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Sommaire Revue n° 13
Revue Flaubert, n° 13, 2013 | « Les dossiers documentaires de Bouvard et Pécuchet » : l’édition numérique du creuset flaubertien.
Actes du colloque de Lyon, 7-9 mars 2012

Numéro dirigé par Stéphanie Dord-Crouslé

La réécriture de Cuvier : la création du monde entre savoir et féerie

Gisèle Séginger
Université Paris-Est
LISAA (EA 4120)
Fondation Maison des Sciences de l’Homme de Paris
Voir [Résumé]

Flaubert évite généralement dans son roman les anachronismes : il ne fait lire à ses personnages ni Darwin, ni Haeckel, ni Spencer, ni Renan, ni Paul Janet. Toutefois ces lectures et certains débats propres aux années 1860-1880 – sur l’évolutionnisme, la création du monde, l’origine de la vie, le positivisme – se trouvent impliqués dans le roman. Deux temporalités se rencontrent : le temps de l’histoire racontée (les années 1840-1850) et le temps de l’écriture et des lectures : les années 1870. De ce point de vue, la mise en scène des thèses de Cuvier par l’imagination des personnages est un cas intéressant. Bouvard et Pécuchet lisent son Discours sur les révolutions de la surface du globe (1821[1]) au chapitre III avant la Révolution de 1848 (dont il sera question au chapitre V). Dans la première moitié du siècle, la théorie de Cuvier sur les époques de la nature, les espèces disparues, les cataclysmes, avait permis de sauver une conception fixiste des espèces ainsi que l’idée religieuse de création. Fort d’un pouvoir institutionnel, Cuvier s’était imposé contre Lamarck, puis contre Geoffroy Saint-Hilaire en 1830 à la suite d’une série de discussions à l’Académie des sciences. Sa méthode empirique semblait garantir la scientificité de sa théorie grâce à une série d’observations géologiques et à la collecte de fossiles alors que ses adversaires avançaient des principes a priori. Mais dans la seconde moitié du siècle, Cuvier est à l’inverse efficacement contesté grâce à la traduction entre 1843 et 1848 des Principes de géologie de Charles Lyell qui défend l’idée d’une formation lente de la Terre[2], puis surtout grâce à la diffusion des thèses évolutionnistes (Darwin, Haeckel, Spencer). À l’époque où Flaubert écrit Bouvard et Pécuchet l’évolution tend à devenir un paradigme dominant qui concurrence victorieusement les thèses de Cuvier. Contre les excès dogmatiques du spiritualisme mais aussi du positivisme français qui « tourne au matérialisme bête », Flaubert se positionne en faveur de l’évolutionnisme dont il apprécie la perspective définalisée : « La théorie de “l’évolution” nous a rendu un fier service ! »[3].

Dans l’épisode géologique de Bouvard et Pécuchet (au chapitre III du roman) cœxistent deux strates épistémologiques différentes. La première est celle des années 1830-1850 qui ont vu le triomphe de l’anti-évolutionnisme de Cuvier ; la seconde est celle d’un retour, d’une diffusion et d’une systématisation des idées évolutionnistes[4]. Le texte laisse entrevoir une belligérance des modèles et des paradigmes qui tient au porte-à-faux épistémologique. Malgré la période choisie (les années 1840), l’épisode de la lecture de Cuvier laisse affleurer des éléments qui appartiennent au contexte contemporain du temps de l’écriture. Deux époques se télescopent : celle de l’histoire racontée et celle de l’écrivain qui retraite des savoirs plus anciens à partir de problématiques et de représentations contemporaines. Le Cuvier du roman flaubertien ne se trouve donc dans aucune bibliothèque réelle. Comment Flaubert réinvente-t-il Cuvier ? avec quels textes et quelles interrogations ? quels sont les enjeux et les effets de cette réinvention ? Telles sont les questions que j’aborderai dans cet article.

 

En 1857, méditant sur l’univers et la place de l’homme, Flaubert écrivait ceci dans une lettre à la dévote Mlle Leroyer de Chantepie :

Quand je regarde une des petites étoiles de la voie lactée, je me dis que la terre n’est pas plus grande que l’une de ces étincelles. – Et moi qui gravite une minute sur cette étincelle, que suis-je donc, que sommes-nous ? Ce sentiment de mon infimité, de mon néant, me rassure. Il me semble être devenu un grain de poussière perdu dans l’espace, et pourtant je fais partie de cette grandeur illimitée qui m’enveloppe. Je n’ai jamais compris que cela fût désespérant. Car il se pourrait bien qu’il n’y eût rien du tout, derrière le rideau noir. L’infini, d’ailleurs, submerge toutes nos conceptions. Et du moment qu’il est, pourquoi y aurait-il un but à une chose aussi relative que nous ?[5]

