, pour nous avoir aimablement autorisé à consulter ce précieux manuscrit, en très bon état de conservation malgré l'usage du crayon à papier. 

[carnet n° 7]

Transcription Yvan Leclerc (2008).

 

[dessin légendé :] Lycium. Oiseau qu'on entend avant sa mort.  

 

Cabinet des méd[ailles] [3 ou 4 mots illisibles]
Carthage
Grande médaille d'argent. Pégase galopant, de l'autre côté tête de femme, œil très enfoncé, menton proémin[ent], épi et cornes.
Id. - en cuivre.
Id. petites en or, avec un cheval sans aile.
Une de ces petites a un taureau et au-dessus une étoile.
Au-dessus du cheval, globe.
[dessin.]
Puniques en Sicile. Monnaies d'argent. Des têtes de cheval seulement avec le haut d'un palmier. Au revers, têtes d'Astarté, cornes, épis, serpents enroulés dans les cheveux (boucles d'oreilles). [dessin.]
Poissons.
Quelques-unes ont au revers des quadriges ou bien une Victoire sur la tête de cheval.
Autres : têtes d'Hercule avec la peau de lion faisant capuchon sous le menton, nouée sous le menton. Les cornes entourent les oreilles.
Les têtes d'Astarté et d'Ammon ont toutes le menton très proémin[ent].

 

Dariques.
Petites pièces d'or : un archer agenouillé sur le genou droit.
D'argent : un char avec 2 hommes, le roi derrière. Sur l'autre face : murailles d'une ville et tours.
[dessin légendé :] chevaux ou lions qui courent.
D'argent, char, 2 h[ommes], le 3edebout par terre. Au revers trirèmes avec les flots au-dessous.
Double darique :
archer agenouillé sur le genou droit, avec couronne et une sorte de pelisse.
Petite d'argent : prêtre ou roi debout et la main sur la tête d'un lion comme dans les bas-reliefs de Persépolis.
D'argent : un homme à tiare à cheval sur un hippocampe qui vole sur la mer. De l'autre côté : hibou traversé par une sorte de fléau. [dessin.]
Anciennes de Perse, en cuivre, petites comme une lentille.
Satrapies : porte d'un temple avec un homme en capuchon debout.
[dessin légendé :] prêtre - sorte d'étendard.
Sur l'autre face : tête d'un grand caractère encapuchonnée, l'extrémité du coufief fait visière et le bas mentonnière. 2 cordons pendent par-derrière. Cela a un peu le caractère de la coiffure du Dante.

 

Bactriane,
en cuivre, carrées, laides. Une a un anneau scellé à un angle. Elle provient d'un collier. Ça devait faire des losanges. [dessin.] Homme casqué. Lion. 2 chevaux.
Petite.
Bœuf bossu. Trépied.
Autre : éléphant.

 

Cadix :
Cuivre, tête d'Ammon. Au revers 2 poissons qui ont la queue terminée par une lune et une demi-lune entr'eux. [dessin.]
Autre : les 2 poissons tête ronde, d'Ammon, de face, et radiée.   

 

Cilitie (drachmes), argent. Lion dévorant un taureau. Au-dessous ville crénelée. En face un Baal assis (caract[ère] phéni[cien]).   

 

En certaines de Cilicie : un bélier couché, un cygne. [dessin légendé :] le cône entre 2 grappes.
En face, homme à genoux, à ailes.
Cygne avec MAP.
Au-dessus la clef.  

 

Aradnus [3]  :
Abeille et cheval.    

 

