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BULLETIN FLAUBERT n° 212/ 13 novembre 2019

AGENDA

Samedi 30 novembre, Hôtel des sociétés savantes, 190 rue Beauvoisine, Rouen, 9h30-17h
Actualité de la recherche et des publications sur Flaubert et Maupassant
Juliette Douillet, doctorante: «Flaubert et Baudelaire: le choc de la modernité»
Léopold Reigner, docteur: «Le Flaubert de Nabokov: entre hommage et appropriation»
Corinne Trichet, docteur: «Les écrits de Flaubert dans Madame Bovary, L’Éducation sentimentale, Bouvard et Pécuchet, avec l’étude d’un cas particulier: les instruments de l’écriture de “l’homme-plume”»
Daniel Fauvel, «L’affaire Ferdinand Delamare a-t-elle inspiré Flaubert?»
Daniel Fauvel et Hubert Hangard, «Fortune et Infortune des Flaubert, t.1 de Nicolas Flobert à Achille Cléophas Flaubert» (Wooz Éditions, 2019)
Hubert Hangard, «Le testament d’Achille Cléophas Flaubert»

Vendredi 6 décembre, Hôtel littéraire Flaubert, Rouen, 18h
Rencontre avec Danielle Bahiaoui et Agnès Desarthe, animée par Véronique Bui, sur la correspondance entre George Sand et Flaubert, Tu aimes trop la littérature, elle te tuera (Le Passeur, 2018).

Vendredi  6 décembre 2019, Amphithéâtre Lecat – Hôpital Charles Nicolle, Rouen, 18h-22h
Le Groupe d’Histoire des Hôpitaux de Rouen organise une séance sur la famille Flaubert et les hôpitaux de Rouen.

Mercredi 11 décembre 2019, Bibliothèque Villon, Rouen, 18h30
Yvan Leclerc, «Emma Bovary et autres femmes puissantes», dans le cadre de l'exposition De pièces en pièces: 10 ans d’enrichissement patrimonial, du 18 novembre 2019 au 8 février 2020.

Samedi 14 décembre 2019, Musée Flaubert et d’histoire de la médecine, 51 rue de Lecat, Rouen, 14h30
Rencontre avec Marie-Hélène Lafon pour Flaubert, Buchet-Chastel, coll. «Les auteurs de ma vie», 2019.
Entretien avec Gilles Cléroux, Michèle Guigot, Yvan Leclerc et le public. Dédicaces.

VENTES

Samedi 16 novembre 2019, vente Osenat
Fontainebleau, 9-11, rue Royale 77300 Fontainebleau
https://www.osenat.com/lot/100413/11073370
Lettre autographe signée [à Philippe Leparfait]. S.l., «mardi matin» [19 octobre 1869]. 1p. in-8. «Pourquoi n’ai-je pas la lettre que je te demande? Tu as dû recevoir de moi un g[ran]d pli dimanche soir. Je devais aller aujourd’hui à l’Odéon rapporter ta réponse. Il n’y a que demi-mal, car Chilly [Charles de Chilly, directeur de l’Odéon] s’absente jusqu’à jeudi. P[ou]rquoi? Mystère. Je crois qu’il a peur de moi? Je t’embrasse. Ton Gve Flaubert. Plus d’activité dans les affaires, fichtre...» Fidèle au souvenir de son défunt ami Louis Bouilhet, Gustave Flaubert se chargea entre autres de faire porter à la scène une pièce de celui-ci, Mademoiselle Aïssé, dont la première représentation eut lieu à l’Odéon le 6 janvier 1872. Élevé par Louis Bouilhet, Philippe Leparfait (1845-1909) était l’enfant naturel du marquis Philippe de Chennevières, écrivain et directeur des Beaux-Arts, et de Léonie Leparfait, compagne de Louis Bouilhet. Estimation: 200 - 300 euros.

