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Les Mémoires d’un fou , édition diplomatique

 

Atsuko Ogane (mars 2020)
Université Kanto Gakuin (Japon)

 

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Jamais offert à la curiosité du public et très rarement à la consultation des chercheurs, le manuscrit autographe de la première œuvre d’ampleur rédigée par Flaubert dans sa jeunesse, Les Mémoires d’un fou, signé « Gve Flaubert », est entré dans le fonds Gustave Flaubert du département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France (cote NAF 28979). Il a été acquis lors de la vente Aguttes à l’Hôtel Drouot le 15 novembre 2018 pour un montant de 364.000 euros.

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Nous présentons ici l’édition intégrale et diplomatique de ce manuscrit, accompagné de ses images, soit 72 feuillets recto et verso (140 pages au total)[1] montés sur onglets et reliés en un volume cartonné in folio (325 mm x 240 mm), recouvert de soie lie-de-vin brochée de motifs végétaux verts et de points rouges, protégé par une chemise et un étui. À la suite des deux dédicaces à Alfred Le Poittevin, Flaubert n’a indiqué une pagination que pour les pages 1 à 7 (f°3r°-f°9r°).

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Comme la BnF l’a annoncé dans le communiqué de presse en date du 16 novembre 2018, il s’agit d’un « manuscrit d’une importance considérable, celui où Flaubert raconte sa rencontre, jeune homme, avec Mme Schlesinger, qui deviendra Mme Arnoux[2]  » dans L’Éducation sentimentale. La fameuse apparition de Marie Arnoux devant Frédéric Moreau découle de cette rencontre du jeune narrateur avec Marie (dans le récit) à l’été 1836 sur la plage de Trouville. De plus, il s’agit là du premier roman de jeunesse auquel Flaubert a donné une forme autobiographique. C’est un « roman intime », comme il le déclare dans la dédicace liminaire, datée du 4 janvier 1839.

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Après la mort d’Alfred, le manuscrit est demeuré dans la famille Le Poittevin et Flaubert n’y a apparemment plus jamais fait allusion, y compris dans sa correspondance. Sa nièce Caroline ne connaissait donc pas son existence au moment où elle s’est occupée de l’édition Quantin des œuvres complètes de son oncle en 1885. Les Mémoires d’un fou ont paru d’abord dans La Revue blanche en quatre livraisons (15 décembre 1900, 1er et 15 janvier 1901, 1er février 1901) puis chez Floury en 1901, à l’initiative de Pierre Dauze, premier acquéreur du manuscrit. Tel qu’il est relié aujourd’hui, le volume porte l’ex-libris du bibliophile Louis Barthou qui a été son deuxième possesseur (vente à l’Hôtel Drouot en 1914). Le manuscrit est resté non consultable pendant longtemps, sauf par René Descharmes et Claudine Gothot-Mersch[3].

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Les textes de jeunesse de Flaubert se caractérisent par une graphie cursive, aérée et très inclinée à droite, le plus souvent très lisible. Flaubert écrit alors au fil de la plume, négligeant souvent les concordances grammaticales, avec des griffonnages, des ratures ainsi que des surcharges qui représentent au total, dans ce manuscrit, plus de 560 corrections, avec une quinzaine d’ajouts dans les marges, annonçant sa future méthode rédactionnelle. On note aussi des ajouts dans les marges appelés par des signes X et de petites lacunes que les éditeurs se sont ingéniés à combler.

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Nous proposons une transcription diplomatique stricte, à l’exception du traitement des majuscules, notamment pour les lettres initiales telles que A, C, M, N et S : leur graphie est très variable, et il est difficile de distinguer leur casse, entre majuscule et minuscule.

