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Un plan de Salammbô
ou un sommaire de l'Histoire de Polybe ?

Atsuko Ogane
(Université Kanto Gakuin)

Plans et scénarios nous fascinent toujours. Ils nous font remonter au moment précis où se forme l’embryon du récit, point de départ où commence l’aventure de l’écriture, souvent pour cinq ou six ans de travail dans le cas de Flaubert. Parmi les premiers scénarios généraux qui constituent une partie des quelque quatre-vingts scénarios de Salammbô, c’est le folio Ms g 322 (A r°), un des trois documents des tout débuts de la composition conservés à la Bibliothèque municipale de Rouen, qui attire le plus notre attention par son statut énigmatique[1]. Ce petit folio bleu présente au recto une note sur des événements historiques et au verso un plan général préliminaire résumant toute l’histoire du roman carthaginois. « La fille » anonyme au recto promise par Hamilcar à Naravase, roi des Numides, prend alors au verso son nom primitif, « Pyra » ; elle fait son apparition au début durant le festin d’Hamilcar et meurt à la fin pendant celui de son mariage. Autrement dit, une note historique semble se transformer, au revers, en un des scénarios les plus essentiels pour la rédaction romanesque.

Difficile de ne pas être fasciné en imaginant qu’il s’agit, compte tenu de sa brièveté, d’un des premiers folios sur les 2 790 qui constituent le dossier manuscrit du roman, celui où s’entrevoit entre recto et verso la poétique créatrice, la puissance d’invention de l’auteur. Néanmoins, comme on le sait, ce folio n’est pas considéré comme le premier du dossier Salammbô : c’est le f 181 r° qui occupe cette place, scénario dans lequel Flaubert imagine que le père de Pyra est un bourgeois, ennemi d’Hamilcar[2].

L’embarras augmente quand on se souvient que l’écrivain n’a jamais eu coutume d’écrire au verso d’un feuillet immédiatement après le recto. La difficulté de situer ce folio est telle qu’Anne Green, la première à l’avoir transcrit, semble en avoir assimilé les deux côtés au deuxième scénario[3]. Mais l’examen générique de ce « plan » figurant au recto nous donne l’impression qu’il s’agit plutôt d’une simple note de lecture de Polybe, « a much condensed summary of chapters 15 to 18 of Polybius’ Histoire », « a straightforward chronological aide-mémoire », l’un des « two brief memoranda of fact and fiction », d’après les expressions perspicaces employées par Anne Green. Si cette note tabulaire s’apparente à une note chronologique, beaucoup plus proche d’une note de lecture que d’un plan ou un scénario, elle appartiendrait plutôt au stade préparatoire de la documentation du roman et il faudrait supposer que le recto et verso n’ont pas été écrits à la même date. C’est l’identité générique de ce folio qu’à l’occasion de l’anniversaire de la publication du roman carthaginois nous aimerions tenter de mettre en lumière, en en faisant une lecture parallèle avec l’Histoire de Polybe (chapitres XV-XVIII) et l’Histoire romaine de Michelet[4].

Poétique de la prise de notes : Polybe et Michelet

Après avoir consacré six mois à la documentation préparatoire de son roman carthaginois, Flaubert s’achemine difficilement en août 1857 vers la mise au point de son plan: « Mon plan, avec tout cela, n’avance nullement, il se peut faire qu’il se cuise intérieurement ? »[5] ; « Alors, je ruminerai mon plan qui est fait et je m’y mettrai ! Et les affres de la phrase commenceront, les supplices de l’assonance, les tortures de la période ! [...] »[6]. Flaubert avait probablement fini les premiers scénarios à cette époque, ce n’est qu’après la publication de Salammbô qu’il souligne dans sa réponse à Sainte-Beuve l’importance des « faits » provenant de l’Histoire de Polybe pour son roman : « — J’en dirai autant de Polybe. C’est pour moi une autorité incontestable, quant aux faits. Mais tout ce qu’il n’a pas vu (ou omis intentionnellement, car lui aussi, il avait un cadre et une école), je peux bien aller le chercher partout ailleurs. »[7] Répondant dans L’Opinion nationale du 24 janvier à Froehner, Flaubert montre la confiance qu’il accorde aux « faits » historiques trouvés dans Polybe : « Il n’est pas vrai de dire que “Hannon n’a pas été crucifié dans la guerre des Mercenaires, attendu qu’il commandait des armées encore longtemps après”, car vous trouverez dans Polybe, Monsieur, que les rebelles se saisirent de sa personne, et l’attachèrent à une croix (en Sardaigne, il est vrai, mais à la même époque), livre Ier, chapitre XVII. »[8] Il a par ailleurs noté dans son dossier préparatoire appelé « Sources et méthode » en vue de se justifier face à ses détracteurs que les « sources principales » sont Polybe, Appien, Gesenius, Hendrich[9]. Il faut y ajouter environ cent livres qu’il a lus pour décrire la Carthage disparue, notamment l’Histoire romaine de Jules Michelet et l’Histoire romaine de Victor Duruy, La Bible de Cahen... Nous nous contenterons ici d’examiner de près le folio Ms g 322 (A r°) en le rapprochant de Polybe, source principale pour la trame du récit sur la guerre punique, et de Michelet, qui reprend cette même trame.