Tandis que les spiritualistes comme Cousin défendent les causes finales[6], Flaubert, lecteur de Spinoza et de Lucrèce, se représente très tôt un monde sans origine et sans finalité. Or la question des causes finales est réactivée dans les débats des années 1860-1870 sur l’évolutionnisme, sur Darwin et sur Spencer. Préparant Bouvard et Pécuchet, Flaubert lit l’ouvrage de Paul Janet (un spiritualiste de la nouvelle génération) intitulé Les Causes finales (1876). Il prend des notes conservées dans le dossier de Bouvard et Pécuchet. Paul Janet reproche aux positivistes d’avoir substitué au principe des causes finales les « conditions d’existence »[7]. Flaubert note soigneusement cette idée[8], ainsi qu’une question : « La Finalité est-elle une loi de l’esprit, ou une tendance de la nature ? »[9]. Pour Paul Janet, cela ne fait aucun doute, la finalité est une tendance de la nature qui a pour but de réaliser en elle l’absolu : le terme de la nature, c’est Dieu. C’est ce qu’il explique dans son dernier chapitre intitulé « La fin suprême de la nature ». Selon sa pratique habituelle, Flaubert fragmente l’ouvrage sans en reconstituer la cohérence argumentative : il prélève surtout des exemples saugrenus de cette foi dans les causes finales, ou les objections de ses adversaires dont Janet rend compte. Par ailleurs, une réflexion sur la finalité apparaît dans de nombreux folios du dossier de Bouvard et Pécuchet sur lesquels on trouve des rubriques comme « causes finales » ou « cause ».

Bien que Bouvard et Pécuchet ne lisent pas l’ouvrage de Paul Janet, ils abordent la géologie après une interrogation sur les causes finales auxquelles ils sont incapables de renoncer. Ils déplacent dans la recherche scientifique une question métaphysique, inappropriée, qui relève non d’une connaissance positive mais d’une philosophie spiritualiste. Contemplant les astres, Pécuchet s’interroge :

– « Quel est le but de tout cela ? »
– « Peut-être qu’il n’y a pas de but ? »
– « Cependant ! » Et Pécuchet répéta deux ou trois fois « cependant » sans trouver rien de plus à dire. – « N’importe ! Je voudrais bien savoir comment l’univers s’est fait ! » (130[10])

C’est ce désir de remonter à l’origine qui oriente leurs recherches géologiques. Ils lisent dans cette perspective Les Époques de la nature[11] (1749) de Buffon qui avait été obligé de se rétracter par la faculté de théologie de la Sorbonne car certaines de ses propositions comportaient déjà des éléments évolutionnistes :

Les Époques de la nature leur apprirent qu’une comète, en heurtant le Soleil, en avait détaché une portion, qui devint la Terre. D’abord les pôles s’étaient refroidis. Toutes les eaux avaient enveloppé le globe. Elles s’étaient retirées dans les cavernes ; puis les continents se divisèrent, les animaux et l’homme parurent.
La majesté de la création leur causa un ébahissement, infini comme elle. Leur tête s’élargissait. Ils étaient fiers de réfléchir sur de si grands objets. (130)

Des longues études appuyées chez Buffon sur des preuves géologiques comme les fossiles, des argumentations de l’auteur, les deux personnages extraient un récit fabuleux, un mythe des origines à la fois poétique et fantastique. La théorie produit une géogonie dont les phases se succèdent de manière mystérieuse et merveilleuse, sans cause explicite, sans Dieu. Flaubert accentue ce qui, dans la théorie de Buffon, avait suscité la réaction des théologiens : la puissance interne du monde en métamorphose. La « majesté de la création » vient de l’absence de causalité surnaturelle. Buffon ne saurait donc être le but ultime de la recherche de Bouvard et Pécuchet. Comme Spinoza plus loin, Buffon leur fait plutôt toucher à l’infini, à une majesté qui les fait rêver et qui défie en même temps leur volonté de savoir. La théorie de Buffon les laisse dans un « ébahissement, infini » comme celui que produirait la nature.

Tout différent sera l’effet de la théorie de Cuvier, bien qu’elle subisse elle aussi un retraitement poétique. Tandis que Buffon impressionne les personnages et semble leur échapper, Cuvier fait naître des images dont certaines se figent comme des vignettes :