LE MANUSCRIT ET SES ÉDITIONS

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Le manuscrit des Mémoires d’un fou présente deux formats légèrement différents : après deux dédicaces à Alfred Le Poittevin (la première est rédigée sur le verso de la chemise d’origine dont les dimensions sont 32 x 22 cm[4]), l’histoire est divisée en vingt-trois chapitres, numérotés de I à XXIII, à la manière d’autres contes de jeunesse. Le chapitre I est une adresse au lecteur, qui sert de prologue et où le narrateur commence son récit à la première personne, dans une sorte de confession. La plupart des folios – dès le premier – sont de format 31, 5 x 20 cm. Les sept premiers folios (f°3r°-f°9r°) sont numérotés en haut et à droite de 1 à 7. L’œuvre se base sur l’expérience réelle de deux amours platoniques vécus par Flaubert dans sa jeunesse et racontés au milieu du récit. Le premier est sa rencontre avec Maria (Élisa Foucault que Flaubert a rencontrée à quinze ans en 1836 et qui épousera Maurice Schléginger) sur la plage de Trouville. Elle constitue la matière des cinq chapitres qui sont l’acmé de ce roman intime, introduite par la phrase : « Ici commencent vraiment les Mémoires… » à la fin du chapitre IX, directement suivie, au début du chapitre X, par : « Ici sont mes souvenirs les plus tendres et les plus pénibles à la fois, et je les aborde avec une émotion toute religieuse » (MF, p. 483). Quant aux six feuillets concernant le second épisode amoureux (f°44r°-f°49v°), numérotés de 2 à 6 et de dimensions très légèrement inférieures[5] (31 x 20 cm), ils sont insérés au milieu du chapitre XV et commencent par : « Le voici tel qu’il était » (MF, p. 494). Il s’agit cette fois-ci de Caroline, une Anglaise, Caroline Anne Heuland, que Flaubert a rencontrée en 1835.

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Flaubert a rédigé Les Mémoires d’un fou à l7 ans, en 1838, entre juin (le 15, il achève le conte Ivre et mort) et novembre puisqu’il n’écrit plus rien alors : il « se contente de bâtir des plans et de créer des scènes[6]  », comme il l’explique à Ernest Chevalier. Dans cette même lettre, alors qu’il a probablement déjà fini la rédaction de son roman intime, il confie ceci à son ami : « Tu as lu Rousseau, dis-tu. – Quel homme ! Je te recommande spécialement ses Confessions. C’est là-dedans que son âme s’est montrée à nu. Pauvre Rousseau qu’on a tant calomnié parce que ton cœur était plus élevé que celui des autres, il est de tes pages où je me suis senti fondre en délices et en amoureuses rêveries[7]  ! » Mais Flaubert ne veut pas écrire de simples confessions, car il réfléchit longuement à la structure de son roman, insérant des fragments d’un épisode composé antérieurement, escamotant l’identité du narrateur qui se présente comme « fou », et s’interrogeant sur pourquoi écrire.

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Ce manuscrit constitue la seule version de l’œuvre, d’après Claudine Gothot-Mersch, la première à avoir pu consulter l’original depuis la vente en 1935 des collections de Louis Barthou, ancien Président du Conseil et membre de l’Académie française à partir de mai 1918, décédé en octobre 1934. Malgré de nombreux ajouts en marge, des suppressions, des fautes de grammaire, des corrections ainsi que des lacunes, comme l’indique justement Claudine Gothot-Mersch, ce manuscrit « n’est pas un brouillon, puisque c’est ce manuscrit même qui a été remis à Alfred Le Poittevin ; il serait absurde de supposer que Flaubert a recopié son texte, puis offert le brouillon et gardé pour lui la mise au net (où celle-ci serait-elle d’ailleurs passée ?)[8]. »

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C’est en 2001 seulement que paraît la première et seule édition critique rigoureuse de ce manuscrit original, due à Claudine Gothot-Mersch et établie pour la Bibliothèque de la Pléiade. Après les publications initiales par Pierre Dauze déjà évoquées ci-dessus, le texte a été repris dans les Œuvres de jeunesse inédites, t. I, chez Conard (1910), puis chez Fasquelle dans la bibliothèque-Charpentier (1914). Le manuscrit n’était pas consultable quand René Descharmes a établi l’édition du Centenaire (1923) : il a reproduit le texte de l’édition Floury avec des variantes des éditions Conard et Fasquelle. Yvan Leclerc explique cet itinéraire éditorial dans la présentation de son édition (GF-Flammarion, 1991), dans laquelle il reprend à son tour le texte de l’édition Floury en introduisant des variantes issues de l’édition Conard. Jusqu’à l’édition de la Pléiade, l’établissement du texte a donc rencontré bien des difficultés, en raison de l’inaccessibilité du manuscrit original. Grâce aux éclaircissements fournis par Claudine Gothot-Mersch, on sait maintenant que la pré-originale dans La Revue Blanche et l’édition Floury (se basant sur la même copie) s’écartent souvent du texte du manuscrit, alors que l’édition Conard le respecte mieux, en dépit de quelques erreurs explicables[9]. Nous renvoyons à l’édition de Claudine Gothot-Mersch pour ses analyses philologiques, ainsi qu’à son article qui traite la question du genre autobiographique, le problème de la narration[10], la datation des rencontres amoureuses et la chronologie de la rédaction.