Notes chronologiques

En se référant au tableau que nous avons établi à partir des textes de Polybe et de Michelet [voir ce tableau], il est possible de constater que dans ce folio Flaubert a pris en notes les événements historiques au fil du récit, en suivant exactement les chapitres XIV à XVIII du Livre I de l’Histoire de Polybe[10], dans la traduction de Vincent Thuillier. Afin de mieux mettre en évidence la succession des faits, nous avons numéroté les notes prises dans le folio Ms g 322 (A r°) [voir ce folio]. Le strict respect de l’ordre chronologique dans ce résumé de Polybe devient d’autant plus évident si on fait la comparaison avec « La Guerre punique » (chapitre III) et « Les Mercenaires » (chapitre IV) dans le livre II de l’Histoire romaine de Michelet[11] qui a lu, lui aussi, l’Histoire de Polybe. Michelet décrit au début la « guerre inexpiable » en suivant le même rythme et avec autant de minutie que Polybe, mais à partir de la nomination d’Hamilcar au rang de général, il abrège le récit des événements de la guerre des Mercenaires. Il omet non seulement le fait qu’Hamilcar a fait « lever le siège d’Utique » dès sa première action mais il ne mentionne pas non plus le péril auquel il se trouve exposé, « resserré dans une position dangereuse », et il ne signale ni le secours que lui apporte Naravase, roi des Numides, ni le mariage avec sa fille, résultat de l’alliance entre Hamilcar et Naravase.

En ce qui concerne les événements relevés et regroupés par Flaubert avec six traits en arcs de cercle et neuf tirets [voir ce folio], vingt-sept des vingt-neuf événements se maintiendront jusqu’à la version définitive. Certes, Hamilcar n’était pas « resserré dans une position dangereuse » au moment d’être secouru par Naravase ; Annibal n’est qu’un petit garçon d’Hamilcar et il n’est pas le général Hannibal ; Hamilcar et Hannon ne se réconcilient pas dans le roman. Mais l’essentiel de l’histoire est déjà planifié à ce stade préliminaire.

Poétique de l’écriture

Essayons maintenant de comparer le style des notes prises par Flaubert avec celui de la traduction de Polybe et avec celui de Michelet. Pour cette comparaison, nous allons nous référer aux éditions lues par Flaubert : l’Histoire de Polybe, dans la traduction de Dom Vincent Thuillier, Paris, Pierre Gandouin, 1727, dont un exemplaire est conservé aujourd’hui à la Bibliothèque municipale de Rouen et l’Histoire romaine de Michelet, 2 vol, Hachette 1843, conservé à la Bibliothèque de Flaubert à l’Hôtel de ville de Canteleu[12].

Malgré leur simplicité, les notes témoignent du grand respect de Flaubert pour le style de la traduction de Polybe. Au niveau du premier trait en arc de cercle, Flaubert copie littéralement des expressions utilisées par le traducteur de l’historien grec. Il note : « On leur donne à chacun une pièce d’or et on leur promet qu’on les paiera tous à Sicca », là où le traducteur écrit : « [...] on pria leurs officiers de les mener tous à Sicca, de leur faire accepter à chacun une pièce d’or [...] » (C’est nous qui soulignons). Flaubert respecte la syntaxe et les termes de sa source, alors que Michelet rapporte ainsi le même événement : « Les Carthaginois tremblants prièrent les chefs des mercenaires de les mener à Sicca, en donnant à chaque homme une pièce d’or [...]. » Le même type de déconstruction syntaxique de la phrase au risque du sens mais préservant le terme utilisé se trouve dans la note concernant l’événement numéroté 15 dans le tableau. Polybe rapporte le supplice de la croix infligé à Spendius associé à celui d’Annibal et Flaubert maintient le même verbe « attaché à la croix » pour un autre personnage : « Mathos ne s’en fut pas plutôt apperçu, [...], & prit Annibal même prisonnier. On mena aussitôt ce Général à la croix où Spendius étoit attaché » (Polybe) ; « Supplice de Spendius / Annibal est surpris par M. et attaché à une croix » (Flaubert)[13]. Pour l’événement numéroté 7, Flaubert recopie le passage où Hamilcar « fait lever le siège d’Utique » en adaptant l’expression de Polybe « qu’ils levérent le siége d’Utique », transformant la voix active en une construction factitive.