(< Jean-Paul Goujon, Éric Walbecq, Stéphanie Dord-Crouslé)
19 novembre 2019, Vente Artcurial, Les collections Aristophil
https://www.artcurial.com/fr/vente-4002-litterature-francaise-des-xixe-xxe-siecles-les-collections-aristophil
245. Notes sur le Cosmos d’Alexandre Humboldt. S.l.n.d. 23p. sur 13ff. in-4 (29,9x 22,4cm), demi-maroquin rouge à coins, filet doré sur les plats, dos à nerfs (reliure moderne).
Manuscrit autographe. Il s’agit des notes prises par Gustave Flaubert à la lecture de Cosmos, essai d’une description physique du monde par Alexandre von Humboldt. La traduction française de cet ouvrage encyclopédique a paru en 1846, l’année après l’édition originale en allemand.
Flaubert a sélectionné des notions de l’ouvrage d’Humboldt pour les analyser. La volonté du scientifique de faire une somme des connaissances de la nature ne pouvait manquer de séduire l’auteur de Bouvard et Pécuchet. La chercheuse Mary Orr de l’université de Saint Andrews a par ailleurs étudié la correspondance de Flaubert et démontré la proximité d’intention des deux auteurs ainsi que l’influence de Cosmos sur La Tentation de saint Antoine, notamment sa dernière partie. Il s’y trouve en effet plusieurs mentions par l’auteur du scientifique dans les années 1850 et 1860.
Mary Orr, «Le Cosmos d’Alexandre von Humboldt et La Tentation de saint Antoine de Gustave Flaubert: deux oeuvres de toute une vie», in Flaubert, revue critique et génétique [En ligne], 2010.
1f. déchiré et recollé au papier adhésif, petites et pâles rousseurs. Estimation: 8.000 – 12.000 euros.

246. Littérature contemporaine de Charlemagne. S.l.n.d. 6p. sur 3ff. in-folio (31,7x 20cm).
Manuscrit autographe de Gustave Flaubert, intitulé Littérature contemporaine de Charlemagne, comprenant un ensemble de notes tirées du Cours d’histoire moderne de François Guizot (Paris, 1828-1832).
Flaubert a rédigé une biographie ainsi qu’une petite étude bibliographique de cinq auteurs de l’époque de Charlemagne: Alcuin, Leidrade, Theodulf, Smaragde et Éginhard.
Quelques taches, minuscules déchirures marginales. Estimation: 3.000 – 5.000 euros.

247. Madame Bovary, Paris, Michel Lévy, 1857
2 vol. in-18 (17,8x 11,5cm), demi-maroquin noir, dos à nerfs, tête dorée, couvertures conservées (atelier Laurenchet).
Édition originale du roman le plus célèbre de Flaubert. Premier tirage comportant les fautes typographiques décrites par Piclin dans le volume et la couverture de type B, la plus rare.
Piclin, «L’édition originale de Madame Bovary», Bulletin des Amis de Flaubert, n°16, 1960, p.54-56.
Couvertures empoussiérées. Estimation: 1.500 – 2.500 euros.

248. Sophonisbe - Mairet Corneille Voltaire: manuscrit autographe. S.l., [entre 1858 et 1862]. 29p. sur 15ff. en 1 vol. in-folio (31,9x 20,9cm), bradel demi-maroquin lie-de-vin à coins, titre doré en long au dos (Semet & Plumelle).
Manuscrit autographe de Gustave Flaubert. L’auteur analyse plusieurs versions de Sophonisbe. Ces notes de lectures ont vraisemblablement servi de matériau pour son Salammbô (Paris, 1862).
La plus grande partie du manuscrit (près des deux tiers) est consacrée aux cinq actes de la pièce de Corneille, que Flaubert examine en profondeur, mêlant citations, commentaires et critiques.
Quelques rousseurs et petites déchirures marginales. Estimation: 5.000 – 7.000 euros.