SUPPRESSIONS DANS LA REVUE BLANCHE ET L’ÉDITION FLOURY

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La consultation du manuscrit révèle la présence de traits tracés au crayon violet qui ne sont pas de la main de Flaubert et qui sélectionnent quatre passages. Ils correspondent à des suppressions effectuées lors de la première publication dans La Revue blanche et dans l’édition Floury (ces lignes sont beaucoup moins visibles sur les images de Gallica que sur le manuscrit). Dans sa « Note sur le texte », Claudine Gothot-Mersch affirme que l’édition Conard « rétablit plusieurs passages laissés inédits, dont un assez long[11]  », et elle en signale deux, brièvement, dans les notes des chapitres XX et XXI. Mais il semble qu’il y ait eu une stratégie éditoriale concertée au moment de la première publication de 1900-1901, si on s’intéresse de près aux quatre fragments sélectionnés sur le manuscrit, qui n’y apparaissent pas. Nous les citons ici intégralement.

 

1) Chapitre X [sur Maria] (f° 33v°)

 

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« [(…). Je suivais sa trace à l’angle d’un long mur et le frôlement de ses vêtements me faisait palpiter d’aise.] Quand j’entendais ses pas, les nuits qu’elle marchait ou qu’elle avançait vers moi….. » (MF, p. 487)

 

2) Chapitre XV [épisode inséré concernant Caroline] (f° 47v°-47r°[12])

 

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« [ –“Voilà que tu vas devenir bête, dit un des auditeurs en] m’interrompant.

14
– D’accord, mon cher, le cœur est stupide.” –

15
L’après-midi, j’avais le cœur rempli d’une joie douce et vague. – Je rêvais délicieusement en pensant à ses cheveux papillotés qui encadraient ses yeux vifs, et à sa gorge déjà formée que j’embrassais toujours aussi bas qu’un fichu rigoriste me le permettait. Je montai dans les champs ; j’allai dans les bois, je m’assis dans un fossé et je pensai à elle.

16
J’étais couché à plat ventre, j’arrachais des brins d’herbe, les marguerites d’avril, et quand je levais la tête, le ciel blanc et maté formait sur moi un dôme d’azur qui s’enfonçait à l’horizon derrière les prés verdoyants. Par hasard j’avais du papier et un crayon, je fis des vers.

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Tout le monde se mit à rire.

Les seuls que j’aie jamais faits de ma vie. Il y en avait peut-être trente ; à peine fus-je une demi-heure, car j’eu toujours une admirable facilité d’improvisation pour les bêtises de toute sorte. mais ces vers pour la plupart étaient faux comme des [protestations d’amour. – boiteux comme le bien.] » (MF, p. 496-497)

 

3) Chapitre XX [sur la vie et la fatalité] (f° 62r°)

 

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« Mais d’abord pourquoi es-tu né ? est-ce toi qui l’as voulu ? t’a-t-on consulté là-dessus ? Tu es donc né fatalement parce que ton père, un jour, sera revenu d’une orgie échauffé par le vin et des propos de débauche et que ta mère en aura profité, qu’elle aura mis en jeu toutes ces ruses de femme poussée par ses instincts de chair et de bestialité que lui a données la nature en lui faisant une âme, et qu’elle sera parvenue à animer cet homme que les filles publiques ont fatigué dès l’adolescence. Quelque grand que tu sois, tu as d’abord été quelque chose d’aussi sale que de la salive et de plus fétide que de l’urine, puis tu as subi des métamorphoses comme un ver, et enfin [tu es venu au monde, (…)] » (MF, p. 508)

 

4) Chapitre XXI [deux ans plus tard, souvenir de Maria] (f° 68r°)

 

19
 « [Oh ! que] je voudrais seulement un seul de ces jours – sans pareils – entrer sans y rien changer ! » (MF, p. 512)

 