Dumouchel, en leur adressant la facture, les pria de recueillir à son intention des ammonites et des oursins, curiosités dont il était toujours amateur, et fréquentes dans leur pays. Pour les exciter à la géologie, il leur envoyait les Lettres de Bertrand, avec le Discours de Cuvier sur les révolutions du globe.
Après ces deux lectures, ils se figurèrent les choses suivantes.
D’abord une immense nappe d’eau, d’où émergeaient des promontoires, tachetés par des lichens ; et pas un être vivant, pas un cri. C’était un monde silencieux, immobile et nu. – Puis de longues plantes se balançaient dans un brouillard qui ressemblait à la vapeur d’une étuve. Un soleil tout rouge surchauffait l’atmosphère humide. Alors des volcans éclatèrent, les roches ignées jaillissaient des montagnes ; et la pâte des porphyres et des basaltes qui coulait, se figea. – Troisième tableau : dans des mers peu profondes, des îles de madrépores ont surgi ; un bouquet de palmiers, de place en place, les domine. Il y a des coquillages pareils à des roues de chariot, des tortues qui ont trois mètres, des lézards de soixante pieds. Des amphibies allongent entre les roseaux leur col d’autruche à mâchoire de crocodile. Des serpents ailés s’envolent. – Enfin, sur les grands continents, de grands mammifères parurent, les membres difformes comme des pièces de bois mal équarries, le cuir plus épais que des plaques de bronze, ou bien velus, lippus, avec des crinières, et des défenses contournées. Des troupeaux de mammouths broutaient les plaines où fut depuis l’Atlantique ; le paléothérium, moitié cheval moitié tapir, bouleversait de son groin les fourmilières de Montmartre, et le cervus giganteus tremblait sous les châtaigniers, à la voix de l’ours des cavernes qui faisait japper dans sa tanière, le chien de Beaugency trois fois haut comme un loup.
Toutes ces époques avaient été séparées les unes des autres par des cataclysmes, dont le dernier est notre déluge. C’était comme une féerie en plusieurs actes, ayant l’homme pour apothéose. (133-134)

Cuvier a fait une étude géologique et non un récit de l’histoire du monde : il réfléchit sur le rapport entre les couches de terrain et les fossiles en essayant d’en déduire un ordre d’apparition. De l’étude, du discours scientifique, Flaubert dégage un mythe de l’origine, ce que n’est pas du tout le Discours sur les révolutions de la surface du globe. Il met cette transformation au compte des deux faux savants qui « se figurent » la théorie. Ils transforment le discours en une série de « tableaux » à apparitions. Bouvard et Pécuchet ont un goût des images qui les rapproche de Félicité ou d’Antoine. Malgré leurs prétendues exigences positivistes – ils exigent des faits, des expériences – c’est l’imaginaire des théories qui les attire, et ils font produire des images aux systèmes. Les deux personnages permettent à Flaubert de dégager de la théorie ses potentialités fictionnelles. L’ouvrage scientifique apporte moins des connaissances aux deux apprentis savants qu’il ne stimule leur imagination débridée. Leur désir de savoir est subverti par l’afflux des images, par une rêverie fantasmatique. Et la référence au genre théâtral de la féerie souligne la puissance plastique des discours et des mots dans le texte de Cuvier. Le traitement de la théorie scientifique n’est pas différent de celle du dogme catholique dans Un cœur simple : incapable d’abstraction, Félicité n’en retenait que quelques images attendrissantes.

Dans la mise en scène fictionnelle du Discours sur les révolutions de la surface du globe Flaubert condense des textes et des idées d’origines diverses. Il a lu et il fait lire à Bouvard et Pécuchet les Lettres sur les révolutions du globe d’Alexandre Bertrand (1824). Il a lu aussi Le Déluge[12] de Frédérik Klee (1847) qui résume l’histoire de la géologie depuis l’antiquité, la querelle du neptunisme et du volcanisme jusqu’au XVIIIe siècle et jusqu’au triomphe du premier, qui donne la primauté à l’eau dans la création du monde. Bouvard et Pécuchet ne font pas la lecture de cet ouvrage qui produit néanmoins dans le roman, après l’épisode sur Cuvier, la discussion avec l’abbé Jeufroy sur le déluge. L’ouvrage de Frédérik Klee fournit des renseignements sur d’autres théories que Flaubert condensera dans sa réécriture de Cuvier.

