Trois paraboles
     


Mosaïque de Ravenne
(détail)

Le bon pasteur

       
     
Au lieu de suivre la messe, elle regardait dans son livre les petites vignettes pieuses bordées d'azur qui servent de signets, et elle chérissait l'agneau fatigué / la brebis malade que le bon pasteur portait sur ses épaules.  [f° 134 -135 - 72]
       
     

       « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie, mais pénètre par une autre voie, celui-là est un voleur et un pillard ; celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis. Le portier lui ouvre et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle une à une et il les fait sortir. Quand il a mis dehors ses bêtes, il marche devant elles et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix. Elles ne suivront pas un étranger ; elles le fuiront au contraire, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »
        Jésus leur dit cette parabole mais ils ne comprirent pas ce qu'il voulait leur dire. Jésus dit alors :

« En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis.
Tous ceux qui sont venus sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont pas écoutés.
Je suis la porte.
Qui entrera par moi, sera sauvé ; il entrera et sortira, et trouvera sa pâture.
Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire.
Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie et l'aient en abondance.
Je suis le bon pasteur ;
Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis.
Le berger à gages, qui n'est pas le pasteur et à qui n'appartiennent pas les brebis, voit-il venir le loup, il laisse les brebis, il se sauve, et le loup les emporte et les disperse.
C'est qu'il est berger à gages et n'a pas souci des brebis.
Je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît et que je connais le Père, et je donne ma vie pour mes brebis.
J'ai d'autres brebis encore qui ne sont pas de cet enclos ; celles-là aussi, je dois les mener ; elles écouteront ma voix ; et il y aura un seul troupeau, un seul pasteur.
Si le Père m'aime, c'est que je donne ma vie, pour la reprendre.
On ne me l'ôte pas ; je la donne de moi-même.
J'ai pouvoir de la donner et pouvoir de la reprendre ; tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père. »

Évangile selon saint Jean X, 1-11

       
     
La brebis perdue
       
     

        Cependant tous les publicains et les pécheurs s'approchaient de [Jésus] pour l'entendre. Et les Pharisiens et les scribes de murmurer : « Cet homme, disaient-ils, fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux ! » Il leur dit alors cette parabole :

        Lequel d'entre vous, s'il a cent brebis et vient à en perdre une, n'abandonne les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour s'en aller après celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvée ? Et, quand il l'a retrouvée, il la met, tout joyeux, sur ses épaules et, de retour chez lui, il assemble amis et voisins et leur dit : « Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée, ma brebis qui était perdue ! » C'est ainsi, je vous le dis, qu'il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes, qui n'ont pas besoin de repentir.

Évangile selon saint Luc, XV, 3-7 et Matthieu, XVIII, 12-14

       
     

Cathédrale de Strasbourg

Les vierges sages

et les vierges folles

       
     
Les comparaisons de fiancé, d'époux,d'amant céleste et de mariage éternel qui reviennent dans les sermons lui soulevaient au fond du coeur des douceurs inattendues.[f° 120v - 138 - 73 - 56]
     

 
« Alors il en sera du Royaume des cieux comme de dix vierges qui s'en allèrent, munies de leurs lampes, à la rencontre de l'époux. Or cinq d'entre elles étaient sottes et cinq étaient sensées. Les sottes, en effet, prirent leurs lampes, mais sans se munir d'huile ; tandis que les sensées, en même temps que leurs lampes, prirent de l'huile dans les fioles. Comme l'époux se faisait attendre, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent. Mais à minuit un cri retentit : « Voici l'époux ! sortez à sa rencontre ! » Alors toutes ces vierges se réveillèrent et apprêtèrent leurs lampes. Et les sottes de dire aux sensées : « Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent. » Mais celles-ci leur répondirent : « Il n'y en aurait sans doute pas assez pour nous et pour vous ; allez plutôt chez les marchands et achetez-en pour vous. » Elles étaient parties en acheter quand arriva l'époux : celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte se referma. Finalement les autres vierges arrivèrent aussi et dirent : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! » Mais il répondit : « En vérité je vous le dis, je ne vous connais pas ! » Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure.

Évangile selon saint Matthieu, XXV, 1-13