L'éducation des filles au XIXe siècle par les congrégations religieuses
     


Chez les Ursulines

Les récréations

au pensionnat

       
     
Elle ne jouait pas beaucoup pendant les récréations.
Elle préférait rester assise à faire la petite dame ce qui lui valut l'estime de ses maîtresses et la jalousie de ses camarades. [f° 1_135]
       
     

        Le temps de la récréation est un moment particulièrement difficile pour la maîtresse surveillante qui doit avoir oeil à tout.
        Selon le Règlement, les grandes et les petites classes demeurent séparées, même pendant les moments de détente. En général, les élèves sont regroupées par cours. Lorsque le temps est mauvais, elles les passent dans la salle réservée à leur cours. [...]
        Les récréations sont, avec les heures de travail manuel, les seuls moments où les élèves sont autorisées à rompre le silence. Il faut donc veiller aux sujets de conversation : « éviter les murmures, les plaintes, les médisances, les railleries, les disputes, les communications de leurs dégoûts ». En réalité, la conversation ne doit rouler que sur des sujets édifiants et l'on compte beaucoup sur les Enfants de Marie pour y veiller. Les élèves ne doivent pas se tutoyer. « Elles pourront s'appeler entre elles par le nom de baptême ou de famille sans ajouter le nom de mademoiselle, excepté lorsqu'elles parleront de leurs compagnes à leurs parents ou aux étrangers ».
        La première chose à éviter dans les récréations, ce sont les amitiés particulières. Les élèves n'ont pas le droit de quitter le lieu de la récréation sans permission. Mais surtout, elles ne doivent pas s'isoler à deux pour « jouer ou parler en particulier ». Au contraire, « elles prendront garde de se lier jamais par des amitiés, ni par des attaches particulières ; mais elles se feront un devoir de se confondre avec toutes leurs compagnes et de les traiter sans hauteur comme sans familiarité, évitant les manières contraires à la bienséance ou à la charité. » En fait, les religieuses font une exception à cette règle, lorsqu'une amitié entre deux élèves paraît sans danger ou qu'elle présente un intérêt. Elles favorisent l'amitié de Fanny de Larochefoucauld pour Marie de Flavigny, espérant que la piété de cette dernière serait contagieuse. [...]
        Les maîtresses surveillantes préfèrent de beaucoup les récréations animées, où toutes les élèves prennent part aux jeux. Ce sont souvent des rondes ou des parties de cache-cache. En revanche, « les jeux dangereux, ou de hasard, les cartes, les jeux de mains sont absolument interdits ». Les élèves ne sont pas autorisées non plus « à se toucher en signe d'amitié ». D'une façon générale, les chansons et les jeux doivent être approuvés par la maîtresse. Dans chaque cours, les maîtresses surveillantes sont assistées par une assistante des jeux. Il s'agit d'une charge honorifique, décernée en général à une élève décorée. La fonction des intendantes des jeux consiste à « distribuer et ranger les objets qui servent à l'amusement des élèves, mais aussi à animer les récréations par leur gaieté, seconder les maîtresses lorsque celles-ci proposent un jeu et d'apprendre aux nouvelles venues à prendre leur part des divertissements en usage au pensionnat. »

       
     
Loin de s'ennuyer au couvent les premiers temps, elle se plut au contraire dans la société des bonnes Soeurs, qui pour l'amuser, la conduisaient dans la Chapelle où l'on pénétrait du réfectoire, par un long corridor. [I, ch. 6]
       
      Cependant, toutes les élèves ne vont pas en récréation : les congréganistes et les plus pieuses des élèves mettent à profit les temps libres pour faire des visites à la chapelle, lorsqu'elles y sont autorisées. Elles y vont surtout les veilles de fêtes et de communion pour se préparer à l'événement du lendemain ; de même lorsque le Saint-Sacrement est exposé, on leur donne l'autorisation d'aller l'adorer.

Citations extraites du Règlement de 1806-1820,
et du Réglement et Plan d'études de 1852, A.G.S.C. Rome.

Extraits de : Un exemple de l'éducation des filles au XIXe siècle
par les congrégations religieuses :
le Sacré-Cœur de Paris (1816-1874)

Thèse de l'École des Chartes, 1981, pp. 426 à 429
par Marie-Dominique Nobécourt.

       
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