Judée
Demi-cicle : petite pièce d'argent.
En face un vase à pied. De l'autre, une verge fleurie à trois fleurs.
Autre plus grande : une gerbe. De l'autre côté, portique d'un temple tétrastyle.
Autre : une grappe, une lyre. [dessin.]
Petites en cuivre : une grappe, un palmier. Le palmier a toujours 3 branches d'un côté, 3 de l'autre, ce qui avec sa tête fait 7.
As quadrilatères plus grands et plus larges que la main représentant un bœuf des 2 côtés.
Autre - un trident avec un ruban enguirlandé au dessous et sur l'autre face [dessin légendé :] peut-être 2 serpents qui se touchent par le dard.
Aes rude, as faible de 11 onces, tête géminée de Janus. Autre face, proue de vaisseau. Et les divisions de l'as, pareilles.
Guerriers avec un seul tête casquée. Le travail de la barbe cabirique[4].
Bulles argent Égine, tortues de mer, grossières comme un bouton informe.
Macédoine : vieille, argent. (De Thasos[5]).
Hom[me] enfilant une femme. Elle s'appuie sur la main gauche et lève la droite[6].
Id. de Leteh. Satyre poursuivant une femme.
Amathus et Soli, bélier couché.
Gaulo[7]  : emblème égypt[ien]. Ammon debout entre 2 fem[mes], en face tête de femme.
Gozzo, tête de Cabire. Par derrière bonnet.  

 

À voir.
Une fleur de grenadier épanouie.
Rhodes. Vieilles grecques.
Babyloniennes. Assyrienne.
Ptolémée. Gaule.
Sardaigne. Corse.
Pyrrhus. Étrusques.
- LES NOMS.
Peuples du Nord ?
« Et les noms des villes. »
De Populonia, marteau des Cabires.
Capoue, écrit dessous Capée. Une femme dans un char, 2 chevaux, 2 étoiles.
Pyrrhus Statère. Or, casque de Minerve.
Trioboles pour les cuivres.
Drachmes en arg[ent]. Statères en or. Cyrénaïque. Tige de silphium pareille à une antilope, à une colonne rostrale.
Adrumète, un homme à mitre assyrienne.
Mauritanie : trépied portant une cassolette. Id. une lyre comme chez les juifs.

 

Méduse sur les vieilles d'Athènes.
Aureum de Syracuse. Femme, coiffée d'une bande d'étoffe, et le fond en filet.  

 

Dioscoride [8].
Livre 1er
Nard. 2 sortes, de l'Inde, de Syrie. On le falsifie en l'aspergeant de vin de palmier et d'antimoine pour le rendre plus lourd. - Nard celtique, nard des montagnes (de Cilicie).
Asarum, sorte de nard. Phrygie a les feuilles du lierre, mais plus rondes.
Phu [9] (id.) du Pont, feuilles semblables au narcisse.
Malobathre [10], pousse dans les marais de l'Inde.
Jonc odorant des Indes, de l'Afrique, des Nabatéens.
Baume, buisson épineux Judée. Se recueille sous le signe du Chien en excisant l'arbre avec des ongles de fer.
On le falsifie beaucoup. Le vrai ne laisse pas de tache sur la laine, se coagule comme du lait, le falsifié mêlé avec du lait ou de l'eau surnage comme de l'huile.
Cancammon, fumigations pour conserver les vêtements avec de la myrrhe et du styrax.
Huiles de Cici [11] , d'amandes amères, de Balalinon, de Sésame, de raphaumon, de sinapinon, de mélanthinon, de myrthe.
Styrax, larme d'un arbre semblable à la pomme de coton, blond, le plus médiocre est noir.
Encens
Se falsifie avec de la résine de pin. Mais si on l'approche du feu, la résine s'en va en fumée, l'encens brûle.
Ébène d'Éthiopie tout noir, celui des Indes rayé de lignes fauves et blanches.
Pour la morsure des serpents et guérison, voir Dioscoride.
Thériaque, theriaca ad pilorum affectus remedia[12]. V. p. [voir page] Parabilium, 25, édit. in-fol.
Pâte épilatoire : nitre, fenouil, terre de Melos, corne de cerf, pierre ponce broyée, blanc d'œuf.
Remède pour la lèpre p. 33. - Éléphantiasis, p. 55.
Pour les organes génitaux, Parabilium, livre II, p. 98.
Contre les armes empoisonnées, id., 113.

