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Sommaire Revue n° 15
Revue Flaubert, n° 15, 2017 | Bouvard et Pécuchet, roman et savoirs:
l'édition électronique intégrale des manuscrits

Colloque de Rouen, 7-9 mars 2013. Numéro réuni par Yvan Leclerc

L'épisode celtique dans Bouvard et Pécuchet

Joëlle Robert
Présidente de l’Association des Amis de Flaubert et de Maupassant
Voir [Résumé]

L’épisode celtique s’inscrit dans le chapitre IV de Bouvard et Pécuchet, chapitre entièrement consacré à l’histoire, où les deux bonshommes, après avoir été agriculteurs, chimistes, géologues… deviennent « archéologues » et « historiens ». Leur parcours historique au fil du chapitre met en question la recherche historique elle-même en s’interrogeant sur l’écriture de l’histoire, sur ce discours daté des historiographies qu’ils sont amenés à consulter.

Avant leurs recherches celtiques, ils ont commencé par « collectionner », en constituant un « cabinet de curiosités » qu’ils appellent leur « musée », ce qui était une manière traditionnelle de faire de l’archéologie au XVIIIe siècle. Puis a succédé une approche plus moderne, la reconnaissance sur le terrain, avec les voyages en Normandie, où ils découvrent d’abord le Moyen Âge, cathédrales et châteaux-forts, avant de se lasser de l’architecture gothique… et de se passionner pour ce qui devient une « science » à leur époque, « science » que l’on ne nomme pas encore la « préhistoire », et pour laquelle on continue à utiliser l’ancien mot de « celtique ».

L’épisode celtique s’insère dans quelques pages du roman, entre les folios 86 et 89 du manuscrit « définitif » et il concerne environ une trentaine de folios de plans et de brouillons. Parmi ceux-ci les folios compris entre la page 86, ligne 37 et la page 89, ligne 41 du manuscrit « définitif » du roman formeront notre corpus de travail[1]. Ces folios sont consultables dans le tableau génétique du roman Bouvard et Pécuchet sur le site Flaubert de l’université de Rouen à l’adresse suivante :

http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/tableau_genetique.php?corpus=pecuchet



Dans cet épisode Flaubert met en fiction le savoir celtique. Pour préparer ce passage il a effectué de nombreuses recherches historiques et il a réuni une documentation abondante sur le celticisme. Entre les différentes historiographies possibles, l’écrivain a choisi l’école historique traditionnelle du Celticisme. Pourquoi avoir fait ce choix d’historiens déjà obsolètes au moment de l’écriture ? Peut-être le caractère outrancier de l’épisode celtique apporte-t-il du nouveau dans les recherches historiques du chapitre IV et permet-il de mieux cerner ce qui est en question dans l’écriture de l’histoire ? Comment Flaubert procède-t-il pour cette approche du Celticisme et quelle poétique a-t-il mise en œuvre pour illustrer ces connaissances ?

La documentation

Les Dossiers de notes sur l’Histoire sont encore inconnus aujourd’hui, mais on dispose d’un grand nombre d’informations qui permettent de reconstituer en partie la documentation consultée par Flaubert.

La Correspondance qui donne d’abord la chronologie de la rédaction du chapitre IV, fait aussi mention des recherches documentaires de l’écrivain. Entre le 17 novembre 1877 et la fin décembre 1877, Flaubert informe Caroline et Ivan Tourgueneff qu’il prend des notes sur le Celticisme à la Bibliothèque de Rouen et qu’il compte avoir fini avant le jour de l’an, moment où il se rendra à Paris. En février 1878, deux lettres aux savants Henri Gaidoz et Alexandre Bertrand demandent encore des précisions sur le Celticisme, indiquant qu’il n’a pas encore terminé son chapitre.

Outre la correspondance, d’autres renseignements se trouvent dans les Registres de prêts de la Bibliothèque municipale de Rouen, qui conservent une liste des livres consultés par Flaubert en 1877. Plusieurs emprunts concernent le Celticisme, comme le montrent ces transcriptions des registres en ligne sur le site Flaubert de l’université :

http://flaubert.univ-rouen.fr/bibliotheque/05bmr.php


 

Les Carnets de notes, et particulièrement les Carnets 11 et 18[2], publiés par Pierre-Marc de Biasi, contiennent des références de livres lus sur le Celticisme, accompagnées de notes.

Les Dossiers de Bouvard et Pécuchet, préparés pour le second volume et non publiés par l’écrivain, dossiers conservés à la Bibliothèque de Rouen et mis en ligne par Stéphanie Dord-Crouslé, présentent un folio recto-verso, g226_vol_1_f°244, folio de références bibliographiques dont quelques livres concernent le celticisme.

http://www.dossiers-flaubert.fr/cote-g226_1_f_244__r____-ms

http://www.dossiers-flaubert.fr/cote-g226_1_f_244__v____-ms

Enfin un Catalogue, transmis ces dernières années par un cabinet de vente d’autographes de New York fournit une liste de Dossiers de notes sur l’Histoire. Dans ce catalogue de New York, le Dossier sur le Celticisme représente 40 pages, celui sur la préparation du Voyage en Bretagne, en comptant 180.