Cuvier sauvait le fixisme de la période classique en défendant l’idée d’une stabilité des espèces à l’intérieur de chaque période, délimitée par un cataclysme. Ainsi évitait-t-il de mettre en cause l’idée de création divine. Mais des cataclysmes eux-mêmes, de ces sortes de reprise de la création, le texte de Cuvier ne racontait rien. Or, c’est ce que Cuvier passe sous silence qui stimule l’imagination des deux personnages et crée le rythme d’une féerie en plusieurs tableaux. Flaubert écrit un véritable poème en prose dans lequel le merveilleux naît du savoir. Pour cela il lit le Discours sur les révolutions de la surface du globe, probablement dans l’édition procurée en 1863 par Hœfer « avec des notes et un appendice d’après les travaux récents de Humboldt, Flourens, Lyell, Lindley, etc. »[13]. Cette édition précédée d’un éloge de Cuvier comporte des notes en appendice qui complètent les arguments de Cuvier en faveur du fixisme. C’est le cas d’une longue note qui cite l’Histoire des travaux de Cuvier par Flourens : « De quelque côté que l’on envisage la question qui nous occupe, l’immutabilité des espèces est donc le grand fait, le fait qui ressort de tout, et que tout démontre »[14]. Or cette idée est largement battue en brèche à l’époque où Flaubert écrit parce que le darwinisme a diffusé une autre conception de l’histoire du monde : le paradigme de la création et des métamorphoses du monde impliquant une action divine a été supplanté par celui de l’évolution. Dans l’un de ses folios documentaires, Flaubert note à propos de la théorie de Darwin : elle « montre comment la finalité peut apparaître dans la formation de l’organisme sans l’immixtion d’une intelligence, par la seule action des lois naturelles »[15]. Une autre édition du Discours sur les révolutions de la surface du globe de Cuvier procurée également en 1863 par le polygraphe François-Lubin Passard – puis rééditée en 1864 – donne une idée des débats dans lesquels se trouve prise la théorie de Cuvier. On ne sait pas si Flaubert a consulté cette édition, le nom de Passard n’étant pas cité dans les notes documentaires. Quoi qu’il en soit, cette édition rend compte des idées alors couramment admises, des objections qui circulent et tendent à construire l’image d’un Cuvier dépassé. C’est un livre à deux voix qui confronte la thèse passéiste aux nouvelles découvertes et aux conceptions modernes. Ainsi Cuvier écrivait : « la vie n’a pas toujours existé sur le globe » et la note de Passard dit : « La vie a toujours au contraire existé sur le globe, mais elle était réduite à des animalcules infiniment petits qui ont dû en former le noyau »[16]. Passard conteste l’idée d’une « retraite subite des eaux »[17], et la théorie des cataclysmes, soulignant dans ses notes le caractère féerique de la théorie de Cuvier. Or c’est précisément cette idée de plus en plus répandue d’un Cuvier passéiste, ancré dans un merveilleux révolu, que Flaubert met en scène dans la réécriture ironique de Bouvard et Pécuchet : le Cuvier de Bouvard et Pécuchet est donc un Cuvier relu à la lumière des thèses évolutionnistes de plus en plus dominantes, à la lumière en particulier de L’Histoire de la création des êtres organisés d’après les lois naturelles de Ernst Haeckel, grand vulgarisateur du darwinisme que Flaubert a découvert en 1874[18]. Haeckel montre l’archaïsme de la théorie antiévolutionniste de Cuvier : pas « de développement continu des espèces », « plus d’autre expédient que l’activité des forces surnaturelles ; il faut, pour expliquer les faits, invoquer le miracle »[19]. Haeckel considère l’empirisme de Cuvier comme un véritable verrou épistémologique : « Cette manière de voir fit longtemps autorité et empêcha, plus que tout autre chose, l’avènement d’une véritable histoire de la création »[20], alors que Lamarck, Gœthe et Oken avaient élaboré avant lui des éléments de l’évolutionnisme. Dans les années 1870, pour les défenseurs de l’évolutionnisme comme Haeckel, Cuvier est responsable d’un blocage de l’évolution scientifique qui prolonge la survie du merveilleux religieux. La métamorphose de Cuvier en féerie dans Bouvard et Pécuchet implique une strate épistémologique et temporelle, une réception qui est celle des années 1860-1870. C’est une période – souligne Haeckel – qui ramène sur le devant de la scène scientifique la question de l’origine. Cuvier avait évacué la question de l’origine du monde pour ne pas se confronter à la conception religieuse de la création. Cette attitude est caractéristique d’une période où l’empirisme fait bon ménage avec la tradition religieuse. Malgré l’ébauche de l’évolutionnisme au début du siècle, avec Lamarck[21] et Geoffroy Saint-Hilaire qui eux n’avaient pas hésité à imaginer l’origine (même s’il leur fallait pour cela en revenir à la vieille théorie de la génération spontanée), le fixisme avait fait retour et avait même réussi à s’imposer. Haeckel, défenseur du darwinisme, considère le retour aux spéculations sur l’origine du monde et de la vie comme une caractéristique de la période des années 1860-1870, qui en finit avec le fixisme et la classification des espèces. La question de l’origine resurgit lorsque l’évolutionnisme gagne du terrain.

Dans le récit flaubertien le rapport entre Cuvier et le créationnisme biblique – donc l’archaïsme religieux – est suggéré : « Toutes ces époques avaient été séparées les unes des autres par des cataclysmes, dont le dernier est notre déluge » (134). Et dans la suite du texte, le curé Jeufroy est heureux de voir Bouvard et Pécuchet s’occuper de géologie : « […] il estimait cette science. Elle confirme l’autorité des Écritures, en prouvant le Déluge » (ibid.). Pour les scientifiques des années 1870, Cuvier appartient à un autre âge qui n’est pas celui de l’esprit positif. Dans le roman, sa théorie produit une hallucination et une angoisse apocalyptique lorsque Bouvard croit la fin du monde arrivée (143), tout comme les croyances religieuses produisaient des hallucinations dans La Tentation de saint Antoine.