249. Correspondance autographe signée à Paule et Jules Sandeau
Croisset, [juin 1858-novembre 1867]. 40p. sur 2ff. et 14 doubles ff. in-8 en 1 vol. in-4 (25,7x 19,8cm), bradel percaline grise, pièce de titre en long au dos (reliure de l’époque).
Correspondance autographe signée de Gustave Flaubert comprenant 13 lettres adressées à Paule Sandeau et 3 à son mari, l’écrivain Jules Sandeau. Une page de titre manuscrite par Alidor Delzant, ancien propriétaire, confirme que le document vient de Paule Sandeau.
Le ton de la correspondance est amical et les lettres abondent de confidences intimes de Flaubert: «[…] puisque tout ici-bas est impossible. L’Art, l’Amour, etc. de même le Bien-Être […] c’est peut-être l’influence […] de mes trente-huit ans qui vont sonner dans quinze jours?» L’auteur se confie sur ses difficultés: «Je suis comme le temps, sombre & sans soleil, maintenant que je n’ai plus de travail suivi, je ne sais que devenir», et demande des faveurs à son confrère: «J’ai reçu hier, une lettre de Baudelaire m’invitant à solliciter votre voix pour sa candidature à l’Académie.»
Le volume contient également une photographie du monument à Gustave Flaubert de H. Chapu, exposé au Salon de 1890.
Quelques petites rousseurs, jaunissement, reliure défraîchie. Estimation: 15.000 – 20.000 euros.

250. Manuscrit autographe. S.l., [vers le 10 juin 1867]. 5p. sur 3ff. in-folio (26,9x 21,1cm) et une enveloppe (17,1x 11,3cm).
Manuscrit autographe de Gustave Flaubert, intitulé 9 & 10 juin 1867, bal donné au Czar (inscription manuscrite sur l’enveloppe). Flaubert y relate les événements qui se sont déroulés lors du bal donné aux Tuileries le 10 juin 1867. Flaubert est l’un des 600 invités de ce bal, donné par l’empereur Napoléon III au palais des Tuileries. Une grande fête est organisée en l’honneur du tsar Alexandre II et du roi de Prusse Guillaume Ier, venus visiter l’Exposition universelle. De vastes travaux d’aménagement et d’embellissement ont été organisés pour permettre au palais d’accueillir les invités. Flaubert dresse ici un récit précis du faste de la soirée: «La première impression est exquise. Des lignes de lanternes en porcelaine marquent les allées et font comme de grosses perles brillantes. Les fleurs du parterre ont l’air dessinées en lumière – les gazons semblent d’émeraude, les arbres paraissent peints. […] Puis, à gauche, à vingt pas de moi, sur l’estrade où part l’escalier qui descend au jardin quatre ombres paraissent. Les deux Empereurs, l’Impératrice et la Princesse Mathilde – Ils rentrèrent. Deux ou trois dames descendent. Cela a l’air d’une vision, d’un rêve.»
FLAUBERT, «9 et 10 juin 1867. Bal donné au Czar» Vie et travaux du R.P. Cruchard et autres inédits, éd. Mathieu Desportes et Yvan Leclerc, Presses des universités de Rouen et du Havre, 2005.
Taches, traces de pliures. Estimation: 3.000 – 5.000 euros.

251. L’Éducation sentimentale, Paris, Michel Lévy frères, 1870
2 vol. in-8 (22,8x 14,4cm), bradel demi- percaline rouge, tête dorée (reliure de l’époque).
Édition originale sur papier d’édition. Rousseurs, mors et coins frottés, quelques petites taches. Estimation: 800 – 1.000 euros