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À l’exception du quatrième, les passages concernés sont tous en lien avec la sensualité voire la sexualité : le premier évoque les déplacements nocturnes de Maria qui suscitent l’émoi du narrateur et pourraient entraîner un éventuel adultère. Le deuxième décrit « la gorge déjà formée » de Caroline que le narrateur « embrassait toujours aussi bas qu’un fichu rigoriste [le lui] permettait », objet de la rêverie sensuelle d’un narrateur « couché à plat ventre » dans l’herbe. Enfin, le troisième passage offre une évocation assez crue de la nuit pendant laquelle le narrateur aurait été conçu. La vie conjugale et le mariage – la morale publique – y sont bafoués par l’usage des termes « filles publiques », « urine » et « salive ». Qui plus est, « l’âme » de la femme s’y trouve souillée dans le contexte de la morale religieuse, elle qui se trouve dotée par la nature d’« instincts de chair et de bestialité ». Comment ces suppressions pourraient-elles ne pas être concertées ?

21
Les éclaircissements donnés par Claudine Gothot-Mersch sont significatifs de ce point de vue : la nièce de Flaubert, Caroline Franklin Grout avait adressé à Pierre Dauze, le premier acquéreur, sept lettres qui accompagnaient le manuscrit lors de sa vente en 1914. Elles ont ensuite disparu. L’éditrice émet l’hypothèse que la nièce de Flaubert et l’éditeur Conard ont appris l’existence de ce manuscrit et ont pu le consulter lorsqu’il était entre les mains de Pierre Dauze[13]. Caroline, si elle a lu ce manuscrit, voulait-elle éviter que le souvenir de sa grand-mère et de son grand-père soient ainsi sali ? Rien n’est sûr ; seules ses lettres pourront dire un jour, si elles refont surface, ce qu’il en est vraiment de la suppression de ces quatre passages lors de la première publication. Par ailleurs, il serait paradoxal que Caroline soit intervenue pour demander la censure de ces passages dans la première édition par Pierre Dauze, et qu’elle en ait ensuite autorisé la publication dans l’édition Conard, qu’elle a contrôlée.

22
La publication de cette édition a été rendue possible grâce à l’autorisation de consultation exceptionnelle du manuscrit que nous a accordée le département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France ; grâce à la subvention allouée à notre projet « Recherches génétiques de l’œuvre de Flaubert – figure des femmes fatales dans les œuvres de jeunesse » (JSPS KAKENNHI Grant Number 17K02607, avril 2017-mars 2020) par la Société Japonaise pour la Promotion des Sciences ; enfin, grâce au soutien de la faculté de l’Université Kanto Gakuin de Yokohama au Japon. Nous remercions chaleureusement Madame Isabelle le Masne de Chermont, conservateur général et directrice du département des Manuscrits, et Monsieur Guillaume Fau, conservateur en chef, en charge des manuscrits modernes et contemporains à la Bibliothèque nationale de France. Nous voulons exprimer nos plus vifs remerciements à Stéphanie Dord-Crouslé, chargée de recherche au CNRS (UMR 5317 IHRIM) et responsable du projet « Les dossiers de Bouvard et Pécuchet », pour avoir mis son expertise au service de la relecture de nos transcriptions. Nous adressons nos remerciements les plus chaleureux à Yvan Leclerc, directeur du Centre Flaubert et président de l’Association des amis de Flaubert et de Maupassant, responsable notamment des éditions des manuscrits de Madame Bovary et de Bouvard et Pécuchet, qui nous a donné des conseils sur les parties illisibles de ce manuscrit et qui a aimablement accepté de publier nos transcriptions, accompagnées des images du manuscrit venant de Gallica, sur le site Flaubert, à l’occasion du bicentenaire prochain de la naissance de l’écrivain.

 

BnF, NAF 28979 , Les Mémoires d’un fou (1838)

Principes de transcription

 

23
Nous respectons l’orthographe et les spécificités de la graphie de Flaubert.

24
Les fautes d’orthographe et les graphies archaïques sont conservées. Les lapsus, les répétitions de mots ainsi que les coupures à l’intérieur des mots sont respectés.