 

Mischna [13].
Tomes V et 6.
Traité des sacrifices.
Muneribus, profanis primogenitis.
De rerum votarum aestimatione.
Pœnis excidii (inceste, bestialité). De Sacrificio jugi - mensuris templi. De tentoriis, de plagis leprae[14].
De Vacca Rufra. - provitalibus - lavacris, fluxu menstruo, gonorrhœa, lotione diurna, [lotione] manuum, fructuum petiolis[15].
Tomes 3 et 4.
De Levirorum in fratrias officiis. - De dote literisque matrimonialibus[16].
Votis - Nazyraeis. - Uxore adulteri suspecta - Divortiis[17].
3elivre De Damnis[18].
De Synedriis. - De Pœnis. - De Jurejurando. - De controversiarum testificationibus. - Cultu peregrino[19].
- Capita Patrum. - Judicum documentis[20].
T. 1 et 2.
Benedictionibus. - Angulo. (pauvres). - Re Dubia[21].
Tractatus de Heterogeneis[22].
- De anno septimo. - Primitiis. - Decimis. - Placenta separanda. - Arborum praeputiis. - Sabbatho. - Siclis. De die expiationis. - De tabernaculis. - Diebus festis. - Principio anni. - Jejuniis. - Volumine esteris. - Festo parvo. - Sacris solemmnibus[23].

 

Tourmaline
d'un rose terne de l'île d'Elbe - noire du Tyrol.
Topaze jaune, et vert d'eau.
Bloc de topaze vert, gros comme le poing (Sibérie). Semble un morceau de glace vert.
Des tourmalines en cristaux entiers implantés sur du quartz hyalin « morceaux noirs sur une roche rosâtre granulée ».
Émeraude.
Béryl émeraude (en prismes implantés sur un calcaire spathique brun) = cristaux verts sur roches blanches où brillent des points d'or.
Béryl aigue-marine bleuâtre, verdâtre comme des morceaux de glaces bleues ou vertes.
Émeraude, verte dans un calcaire noir avec veines de calcaire blanc.
Émeraude sur du schiste micacé, couleur de fer, du mont Zabara, Haute Égypte. Id. sur du micaschiste[24], couleur de fer où brillent des points blancs comme d'argent (même provenance).
Émeraude d'un vert sale avec glaçure de mica noir (Quosseir[25]).
Grenats almandins en grains disséminés dans un gneiss altéré du cap de Gatès en Espagne. Grenats = couleur lie de vin des Alpes d'un rouge orange, Ceylan.
Grenats almandins émarginés implantés sur grenat massif (Ala, Piémont), la roche semble du sable chamois cristallisé.
Silex résinite rose.
Quartz silex résinite opale dans sa gangue.
Silex concrétionné dans un module de silex. À l'intérieur des boudins, des pustules. Ça ressemble à l'intérieur d'un ventre, d'un cerveau.
Coupes. Agate mêlée de jaspe et de quartz améthyste.
Des blocs coupés ressemblaient à des troncs d'arbres à cause des couches.
Quartz agate calcédoine et silex jaspoïde en nodules (terre de Van Riemen) semble des globules visqueux, pustuleux figés.
Calcédoine en concrétions guttulaires avec bitume sur Wacke[26] comme de grosses pustules blanches.
Agate jaspée de jaune.
Jaspe rouge varié.
Améthyste en cristaux violets, piqués de points noirs.
Cristal de roche rose. Id. limpide et dedans les couleurs du prisme.
Or en poudre, en terre noire, en rognons, en lamelles, en paillettes, en petits galets.
Turquoise (calaïte) en petits globules isolées disséminés dans un grès ferrugineux (Arabie).  

 