Tous ces documents permettent d’identifier un grand nombre d’auteurs lus ou consultés par Flaubert, et de connaître également les revues étudiées. Ces livres se trouvent encore pour la plupart d’entre eux à la Bibliothèque municipale de Rouen.




 

Si l’on compare les auteurs rassemblés dans tous ces documents avec ceux qui apparaissent dans les brouillons, on relève quelques différences.



Certains auteurs appartiennent aux deux ensembles et sont mis en gras sur la dernière liste : pour ceux-là Taillepied, Dom Martin, Pelloutier, Beziers, Le Brigant, La Tour d’Auvergne, Cambry, Roussel, Mangon de la Lande, même en l’absence du Dossier sur le Celticisme, on garde donc quelques traces de leur lecture, parfois de notes prises dans les Carnets et on peut suivre leur utilisation dans les brouillons du roman.

Mais quelques auteurs étudiés n’ont pas leur nom cité dans les brouillons (Guenebaud, Baudeau, Maurey d’Orville, Jouannet, Seguin, Thierry, Caumont, Madsen) et les brouillons incluent des noms qui ne se trouvent ni dans les Carnets de notes, ni dans les registres de prêts conservés (Forcadel, Dulaure, Roget de Belloguet, Batissier).

On retrouve certains de ces auteurs dans la bibliographie établie pour le Voyage en Bretagne (Cambry, Fréminville, La Tour d’Auvergne, Mahé, Pelloutier). On connaît les ouvrages étudiés en 1847 par Flaubert pour préparer l’aspect culturel de ce voyage, car l’écrivain en donne lui-même la liste dans Par les champs et par les grèves[3]. Pour l’épisode celtique, Flaubert a donc puisé dans sa documentation de 1847. Dans la notice de présentation des carnets 18bis, 18, 11 et 6[4], P.-M. de Biasi signale que l’écrivain « semble avoir petit à petit annexé [à Bouvard et Pécuchet] la quasi-totalité de ses anciennes recherches ».


Cette comparaison amène à distinguer deux types de sources. D’abord des autorités scientifiques, contemporaines de Flaubert comme :

Alexandre Bertrand (1820-1902), ancien élève de l’École normale supérieure, qui fut membre de l’École française d’Athènes et l’un des premiers à y défendre l’Archéologie. Il a fréquenté le cercle d’Hortense Cornu qui joua un rôle important auprès de Napoléon III pour le développement de l’Archéologie nationale. Il a dirigé également la Revue archéologique à partir de 1859. Henri Gaidoz, professeur de langue et de littérature celtiques à l’École des hautes études, fut le fondateur de la Société des antiquaires de France et l’éditeur de la Revue celtique. Andreas Peter Madsen, un scandinave, qui a participé à la division récente à ce moment-là de la préhistoire en trois âges et dont Flaubert lit deux volumes : « l’âge de la pierre » − « l’âge du bronze ». Tous ces noms d’autorités du savoir de l’époque, indiquent une documentation « scientifique », contemporaine de l’écriture pour Flaubert et accueillant même les dernières nouveautés.

Si Flaubert possède les connaissances scientifiques « modernes », − et dans un brouillon par exemple, le folio [fo 4, 458], il utilise le terme savant latin de « celtae » pour désigner les « haches de pierre »[5] − il n’en fait pas pour autant le savoir de référence de ses deux bonshommes.


 

Les auteurs présents dans les brouillons sont tous beaucoup plus anciens. Flaubert a recours à des historiens du XVIe siècle, comme Forcadel et Taillepied, des XVII et XVIIIe siècles, comme Dom Jacques Martin (1684-1751), Pelloutier (1694-1757), Le Brigant (1720-1804), La Tour d’Auvergne (1743-1800)…, historiens qui sont déjà discrédités à son époque, puisque classés pour beaucoup dans le Larousse du XIXe siècle comme des « Celtomanes ». Le Larousse les introduit ainsi : « Les antiquités celtiques ont jeté la confusion dans les idées de quelques savants des siècles derniers […] les Pelloutier, Court de Gébelin, La Tour d’Auvergne, Le Brigant […] etc »[6]. Ce sont ces noms pourtant, accompagnés de quelques autres, que l’on retrouve dans l’épisode celtique.