25
Pour l’usage très irrégulier que Flaubert fait des majuscules et des minuscules, en particulier pour les lettres initiales A, C, M, N, S, V qui sont presque toujours des majuscules dans cette œuvre de jeunesse, nous avons décidé, pour faciliter la lecture, de rendre ces majuscules par des minuscules quand il s’agit de mots situés à l’intérieur des phrases. À cause de la vitesse de l’écriture, les débuts des phrases présentent souvent une minuscule. Si un même mot commence par une majuscule et une minuscule à peu de distance sur le même folio, nous respectons la différence d’écriture (ex. « clartés » et « Clartés » au f° 23r°).

26
Les surcharges sont transcrites en utilisant une barre oblique.

27
Flaubert employant lui-même des crochets droits dans son texte, nous n’avons pas utilisé ce signe. Au lieu de la mention « [illis.] », on trouvera des points de suspension dont le nombre est fonction de la longueur du segment concerné.

28
Les mots ou les phrases supprimés apparaissent barrés : mot barré.

29
Les mots soulignés par Flaubert sont soulignés : mot souligné.

30
Les lectures conjecturales sont suivies par un astérisque : conjecture*.
 

Abréviations

 

31
Seule l’esperluette (&) a été restituée, Flaubert lui donnant la forme graphique d’un alpha grec (α).

Abréviations usuelles :
« p- », « pr », « pr » = pour
« prquoi » = pourquoi
« qque » = quelque ou quoique
finale en « -emt » = « -ement ».

 

Utilisation des transcriptions

 

32
L’utilisation des transcriptions à des fins privées, à des fins d’enseignement ou de recherche scientifique est autorisée sous réserve d’indiquer la source : « Transcription réalisée par Atsuko Ogane pour l’édition génétique du manuscrit des Mémoires d’un fou (1838), Centre Flaubert. »

 

Différences de transcription entre l’édition de la Pléiade et notre édition (ED)


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p. 470, f° 7v°  « de leurs naseaux » ED : « de ses naseaux » fautes de GF
p. 470, f° 7v°  « ce qui se voit »  ED : « ce qui voit » fautes de GF
p. 471, f° 10r°  « et tournant de temps en temps mes regards »    ED : « « tournant de temps mes regards »
p. 472, f° 11r°  « quoi qu’on ait dit »  ED : « qu’on qu’en en »
p. 474, f° 14r°  « escalade les monts »  ED : lapsus : « escale les monts »
p. 474, f° 14r°  « tout au plus [à faire  biffé] un bouffon »  ED : pas biffé
p. 474, f° 14r°  « un [faiseur  biffé] de livres. »  ED : pas biffé  Une sorte de croix est dessinée par la barre du « f » + une coulure d’encre causée par le point sur le « i » ou le bec de la plume qui revient à cause de la rapidité de l’écriture.
p. 477, f° 17r°  « sans doute peut convenir »  ED : « condevir* »
p. 477, f°18v°  « que je m’y attirai »  ED : lapsus « je m’y m’attirai »
p. 481, f° 24v°  « p- chasser ces larmes »  ED : « ses larmes »
p. 484, f° 28r°  « comme si j’allais remuer des ruines chéries »  ED : « j’allais revoir des ruines chéries »
p. 487, f° 34r°  « soucieux l’un et l’autre pour reproduire un imbécile » ED : « serieux* l’un et l’autre »
p. 489, f° 36v°  « surtout »  ED : « sortout »
p. 489, f° 36v°  « un 4 » = « un quart »
p. 490, f° 38r°  « sur la chaloupe »  ED : lapsus pour « chapoule »
p. 492, f° 40v°  « grandes troues »  ED : lapsus « grandes noues* »
p. 493, f° 42r°  « Dans la voiture »  ED : « enfoncé dans la voiture »
p. 493, f° 43r°  « l’amour ? »  ED : « l’amour – »
p. 494, f° 44r°  « avec quoi je m’amuse »  ED : lapsus « je m’asume »
p. 494, f° 44v°  « empli son verre »  ED : lapsus « empli son ver »
p. 496, f° 46v°  « du haut de notre colline »  ED : « du haut de cette colline »
p. 499, f° 49v°  « un vers de moins dans l’élégie »  ED : « un vers de mois »
p. 500, f° 52r°  « On me raillait »  ED : lapsus « on me rallait »
p. 502, f° 54v°  « toutes choses fanées »  ED : lapsus « famée »
p. 507, f° 61r°  « votre regard a laissé deviner »  ED : lapsus  « a laissé devenir »
p. 507, f° 61r°  « un rêve de l’âme »  ED : on peut lire « rêve » ou « rire »
p. 507, f° 61r°  « par dérision »  ED : lapsus « desirion »
p. 507, f° 61v°  « pas besoin qu’on te l’apprît »  ED : « que te l’apprit » manqué
p. 509, f° 63r° « voix »  ED :  « voie » 
p. 509, f° 63r°  « tu » en trop
p. 508, f°62v°  « tu aimes ton chien »  ED : « tu aimes un chien »
p. 509, f° 63v°  « par ton éducation ? Et si tu »  ED : « par ton éducation, et si tu »
p. 509, f° 63v°  « que la fièvre la plus forte a eu le dessus. »  ED : « que la force la plus forte a eu le dessus. »
p. 511, f° 66r°  « dans l’humidité »  ED : « sous l’humidité »
p. 512, f° 67r°  « le spectacle »  ED : « le sceptacle »
p. 512, f° 68r°  « ces longues et chaudes après-midi d’été »  ED : lapsus « longes »
p. 512, f° 68r°  « j’avais aimé »  ED : « J’amais aimé »

