FOLIO 56 (copiste) : langueur - cathéchisme - lectures
   
 
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  les questions difficiles. Vivant donc sans jamais sortir
de la tiède atmosphère des classes et parmi ces fem-
mes au teint blanc portant des chapelets à croix de
cuivre, elle s'assoupit doucement à la langueur mys-
tique qui s'exhale des parfums de l'autel, de la fraîcheur
des bénitiers et du rayonnement des cierges. Au lieu
de suivre la messe, elle regardait dans son livre, les
vignettes pieuses bordées d'azur qui servent de signets,
et elle aimait la brebis malade, le sacré coeur percé
de flèches aiguës ou le pauvre Jésus qui tombe en mar-
chant sous sa croix. Elle essaya par mortification, de
rester tout un jour sans manger ; elle cherchait dans
sa tête quelque voeu à accomplir. | ¶ Quand elle allait
en confesse elle inventait de petits péchés afin de res-
ter là, plus longtemps, à genoux dans l'ombre, les
mains jointes, le visage à la grille sous le chuchottement
du prêtre. Les comparaisons de fiancé, d'époux,
d'amant céleste et de mariage éternel qui reviennent
dans les sermons lui soulevaient au fond de l'âme
des douceurs inattendues.
Le soir avant la prière, on faisait dans l'étude
une lecture religieuse. C'était, pendant la semaine,
quelque résumé d'histoire sainte ou les conférences
de l'abbé Frayssinous, et le Dimanche des passages
du Génie du Christianisme, par récréation. Comme elle
écouta, les premières fois, la lamentation sonore des
mélancolies romantiques, se répétant à tous les échos
de la terre et de l'Eternité ! Si son enfance se fût écou-
lée dans l'arrière boutique obscure d'un quartier mar-
chand, elle se serait peut-être, ouverte alors aux envahis-