Ces deux types de sources indiquent que Flaubert, pour son roman, joue sur deux temporalités. Le temps du récit diffère de celui de l’écriture. Le début du chapitre IV du roman se passe en effet en 1844, tandis que Flaubert écrit en 1877-1878. L’écrivain lui-même est très conscient de ces deux temporalités, puisqu’il demande à Henri Gaidoz, le 11 février 1878 :

Je voudrais une preuve (texte ou raisonnement) démontrant que : les monuments dits celtiques ne sont pas faits par les Celtes.
Vous m’avez dit qu’il y en avait beaucoup dans l’Inde, où on en construit encore de pareils. Et beaucoup aussi dans l’Algérie.
Avant l’année 1844, existait-il des textes sur cette question ? où sont ces textes ? ‒ Dans ce cas-là ce serait un argument suffisant pour démolir le celticisme.

Et dans le catalogue de vente de New York, la première page du manuscrit transmise par le marchand d’autographes présente les notes manuscrites de Flaubert prises sur « Les Monuments dits celtiques », chapitre II du livre Archéologie celtique et gauloise d’Alexandre Bertrand[7], publié en 1876. Cet article, paru antérieurement en 1864, avait eu un fort retentissement. C’était un mémoire qui avait reçu en 1862 le premier prix de l’Institut (Académie des Inscriptions) en réponse à la question mise au concours par l’Académie dans les termes suivants : « Déterminer par un examen approfondi ce que les découvertes faites depuis le commencement du siècle ont ajouté à nos connaissances sur l’origine, les caractères distinctifs et la destination des monuments dits celtiques… »


 

 

Dès le titre proposé, « les monuments dits celtiques », on voit bien que la question porte sur la notion fondamentale de « Celticisme ». Qu’entendait-on avant 1844 par ce terme ?

La notion se trouve chez César, où les Celtes étaient les populations qui occupaient la partie des Gaules comprise entre la Garonne et la Seine. César, dans La Guerre des Gaules recense de nombreuses tribus celtiques, les Éduens, les Arvernes, les Carnutes, par exemple… Avant César et à partir d’Hérodote ‒ c’est-à-dire à partir du Ve siècle avant Jésus-Christ ‒ beaucoup d’auteurs historiens et géographes, avaient signalé l’existence des Celtes qui occupaient la partie, inconnue pour eux, de l’Europe centrale et occidentale. Ils avaient décrit dans leur langage et leurs représentations ce qu’ils avaient compris de cette civilisation, de sa religion et ils avaient présenté la « Celtique », les « Barbares celtes » en une image le plus souvent inversée de celle des Grecs.

Par ailleurs, jusqu’au milieu du XIXe siècle, les archéologues n’hésitaient pas à attribuer aux Celtes les monuments mégalithiques. Menhirs, peulvans, dolmens, tumulus appartenaient alors à la civilisation celtique et étaient dotés de fonctions religieuses et funéraires.

Boucher de Perthes, par exemple, l’un des fondateurs de la préhistoire, a fait encore paraître en 1849 un livre important sous le titre Antiquités celtiques et antédiluviennes[8]. Ce que Boucher de Perthes appelait « celtique » allait devenir dans la deuxième moitié du siècle le « néolithique » et son « antédiluvien » serait le « paléolithique ». Mais pour prouver la « très haute antiquité de l’homme », il fallait élaborer une graduation dans le temps, qui n’avait pas encore été établie avant lui ‒ et, conformément à l’état des connaissances de 1844, l’épisode celtique de Bouvard et Pécuchet ne contient aucun repère temporel.

L’article d’Alexandre Bertrand fait donc le point sur les connaissances celtiques en 1864, et il n’hésite pas à éliminer de nombreuses croyances. Il en dresse la liste dans son article. Il donne ainsi de nombreuses « hypothèses à combattre »[9]. La première erreur est formulée ainsi : « Les menhirs, dolmens, tumulus, cromlechs sont des monuments élevés par les Celtes » et il poursuit en énumérant ce qu’il faut écarter, par exemple, que « les menhirs sont des autels », que « les pierres branlantes sont des pierres druidiques », que « les pierres à bassins sont des pierres à sacrifices », que « les dolmens sont des autels où l’on a sacrifié des victimes humaines », etc. Or pour écrire l’épisode celtique de Bouvard et Pécuchet, Flaubert va justement reprendre un certain nombre d’erreurs recensées dans ce mémoire.

L’épisode celtique

Pour mettre en scène ce « savoir celtique », Flaubert commence par faire étudier le celticisme à ses deux bonshommes et plusieurs folios de brouillons, comme par exemple le fo 4, 461, débutent par cette phrase : « Alors ils étudièrent le Celticisme »[10].


 

Les plans et scénarios

Larsonneur, le professeur de Caen, qui leur envoie livres et bibliographies, figure dans le plan P fo 64 comme un « celtomane » et la séquence est présentée dans le scénario partiel P fo 26 avec la mention « Manie du Celticisme ».


 


 

Flaubert, qui a donc prévu cet épisode dès les plans et scénarios du roman, fait faire d’abord à Bouvard et Pécuchet des recherches livresques dans ces historiens dépassés. L’écrivain justifie ce choix par une note sur le folio 4, 463v : « cette archéologie a fait dire plus de bêtises que toutes les autres ».


