Paul-Émile Destouches
 
  
   
 


Paul-Émile Detouche,
dit Destouches

(1794-1864)

  

  

     

        Destouches est un élève de Louis David. Il se destina d'abord à la grande peinture, et se livra avec succès aux fortes études qui sont indispensables pour aborder ce genre difficile. Mais telle n'était pas la voie que lui avait tracée la nature ; il était né pour les sujets familiers, qui n'exigent que de la finesse, du sentiment et du goût.
        
La première œuvre exposée de M. Destouches (Salon de 1817) rappela les traditions de l'atelier, sans accuser encore la moindre personnalité. C'était un tableau bien peint, bien composé, où il y avait de la science, du bon sens, du travail ; il représentait François Ier accordant à Diane de Poitiers la grâce de son père. À la même exposition figurait un Bélisaire correctement entendu et d’une exécution irréprochable. Deux ans plus tard, en on pouvait observer les progrès véritables que l'artiste avait faits dans ce domaine classique. Sa Résurrection de Lazare, maintenant à la cathédrale de Vannes, et qui fut exposée cette année-là, révélait plus de verve, des intentions plus fermes, du mouvement, de la vie, presque de l'originalité. Cette œuvre valut à l'auteur la commande d'un tableau religieux pour l'église Saint-Victor de Paris. M. Destouches exécuta l'excellente composition qu'on y voit encore, et qui représente Jésus au mont des Oliviers.
        Au Salon de 1824 il montra mieux les véritables tendances de son tempérament. Il avait, cette année-là, exposé trois toiles, intéressantes à plus d'un titre : Une Scène turque des Mille et une nuits, aujourd'hui au musée de Caen ; Gresset soigné par sa sœur ; Marie Stuart dans les souterrains de Lochlewen, composition charmante, que la duchesse de Berry acheta.
        Bien que l'artiste fût déjà loin du Lazare et du François ler, sa note était encore hésitante, mal assurée.
        C'est au Salon de 1827 seulement qu'il osa carrément s'affirmer, dans les deux sujets suivants : le Ruban de la Comtesse et le Mariage de Figaro. Popularisées par les gravures de Sixdeniers, ces deux créations restent, avec l'Amour médecin, qui eut tant de succès en 1830, les trois petits chefs-d'œuvre du maître. Rien, en effet, parmi les bonnes peintures qu'il a depuis exposées, n'est supérieur aux trois morceaux que nous venons de nommer.
        Il faut néanmoins citer, comme œuvres remarquables, la Fille mal gardée (1836) ; la Fille bien gardée et quelques autres moins intéressantes. M. Destouches, en 1828, avait reçu une première médaille comme peintre de genre : c'était justice. En 1819, il avait obtenu la même récompense comme peintre d'histoire. L'auteur de l'Amour médecin s'intéressa aussi, paraît-il, aux choses littéraires : on a de lui, une Épître à Nicolas, par un jeune peintre, publiée en 1819.
 

 
     
Source : Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle
par Pierre Larousse
 
     
Liens  
Vous pouvez lire une courte notice sur l'Amour médecin et voir la gravure