 

Références électroniques
 

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Atsuko Ogane, « Présentation et transcriptions des Mémoires d’un fou (1838) », [En ligne], mises en ligne le 20 mars 2020.
Transcriptions : https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/outils/aff_manus.php?g=31
Présentation : https://flaubert.univ-rouen.fr//article.php?id=80

 

 

 

 

NOTES

[1] Trois folios sont des pages blanches (f°2v°, f°67v°, f°70v°), omises dans la présente édition.
[3] Dans cette présentation, nous nous référerons à l’édition des Mémoires d’un fou par Claudine Gothot Mersch, ainsi qu’à son importante Notice (Œuvres de jeunesse, Œuvres complètes, t. I, édition présentée, établie et annotée par Claudine Gothot-Mersch et Guy Sagnes, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2001, p. 1350-1375, ici p. 1371). Nous renverrons désormais à cette édition par l’abréviation : MF, directement suivie de la pagination.
[4] Je remercie Guillaume Fau, conservateur en chef en charge des manuscrits modernes et contemporains au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, de m’avoir communiqué des renseignements sur le manuscrit. Pour cette édition, nous lui avons demandé de vérifier les mesures du manuscrit.
[5] Claudine Gothot-Mersch indique dans sa Notice : « Quant au passage inséré – la réunion d’amis, le récit concernant Caroline –, il se distingue dans le manuscrit par un changement de papier – de couleur plus jaune, comme l’a noté Descharmes, de format plus carré et de texture différente –, par l’absence de la pliure verticale déterminant la marge, par la numérotation des six premiers feuillets – attestant qu’il s’agit d’un récit indépendant –, par une subdivision à l’aide d’un chiffre romain (II) qui ne correspond en rien à l’organisation générale des Mémoires » (MF, p. 1351). Toutefois, d’après les renseignements communiqués par les conservateurs, la différence de dimensions entre les papiers est minime, leur texture est similaire, sans compter que d’autres folios ont aussi une dimension de 31 x 20 cm.
[6] Lettre à Ernest Chevalier du 30 novembre 1838. Les références à la Correspondance de Flaubert renvoient à l’édition établie par Jean Bruneau (et Yvan Leclerc pour le tome V), Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1973-2007, dorénavant abrégée en Corr. Ici : Corr., t. I, 1973, p. 33.
[7] Ibid. Plus précisément, Claudine Gothot-Mersch signale que Flaubert a pu arrêter sa rédaction en septembre, mais l’a reprise début octobre, en partie sous l’inspiration de Rousseau (Notice, p. 1352-1353).
[8] Ibid., p. 1370-1371.
[9] Ibid., p. 1371-1372.
[10] Claudine Gothot-Mersch, « Flaubert et le récit autobiographique : Les Mémoires d’un fou », Flaubert [En ligne], n° 20, 2018, mis en ligne le 15 décembre 2018, consulté le 02 mars 2020. URL : http://journals.openedition.org/flaubert/2931.
[11] MF, p. 1372.
[12] Lors de la reliure du manuscrit, le recto et le verso du f° 47 ont été inversés.
[13] MF, p. 1372, voir la Note sur le texte.


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