 

Ce savoir-là s’adapte donc parfaitement au projet de Flaubert, qui veut dénoncer dans son roman toutes les dérives, toutes les fausses routes qu’empruntent les sciences dans leur cheminement vers la « Vérité ». Ces erreurs sont particulièrement visibles à certains moments de l’histoire de leur développement et l’historiographie celtique est un bon exemple de l’égarement de chercheurs, fourvoyés dans leurs interprétations erronées de la Tradition.

 

Les premiers états des brouillons

Les auteurs étudiés, Taillepied, Dom Martin, Le Brigant, La Tour d’Auvergne, Pelloutier, Fréminville, Mahé et Forcadel, sont cités dans les plans et scénarios de la page 86 (fo 461 et 446v) ainsi que dans les premiers états des brouillons de cette page (fo 467v ; 463v ; 468v).


 

Si Flaubert énumère ainsi un grand nombre de Celtomanes, c’est d’abord pour montrer le sérieux et l’exhaustivité des recherches de Bouvard et Pécuchet. Ils étudient non seulement tous les auteurs importants du Celticisme, mais ils remontent même jusqu’aux écrivains à l’origine du mythe celtique. On trouve ainsi la mention de Forcadel, auteur que Flaubert n’a vraisemblablement pas lu, mais dont il a trouvé la référence dans un ouvrage qu’il a emprunté en 1877 à la bibliothèque municipale de Rouen : le cinquième volume de L’Histoire des Celtes de Pelloutier[11] qui traite de la Religion. L’ouvrage cité dans le volume de Pelloutier s’intitule Stephani Forcatuli de Gallorum imperio & Philosophia, Libri VII.

 


Étienne Forcadel, dont le nom apparaît dans les folios 4, 463v, 467v, 468v, est un auteur du XVIe siècle, dont les œuvres sont toutes en latin et il est considéré comme l’un des premiers celtomanes.

Les auteurs énumérés appartiennent tous à ce même courant historiographique. Flaubert a extrait de leurs ouvrages les connaissances celtiques qu’il veut donner à ses bonshommes et il a rassemblé ce « savoir » dans les plans de la page 86.

Il commence par faire étudier à Bouvard et Pécuchet la Religion des Celtes. Les Celtomanes sont en effet tributaires du contexte intellectuel et idéologique de leur époque, qui estime que « la Vérité » se trouve dans les « textes sacrés » et les écrits des Anciens. Le récit biblique de la Genèse donne, selon ces historiens, une lecture des premiers âges du monde en retraçant l’histoire des patriarches. Les récits des poètes grecs et latins présentent également une mythologie des origines, « histoire » légendaire aussi essentielle et véritable pour eux que celle des récits bibliques. Le cadre conceptuel des recherches celtiques est donc pris dans la Tradition et ses deux sources légitimes : la Bible et les écrits des Anciens.

Conformément à ces discours, les plans partiels de la page 86 posent les conclusions des Celtomanes sur la Religion en prémisses du raisonnement que Flaubert va prêter à ses bonshommes : « Importance des Druides » [folio 461], « Tout descend des Druides. » [voir le folio 446v[12]].


 

« Le Druidisme », contre lequel Alexandre Bertrand émet de nombreuses réserves, a les faveurs de Bouvard et Pécuchet. Adoptant les modes de raisonnement des Celtomanes, leur synthèse réunit les deux sources qu’ils utilisent, l’Ancien Testament et la culture antique dans un axiome premier : « La Religion des Gaulois est contemporaine des premiers âges du monde de celle des Juifs » [folio 463v].

Pour démontrer l’identité des religions ils se fondent sur la philologie et sur la mythologie comparée. Comme les celtomanes pensaient avoir trouvé dans l’étymologie une méthode scientifique, ils comparent les mots entre eux (Saïs en Égypte, Sées en Normandie, fo 446v), les mythes entre eux (Abraham et Saturne) et découvrent les similitudes qu’ils recherchaient. Leur raisonnement est linguistique et veut prouver que les langues des Celtes, des Grecs et des Hébreux ont une origine commune, que la langue des Celtes est la « langue primitive » et que « le Breton », comme l’écrit sans autre explication La Tour d’Auvergne, « est le seul idiome qui conserve l’ancien Celtique dans l’état où était cette langue dans les Gaules avant l’invasion des Romains et des Francs ».

Ils tirent toutes les conséquences de cette origine commune : ces peuples ont une même théologie, des institutions politiques semblables, les divisions de la société sont identiques… Ils recensent toutes les connaissances intellectuelles, spirituelles aussi bien que matérielles et concluent que la civilisation celte est à l’origine de tout. « Tout descend des Druides. Ils ont appris la métaphysique aux Grecs… », ou encore « Les Égyptiens descendent des druides » [voir folio 446v].