252. Correspondance autographe à Guy de Maupassant. S.l.n.d. pour la plupart [1870-1880]
49p. sur 30 doubles ff. et 5ff. in-8 et in-12 en 1 vol. in-8 (23,6x 15,8cm), reliure janséniste maroquin bordeaux, dos à nerfs, encadrement intérieur de filets dorés, doublures et gardes de soie moirée bordeaux, tête dorée (Canape et Corriez).
Correspondance de 35 lettres autographes de Gustave Flaubert à Guy de Maupassant, dont 33 signées de son nom ou de ses initiales et 2 signées «votre vieux». Yvan Leclerc, spécialiste de Flaubert et éditeur de cette correspondance, estime qu’elle s’étend de 1875 à 1880. Elle regroupe environ un tiers des lettres connues de Flaubert à Maupassant. Gustave Flaubert fit la connaissance de Guy de Maupassant par l’intermédiaire de la mère de ce dernier, Laure de Maupassant, soeur d’Alfred Le Poittevin, un ami d’enfance de Flaubert. Dès son enfance, Maupassant put donc lire les ouvrages que Flaubert envoyait à sa mère et lors de son entrée en littérature, il le choisit pour maître.
L’amitié et l’estime qui unissent les deux auteurs apparaissent tout au long de cette correspondance, dans laquelle il est principalement question de littérature. Flaubert encourage Maupassant dans la poursuite d’une carrière littéraire, lui prodigue des conseils pour se faire éditer et l’introduit auprès de personnalités littéraires et politiques telles Banville («Voici le mot pr Banville. Vous serez bien reçu, c’est un très galant homme.») ou Raoul-Duval. Flaubert entretient son correspondant de ses propres travaux littéraires, comme Le Château des coeurs, Bouvard et Pécuchet, ou s’inquiète de son train de vie: «Modérez votre vie et tenez-vous en joye et labeur.»
Sont également reliés dans ce volume:
– 1 lettre autographe signée à Auguste Vacquerie, s.l.n.d., 1p. sur 1 double f. in-8, dans laquelle il lui recommande d’aider Maupassant: «qui vous contera son histoire […] et votre vieux coeur de romantique va, comme le mien, en bondir d’indignation».
– 1 lettre autographe signée [à Claudius Popelin], datée du mercredi 31, 1p. sur 1
double f. in-8
– 1 note autographe à propos de recherches en botanique pour Bouvard et Pécuchet, 2p. sur 1f. in-8
– 1 lettre de Caroline Commanville, nièce de Flaubert, à Guy de Maupassant à propos de la jeunesse de son oncle, Paris, 10 novembre 1883, 4p. sur 1 double f. in-12
– 3 télégrammes annonçant à Maupassant l’apoplexie et la mort de Flaubert, 3p. sur 3ff. in-8
– 2 lettres signées «Caroline Groult-Flaubert», née Commanville, sur la publication de la présente correspondance, Paris, 3 octobre 1927 et Château d’Ourville, 17 septembre 1927, 2p. sur 1f. in-4 et 1f. in-8
– 1 lettre de Louis Bertrand, Antibes, 19 septembre 1927, 1p. sur 1f. in-4
Estimation 50.000 – 70.000 euros.