Flaubert retrace en plusieurs actes l’origine du monde, ce que Cuvier avait évacué par respect religieux. Faisant de la géologie en archéologue des mondes disparus, le savant s’était contenté de distinguer quatre époques en se fondant sur l’étude des terrains et des fossiles :

Ce qui est certain, c’est que nous sommes maintenant au moins au milieu d’une quatrième succession d’animaux terrestres, et qu’après l’âge des reptiles, après celui des paléothériums, après celui des mammouths, des mastodontes et des mégathériums, est venu l’âge où l’espèce humaine, aidée de quelques animaux domestiques, domine et féconde paisiblement la terre, […][22].

Si on compte l’âge de l’homme, il y a aussi quatre époques dans le récit de Bouvard et Pécuchet mais ce ne sont pas les mêmes que celles de Cuvier. Là où Cuvier prévoyait après l’âge des reptiles deux époques pour les animaux monstrueux – creusant au centre de l’histoire du monde un temps long de l’animalité monstrueuse – Flaubert réduit ce temps long à une seule période. Par contre, il rajoute deux périodes sans animaux : un premier âge d’avant la vie, sans « un être vivant », avec les seules tâches des lichens comme virtualités du vivant, puis un âge des plantes et des roches (toujours sans animaux) ; puis la troisième période est celle des serpents ailés et des amphibies étranges, un âge des animaux composites. La vie s’accélère avec une profusion de gros animaux étranges, dignes de La Tentation de saint Antoine, et subitement elle s’élève et aboutit à l’homme, « apothéose » de la création, écrit Flaubert. Le récit fait brusquement la pyramide. Or, on sait que cette structure de la perfection artistique est aussi une figure de la bêtise chez Flaubert. La composition et la conclusion de ce récit sont donc ironiques. Flaubert se moque souvent de l’anthropocentrisme dans sa Correspondance et il en relève des exemples amusants dans le dossier de Bouvard et Pécuchet. Respectueux du christianisme, Cuvier fait aussi de l’âge de l’homme le dernier stade de la création, sans tomber toutefois dans un anthropocentrisme aussi béat que celui des faux savants. Flaubert utilise alors un passage du livre d’Alexandre Bertrand, Lettres sur les révolutions du globe[23] (1839), qui, en propagandiste zélé de Cuvier, accentue la dimension philosophique de sa théorie, et note : « l’homme, comme le couronnement de la création, a dû paraître le dernier sur le globe »[24]. Dans la théorie de Cuvier telle qu’ils l’imaginent en lisant aussi Alexandre Bertrand, Bouvard et Pécuchet trouvent une réponse à leur questionnement sur « le but », sur les causes finales : la création n’avait d’autre but que l’homme.

Le Discours sur les révolutions de la surface du globe ne remontait pas à l’origine, et le scientifique laissait cette part à la religion. Avant ces quatre époques, il évoquait, hors classement, l’existence de « terrains primordiaux » mais pour indiquer que l’étude en est aride puisqu’ils sont sans fossiles, et ne laissent que la possibilité de formuler des hypothèses[25]. Ce sont les « antiques fondements de l’enveloppe actuelle du globe » : « marbres » et « schistes primitifs », « gneiss et enfin […] granits »[26]. Or, c’est au contraire la période primordiale qu’imaginent longuement Bouvard et Pécuchet. Leur désir de savoir qui prend souvent la forme d’un besoin de croyance infléchit la théorie scientifique vers une géogonie merveilleuse. La théorie vire au mythe. Flaubert fait imaginer à ses personnages une première époque minérale avant la vie. Puis, utilisant des résumés de théories qu’il a trouvés dans l’ouvrage de Frédérik Klee, il met en scène successivement deux récits d’origine qui reprennent les deux thèses rivales depuis l’antiquité jusqu’au XVIIIe siècle : le plutonisme ou création par le feu, les volcans (Thales de Milet, Xénophane de Colophon, puis James Hutton), et le neptunisme ou création par l’eau (Zénon, Héraclite, puis Abraham Gottlob Werner). Il accorde à chacune d’elle une période : la première pour l’eau, la seconde pour le feu et le volcanisme. Par ailleurs, dans la suite du chapitre, lorsqu’ils s’élèveront « à des considérations sur l’origine du monde » (141), les deux personnages discuteront ces deux théories vers lesquelles fait signe leur féerie sur l’origine du monde.

Dans les années 1860-1870, le retour à la question de l’origine, les découvertes dans le domaine de la biologie, tout cela contribue au développement de recherches ou de spéculations, voire de rêveries sur l’origine de la vie. Michelet a publié La Mer dès 1861, Quinet La Création en 1870[27], Haeckel son Histoire de la création des êtres organisés en 1868 (en allemand), la querelle de Pouchet et Pasteur sur la génération spontanée ou la préexistence de germes date de 1863. On cherche l’action des micro-organismes, on scrute l’origine dans l’infiniment petit, et on cherche souvent le passage entre l’organique et l’inorganique dans les eaux. Michelet parle du « grand enchantement », de la vie qui surabonde dans la mer, de ses enfantements qui « du premier coup vont jusqu’à la vie animée »[28]. L’édition de Cuvier par Passard rend bien compte d’un imaginaire aquatique largement répandu qui crédite l’eau et la mer d’une puissance créatrice autrefois placée dans les cieux. En annexe, un essai de P. Ch. Joubert (sur l’existence de deux règnes) réfléchit d’une part sur la composition chimique des êtres vivants et d’autre part sur « la molécule primitive de la matière »[29]. Il affirme que l’eau fut « le premier élément où la vie extérieure de la planète se développa »[30]. Dans La Tentation de saint Antoine de 1874, Flaubert avait déjà imaginé dans la dernière hallucination du saint la naissance de la vie apparaissant après une vision d’animaux marins. Conformément aux représentations les plus courantes des années 1870, dans Bouvard et Pécuchet, Flaubert fait commencer le monde avec une « immense nappe d’eau », mais c’est un monde sans vie.