Quel est le sens et la fonction de ce mythe ? Il ramène d’abord l’Autre au Même (Les Celtes inconnus, aux Grecs et aux Hébreux mieux connus), mais surtout, il permet de construire une origine de substitution. Les Celtomanes remplacent l’héritage grec et romain par la fiction d’un peuple « celte », porteur de toutes les valeurs de la civilisation occidentale. Cette culture ne vient pas d’Orient ou de Grèce, elle appartient aux Gaulois, à ceux que les Grecs appelaient les « Barbares ».

Flaubert va mettre en fiction ces conclusions des Celtomanes dans l’épisode celtique en choisissant dans les plans et les premiers états des brouillons quelques points qu’il va développer.

 

La poétique à l’œuvre dans la suite des brouillons

 

L’instance narrative renonce d’abord à énumérer exhaustivement ses sources. Présents dans les plans des pages 86-87 (fo 4_461 et f° 4_446v) et dans les trois premiers états des brouillons (fo 4_467v, 4_463v, 4_468v), les noms des Celtomanes, excepté deux d’entre eux (Taillepied et Dom Martin) disparaissent des derniers états des brouillons (fo 4_459, 4_460, 5_571v) et du manuscrit définitif (D_86-D_87). Le narrateur renonce ainsi à une érudition trop envahissante, qui en multipliant les patronymes des celtomanes gênerait l’exposé du contenu de leurs doctrines.

L’auteur renonce également à des méthodes que n’utilisaient pas ces historiens. Flaubert le précise explicitement dans une remarque métadiscursive sur le folio 4_446v. En regard du choix de ses exemples, il inscrit cette critique : « autre tradition ».

 

Flaubert élimine donc un discours historique plus objectif, lorsque les deux bonshommes se penchent sur le problème des « monuments celtiques » et font de l’archéologie de terrain. Comme Arcisse de Caumont et sa Statistique monumentale du Calvados, Bouvard et Pécuchet commencent par dresser l’inventaire des vestiges de leur région en repérant « la Pierre-du-Post à Ussy, la Pierre-Couplée au Guest, la Pierre du Jarier, près de Laigle… ». Cette liste sera conservée jusque dans le manuscrit définitif. Mais ce qui va disparaître, ce sont les traces d’observation, les méthodes « plus » objectives, plus « scientifiques ». Dans quelques plans et brouillons (fo 4_458, 461, 446v, 467v, 463v, 468v, 459) on les voit arpenter l’espace pour le mesurer, établir les distances qui séparent les monuments, estimer les dimensions des pierres, repérer leur orientation ; ils en font une description pour Larsonneur, ébauchent un dessin… Or toutes ces observations concrètes et méthodiques vont disparaître du manuscrit définitif. Tout cela est biffé dans les brouillons fo 4_459 et 460, car ces mesures ne correspondent pas aux modes de raisonnement des celtomanes.


 

La remarque critique du folio 4_446v, « autre tradition », distingue différentes écoles historiques, ayant chacune leur propre manière d’appréhender le réel. Les Celtomanes ont une approche livresque, linguistique et mythologique de l’histoire, alors qu’Hérodote, par exemple, mesurait l’espace comme un arpenteur, s’intéressait aux distances, aux dimensions des monuments… Pour l’observation des monuments celtiques, Flaubert renonce donc à faire pratiquer à Bouvard et Pécuchet des méthodes « positives » et concrètes, qui ne correspondent pas à l’historiographie choisie par ses bonshommes.

L’auteur renonce également à multiplier les exemples, qu’il choisit dans le livre de Dom Martin, La Religion des Gaulois, et dont l’exemplaire conservé à la Bibliothèque municipale de Rouen garde encore des traces de lecture de Flaubert, des croix au crayon en marge des épisodes retenus.


 

Le pauvre de Marseille ainsi, qui apparaît dans de nombreux plans et brouillons [fo_459, 463v, 468v, 467v], et qui servait à prouver l’identité des rites et cultes des religions celtiques et juives, disparaît des brouillons suivants. Il en est de même des tablettes de Viguier de Narbonne… Peut-être, ces choix de Marseille et de Narbonne éloignaient-ils trop de la Normandie, car il semble que Bouvard et Pécuchet, dans leurs recherches, veuillent se concentrer sur l’archéologie et l’historiographie locales.

 

L’instance narrative fait le choix d’un discours mimétique de celui des Celtomanes.

Ce discours mimétique est d’abord justifié dans les brouillons par l’attitude de Bouvard et Pécuchet. Si les premiers états des plans et brouillons indiquent objectivement que les bonshommes « étudièrent le Celticisme », les folios suivants marquent la gradation de cette passion : « ils se plongèrent » [fo_463v, 468v], « ils s’engouffrèrent » [fo_467v], « ils s’enfonc[èrent] » [fo_459].


