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Les Mémoires d'un fou. Traduction en arabe dialectal (libanais) · Centre Gustave Flaubert

Mémoires d’un fou – arabe dialectique (libanais)

Lu par Rita Alchabab

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Texte original

Je vais donc écrire l’histoire de ma vie – quelle vie ! Mais ai-je vécu ? je suis jeune, j’ai le visage sans ride, – et le cœur sans passion. – Oh ! comme elle fut calme, comme elle paraît douce et heureuse, tranquille et pure ! Oh ! oui, paisible et silencieuse comme un tombeau dont l’âme serait le cadavre.

A peine ai-je vécu : je n’ai point connu le monde, – c’est-à-dire je n’ai point de maîtresses, de flatteurs, de domestiques, d’équipages – je ne suis pas entré (comme on dit) dans la société, car elle m’a paru toujours fausse et sonore et couverte de clinquant, ennuyeuse et guindée.

Or ma vie ce ne sont pas des faits. Ma vie c’est ma pensée.

Quelle est donc cette pensée qui m’amène maintenant à l’âge où tout le monde sourit, se trouve heureux, où l’on se marie, où l’on aime, à l’âge où tant d’autres s’enivrent de toutes les amours et de toutes les gloires, alors que tant de lumières brillent et que les verres sont remplis au festin, à me trouver seul et nu, froid à toute inspiration, à toute poésie, me sentant mourir et riant cruellement de ma lente agonie comme cet épicurien qui se fit ouvrir les veines, se baigna dans un bain parfumé et mourut en riant comme un homme qui sort ivre d’une orgie qui l’a fatigué.

Oh ! comme elle fut longue cette pensée ! Comme une hydre elle me dévora sous toutes ses faces.

Pensée de deuil et d’amertume, pensée de bouffon qui pleure, pensée de philosophe qui médite.

Oh ! oui, combien d’heures se sont écoulées dans ma vie, longues et monotones, à penser, à douter ! Combien de jours d’hiver la tête baissée devant mes tisons blanchis aux pâles reflets du soleil couchant, combien de soirées d’été par le champ au crépuscule à regarder les nuages s’enfuir et se déployer, les blés se plier sous la brise, entendre les bois frémir et écouter la nature qui soupire dans les nuits.

Oh ! comme mon enfance fut rêveuse, comme j’étais un pauvre fou sans idées fixes, sans opinions positives ! Je regardais l’eau couler entre les massifs d’arbres qui penchent leur chevelure de feuilles et laissent tomber des fleurs, je contemplais de dedans mon berceau la lune sur son fond d’azur qui éclairait ma chambre et dessinait des formes étranges sur les murailles, j’avais des extases devant un beau soleil ou une matinée de printemps avec son brouillard blanc, ses arbres fleuris, ses marguerites en fleurs.

J’aimais aussi, et c’est un de mes plus tendres et plus délicieux souvenirs, à regarder la mer, les vagues mousser l’une sur l’autre, la lame se briser en écume, s’étendre sur la plage et crier en se retirant sur les cailloux et les coquilles.

Je courais sur les rochers, je prenais le sable de l’Océan que je laissais s’écouler au vent entre mes doigts, je mouillais des varechs, j’aspirais à pleine poitrine cet air salé et frais de l’Océan qui vous pénètre l’âme de tant d’énergie, de poétiques et larges pensées.

Je regardais l’immensité, l’espace, l’infini, et mon âme s’abîmait devant cet horizon sans bornes.

Texte original

Je vais donc écrire l’histoire de ma vie – quelle vie ! Mais ai-je vécu ? je suis jeune, j’ai le visage sans ride, – et le cœur sans passion. – Oh ! comme elle fut calme, comme elle paraît douce et heureuse, tranquille et pure ! Oh ! oui, paisible et silencieuse comme un tombeau dont l’âme serait le cadavre.

A peine ai-je vécu : je n’ai point connu le monde, – c’est-à-dire je n’ai point de maîtresses, de flatteurs, de domestiques, d’équipages – je ne suis pas entré (comme on dit) dans la société, car elle m’a paru toujours fausse et sonore et couverte de clinquant, ennuyeuse et guindée.

Or ma vie ce ne sont pas des faits. Ma vie c’est ma pensée.

Quelle est donc cette pensée qui m’amène maintenant à l’âge où tout le monde sourit, se trouve heureux, où l’on se marie, où l’on aime, à l’âge où tant d’autres s’enivrent de toutes les amours et de toutes les gloires, alors que tant de lumières brillent et que les verres sont remplis au festin, à me trouver seul et nu, froid à toute inspiration, à toute poésie, me sentant mourir et riant cruellement de ma lente agonie comme cet épicurien qui se fit ouvrir les veines, se baigna dans un bain parfumé et mourut en riant comme un homme qui sort ivre d’une orgie qui l’a fatigué.

Oh ! comme elle fut longue cette pensée ! Comme une hydre elle me dévora sous toutes ses faces.

Pensée de deuil et d’amertume, pensée de bouffon qui pleure, pensée de philosophe qui médite.

Oh ! oui, combien d’heures se sont écoulées dans ma vie, longues et monotones, à penser, à douter ! Combien de jours d’hiver la tête baissée devant mes tisons blanchis aux pâles reflets du soleil couchant, combien de soirées d’été par le champ au crépuscule à regarder les nuages s’enfuir et se déployer, les blés se plier sous la brise, entendre les bois frémir et écouter la nature qui soupire dans les nuits.

