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BULLETIN FLAUBERT n° 220 / 12 décembre 2020

Aujourd’hui, 12 décembre 2020

C’est le jour du 199e anniversaire de Flaubert, né le 12 décembre 1821. L’année prochaine sera donc celle du 200e anniversaire. L’année de commémoration aurait dû débuter dès ce mois, le 4 à Paris et le 5 à Rouen. Le calendrier a été différé en mars. En janvier ouvrira le site flaubert21.fr regroupant l’ensemble des manifestations en Normandie et ailleurs en France et dans le monde, en particulier en Égypte et en Tunisie. Au total, 150 événements ayant reçu le label «Flaubert 21» se dérouleront sur l’ensemble de l’année.

VGE

«Ma véritable ambition serait une ambition littéraire. Si j’avais la certitude de pouvoir écrire en quelques mois ou quelques années l’équivalent de l’oeuvre de Guy de Maupassant ou de Gustave Flaubert, il est hors de doute que c’est vers cette sorte d’activité, avec joie, que je me tournerais.»
5 mars 1974, quelques mois avant l’élection présidentielle, lors d’un déjeuner organisé par La Revue des deux mondes (Le Monde, 4 décembre 2020).

AGENDA

26-27 janvier 2021, Maison de l’Université, Université de Rouen Normandie
Lecture mise en musique (2 comédiens et une violoncelliste) de la correspondance entre Flaubert et George Sand.
http://mdu.univ-rouen.fr/correspondance-cie-akte-667793.kjsp?RH=1380190856762

VENTES

11 décembre 2020, vente Osenat, Fontainebleau
https://www.osenat.com/catalogue/107514?
Lot 10. Salammbô, Paris, Michel Lévy frères, 1863. In-8, (4)-474-(2 dont la dernière blanche) p., demi-maroquin brun à coins, dos à nerfs cloisonné et orné de fleurons mosaïqués polychromes et dorés, filet doré en lisière de cuir sur les plats, tête dorée sur témoins, couvertures un peu salies conservées, mors entamés, deux épidermures sur le papier marbré du premier plat (Bretault). Édition originale. Exemplaire de premier tirage, avant corrections d’«effraya» en «effrayèrent» (p.5) et de «Scissites» en «Syssites» (p.217, 251, 268, 270).
Envoi autographe signé «à mon ami Louis Ulbach, en souvenir de la Revue de Paris». Louis Ulbach dirigeait ce périodique avec l’ami de Gustave Flaubert, Maxime Du Camp, et y avait publié Madame Bovary en 1857, certes avec coupes. Provenance: estampille ex-libris à la grenade. – Maxime Van Nieuwenhuyse (vignette ex-libris). – Gaston Delouche (vignette ex-libris). Estimation: 2.000/ 3.000 euros.

Lot 12. Lettre de George Sand à Flaubert, jointe au Journal des Goncourt, 27 juin 1870.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=16338

Lot 102. Lettre autographe à Louise Colet. [Croisset, 3-4 avril 1852], «Samedi, 4 h.» puis «dimanche». 4pp. in-4, enveloppe conservée avec cachet postal du 5 avril 1852.
Louise Colet, la «chère Muse» de Flaubert. Écrivain originaire d’Aix-en-Provence, Louise Révoil (1810-1876) vint se fixer à Paris avec son mari le flûtiste Hippolyte Colet. Elle y tint salon et y mena une vie tumultueuse, ayant des aventures avec différents personnages comme Musset, Vigny, Champfleury ou Victor Cousin. Flaubert la rencontra en juillet 1846 chez le sculpteur James Pradier, et devint son amant. Leur liaison fut orageuse dès le début, Flaubert repartant à Croisset où, disait-il, l’appelaient ses devoirs de fils et d’écrivain. En fait, depuis sa crise de 1844, il avait renoncé à vivre pour pouvoir «représenter» la vie, comme il l’explique dans la première version de L’Éducation sentimentale. En septembre 1846, ils trouvèrent un compromis et décidèrent de se retrouver régulièrement à mi-chemin de Croisset et de Paris, à Mantes, mais rompirent en mars 1848 quand Louise Colet annonça à Flaubert qu’elle avait pris un nouvel amant et était enceinte. Ils renouèrent en 1851, Louise Colet demandant à devenir sa femme, mais ils eurent des liaisons chacun de leur côté et se brouillèrent en 1854. «Les plus émouvantes, les plus révélatrices et les plus belles de ses lettres», ainsi sont qualifiées celles que Gustave Flaubert écrivit à Louise Colet durant leur relation, par les auteurs de l’Album Flaubert de la Pléiade, Jean Bruneau et Jean Ducourneau (1972). Estimation: 4.000/ 5.000 euros.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=9916