 

Ces verbes soulignent l’absence de distance critique de Bouvard et Pécuchet dans leur confrontation aux textes. Leur crédulité leur fait tout accepter sans examen et leur synthèse ne peut être qu’à l’imitation du discours des Celtomanes.

De plus, comme le narrateur est pleinement conscient de la fantaisie débridée et peu crédible de ces écrits, il se donne cette consigne qu’il insère dans le folio 461, en note de régie : « citer des extraits ».


 

Pas de commentaires, pas de seconde main, le lecteur sera mis directement devant les discours des celtomanes et les folios seront remplis de citations des livres consultés.

La synthèse du définitif

La synthèse documentaire sur le Celticisme que l’auteur prête à Bouvard et Pécuchet doit donc faire entendre la voix des Celtomanes ; l’écriture est mimétique du discours historiographique choisi.

Nous nous intéresserons au texte définitif de la page 86, ligne 37 à la page 87, ligne 5. Il se trouve sur le site Flaubert de l’université de Rouen à l’adresse suivante :

http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/trans.php?corpus=pecuchet&id=6225

http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/trans.php?corpus=pecuchet&id=6226

Alors Bouvard et Pécuchet se plongèrent dans l’archéologie celtique. D’après cette science, les anciens Gaulois, nos aïeux, adoraient Kirk et Kron, Taranis, Ésus, Nétalemnia, le Ciel et la Terre, le Vent, les Eaux, ‒ et, par-dessus tout, le grand Teutatès, qui est le Saturne des Païens.
‒ Car Saturne, quand il régnait en Phénicie épousa une nymphe nommée Anobret, dont il eut un enfant appelé Jeüd ‒ et Anobret a les traits de Sara, Jeüd fut sacrifié (ou près de l’être) comme Isaac ; ‒ donc, Saturne est Abraham, d’où il faut conclure que la religion des Gaulois avait les mêmes principes que celle des Juifs.

Dans la synthèse du manuscrit définitif, l’écriture imite et caricature les « généalogies » présentes dans les textes antiques ou dans les écrits bibliques. Cette prolifération de dieux inconnus au lecteur, aux consonances étrangères aux étymologies dont ils sont censés pourtant procéder, crée un exotisme temporel et un registre « fantastique » qui plongent le lecteur directement dans la celtomanie.

La juxtaposition linéaire de ces noms, sans explications, sans lien entre eux, est à l’image des anciennes cosmogonies (comme la Théogonie d’Hésiode, par exemple) où les éléments de la nature « Le Ciel et la Terre, le Vent, les Eaux » sont personnifiés par des dieux. Dans la mythologie grecque, « Ouranos et Gaia » (le Ciel et la Terre) enfantent « Cronos » (le Temps). Ainsi, ces dieux étranges « Kirk et Kron » évoquent-ils, avec ces racines celtiques, (Kirk, repris des écrits de Batissier, se retrouve dans l’allemand « Kirche » « église », ou encore dans la ville de « Dunkerque », et Kron[12], rappelant le « Cronos » grec), toute une cosmogonie celtique.

L’exposé explicatif de théologie ou de mythologie celtique se sert du raisonnement analogique. Ce n’est pas un véritable raisonnement, ce sont de simples associations mentales, qui utilisent la médiation de la Bible, et concluent de ressemblances partielles « Anobret a les traits de Sara », « Jeüd » fut sacrifié (ou près de l’être) », à une identité de ces personnages et à une généralisation à tous les autres. Le raisonnement se veut déductif et prend une apparence logique, mais apparence seulement, car l’assimilation de Saturne à Abraham ne peut pas constituer une conclusion logique. C’est seulement si, à partir des noms « Sara » ou « Saturne », on pouvait déduire toute leur histoire, si on pouvait démontrer que les noms et l’histoire sont tautologiques, qu’on aurait vraiment raisonné logiquement et prouvé l’identité d’Anobret et de Sara, de Saturne et d’Abraham…

L’accent est donc mis dans tout ce passage sur le ridicule des faux raisonnements. Dans ces faux raisonnements, il n’y a plus de discours historique ; l’histoire est devenue discours théologique, et le merveilleux mythique est confondu avec la réalité. L’instance narrative montre donc ici les limites du raisonnement analogique dans la connaissance scientifique. Il n’y a pas pour les temps originaires de « savoir scientifique » possible. La « science » finit dans la fiction.

Aussi Flaubert fait-il quitter à ses bonshommes le raisonnement pour l’intuition et la fiction : il leur fait revivre, « reconstruire » une scène « druidique ». Alexandre Bertrand à la fin de sa préface recommandait ces reconstitutions, en expliquant que « l’archéologie permet de dessiner le contour des cadres à remplir. Il s’agit de composer des tableaux : notre ambition serait d’exciter quelques jeunes esprits à entreprendre cette œuvre. »[13] La fiction s’approcherait-elle plus près de la « vérité » ?