D’où vient ce monde minéral ? Cuvier avait dit trop peu de choses sur les « terrains primordiaux » pour vraiment lancer l’imagination flaubertienne. Il lui faut avoir recours à un autre texte qui n’est pas cité dans le dossier de Bouvard et Pécuchet : le poème « Les Fossiles » de son ami Louis Bouilhet, très librement inspiré lui aussi par Le Discours sur les révolutions de la surface du globe. C’est un long poème en six parties pour lequel Louis Bouilhet a demandé conseil à Flaubert[31], tandis que celui-ci lui faisait lire ce qu’il rédigeait pour Madame Bovary. Flaubert apprécie la tonalité « amèrement sceptique »[32] de ce poème et sa perspective : il est satisfait parce que Bouilhet a évité de terminer son poème par une « grande tartine lyrique sur l’homme »[33]. Et le poème s’ouvre sur un monde grandiose et silencieux :

Un air humide et lourd enveloppe le monde ;
Aux bords de l’horizon, comme des caps dans l’onde,
Les nuages rayés s’allongent lentement,
Et le soleil, immense au fond du firmament,
Heurtant au brouillard gris sa lueur inégale,
Sur le globe muet penche son disque pâle.
Aucun bruit sur la terre, aucun bruit dans les cieux,
Que l’oscillation des grands océans bleus !
Les granits, se tordant en postures difformes,
Dans les espaces nus dressent leurs blocs énormes,
Tandis que çà et là, sur leur flanc dépouillé,
Jaunit la mousse maigre et le lichen rouillé[34] !

Le premier tableau de Flaubert dans sa féerie à la Cuvier – le monde avant la vie – est une réécriture de ces débuts d’un monde silencieux dans la première partie du poème de Louis Bouilhet : on y retrouve l’univers minéral, le lichen, l’absence de vie, de bruit, de cri. Louis Bouilhet est mort en 1869 et la réécriture de Cuvier dans Bouvard et Pécuchet est une sorte de tombeau secret à l’ami disparu. Chez les deux écrivains, Cuvier est le tremplin d’une rêverie. Mais Louis Bouilhet écrit un hymne à la vie qui condamne l’homme « germe fatal » contre lequel le poète en appelle à la force vitale pour qu’elle emporte ce roi orgueilleux dans un nouveau cataclysme. Dans ce poème où l’homme n’est qu’un moment passager, Bouilhet médite sur la matière mobile flottant éternellement dans l’espace infini, et il évoque le « reflux des causes » :

Toute forme s’en va, rien ne périt, les choses
Sont comme un sable mou, sous le reflux des causes !
La matière mobile, en proie au changement,
Dans l’espace infini flotte éternellement[35].

Là est toute la différence entre la réécriture de Cuvier par Bouilhet – le lyrisme impersonnel d’une poésie exposante[36] – et la rêverie métaphysique des deux anti-artistes et faux savants que sont Bouvard et Pécuchet. Bouilhet rêvait une fin de l’homme à la gloire de la vie. Bouvard et Pécuchet imaginent une création à la gloire de l’homme.

Dans Bouvard et Pécuchet, le comique de l’épisode géologique tient à une sorte de glissement textuel d’un paradigme à un autre et à ce qu’on peut appeler un porte-à-faux épistémologique. Non seulement la théorie de Cuvier est en partie déformée dans un sens évolutionniste, mais, condensée avec les récits d’Alexandre Bertrand qui raconte des phénomènes volcaniques faisant apparaître et disparaître des îles, elle génère un incident cocasse. Bouvard croit voir une fumée sur les flots pendant que Pécuchet lui parle de l’île Julia qui a disparu, et imagine un tremblement de terre sous la Manche. Bouvard a faim, le vertige le prend, le sol lui paraît tressaillir et la falaise au-dessus de sa tête « pencher par le sommet » :