253. Correspondance de 33 lettres autographes signées adressées à Émile Zola, Paris, Croisset, [1871-1880]
Ensemble environ 48p. sur 33ff. in-8 et in-12 en 1 vol. in-8 (21x 15cm), demi-chagrin écrasé havane, dos lisse (reliure du XXe siècle).
Réunion de 33 lettres autographes signées de Gustave Flaubert à Émile Zola, ainsi qu’une lettre allographe et deux copies de lettres de Flaubert à Zola.
Malgré une première rencontre mitigée, les deux hommes se prennent d’affection et entretiennent une correspondance qui s’étend de 1871 à 1880, prenant fin avec la mort de Flaubert.
Tous les sujets sont évoqués, notamment leurs relations communes: Daudet, Tourgueniev, Maupassant, les Goncourt ou l’éditeur Charpentier. Leurs différents ouvrages, en cours ou passés, sont souvent abordés. Ainsi, après la lecture du Nana de Zola, Flaubert s’extasie: «J’ai passé hier toute la journée jusqu’à 11h1/2 du soir à lire Nana. Je n’en ai pas dormi cette nuit & j’en demeure stupide. Nom de dieu! Quelles couilles vous avez!» (Lettre du 15 février 1880.)
Il tient son correspondant au courant de ses propres progrès: «Jamais je ne me suis senti plus d’aplomb, mais l’Histoire d’un coeur simple ne sera pas finie avant 3 semaines, après quoi je préparerai immédiatement mon Hérodiade (ou Hérodias).» (Lettre du 23 juillet 1875.) Il lui confie également ses doutes: «Mon existence est maintenant bouleversée; j’aurai toujours de quoi vivre, mais dans d’autres conditions. Quant à la littérature, je suis incapable d’aucun travail. Depuis bientôt quatre mois (que nous sommes dans des angoisses infernales), j’ai écrit, en tout, quatorze pages, et mauvaises! Ma pauvre cervelle ne résistera pas à un pareil coup.» (Lettre du 3 août 1875.)
Il partage également son enthousiasme pour les oeuvres de son correspondant: «Ne m’envoyez pas votre Assommoir, ça me perdrait. Je serai dessus trois jours, et mon départ serait retardé. Je crève d’envie de le lire, et je vous assure que ma résolution est héroïque […] mettez-moi de côté les bêtises qui seront dites sur l’Assommoir» (5 janvier 1877).
Beau témoignage de l’estime artistique et de l’affection que porta Flaubert à Zola, qu’il résume dans sa lettre du 18 février 1879: «Il n’est pas possible d’être un meilleur bougre que vous. Merci de votre lettre qui me remet, comme disent les bonnes gens, “du baume dans le sang”.»
Quelques petites taches, traces de pliures, 2 petites déchirures marginales sans atteinte au texte. Estimation 40.000 – 50.000 euros.

254. Notes historiques sur le Moyen Âge. S.l.n.d.
27p. sur 6 doubles ff. et 2ff. in-4 (30x 18,8cm) et 41p. sur 3 doubles ff. et 16ff. in-folio à in-8 (dimensions diverses).
Ensemble de notes autographes intitulé Notes historiques sur le Moyen Âge, tirées de divers volumes tels Histoire de la conquête de l’Angleterre par les Normands d’Augustin Thierry (Paris, 1825), Histoire de la Civilisation en France de Guizot (Paris, 1828) ou encore De l’esprit des Lois de Montesquieu (Genève, 1784).
Un premier ensemble consiste en une étude de l’histoire médiévale de l’Italie (la plus approfondie et développée), de la Grande-Bretagne, de la Bretagne, de l’Espagne et de la Germanie.
Le second ensemble se concentre sur la même période en France et particulièrement sur la «société féodale dans ses rapports civils et religieux» et la chevalerie. Après avoir reproduit «Ballade du Bachelier d’Armes», un poème d’Eustache Deschamps (XIVe siècle), Flaubert entame son étude par un «état des idées actuelles (1830) sur le M[oyen] Âge».
Il est peu probable que ce manuscrit ait été rédigé en 1830. En effet, à cette époque-là, Flaubert est élève au Collège royal de Rouen. Il s’agit plus certainement de l’année d’édition de l’exemplaire d’Histoire de la civilisation en France de Guizot, sur lequel Flaubert fonde sa recherche.
Quelques taches et rousseurs, petits manques et déchirures marginaux. Estimation: 10.000 – 15.000 euros.

255. Lettres à Georges Sand, Paris, Charpentier, 1884
In-12 (18,1x 11,5cm), reliure janséniste maroquin rouge, dos à nerfs, bordure intérieure ornée de motifs dorés, tranches dorées, couvertures conservées, étui (E. Carayon).
Édition originale, l’un des 50 exemplaires sur Hollande. Petit manque au 1er plat de couverture, jaunissement de la marge intérieure du titre, dos passé, un mors partiellement fendu. Estimation: 500 - 700 euros.

