Isabelle de Montolieu
     

Caroline de Lichtfield

ou

Mémoires extraits des papiers
d'une famille prussienne

1786

       
     
Pendant six mois à quinze ans Emma dévora l'une après l'autre toutes les glorifications emphatiques des passions à manteau noir, depuis Caroline de Lichtfield jusqu'à Corinne en passant par Numa Pompilius, l'enfant de la forêt, les histoires d'Ann Radcliffe et Madame Cottin d'un bout à l'autre. [f°1_163v]
       
     

Le roman parut sans nom d'auteur, avec la mention : par Mme de ***, Publié par le Traducteur de Werther. Il obtint un grand succès et fut plusieurs fois réédité.
Isabelle de Montolieu fut aussi la traductrice d'une centaine d'oeuvres, dont Raison et Sentiment ou Persuasion de Jane Austen, et le Robinson suisse de Johann-David Wyss.

Résumé du roman

        Le père de Caroline, désirant assurer avant sa mort l'avenir de sa fille, lui propose pour époux Walstein, le favori du roi ; dès lors, Caroline le croit charmant; ce mot de favori éveille en elle les idées les plus riantes ; elle se rappelle son oiseau favori, son mouton favori, et, d'après eux, juge que le favori d'un roi doit être le plus beau de son espèce.
        Mais toutes ses illusions s'évanouissent lorsqu'elle aperçoit le comte. En comparaison de l'idéal qu'elle s'était imaginé, Walstein lui semble un monstre ; elle s'étonne du singulier goût des rois dans le choix de leurs favoris, et n'est nullement disposée à prendre le comte pour le sien.
        Cependant, en fille obéissante et pour ne pas attrister son père, elle fait taire ses répugnances et épouse Walstein. Le comte, jaloux de faire parade de son bonheur, invite quelques amis, et, parmi eux, le beau Lindorf, qui inspire à Caroline un amour aussitôt partagé. Le sentiment qui devrait achever d'éloigner Caroline de son mari la ramène au contraire à lui.
        C'est ici que le roman se développe : cette jeune fille, d'abord si légère, si insouciante, devient bientôt la femme la plus intéressante, la plus courageuse et la plus sensible. Le devoir lutte en elle contre l'entraînement de la passion et finit par en triompher. En voulant aimer son mari par devoir, elle arrive à reconnaître ses grandes qualités, et le roman s'achève lorsqu'elle est passionnément amoureuse du monstre devenu son favori.
        Le côté philosophique et moral de cette oeuvre intéressante renferme un haut enseignement : à l'exemple de Caroline, toute âme noble assez énergique pour dompter ses passions, trouve sa récompense dans l'accomplissement de ses devoirs.

Source  : Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle
par Pierre Larousse
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La bibliographie complète d'Isabelle de Montolieu en anglais a été établie par Ellen Moody.