Les prénoms en "A" – La confession – L'agneau pascal

 

 

 

 

Les prénoms en "A"

La vogue des prénoms féminins en "A" semble dater du début du XIXe siècle. Elle tient au succès des voyages en Italie, et au nom des personnages des oeuvres romantiques allemandes et anglaises.
En France, les romans à très grand succès comme Malvina de Sophie Cottin (1800), Atala de Chateaubriand (1802), puis les oeuvres de George Sand : Indiana (1832) - Lavinia (1833) - Metella (1833) - Lélia (1833/39) - Mattéa (1835) - Isidora (1845) ont contribué à développer cette mode.

Emma n'y échappera pas quand elle choisira le prénom de sa fille :

 
Pendant sa convalescence, elle s'occupa beaucoup à chercher un nom pour sa fille. D'abord, elle passa en revue tous ceux qui avaient des terminaisons italiennes, tels que Clara, Louisa, Amanda, Atala ; elle aimait assez Galsuinde, plus encore Yseult ou Léocadie. [Madame Bovary, II - ch. 3]

Parallèlement, on trouve les prénoms masculins en " O ". Ils apparaîtront ici dans le paragraphe consacré aux romances italiennes : Rodolpho, Batisto, Pandolpho...
Flaubert lui-même s'est-il laissé entraîner dans cette soif d'exotisme quand il rebaptise Domingo un esclave qui s'est toujours appelé Domingue dans Paul et Virginie ?

Emma est un prénom antérieur à ces modes. Il semble que ce soit un dérivé d'Emmanuelle.
Rappelons que dans les Mémoires d'un fou (1838), la femme dont le narrateur est éperdument amoureux s'appelle Maria.
[Marie (sans "A" !) est aussi le prénom de la prostituée dans Novembre, autre oeuvre autobiographique de jeunesse (1842), et sera celui de madame Arnoux dans L'Éducation sentimentale de 1869.

 

 

La confession

Dans l'Église catholique, la confession est un sacrement au cours duquel le chrétien vient avouer ses fautes au prêtre confesseur pour obtenir le pardon de Dieu.

Le confessionnal fut d'abord une sorte de chaire ouverte où s'asseyait le confesseur et auprès de laquelle venait s'asseoir le pénitent pour faire l'aveu de ses fautes. On en a fait ensuite des espèces de cabinets fermés, et le pénitent ne communique avec le confesseur qu'à l'aide de grilles latérales.
Mais ces prescriptions datant de la fin du Moyen Âge sur les confessionnaux et les grilles séparant le prêtre du pénitent ne sont plus aujourd'hui tenues pour contraignantes, et le rite se déroule dans une prière qui est à la fois celle du confesseur et celle du pénitent.

 
Quand elle allait à confesse, elle inventait de petits péchés afin de rester là plus longtemps, à genoux dans l'ombre, les mains jointes, le visage à la grille sous le chuchotement du prêtre. Les comparaisons de fiancé, d'époux, d'amant céleste et de mariage éternel qui reviennent dans les sermons lui soulevaient au fond de l'âme des douceurs inattendues.
[Madame Bovary, I - ch. 6]
 


Blason de Rouen

L'agneau pascal

Dans le langage mystique : l'Agneau, l'Agneau de Dieu, le divin Agneau, l'Agneau sans tache, l'Agneau qui efface les péchés du monde, etc. : Jésus-Christ.

L'Agneau, figure symbolique du Christ, s'immolant comme victime pour racheter les péchés de l'humanité.
De très bonne heure, les artistes chrétiens adoptèrent ce symbole et représentèrent le Sauveur, agneau soumis et éclatant de blancheur, tantôt couché et expirant au pied de la croix qu'il arrose de son sang, tantôt vivant et debout. L'emploi de cette allégorie fut même formellement prescrit par un canon du concile in Trullo ; les Pères de l'Église craignaient que l'image de Jésus ignominieusement mis à mort ne fût une occasion de railleries de la part des idolâtres, et, par suite, un sujet de scandale et d'éloignement pour les faibles.

Plus tard, au contraire, un concile tenu à Constantinople (692) ordonna de préférer la réalité aux allégories, et de montrer le Christ sur la croix. Mais le génie des artistes chrétiens répugna, pendant longtemps, à ces images lugubres ; jusqu'à la Renaissance, l'allégorie garda une très large place dans les compositions des peintres et des sculpteurs. De nos jours, les conceptions du symbolisme chrétien ne sont comprises que d'un petit nombre ; mais celle de l'Agneau est restée populaire.

Blason : symbole de la douceur et de la franchise.
Agneau pascal : celui qui est représenté tenant une croix à laquelle est attachée une banderole d'argent chargée d'une croisette de gueules.
Ville de Rouen : de gueules, à un agneau pascal d'argent, au chef cousu de France.

Article "Agneau" du Larousse du XIXe siècle