Parmi dix-sept événements historiques (délimités dans le manuscrit par un tiret ou un trait en arc de cercle) que Flaubert a relevés, il n’y a qu’un seul cas où il reprend littéralement un passage d’une phrase de Michelet. Il s’agit de la mise au cachot de Giscon et de ses compagnons : « − ils pillent la caisse & chargent de fers G & ses compagnons. » (Flaubert) ; « Alors ils se jettent furieux sur l’argent apporté par Gescon, sur lui, sur ses Carthaginois, et ils les chargent de fers » (Michelet). Il ne faudrait pas oublier que Flaubert a respecté le texte de Michelet d’autant qu’il a pris l’appellation « défilé de la Hache », non dans la traduction de Polybe (« un lieu qu’on appelle la Hache »[14]), mais dans Histoire romaine de Michelet[15]. En regardant la phrase de près, on s’aperçoit que dans la plupart des cas Flaubert recourt non seulement aux mêmes termes mais aussi aux mêmes rythmes et à la même syntaxe que ceux du traducteur de Polybe : « l’équipage & l’argent des Carthaginois furent pillez ; Gescon & ses gens liez ignominieusement & jettez dans un cachot, [...] » (Polybe). Flaubert abrège, comme il est naturel dans une prise de notes, et il maintient le groupe coordonné « Gescon & ses gens » qui devient « G & ses compagnons ».

Le procédé le plus fréquent qu’emploie Flaubert pour résumer le traducteur de Polybe consiste en la transformation du discours par la verbalisation et la nominalisation de l’original. Ainsi, « les promesses » («Tous se rappelant les promesses qu’on leur avoit faites dans les occasions périlleuses, [...] » ) devient « On leur promet » ; « le siège » (« une partie mit le siége devant Utique, & l’autre devant Hippone-Zaryte [...] ») se transforme en « assiège Utique & Hippone » ; « ce secours » en « est secouru par Naravase » à la voix passive. Le participe passé adjectivé dans « cette multitude de gens ramassés » se transforme en « Les Mercenaires s’amassent ». Inversement, Flaubert nominalise très fréquemment des verbes : « se révolte » devient « révolte » ; « Le Sénat députoit » se transforme en « députation des bourgeois » ; l’expression « tous les moyens de réconcilier », en « Réconciliation d’Ham. & d’H » ; la phrase « ils vinrent à Tunis assiéger Mathos » dans la traduction de Polybe, en « Siège de Tunis ». Comparé à Michelet, dont le texte reprend souvent celui de Polybe, les notes de Flaubert semblent bien avoir été prises à partir de la traduction de Polybe.

Parallèlement à ce travail de résumé systématique, la sensibilité de Flaubert aux sonorités des termes employés par le traducteur de Polybe distingue notre auteur de Michelet. Consciemment ou non, il semble que l’auteur soit influencé par les sons ou voyelles des termes utilisés par le traducteur de Polybe et il choisit des mots synonymes ou analogues : pour la phrase « c’étoit tous les jours nouvelles éxactions », Flaubert écrit : « exigences graduelles des Mercenaires », alors que Michelet répète trois fois la phrase avec la même structure syntaxique et emploie le verbe « demandèrent ». Respect pour l’original ou lassitude devant l’effort de reformulation, les notes de Flaubert s’inspirent indubitablement de la traduction de l’Histoire de Polybe.

