Bernardin de Saint-Pierre
     


cliquez

L'amitié de Paul et Virginie
       
     
Les jours de fête, [Emma] jouait avec le fils du charpentier leur voisin. Il était de six mois plus âgé qu'elle, mais craintif et lourdeau, Isidore n'osait pas seulement grimper sur le toit de la bouillerie pour lui cueillir des iris. Ce n'est pas lui qui l'eût portée sur son dos à travers les torrents ! [f° 1_133]
       
     
   

    Pour lui [Paul], toujours en action, il bêchait le jardin avec Domingue, ou, une petite hache à la main, il le suivait dans les bois ; et si, dans ses courses, une belle fleur, un bon fruit ou un nid d'oiseau se présentaient à lui, eussent-ils été au haut d'un arbre, il l'escaladait pour les rapporter à sa sœur.
    « Pourquoi vas-tu si loin et si haut, me chercher des fruits et des fleurs ? n'en avons-nous pas assez dans le jardin ? Comme te voilà fatigué ! tu es tout en nage ». Et avec son petit mouchoir blanc, elle lui essuyait le front et les joues, et elle lui donnait plusieurs baisers.

   
     
       Cette grande partie de l'île, toute couverte de forêts, est si peu connue, même aujourd'hui, que plusieurs de ses rivières et de ses montagnes n'ont encore pas de nom. La rivière sur le bord de laquelle ils étaient coule en bouillonnant sur un lit de roches.
       Le bruit de ses eaux effraya Virginie ; elle n'osa y mettre les pieds pour la passer à gué. Paul, alors, prit Virginie sur son dos, et passa, ainsi chargé sur les roches glissantes de la rivière, malgré le tumulte des eaux. « N'aie pas peur, lui disait-il ; je me sens bien fort avec toi. »
       
Liens
    Le texte intégral de Paul et Virginie est consultable sur Wikisource.
Ici même vous trouverez une notice sur Paul et Virginie, sur Bernardin de Saint-Pierre, et trois autres passages auxquels Flaubert fait allusion dans ses brouillons : l'enfance, la végétation luxuriante, le bain.