383. Maupassant, Guy de (1850-1893), La Trahison de la comtesse de Rhune, S.l., [entre 1875 et 1878]
62p. sur 62ff. de formats divers en 1 vol. in folio (36,5x 24cm), demi-maroquin bleu nuit à coins, dos lisse, titre doré en long (Yseux Sr de Thierry-Simier).
Manuscrit autographe de la pièce La Trahison de la comtesse de Rhune de Guy de Maupassant, annotée et commentée par Gustave Flaubert.
Il s’agit d’un des rares témoignages des essais dramatiques de Guy de Maupassant, qui obtinrent peu de succès. L’action de la présente pièce se situe en Bretagne en 1347. La comtesse de Rhune profite du départ à la guerre contre l’Angleterre de son époux pour recevoir son amant anglais. Elle séduit l’un de ses domestiques et le convainc d’assassiner son mari, afin d’avoir la voie libre pour voir son amant.
Un drame historique donc, que Maupassant envoie à son maître Gustave Flaubert pour qu’il y fasse ses commentaires. Celui-ci lui retourne le manuscrit avec plusieurs annotations autographes à la mine de plomb dans le texte, ainsi qu’un feuillet volant (35,5x 7cm) comportant une série de remarques. Malgré cette collaboration et trois ans de travail, la pièce ne sera finalement jamais représentée et ne connaîtra sa première édition qu’en 1927 par Pierre Borel.
Relié en tête de volume, le portrait de Guy de Maupassant gravé par Adrien Nargeot en 4 états: sur satin, eau-forte pure, avant la lettre et état définitif, avec en remarque le portrait de Flaubert.
Quelques taches, restaurations, petites déchirures marginales, reliure un peu frottée. Estimation: 30.000 – 50.000 euros.

(< Éric Walbecq)
19 novembre 2019, cabinet Poulain, vente Millon, Paris Salle VV
http://www.poulainlivres.com/19-novembre-2019-paris.html
315. Trois contes. Un coeur simple - La Légende de saint Julien l’hospitalier – Hérodias, Paris, Charpentier, 1877. In-12 de [2]ff.-248p.-[1]f. Maroquin rouge post., dos à nerfs orné, titre doré, lieu et date en queue, bel encadrement de filets dorés sur les plats, filets dorés encadrant les contreplats, tr. dorées, couv. conservée (Chambolle-Duru). Édition originale. Ex-libris Jolly Bavoillot, dessinée par Giacomelli. Superbe exemplaire, parfaitement établi, enrichi d’un envoi autographe signé de G. Flaubert au faux-titre à son ami l’historien Alfred MAURY (1817-1892). (Vicaire III, 730.) Estimation: 2.500 - 3 000 euros.

Vente Ader, Hôtel Drouot, 21 novembre 2019, Les collections Aristophil
https://www.ader-paris.fr/catalogue/100431?
930. L.A.S. «Gve», Croisset vendredi soir [8 août 1851], à Louise COLET à Paris; 1 page et demie in-8, enveloppe avec cachet de cire rouge. Un mois avant de commencer la rédaction de Madame Bovary. Estimation: 3.000 - 4.000 euros.

931. L.A.S. «ton G.», Samedi 1h. [«16 avril 1853» de la main de Louise Colet], à Louise COLET; 4 pages in-4. Très belle lettre sur l’écriture de Madame Bovary. Estimation: 12.000 -15.000 euros.

932. L.A.S. «ton G.», Nuit de vendredi 2h. [23 décembre 1853], à Louise COLET à Paris; 4 pages in-4, enveloppe avec cachet de cire rouge (Louise Colet a noté deux vers au dos de l’enveloppe).Très belle lettre sur l’écriture de Madame Bovary et le gueuloir, et évoquant vertement les amours de Louis Bouilhet. Estimation: 12.000 - 15.000 euros.

933. L.A.S. «Gve Flaubert», Mardi [11 février 1857, à son ami Frédéric BAUDRY]; 4 pages in-8 sur papier bleu (petites fentes réparées). Intéressante lettre sur Madame Bovary, entre sa publication en revue et l’édition originale. Estimation: 5.000 - 7.000 euros.