Deux nombres successifs

Il reste encore une énigme dans ce folio. Que signifient ces deux nombres : « Hamilcar nommé général (238) bat les M. » et « Les mercen. reprenn la campagne. 237» ? Les lecteurs des dossiers préparatoires de Flaubert seront tentés de les assimiler à la pagination de la source. Or, les nombres ne correspondent pas à ceux du livre consulté par Flaubert. Le livre II commence justement par le chapitre XV, si bien que la pagination du chapitre XV au chapitre XVIII va de la page 1 à la page 72 . Comme on le sait, quand Flaubert note la pagination pour les notes de lectures, il met souvent entre parenthèses « p. » ou « voy. ». D’ailleurs, comment se fait-il que les deux nombres successifs soient en ordre décroissant, puisque les événements racontés suivent la chronologie ?

Tout s’éclaire si on les considère comme les années où sont survenus les événements historiques. Ainsi, la diminution des nombres se comprend naturellement. Polybe ne signale effectivement ni l’an 238 ni l’an 237 dans son récit où les Carthaginois désignèrent Amilcar comme général ni pour la reprise de la campagne par les Mercenaires. Or Michelet signale bien l’an 238 dans le titre de son chapitre IV « Les Mercenaires. – Leur révolte contre Carthage, 241-238 », et la dernière phrase de ce chapitre était : « [...] et on l’appela la guerre inexpiable (238 av. J.-C.) »[16]. Quant à l’an 237, on le trouve dans le paragraphe suivant justement entre parenthèses : « Carthage et Hamilcar se séparèrent pour toujours, et sans regret (237) »[17] aussi bien que dans le titre de ce chapitre IV : « – Leur conquête de l’Espagne, 237-221 ». À cela s’ajoute que Michelet note systématiquement l’année des événements historiques entre parenthèses dans son Histoire romaine[18]. En fait, Flaubert se trompe en donnant l’an 237 pour la reprise de la campagne par les Mercenaires, car historiquement, la guerre inexpiable se serait terminée en 238. Mais on sait que Flaubert escamote souvent des années, en les déplaçant ou resserrant, au profit de la réalité romanesque et de la nécessité diégétique[19]. Considérer ces deux nombres comme désignant des dates dans la chronologie des événements augmentera la nécessité d’assimiler ce folio à un résumé du récit, rédigé à partir d’« une autorité incontestable », Polybe.


Résumé en correspondance exacte et systématique avec les événements historiques rapportés par Polybe, respect pour l’écriture et le style de la traduction de Polybe, enregistrement des dates... tout nous pousse à penser que le statut du folio Ms g 322 A r° est plus proche d’une note documentaire ou d’un sommaire rédigé à partir de Polybe pour la préparation de la rédaction que de ce qu’on attend normalement d’un scénario préliminaire. « Un scénario met en place les éléments du récit, les grandes unités narratives, établit les rapports entre les personnages, dans un style télégraphique fait d’énoncés minimaux, à base de noms, phrases nominales, infinitifs ou verbes au présent. Le plan travaille sur la même matière, mais en insistant davantage sur le découpage, la division, la mise en ordre », précise Yvan Leclerc dans Plans et scénarios de Madame Bovary[20]. Flaubert n’a pas encore commencé le récit ; il n’a pas encore évoqué l’histoire d’amour de la fille d’Hamilcar ni le vol de zaïmph, ni la mort de Pyra. Les rapports des personnages ne sont pas encore bien établis, étant donné que Flaubert se limite simplement à résumer des événements historiques relatés par Polybe, y compris le supplice d’Annibal et le péril où se trouvait Hamilcar. Certes, Flaubert, pour ses notes de lecture, recopie en général intégralement[21], sans trop modifier les phrases. Mais pour des « faits » historiques, il n’y a aucune invention de sa part dans ce folio g 322 (A r°), si ce n’est les tirets et les traits en arc de cercle en marge, destinés à mieux relier certains événements historiques, ce qui implique le travail virtuel de mise en chapitre. C’est là le premier pas de l’écrivain qui s’embarque dans ce périple romanesque, tout en insérant des « faits » dans le cadre du roman virtuel qu’il va préparer, et on peut considérer sans hésitation ce folio comme un sommaire narratif établi à partir de Polybe.




NOTES

[1] Anne Green a publié en 1982 ces folios inédits conservés à la Bibliothèque municipale de Rouen dans Flaubert and the Historical Novel, Salammbô Reassessed, Cambridge, Cambridge University Press. Voir l’Appendice « Unpublished manuscript material », p. 118-123.
  

[2] Ibid., p. 37.
  