Oh ! comme mon enfance fut rêveuse, comme j’étais un pauvre fou sans idées fixes, sans opinions positives ! Je regardais l’eau couler entre les massifs d’arbres qui penchent leur chevelure de feuilles et laissent tomber des fleurs, je contemplais de dedans mon berceau la lune sur son fond d’azur qui éclairait ma chambre et dessinait des formes étranges sur les murailles, j’avais des extases devant un beau soleil ou une matinée de printemps avec son brouillard blanc, ses arbres fleuris, ses marguerites en fleurs.

J’aimais aussi, et c’est un de mes plus tendres et plus délicieux souvenirs, à regarder la mer, les vagues mousser l’une sur l’autre, la lame se briser en écume, s’étendre sur la plage et crier en se retirant sur les cailloux et les coquilles.

Je courais sur les rochers, je prenais le sable de l’Océan que je laissais s’écouler au vent entre mes doigts, je mouillais des varechs, j’aspirais à pleine poitrine cet air salé et frais de l’Océan qui vous pénètre l’âme de tant d’énergie, de poétiques et larges pensées.

Je regardais l’immensité, l’espace, l’infini, et mon âme s’abîmait devant cet horizon sans bornes.

Texte traduit en Arabe dialectal (libanais)

Fa ezan, ra7 ektob osset 7ayete, w law betchoufo malla 7ayet ! 3njad ana kent 3ayich ? Ma3 enno ba3dne chab w wejje ma fi taja3id bas albe fade mnel chaghaf. Uf chou kenet 7ayete r2i2a, ne3meh, fer7a, rey2a w na2iyye ! La daraje btechbah l aber b skouta w salema bas badal l jetté, defnin l rou7.

B ekhtisar, anja2 3echet : ma 3refet chi 3an l 3alam aw bl a7ra ma ken 3nde 3achi2at, wala mo3jabet, wala khadam wala 7atta as7ab. Metel ma b oulo, ma fetet bl mojtama3 la2an 7assayto mzayyaf, sat7e, fawdawe, b zahhe2 w byekhno2.

Fa ma kenit 7ayete mertekze 3ala echya 3melta ad ma kenit feker mawjoud b rase w bas.

W chou ken hayda l feker li wassalne halla2 lal 3omor yalle fi, ejemelan, l kel byod7ak w byombosit w byetjawaz w b 7eb ? hayda l 3omor li fi be2e l 3alam 3m teskar bl 7ob wel majd w teshar w techrab bl 7aflet ? Bas ana, kl hal wa2et, l2it 7ale wa7id, ma2tou3 7abel afkare, nater l mot w 3m od7ak 3a 7ale metel chi wa7ad 3m ye2tol 7alo w 3m yestalezz b to2ti3 chreyino houwe w e3id b 7emmem m3attar, aw metel chi wa7ad dahir sekran mn Orgie ta33abeto.

Uf chou ken tawil hayda l feker li cha22afne metel chi ke2in ostoure 3am yebtele3ne b kl wjouho.

Feker mor w 7ezen, feker Cloun 3m yebke, aw faylasouf 3m yet2ammal.

Uf chou kenet tawile l se3at li ra7it mn 7ayete, w ana 3m fakir w chakkik! W chou mara2 iyyem l chatwiyye, ne5e5 rase fiyoun eddem l jamer li 3m yontofe w yebroud hieh wel chames 3m tghib ! W chou mara2 mn layele l sayfiye e3id bl 7a2le 3a wej l daw 3m etfarraj 3a ghyoum 3am tohrob w tekhtefe, w sanebel ame7 3m totwe ma3 l hawa, w etsamma3 3ala sot ghabe 3m terjouf w tabi3a 3m tetnahhad bl leil.

Uf chou kenet e7lam ana w zghir w chou kenet majnoun ma 3nde wala fekra sebte aw ijebiyye! Kenet etfarraj 3al may 3m totla3 mn ben l chajar li wroudon 3am tou2a3 kel ma ye7no wra2on. Kenet et2ammal ana w b takhte l zghir amar ma7four b sama safye ydawwe oudte w yersom osas gharibe 3al 7itan. Ken yerjof jesme eddem chames 7elwe aw nhar rabi3e mzayyan b ghtayta bayda w chajar mzahhar w wroud mfat7a.

Aktar chi kenet 7ebbo w ba3do mn ajmal w ara2 zekrayete, houwe lamma etfarraj 3al ba7er w chouf l moj 3am ye3la abel ma tousal l raghwe 3al chat w tosrokh lamma techbo2 bl ba7es wel sadaf.

Yey chou rakadet 3al skhour w chou la2atet ramel l mou7it ben asabi3e la etrekoun yetgharbalo bl hawa. Yey chou kabbet may 3a 3echb l ba7er, w chou tnacha2et hawa l mo7it l mele7 wel mon3ech, hayda l hawa li b fout 3al rou7 la ya3te ta2a w afkar che3riyye ktire.

Kenet ettalla3 3al dakhame, 3al fada, 3a kl chi ma elo niheye w ma elo 7doud la daraje debet rou7e b hal manazer.

Ce site dédié à Flaubert a été fondé en 2001 par Yvan Leclerc, professeur de littérature du XIXe siècle à l’Université de Rouen, qui l'a animé et dirigé pendant vingt ans. La consultation de l’ensemble de ses contenus est libre et gratuite. Il a pour vocation de permettre la lecture en ligne des œuvres, la consultation des manuscrits et de leur transcription, l’accès à une riche documentation, à des publications scientifiques et à des ressources pédagogiques. Il est également conçu comme un outil pédagogique à la disposition des enseignants et des étudiants. La présente version du site a été réalisée en 2021 par la société NoriPyt sous la responsabilité scientifique de François Vanoosthuyse, professeur de littérature du XIXe siècle à l’Université de Rouen Normandie. Les contributeurs au site Flaubert constituent une équipe internationale et pluridisciplinaire de chercheurs.

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