FOLIO 57 : enfance campagnarde - paysages - la Dumesnil
   
 

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dans le texte édité. Les corrections en bleu
ont été portées sur le folio du copiste.]
 

  -sements lyriques de la nature qui d'ordinaire, ne nous
arrivent que par la traduction des écrivains. Mais
elle connaissait trop la campagne ! Elle savait le
bêlement des troupeaux, les laitages, les charrues.
Habituée aux aspects calmes elle se tournait, au contrai-
re vers les accidentés. Elle n'aimait la mer qu'à cause
de ses tempêtes, et la verdure seulement lorsqu'elle était
clairsemée parmi les ruines, il fallait qu'elle put
retirer des choses, une sorte de profit personnel, et
elle rejetait comme inutile, tout ce qui ne contribuait
pas à la consommation immédiate de son coeur, étant
de tempérament plus sentimentale qu'artistique,
cherchant des émotions et non des paysages. | Il y
avait au couvent une vieille fille nommée la Dumesnil
qui venait tous les mois, pendant huit jours, travail-
ler à la lingerie. Protégée par l'Archevêché com-
me appartenant à une ancienne famille de Gentils-
hommes ruinée sous la Révolution, elle mangeait
au réfectoire à la table des bonnes soeurs, et faisait avec
elles après le repas, un petit bout de causette au coin du
poêle, avant de remonter à son ouvrage. Souvent les
pensionnaires s'échappaient de l'étude pour l'aller voir.
Elle savait par coeur des chansons galantes du siècle
passé, qu'elle chantait à demi-voix, tout en poussant son
aiguille. Elle contait des histoires, vous apprenait des
nouvelles, faisait en ville vos commissions, et prêtait
aux grandes en cachette, quelque roman qu'elle avait
toujours dans les poches de son tablier, et dont la bonne
demoiselle elle-même, dévorait avidement de longs chapi-
                                             avalait
tres, dans les intevalles de sa besogne. Ce n'étaient qu'amours