(<Jean-Paul Goujon, Steve Murphy)
7-15 décembre 2020, Sotheby’s, vente en ligne
https://www.sothebys.com/en/buy/auction/2020/livres-et-manuscrits/
Lot 70. L’Éducation sentimentale. Histoire d’un jeune homme, Paris, Michel Lévy frères, 1870.
2 volumes in-8 (245x 150mm). Maroquin bleu nuit janséniste, doublure de veau fauve, gardes de soie moirée bleu foncé, tranches dorées, couverture et dos (René Aussourd).
Édition originale. Un des très rares exemplaires sur papier de Hollande en reliure doublée, de la bibliothèque Pierre Duché (tirage à 25 selon Carteret et Clouzot). Les exemplaires sur Hollande ont été brochés avec des couvertures de papier ordinaire portant la mention de deuxième édition (Carteret, I, 268). Cette mention a été grattée sur chacune des couvertures de l’exemplaire. Pour L’Éducation sentimentale comme pour Salammbô, Flaubert ne reçut de l’éditeur qu’un nombre restreint d’exemplaires sur grand papier: 25 exemplaires sur Hollande, l’auteur le soulignant d’ailleurs dans plusieurs de ses envois. Auguste Lambiotte, dans Le Livre et L’Estampe, a dénombré vingt-cinq exemplaires sur Hollande dont sept avec envoi, auxquels il nous faut ajouter celui de Marguerite Peloux qui passa en vente lors de la dispersion de la bibliothèque Exbrayat.
Cet exemplaire en maroquin bleu nuit doublé de maroquin fauve ne figure pas dans la liste donnée par Lambiotte des exemplaires sans envoi. Il se peut que cet exemplaire soit un des cinq exemplaires brochés sans envoi de sa liste et aurait été relié par la suite.
[On joint:]
Lettre autographe signée adressée à son éditeur Michel Lévy (une page sur un bi-feuillet in-8 de papier vergé ivoire, à l’encre brune). [Vers 1870.] Cette lettre semble inédite:
«Ne pensez-vous pas qu’il faudrait une page blanche  ̶  une page entière où serait écrit Seconde partie? (p.174).
Dans le bon à tirer que j’ai donné hier, il y a plusieurs marques au crayon. Ne manquez pas de les effacer, je vous prie. Plusieurs fois les imprimeurs ont mis en italique les mots ainsi soulignés.
Tout à vous, cher ami
Gve Flaubert»
La page 176 finalement (et non 174) du volume I est blanche; le titre de «Deuxième partie» figure en tête de la page 177. Provenance: Pierre Duché (ex-libris; 1972, lot 74). Estimation: 10.000/ 15.000 euros.

Lot 71. La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier et Cie, 1874.
In-8 (229 x 155mm). Broché, emboîtage de demi-maroquin fauve et étui. Couverture détachée, premiers feuillets brunis et presque débrochés. Exemplaire broché sur Hollande avec envoi, enrichi de 2 lettres autographes signées de Gustave Flaubert. Un des 75 exemplaires sur Hollande, second papier après 12 Chine.
Envoi autographe signé:
«à mon ami Maulmond
Gve Flaubert»

Il peut s’agir de Zacharie Maulmond, dont le père avait été sous-préfet de Boussac, et que l’on rencontre au moment des fêtes de Pâques 1873 et de bien d’autres à Nohant chez George Sand. À cette époque, celle-ci aime s’entourer de jeunes gens aux côtés de ses vieux amis tels que Flaubert, les Viardot, Alexandre Dumas fils ou encore Tourgueniev.
Mais cet envoi s’adresse peut-être aussi à Frédéric Maulmond qui, cette même année 1874, envoya à Flaubert son ouvrage Aspirations et réalités paru à la Librairie des bibliophiles avec l’envoi suivant: «À Gustave Flaubert – Hommage de vive admiration. F. Maulmond».
La différence de ton entre l’envoi amical de Flaubert et l’envoi admiratif de Frédéric Maulmond nous laisse penser que notre exemplaire a plutôt été offert à Zacharie Maulmond avec lequel Flaubert avait sûrement séjourné à Nohant.
[Monté en tête:] Deux lettres autographes à propos de La Tentation de saint Antoine, à des correspondants non identifiés (chacune une page in-8, à l’encre noire, sur un bi-feuillet blanc ajouté et broché en tête du volume). Il semble qu’elles aient été écrites juste avant la parution de sa pièce Le Candidat (mars 1874) et de la troisième version de La Tentation de saint Antoine (avril 1874).
«Ne perdez pas votre temps à chercher ce que vous appelez un Poëme. La Tentation de saint Antoine est une de mes oeuvres inédites que je compte retravailler et publier à quelques jours. J’en ai donné plusieurs fragments dans L’Artiste hiver de 1857 [1856-1857].
En 1858 j’ai donné au même journal une dissertation sur l’archéologie celtique.
Mille cordialités
Gve Flaubert
Croisset. Vendredi. »