Bouvard promena sa vue sur les flots, et crut distinguer au loin, une fumée qui montait vers le ciel.
– « Puisque l’île Julia » reprit Pécuchet, « a disparu, des terrains produits par la même cause, auront peut-être, le même sort ? Un îlot de l’Archipel est aussi important que la Normandie, et même que l’Europe. »
Bouvard se figura l’Europe engloutie dans un abîme.
– « Admets » dit Pécuchet « qu’un tremblement de terre ait lieu sous la Manche. Les eaux se ruent dans l’Atlantique. Les côtes de la France et de l’Angleterre en chancelant sur leur base, s’inclinent, se rejoignent, et v’lan ! tout l’entre-deux est écrasé. »
Au lieu de répondre, Bouvard se mit à marcher tellement vite qu’il fut bientôt à cent pas de Pécuchet. Étant seul, l’idée d’un cataclysme le troubla. Il n’avait pas mangé depuis le matin. Ses tempes bourdonnaient. Tout à coup, le sol lui parut tressaillir, – et la falaise au-dessus de sa tête pencher par le sommet. À ce moment, une pluie de graviers déroula d’en haut.
Pécuchet l’aperçut qui détalait avec violence, comprit sa terreur, cria, de loin : – « Arrête ! arrête ! La période n’est pas accomplie. »
Et pour le rattraper, il faisait des sauts énormes avec son bâton de touriste, tout en vociférant : – « La période n’est pas accomplie ! La période n’est pas accomplie ! »
Bouvard en démence, courait toujours. Le parapluie polybranche tomba, les pans de sa redingote s’envolaient, le havresac ballottait à son dos. C’était comme une tortue avec des ailes, qui aurait galopé parmi les roches. Une plus grosse le cacha. (143-144)

Avec Buffon les deux personnages entrevoyaient la majesté de l’infini. Avec Cuvier, Bouvard croit vivre l’apocalypse. Une comparaison qui le fait ressembler à une sorte de tortue préhistorique achève l’épisode de manière comique. Loin d’être l’apothéose de la création, l’homme ne semble guère se démarquer des maladroits animaux des temps anciens. Le texte déconstruit une théorie qui renvoie à un paradigme auquel sont associés l’anthropocentrisme, le providentialisme, les causes finales. Bouvard et Pécuchet n’est ni un roman nihiliste qui détruit sans exception toutes les pensées, ni un roman parfaitement impersonnel qui ne laisserait deviner aucun point de vue. Le débat sur le Déluge dérive vers un débat évolutionniste, sur la généalogie des espèces et l’origine de l’homme.

L’écriture flaubertienne concilie la poésie avec l’ironie (et même le comique dans l’épisode de la fin du monde). La bêtise de la conclusion pyramidale (l’homme est l’apothéose de la création) cœxiste avec la beauté des images étranges qui proviennent d’une fragmentation des textes scientifiques, d’une stratification de théories et d’un syncrétisme des figures ; Flaubert détache des textes lus des images simples et nettes, d’autant plus fortes qu’elles sont schématiques ou schématisées par une métaphore : les serpents ailés empruntés à un dessin naïf du livre d’Alexandre Bertrand, les coquillages simplifiés par la métaphore « des roues de chariot »[37]. L’écriture procède comme le travail du rêve. Flaubert mélange les textes : Cuvier, le neptunisme, le plutonisme, Louis Bouilhet. Il utilise davantage le livre de vulgarisation d’Alexandre Bertrand que Cuvier lui-même. Il confond deux perspectives différentes et incompatibles : il infléchit Cuvier dans un sens évolutionniste en faisant de sa théorie un récit d’origine. Mais en même temps il lui donne une finalité marquée par l’anthropocentrisme chrétien.

La trahison du texte de Cuvier est révélatrice de débats contemporains et d’une transformation de la réception de cette théorie dans les années 1860-1870. Dans cet épisode, ce ne sont pas seulement des idées et des images que Flaubert condense. Il recrée Cuvier en traversant les strates épistémologiques et le texte fait donc signe vers le présent de son écriture, vers des savoirs contemporains et vers le paradigme évolutionniste. Que le roman doive être impersonnel n’implique évidemment pas qu’il soit écrit d’un point de vue véritablement absolu quoi qu’en ait dit Flaubert.