Phénicie
flamant piétinant un uraeus, la Phénicie battant l'Égypte.
Kamiros (Rhodes)
Buste de femme, œil chinois, menton pointu, grande dist[ance] du nez à la bouche, front fuyant. Robe rouge, chlamyde noire, cheval même caractère, nez busqué. [illisible]
Guerrier. Le casque a une pente qui couvre le cou - et s'appuie sur les épaules. 2 oreillères viennent en laissant seulement les yeux à découvert jusqu'au nez [dessin] au dessus du front [dessin].
Grands vases. Fond blanc. Antilopes très allongées, cornes très hautes.
Grands canards. Fleur, un lotus.
Étoffes à plumes bleues appartenant à un geai.
Pour couvrir les coutures, passaient des orfèvreries, disques, boutons, plaquettes, cousues.
Agrafes en or massif pour fixer sur le haut de l'épaule le bas de la chlamyde.
Les extrémités du vêtement garnies d'anneaux qui s'accrochaient dans l'agrafe [dessin].
Diadèmes nombreux à fleurs en relief.
Au bas des boucles d'oreilles, petites boules ou pommes de grenades suspendues à un fil si mince qu'elles tremblent toujours.
Les pierres qui avaient servi à murer les sépulcres avaient été calcinées d'abord.
Débris de bijoux. On les cassait en mettant le mort. - D'autres déposés comme offrandes, ne sont pas cassés et sont en électron.
Vases qui ont été à l'usage du mort. Aliments. De la graisse.
Les enfants nus dans des jarres, avec un diadème ou un petit vase en matière émaillée, des jouets.
Sarcophage en porcelaine bleue égyptienne couverte d'animaux et de végétations.
Rituels funèbres sur papyrus dans des trous de cymbales.
Pavage des temples. - On remarque dans certains pavés la trace de l'incrustation d'une autre pierre qui bouchait une cachette renferm[ant] des bijoux, des amulettes [dessin].
On y trouve des anneaux en porcelaine et des matières émaillées.
zer = obole, le 6edu 24edu cycle.
le cycle = 4 drachmes.  

 

Pour les coiffures. Fêtes et courtisanes de la Grèce, par Chaussard, 2e édition, vol. des plan[ches], 4 vol[27].
Coiffures grecques (dans Chaussard).
Mitres :
1° bande, le fond vide, les cheveux sortent en houppes. [dessin.]
2° une sorte de demi-lune ou de visière de casquette qui tient et relève le chignon.

 

D. Calmet, Dic[tionnaire] de la B[ible] [28]. Art. Supplices.
Les juges, après les témoins ouïs, se retiraient chez eux, mangeaient peu et ne buvaient pas de vin. Le pendu doit être détaché avant le coucher du soleil. On pendait les cadavres.
« Lignoque plantas inserit divaricatis cruribus[29]. » (Prudence.)
Supplice syrien : jeter un homme à l'eau avec une pierre au col.
Faire crever les yeux.
Écraser sous des épines avec des rouleaux.
Donner une boisson assoupissante, faite de myrrhe avant le supplice.
Couper les cheveux ou plutôt les arracher, puis on jetait de la cendre chaude sur la peau pour rendre la douleur plus vive.
Couper les pieds et les mains.
Graver sur la peau des caractères qui ne peuvent s'effacer, coutume des Perses.
Tribula = chariot armé de dents et trabea un chariot sans roues. Servius.
Numella : mot romain pour désigner 2 pièces de bois assez longues et assez larges dans lesq[uelles] on faisait une entaille pour passer le col du criminel.
Mettre dans une boîte, la tête et les pieds sortent.
Tympaniser et on frottait avec les baguettes des tympanons.
Chapelet. Compter les coups avec ? 

 

Fouet : on déchirait d'abord les habits. Fouet en cuir de bœuf composé de 4 lanières et assez long pour atteindre la poitrine.
3 juges présents. 1e criait : « Si vous n'observez point la loi le Seign[eur] vous frapper[a] de plaies extraordin[aires], vous et vos enfants. » 2e comptait les coups. Le 3e exhortait le licteur à faire son devoir.
Fouets terminés par des ongles de fer = scorpions.
On frappait sur le dos. « Labourer son dos. » 

 

Schlegel, Essai sur la physionomie des serpents [30]