934. L.A.S. «Gve Flaubert», Dimanche soir [Croisset 26 janvier 1862], à Charles BAUDELAIRE; 1 page in-8 sur papier bleu. Au sujet de la candidature de Baudelaire à l’Académie française. Estimation: 5.000 - 7.000 euros.

935. L.A.S. «Gve Flaubert», Vichy 2 juillet [1863, à Ernest FEYDEAU]; 8 pages in-4 très remplies (infimes fentes aux plis). Superbe et très longue lettre d’un style parfois très cru, après la lecture du roman d’Ernest Feydeau Le Mari de la danseuse. Estimation: 5.000 - 7.000 euros.

936. L.A.S. «Gve Flaubert», Croisset 4 décembre [1877, à Georges PENNETIER]; 1 page in-8. Amusante lettre inédite. Estimation: 1.200 - 1.500 euros.

(< Jacques-Remi Dahan)
Site Plazzart
Lettre de Flaubert à Ernest Feydeau, 8 septembre 1862. 2.500 euros
https://www.plazzart.com/fr_FR/achat/livres-autographes-papiers/gustave-flaubert-lettre-autographe-signee-a-propos-de-salammbo-474410
(Dans la notice du catalogue, erreur sur la date et le destinataire.)

VIENT DE PARAÎTRE

Articles

Atsuko Ogane, «Hérodias et Hérodiade. Flaubert, Massenet, Tourguéniev et Pauline Viardot» (octobre 2019), site Flaubert.
https://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=78
Contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord, l’intertextualité entre Hérodias de Flaubert et Hérodiade de Massenet n’est pas évidente. Flaubert décède le 8 mai 1880 à Croisset. Massenet crée Hérodiade le 19 décembre 1881 au théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Jusqu’à nos jours, leur relation n’était pas bien connue. Mais grâce à la découverte d’une carte de visite inédite de Flaubert à Massenet, aux lettres de Massenet à Flaubert et à l’envoi d’un exemplaire de Flaubert à Massenet (ce qui n’était pas connu), à la lettre d’invitation de Pauline Viardot à Massenet, ainsi qu’aux lettres inédites de Flaubert à Reyer qui montrent son engagement spontané et passionné à la création théâtrale de Salammbô, nous constatons que leur entourage commun était très solidement lié sur le plan esthétique. Flaubert a pu rencontrer Massenet à propos du projet d’Hérodiade et il est possible que ces échanges avec l’écrivain aient influencé, plus qu’on ne l’imaginait jusqu’alors, la création de l’opéra Hérodiade, inspiré du dernier des Trois contes.

< François Lapèlerie)
La revue Sociétés et représentations publie son dernier numéro (48 - 2019/2): Les imaginaires du canal de Suez.
https://www.cairn.info/revue-societes-et-representations-2019-2-page-171.htm
Il contient plusieurs articles intéressants sur le canal avec des allusions à Flaubert:
– un article où il est question de Flaubert, Sand et la faïence:
Les circonvolutions d’une réclame: George Sand, La Presse et la faïence
– un article de Sarga Moussa: «Un canal pour rire, où il est aussi question à l’occasion de Flaubert»

Thierry Poyet, «Flaubert et le refus de l’illustration dans les années 1870», dans Penser et (d)écrire l’illustration. Le rapport à l’image dans la littérature des XVIIIe et XIXe siècles, Joanna Augustyn, Jean-Pierre Dubost et Sarah Juliette Sasson (dir.), Clermont-Ferrand, PUBP, coll. «Révolutions et Romantismes» n°24, 2019, p.197.