NOTES

[1] Le Discours a été initialement publié avant les Recherches sur les ossements fossiles des quadrupèdes, 1812, 4 vol.
[2] Sur un folio rédigé par Laporte (ms. g 226, vol. 1, fo 243 r°), apparaît l’ouvrage de Lyell dans une traduction de Mme Meullien (1843-1848, 4 vol.). Voir http://www.dossiers-flaubert.fr/cote-g226_1_f_243__r____-trud et
http://www.dossiers-flaubert.fr/b-6735-3.
[3] Lettre à Mme Edma Roger des Genettes, [12 janvier 1878] ; dans Correspondance, éd. établie par Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1973-2007, 5 vol. (dorénavant : Corr. I à V). Ici, Corr. V, p. 347.
[4] Première mention dans une lettre du 3 juillet [18]74 à George Sand : « Je viens de lire La Création naturelle de Haeckel. […] Le Darwinisme m’y semble plus clairement exposé que dans les livres de Darwin, même » (Corr. IV, p. 824). Et référence à La descendance de l’homme et la sélection sexuelle de Darwin traduit en 1871 dans le Carnet 15, datable de la période 1869-1874 (fo 31, Carnets de travail, éd. de Pierre-Marc de Biasi, Paris, Balland, 1988, p. 492). Dans La pluralité des races humaines, publié par Georges Pouchet en 1858, il est question plusieurs fois de Darwin (rapproché de Lamarck). De l’origine des espèces (1859) est traduit par Clémence Royer en 1862.
[5] Lettre du 6 juin [1857] ; Corr. II, p. 731.
[6] Dans son Histoire générale de la philosophie, le philosophe spiritualiste Victor Cousin a attaqué Spinoza sur ce point, parce qu’il postule une éternité de la substance qui a pour corollaire celle du monde : il n’a pas été créé par Dieu ni par aucune autre cause ; les questions de l’origine et de la cause finale sont donc vaines (Histoire générale de la philosophie, 4e éd., Paris, Didier, 1861, p. 454).
[7] Paris, Germer Baillière, 1876, p. 287.
[9] Ms. g 226, vol. 6, fo 24 r°.
[10] Bouvard et Pécuchet, avec des fragments du « second volume » dont le Dictionnaire des idées reçues , éd. de Stéphanie Dord-Crouslé, Paris, Flammarion, coll. « GF », 2008. Les références données directement dans le texte renvoient à cette édition.
[11] Publié dans Histoire naturelle.
[13] Discours sur les révolutions du globe, avec des notes et un appendice d’après les travaux récents de MM. de Humboldt, Flourens, Lyell, Lindley, etc., rédigés par le Dr Hœfer, Paris, Firmin Didot, 1863 (voir
http://www.dossiers-flaubert.fr/b-5351-1). Dans ses notes documentaires, Flaubert renvoie à une édition de 1863, sans citer Hœfer (ms. g 226, vol. 1, fo 105 r° et vol 4, fo 41 r°). Toutefois sur ce second folio, il évoque cinq passages du livre de Cuvier et la pagination indiquée concorde avec celle de l’édition Hœfer de 1863.
[14] Ibid., p. 235.
[16] Discours sur les révolutions du globe. Études sur l'ibis et sur la Vénus hotte ntote, par G. Cuvier. Il n'y a que deux règnes dans la nature, par P.-Ch. Joubert. Du perfectionnement ou de la dégénérescence de l'homme..., par F.-L. Passard, Paris, Passard, 1864, p. 12.
[17] Ibid., p. 83.
[18] L’ouvrage (http://www.dossiers-flaubert.fr/b-19743-1) est mentionné dans la liste de mai 1874, fo 67 v° du Carnet 15, éd. citée, p. 528.
[19] Traduction de Charles Letourneau, Paris, Reinwald, 1874, p. 54.
[20] Ibid., p. 53.
[21] Dans la Philosophie zoologique (1809), Lamarck soutient l’idée d’une modification progressive des espèces dans le temps, après une apparition de la vie à un état primitif par génération spontanée. La transformation progressive s’opère dans le sens d’une plus grande complexité.
[22] Discours sur les révolutions à la surface du globe, éd. Passard citée, p. 188.
[23] La première version avait été publiée en 1824, mais Flaubert a utilisé la cinquième édition augmentée de 1839 (Paris, Just Tessier), qu’il indique sur un folio du dossier : g 226, vol. 4, fo 43 r°. Voir
http://www.dossiers-flaubert.fr/cote-g226_4_f_043__r____-trud et
http://www.dossiers-flaubert.fr/b-5515-3.
[24] Ibid., p. 103.
[25] Discours sur les révolutions à la surface du globe, éd. Passard citée, p. 155.
[26] Ibid., p. 161.
[27] Cité dans le dossier de La Tentation (N.a.f. 23671, fo 78 v°) mais pas dans celui de Bouvard et Pécuchet.
[28] Paris, Gallimard, coll. « Folio », 1983, p. 133.
[29] Discours sur les révolutions à la surface du globe, éd. Passard citée, p. 229.
[30] Ibid., p. 236.
[31] Voir la lettre à Louise Colet du [2 janvier 1854] ; Corr. II, p. 497.
[32] Lettre à Louis Bouilhet du [30 septembre 1855] ; Corr. II, p. 599.
[33] Lettre à Louise Colet du [2 janvier 1854] déjà citée.
[34] Poésies. Festons et astragales, Le Mesnil-sur-l’Estrée, Éditions H & D, 2009 [fac-similé de l’éd. de Paris, La Librairie nouvelle, 1859], I, p. 201.
[35] Ibid., V, p. 216.
[36] Quelques mois plus tôt Flaubert écrivait que la littérature deviendrait de plus en plus « exposante » (lettre à Louise Colet du [6 avril 1853] ; Corr. II, p. 298).
[37] Flaubert avait pu voir de tels coquillages au Muséum d’histoire naturelle, fondé en 1828 par Félix Pouchet qui le dirigea jusqu’en 1872.

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