NOTES

[1] Informations données par Hélène Nicolet, « Flaubert au Cabinet des Médailles : le trésor d'Hamilcar », Bulletin de la Bibliothèque Nationale, n° 4, décembre 1980, p. 173-176. Cet article comporte, outre le fac-similé du « Journal du service public », la reproduction de certains types de monnaie décrits dans le Carnet.
[2] Voir Salammbô, chap. VII.  
[3] «  Aradnus », île de la côte de la Syrie, au Nord du Liban (orthographié aussi Aradius ou Aradus, cité sous le nom d'Arvadite dans la Genèse, X, 18).  
[4] Adjectif formé sur le mot Cabire. 
[5] Flaubert a écrit : « Fasos ».
[6] « Les plus vieilles médailles d'argent de la Macédoine représentent un homme baisant une femme. Quelle obscénité ! (et la posture est bonne). Celles d'un travail un peu plus avancé représentent un homme debout, se polluant ! Quelle turpitude ! » (lettre à Louis Bouilhet du [16 mars 1860]).  
[7] « Gaulo », pour Gaulos, nom donné par les anciens à l'île de Gozzo, près de Malte.  
[8] Dioscoride (Pedacius), médecin grec de Cilicie, qui a vécu au premier siècle de notre ère. Les six livres de Pedacion Dioscoride,... de la matière médicinale, translatez de latin en francoys... [par Martin Mathée.], Lyon, Payan, 1559 (1re publication : Venise, 1499).  
[9] « Phu » : nom grec de la valériane.  
[10] « Malobathre » : arbre de Syrie, nommé par Pline (XII, 26), qui produisait une substance odoriférante.
[11] « Cici », ricinier en latin, l'arbre qui donne l'huile de ricin (voir Pline, XV, 25).  
[12] Les thériaques pour les maladies des cheveux. - Toutes les citations en latin ont été revues et corrigées par Jean-Michel Poinsotte, professeur à l'Université de Rouen, que nous remercions.  
[13] La Mischna est le recueil des prescriptions rituelles et juridiques des Hébreux.  
[14] Sur les présents, sur les aînés non initiés. Sur l'évaluation des choses promises. Sur les châtiments du crime. Sur le sacrifice d'un attelage - sur les mesures du temple. Sur les tentes, sur les plaies de la lèpre.  
[15] Sur une vache rousse [vaca rufa]. Sur les bains qui prolongent la vie, sur le flux menstruel, sur la gonorrhée, sur la toilette du jour, sur la toilette des mains, sur les queues de fruits.  
[16] Sur les devoirs des beaux-frères vis-à-vis de leurs belles-sœurs. – Sur la dot et les contrats de mariage.
[17] Sur les vœux, sur les Naziréens. Sur la femme suspecte d'adultère. Sur les divorces.  
[18] Sur les dommages.  
[19] Sur les assemblées. Sur les peines. Sur le serment. Sur les témoignages en cas de litige. Sur les cultes étrangers.  
[20] Sur les pères. Sur ce qui sert de preuves aux juges.  
[21] Sur les bénédictions. Sur les lieux écartés [?]. Sur ce qui n'est pas clair.  
[22] . Traité sur l'hétérogène.  
[23] Sur la septième année. Sur les prémices. Sur les dixièmes. Sur le placenta qu'il faut mettre à l'écart. Sur les premiers fruits des arbres. Sur le sabbat. Sur les sicles. Sur le jour de l'expiation. Sur les tabernacles. Sur les jours de fête. Sur le début de l'année. Sur les jeûnes. Sur le livre d'Esther. Sur le petit [...]. Sur les cérémonies. 
[24] Flaubert a écrit : « michascite ».  
[25] Sans doute la ville d'Égypte, que Flaubert écrivait « Quosseyr », entre autres graphies, dans ses carnets de voyage en Orient.  
[26] Roche argileuse provenant de la décomposition du basalte.  
[27] Pierre-Jean-Baptiste Chaussard (1766-1823), Fêtes et courtisanes de la Grèce, supplément aux voyages d'Anacharsis et d'Antenor, F. Buisson, an IX-1801, 4 vol. Le catalogue des imprimés de la Bibliothèque nationale ne mentionne pas la 2e édition, qui doit dater de 1802, puisque la troisième est de 1803.  
[28] Dom Augustin Calmet (1672-1757), Dictionnaire historique, critique, chronologique, géographique et littéral de la Bible, Émery, 1720-1721, 4 vol.  
[29] « Et il lui insère les plantes des pieds dans un morceau de bois en lui écartant les jambes » (Prudence, Sur les couronnes, 5, 252).  
[30] Hermann Schlegel (1804-1884), Essai sur la physionomie des serpents, La Haye, J. Kips et W.P. Van Stockum, 1837, 2 vol. avec un atlas.


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