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Les lectures clandestines

   

    Il y avait au couvent une vieille fille qui venait tous les mois, pendant huit jours, travailler à la lingerie. [...] Souvent les pensionnaires s'échappaient de l'étude pour l'aller voir. Elle savait par coeur des chansons galantes du siècle passé, qu'elle chantait à demi-voix, tout en poussant son aiguille. Elle contait des histoires, vous apprenait des nouvelles, faisait en ville vos commissions, et prêtait aux grandes, en cachette, quelque roman qu'elle avait toujours dans les poches de son tablier, et dont la bonne demoiselle elle-même avalait de longs chapitres, dans les intervalles de sa besogne. [I, chap. 6]

 
     

Souvenirs de jeunesse : Gustave Flaubert, à dix ans, et Louise Colet, à seize ans, ont eu eux aussi des "dames initiatrices" qui leur ont fait connaître des histoires et des romans en marge de l'éducation "classique".

Les lectures dans les pensionnats religieux : lesquelles étaient permises ? lesquelles étaient interdites ?