FOLIO 73 : confession - lectures - paysages aimés
   


 à genoux dans l'ombre, les mains jointes, le visage à la grille
agenouillée, les mains jointes, la bouche collée contre la grille
écoutant
sous
à écouter le chuchottement monotone du prêtre. qui l'exhortait
d'une vie [illis.]
à l'amour de dieu avec des caresses de langage
. Les comparaisons
 de fiancé, l' d'époux, d'amant céleste, & de mariage éternel qui
                                                                               au fond de
reviennent dans les sermons lui soulevaient parfois dans l'âme
il   [illis.]         des douceurs inattendues. et la rendaient attentive à qque chose
 de lointain qui remuait en elle comme une source cachée 
que l'on entend au fond d'un bois
tous
tous
Les soirs avant la prière, on faisait dans l'étude
une lecture religieuse. C'était, pendant la semaine, quelque
 résumé d'histoire sainte ou les conférences de l'abbé Frayssinous,
                                 des
                                qque
et le dimanche des passages du Génie du Christianisme par
récréation. Comme elle écouta, les premières fois, la lamentation
sonore des mélancolies romantiques, se répétant à tous les
+ échos de la terre et de l'Eternité ! Si son enfance se fût
écoulée dans l'arrière boutique obscure d'un quartier marchand,
                                                                                     fût
[ne voyant le soleil qu'aux jours de fête] elle se serait peut-être,
                        alors
alors, ouverte aux envahissements lyriques de la nature qui
                        ne vous arrivent que
d'ordinaire, arrivait ainsi à la jeunesse - par la traduction
des écrivains. Mais elle connaissait trop la Campagne ! elle
savait le bêlement des troupeaux, les laitages, les charrues.
                                                                au contraire
                                                        donc

+
[ habituée aux aspects calmes, elle se tournait, par -curiosité
                                            n'admirait ainsi
vers les accidentés. ] Elle n'aimait un peu la mer qu'à cause de ses
tempêtes, et la verdure, des arbres seulement lorsqu'elle était
                                                        elle-même
clairsemée parmi les ruines. il fallait pour la satisfaire qu'elle
pût retirer des choses, une sorte de profit personnel, et elle
                                                                                                 [illis.]
rejetait comme inutile, tout ce qui ne contribuait pas aussitôt
à la consommation immédiate de son coeur, étant après tout
de tempérament plus sentimentale qu'artistique, cherchant
des émotions et non pas des paysages.