SUR LA TOILE

(< Benoît Melançon)
Sur Twitter: @LIndeprimeuse: «Le 9 mars 2019 à 11 heures 53 minutes 25 secondes, 705 millisecondes, la machine […] decouvre l’importance du tiret chez Flaubert […]»
Tiré de Le_zéro_et_le_un.txt de @JosselinBordat chez @Ed_Flammarion

(< François Lapèlerie)
Mario Vargas Llosa, auteur de Flaubert ou l’orgie perpétuelle, a reçu en octobre 2019 le Prix littéraire Château La Tour Carnet, doté de 20.000 euros. En prime, il lui a été offert une édition originale de Madame Bovary, publié en 1857 (et non 1867 comme il est imprimé dans l’article), avec un envoi à Alfred Guérard.
Remise du prix:
https://www.terredevins.com/actualites/mario-vargas-llosa-recoit-le-prix-litteraire-chateau-la-tour-carnet/
Entretien avec Mario Vargas Llosa:
https://www.sudouest.fr/2019/10/09/le-vin-flaubert-et-trump-mario-vargas-llosa-nobel-de-litterature-se-livre-6681556-4692.php
Provenance du volume offert:
https://www.edition-originale.com/fr/litterature/editions-originales/flaubert-madame-bovary-1857-46560

LECTURES

(< François Vannosthuyse)
Régis Debray, Du Génie français, Gallimard, 2019
«J’apprends que mes éminents confrères, si je puis dire sans me pousser du col, ont déjà blackboulé Molière, pour misogynie petite-bourgeoise, Pascal, pour incitation aux jeux de hasard, Racine, pour élitisme, Chateaubriand, pour poses et draperies, Balzac, pour surpoids, Flaubert, pour abus de gueuloir et mépris de classe, et le Bonhomme La Fontaine, comme trop attendu, consensuel et scolaire. Mortifiant dézingage» (p.12).
«Images et sons perdent leur séduction plus vite que les mots, et Emma Bovary ou Odette, outre que chacun peut s’en faire une silhouette à sa guise, échappent à ce qui fane avec les ans Suzy Solidor ou Brigitte Bardot» (p.18).
«Nous ne parlons pas du même lascar [Stendhal] que ses contemporains, qui ne connaissaient que le bel esprit, le libelliste, le touche-à-tout, l’agitateur culturel, dirions-nous aujourd’hui, un sémillant causeur “écrivant mal", disait déjà George Sand, comme après elle Flaubert, mais pittoresque, bon en somme pour le deuxième rayon» (p.42).
«Je ne connais personne qui se dise ou dont on puisse dire qu’il est, dans la vie, flaubertien ou gracquien» (p.43-44).
«Là où Hugo décrit et Flaubert s’efface, Stendhal se raconte» (p.51).
«Il y a un bovarysme de l’ambitieux, qui préfère l’esprit de l’action à l’action, en doublant sa vie réelle d’une vie imaginaire beaucoup plus riche, ce qui lui permet d’excuser les manques de la première par le trop-plein sans danger de la seconde» (p.88-89).

«Le romanesque – auquel il arrive pourtant qu’elle [Sand] se refuse – est chez elle un principe de liberté, qui la décharge des exigences du réalisme strict et de l’impérieuse focalisation narrative, avec mutisme imposé à l’instance auctoriale, qui donnent tant de fil à retordre à Flaubert» (José-Luis Diaz, «George Sand et le roman», préface à George Sand, Romans, Bibliothèque de la Pléiade, 2019; extraits dans La Lettre de la Pléiade, n°66, septembre-novembre 2019, p.8).
On peut tenter de réhabiliter le romanesque sandien sans se sentir obligé de caricaturer, par faire-valoir, l’esthétique de ses contemporains: si Flaubert a eu «du fil à retordre» (il les a connus, les «affres du style»!), c’est avec le travail de la langue, et non avec les «exigences du réalisme strict», dont il s’est toujours moqué, ni avec le principe d’impersonnalité, choix assumé et non contrainte vécue dans la douleur.


Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Marie-Paule Dupuy, Olivier Leroy et Joëlle Robert. Il vous tiendra informés, selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement, veuillez vous inscrire à l'adresse suivante:
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