[3] Ibid., p. 38. L’édition du Club de l’Honnête Homme établie par Maurice Bardèche (Flaubert, Œuvre complètes, 1971, t. II, p. 282-292) présente les « plans d’ensemble » dans l’ordre suivant : f°181 > f°219-f°220 > f°238 > f°182 > f°180. Quand elle a publié en 1982 les plans conservés à Bibliothèque municipale de Rouen, Anne Green a établi un nouveau classement des plans et scénarios d’ensemble, en intégrant toutes ces pièces : f°181 > g322 A > f°219-f°220 > f°238 > f°182 > f°180 > g 322B (ibid., p. 34).
  

[4] Anne Green annonce son intention de vérifier la manière dont Flaubert a utilisé Polybe : « I shall return later to Flaubert’s borrowings from Polybius » (ibid., p. 39).
  

[5] Lettre à Jules Duplan du 5 août 1857. Les références à la correspondance de Flaubert renvoient à l’édition établie par Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1973-2007, dorénavant abrégée en Corr., t. II, 1980, p. 751.
  

[6] Lettre à Ernest Feydeau du 6 août 1857, Corr., t. II, 1980, p. 752.
  

[7] Lettre à Sainte-Beuve du 23-24 décembre 1862, Corr., t. III, 1991, p. 276.
  

[8] Lettre à Guillaume Froehner du 21 janvier 1863, Corr., t. III, 1991, p. 296.
  

[9] Flaubert, Œuvres complètes, Club de l’Honnête Homme, , t. 2, 1971, « Sources et méthode », p. 489.
  

[10] Histoire de Polybe, Histoire, traduction de Dom Vincent Thuillier, Paris, Pierre Gandouin, 1727, 6 volumes, avec les commentaires de M. de Folard.   


[11] Jules Michelet, Œuvres complètes, t. II, 1828-1831, éditées par Paul Viallaneix, Paris, Flammarion, 1972. Michelet cite souvent Polybe (sans noter toujours la source bibliographique) dans ses notes. Pour l’épisode qui se déroule à Sicca, il a précisé la source : « Pour ces détails et la plupart de ceux qu’on va lire, nous avons suivi le beau récit de Polybe » (p. 454, note 3). D’autre part, il a aussi rapporté la citation de Polybe en grec (« Polybe. lib. I, Paris, 1607, p. 71 »).
  

[12] L’Histoire romaine de Michelet se trouve dans l’inventaire après décès dressé par Maître Bidault le 21 mai 1880 (La Bibliothèque de Flaubert, sous la direction de Yvan Leclerc, Publications de l’Université de Rouen, 2001, p. 161).
  

[13] Dans Polybe, il y a un autre supplice de la croix, celui d’Hannon. Claudine Gothot-Mersch montre le « mensonge historique » de Salammbô. Voir Claudine Gothot-Mersch, « Notes sur l’invention dans Salammbô », Flaubert, l’autre, textes réunis par F. Lecercle et S. Messina, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 1989, p. 77.
  

[14] Polybe, op.cit., p. 326.
  

[15] Michelet, op.cit., p. 456.
  

[16] Michelet, op.cit., p. 456.
  

[17] Michelet, op.cit., p. 457.
  

[18] Dans le Livre II concernant la guerre punique, il y a une quinzaine de dates indiquant des années, notées entre parenthèses, sans autre indication.
  

[19] Claudine Gothot-Mersch montre avec perspicacité l’originalité de la modification des données chez Flaubert : « [...] il apparaît donc que Flaubert entend s’appuyer sur le document mais s’autorise à en modifier les données – ou, pour prendre les choses par l’autre bout, qu’il s’autorise l’invention s’il peut y trouver une justification plausible (pour un autre temps, un autre lieu, d’autres personnages) » (op.cit., p. 79).
  

[20] Plans et scénarios de Madame Bovary, Gustave Flaubert, présentation, transcription et notes par Yvan Leclerc, Paris, CNRS Éditions, Zulma, 1995, p. 11. La difficulté de distinguer entre plan et scénario est évoquée : « Où passe la frontière entre un plan détaillé et un scénario rapide ? Il n’est pas de scénario qui ne manifeste aussi une volonté d’organisation (par les alinéas, les traits de plume qui séparent et relient en marge), et les plans comportent très souvent des éléments scénariques. »
  

[21] Ce que nous évoquons ici concerne les dossiers de Bouvard et Pécuchet.