La première page de notes prises sur le livre d’Alexandre Bertrand indiquait : « Pas de sacrifices humains. » Et pourtant Flaubert va reprendre cet épisode dans une scène qui sera gardée jusque dans le texte définitif.

Les racines des arbres s’entremêlaient à ces rocs abrupts. Un peu de pluie tombait ; au loin, les flocons de brume montaient, comme de grands fantômes. Il était facile d’imaginer sous les feuillages, les prêtres en tiare d’or et en robe blanche, avec leurs victimes humaines les bras attachés dans le dos ‒ et sur le bord de la cuve la druidesse, observant le ruisseau rouge, pendant qu’autour d’elle, la foule hurlait, au tapage des cymbales et des buccins faits d’une corne d’aurochs.

Voir le texte du manuscrit définitif de la page p 87, ligne 33 à 38, sur le site Flaubert de l’université de Rouen à l’adresse suivante :

http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/trans.php?corpus=pecuchet&id=6226

 

Bouvard et Pécuchet vont avoir l’hallucination d’assister à une scène druidique. Dans leur vision, ils reprennent toutes les idées reçues, tous les poncifs sur les sacrifices humains et les cultes des druides. On sait que les anciens Celtes ne bâtissaient pas de temples, mais officiaient dans la nature. La nature sauvage, barbare, avec ses rocs abrupts, ses forêts profondes noyées de brume, sert de décor à l’épisode. Les personnages, la druidesse, tous en robes blanches, tiares d’or, les victimes aux mains attachées, la foule, forment une image d’Épinal, telles qu’elles se trouvaient sur les vignettes illustratives de scènes druidiques. Sur cette petite scène théâtrale, la violence, la musique stridente, le mystère… tout est attendu et relève de l’écriture du cliché.

Raisonnement logique ou fiction n’apportent pas à Bouvard et Pécuchet d’hypothèses nouvelles, car leur discours est fondé sur les présupposés des celtomanes et leurs conclusions sont connues d’avance.

La force critique de ce passage réside dans les dérives du discours. Avec les procédés de la caricature, c’est-à -dire de l’exagération, Flaubert généralise le raisonnement à tous les domaines de la société, aux institutions politiques, juridiques, religieuses, aux sciences et aux arts…

Ils apprirent la métaphysique aux Grecs, la sorcellerie aux Persans, l’aruspicine aux Étrusques – et aux Romains, l’étamage du cuivre et le commerce des jambons.

Il concentre en une seule phrase les multiples apports des Celtes à toutes les plus brillantes civilisations antiques, voulant montrer que dans cette historiographie, une seule affirmation, un seul témoignage est regardé comme preuve suffisante. Cette énumération qui rassemble et pousse à l’excès les amplifications, les schématisations, les grossissements, s’achève dans une chute prosaïque et grotesque, sur « le commerce des jambons ». La charcuterie gauloise ou celte mise sur le même plan que les plus hautes acquisitions de l’esprit humain fait chuter le Celticisme dans le bas corporel, le matériel.

Après avoir affirmé l’antériorité et la supériorité de la culture celtique, Flaubert va démontrer par les historiens locaux, Mangon de la Lande (Mémoires sur l’antiquité des peuples de Bayeux), Maurey d’Orville (Recherche historique sur la ville, les évêques et le diocèse de Séez), Michel Béziers (Histoire sommaire de la ville de Bayeux) ou Séguin (Histoire archéologique des Bocains), en ayant recours à la toponymie, que la Normandie est le berceau du Celticisme. Dans deux scénarios partiels, P. fo 9bis et P fo 22, Flaubert parle « des recherches locales, du sérieux des niaiseries historiques, de la petite érudition », et surtout du « comique de l’archéologie locale ».


 

Les recherches étymologiques fantaisistes, fondées sur les consonances, font que la « petite histoire » d’un lieu rejoint « la grande », l’histoire universelle. Les Celtes s’y révèlent être à l’origine de toutes les cultures, et même de celles de l’Orient. Avec ces historiens, c’est le règne de l’Européocentrisme outrancier, des excès du nationalisme qui s’est développé.

Fidèle à l’esprit plus qu’à la lettre de ces monographies, Flaubert pousse les conclusions jusqu’à l’absurde. S’il reprend exactement l’étymologie développée par Mangon de la Lande dans son ouvrage sur Bayeux, « Beli casa », « la demeure de Belus », il va bien au-delà des conclusions de Maurey d’Orville, pour Séez, « Sais, Sez, Sées, Seez », en l’associant au « Saïs » égyptien, ce que ne faisait pas l’auteur de la monographie. Roger Ripoll[14] a bien montré dans son article comment Flaubert renchérissait sur ses sources. En supprimant les modalisations (les « sans doute », les « peut-être ») des fragments recopiés, il a donné aux citations un aspect catégorique qu’elles n’avaient pas. Il a radicalisé le discours et recréé en quelques paragraphes les délires celtiques. L’Égypte et les Hébreux se trouvent à nouveau au cœur de la Normandie.

Avec leurs questions sur le Veau d’or, sur le Mont Faunus près de Bayeux où il fut enterré, avec leurs mélanges celtiques et bibliques, Bouvard et Pécuchet se fourvoient de plus en plus dans leurs recherches et découvrent soudain l’absurde du mythe celtique. Le Veau d’or ayant totalement disparu, jamais ils ne pourront en retrouver une preuve. Établir les faits est impossible… et l’épisode se termine par la négation du Celticisme.

La fonction critique de cet épisode celtique n’est pas de mettre en question la recherche historique. Bouvard et Pécuchet comprennent seulement que le mythe celtique ne repose sur rien de sérieux. Sans faits, sans textes, il n’y a pas de science possible ; tout discours tombe alors dans la fiction. La philologie celtique, leur mythologie comparée, leur archéologie n’avaient rien de scientifique et les Celtomanes ont construit une pure et simple légende. Dans Par les champs et par les grèves, Flaubert avait déjà commenté avec ironie, trente ans auparavant, ces interprétations absurdes, fruits de l’imagination.

On comprend mieux alors la conclusion qu’il écrivait à la fin de sa synthèse sur Carnac. Lorsqu’on lit la dernière phrase du passage : « les pierres de Carnac sont de grosses pierres », on se dit d’abord que le jeune Flaubert aurait pu faire un effort pour trouver quelque chose de plus intelligent, ou pertinent… Mais après étude des délires celtiques, on comprend mieux la sagesse de cette phrase, où en l’absence de documents écrits, d’informations scientifiques véritables, Flaubert s’interdit de juger, de conclure et finit par une remarque impertinente, ironique, qui remet à leur juste place toutes ces fantaisies imaginaires et qui anticipe sur le savoir scientifique ultérieur, qui en traduisant en grec cette remarque parlera « de façon plus savante » de monuments mégalithiques.

 

 

 

NOTES

[1] Soit les folios suivants : « les plans ou scénarios » des pages 86-87 : fos 4, 458 ; 4, 461 ; 4, 446v, « les brouillons » des pages 86-87 : fos 4, 467v ; 4, 463v ; 4, 468v ; 4, 459 ; 4, 464v ; 4, 460 ; 5, 571v ; 4, 454 ; 4, 456 ; 4, 455 ; 5, 583v, « les plans ou scénarios » des pages 88-89 : fos 4, 469v ; 4, 467, ; 4, 449v, « les brouillons » de la page 88 : fos 4, 465v ; 4, 440v ; 4, 452vbis ; 4, 464 ; 5, 573v ; 5, 531v, « les brouillons » de la page 89 : fos 5, 552v ; 4, 460v ; 4, 465 ; 4, 466.
[2] Gustave Flaubert, Carnets de travail, édition critique et génétique établie par Pierre-Marc de Biasi, Balland, 1988.
[3] Voir le chapitre V de Par les champs et par les grèves, dans Flaubert, Œuvres complètes, t. II, 1845-1851, édition publiée sous la direction de Claudine Gothot-Mersch, avec pour cette œuvre la collaboration de Guy Sagnes, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade, 2013, p. 81 et suiv.
[4] Gustave Flaubert, Carnets de travail, ouvr. cit., p. 766.
[5] Voir le folio 4, 458 : « recueillent des celtae haches de pierre ».
[6] Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, article « Celtomane ».
[7] Alexandre Bertrand, Archéologie celtique et gauloise : Mémoires et documents relatifs aux premiers temps de notre histoire nationale, Didier, 1876. Le chapitre II s’intitule « Les Monuments primitifs de la Gaule, Monuments dits celtiques : Dolmens et Tumulus », p. 81-147. Nous citerons ce texte dans l’édition de 1889.
[8] Jacques Boucher de Perthes, Antiquités celtiques et antédiluviennes, mémoire sur l’industrie primitive et les arts à leur origine, Paris, Treuttel et Würtz, 1847-1864, 3 vol.
[9] Alexandre Bertand, Ibid., éd. 1889, p. 105-106.
[10] Voir les folios 4, 446v, 468v, 459, 463v, 467v, 460…
[11] Pelloutier, L’Histoire des Celtes, t. V, Paris, Imprimerie Quillau, p. 6-9.
[12] Nous n’avons pas retrouvé l’origine livresque de ce Dieu.
[13] Alexandre Bertrand, ouvr. cit., p. XXXI.
[14] Roger Ripoll, « Bouvard et Pécuchet à la recherche des Gaulois », Nos ancêtres les Gaulois, Actes du Colloque international de Clermont-Ferrand, recueillis et présentés par Paul Viallaneix et Jean Ehrard, Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’université de Clermont-Ferrand II, Nouvelle série, Fascicule 13, p. 331-337.


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