«Merci de votre lettre, aimable confrère. Elle m’a été au coeur! Et merci de votre volume que j’ai lu, & annoté.
J’ai envie de vous serrer la main dite-moi quand & où je puis me procurer ce plaisir.
Je reste chez moi le dimanche dans l’après-midi & pendant la semaine je ne sors guère avant midi ou une heure.
Je vous enverrai, dès qu’ils seront parus, Le Candidat et St Antoine.
À vous, sans la moindre cérémonie
Gve Flaubert
4 rue Murillo parc Monceau.»

La Tentation de saint Antoine est l’une des oeuvres qui occupa le plus Flaubert. Elle fut rédigée une première fois entre le 24 mai 1848 et le 12 septembre 1849, puis mise de côté après le verdict accablant de Louis Bouilhet et Maxime Du Camp: «il faut jeter cela au feu et n’en jamais reparler». Certains extraits furent cependant publiés dans L’Artiste des 21 et 26 décembre 1856, ce qui permit à Baudelaire d’entrevoir que cet ouvrage pouvait être «une oeuvre plus intéressante pour les poètes et les philosophes que Madame Bovary». Après trente ans de remaniements, l’ouvrage paraîtra finalement en avril 1874.
Provenance: Zacharie (ou Frédéric?) Maulmond (envoi). -- Edmond et Paul Raphaël au château de Frénouville, puis par descendance. Fils d’Edward Nathan Raphaël, célèbre banquier installé à Paris dans les années 1860, Edmond et Paul Raphaël achètent, en 1867, le château de Frénouville dans le Calvados qu’ils restaurent. «Edmond se consacre à l’agriculture et la vie politique locale. […] Paul Raphaël […] s’est toujours tenu à l’écart de la banque: outre un goût prononcé pour des recherches historiques, il s’est essentiellement consacré à des activités politiques et philanthropiques» (Cyril Grange, Une élite parisienne: les familles de la bourgeoisie juive (1870-1939), Paris, CNRS Éditions, 2016, p.86-87). En bibliophiles avisés, tous deux réunirent à Frénouville une magnifique bibliothèque. Mais les affres de la Seconde Guerre mondiale les obligent à fuir. La kommandantur s’installe et spolie le domaine. Sur les près de 3.000 volumes pillés, seuls 948 seront restitués entre 1947 et 1950. ̶  Ex-libris non identifié. Estimation: 2.000/ 3.000 euros.

Lot 72. Bouvard et Pécuchet. Oeuvre posthume, Paris, Alphonse Lemerre, 1881.
In-12 (180x 112mm). Maroquin vert foncé janséniste, dos à nerfs, encadrement intérieur du même maroquin serti d’un filet doré, doublure de maroquin émeraude, gardes de soie moirée vert foncé, doubles gardes de papier marbré, tranches dorées sur témoins, couverture, étui(Ch. Septier).
Dos légèrement passé et mors du premier plat un peu frotté. Exemplaire sur Hollande en reliure doublée, de la bibliothèque Pierre Guérin. Édition originale, publiée à titre posthume. Le premier volume paraîtra, après la mort de Flaubert survenue le 8 mai 1880, dans la Nouvelle Revue (15 décembre 1880-1er mars 1881) dirigée par Juliette Adam, puis en librairie l’année suivante. Le second volume restera inachevé, Flaubert n’ayant pu en terminer la rédaction. Un des 55 exemplaires sur Hollande, seul grand papier.
Les dernières années de Flaubert furent assombries par la guerre, les deuils et d’importantes difficultés financières. Après la mort de sa mère, il se confine dans la solitude à Croisset. Pendant cette période, Flaubert élabore lentement, dans la tristesse et l’ennui, sa dernière oeuvre, commencée en 1874 et demeurée inachevée: Bouvard et Pécuchet. Ce roman présente une sorte d’inventaire de la sottise contemporaine et de la sottise humaine en général, décrite par «deux bonshommes» qui tentent une série d’expériences scientifiques plus défectueuses et absurdes les unes que les autres.
[Relié en tête:] Portrait de Flaubert gravé à l’eau-forte. Provenance: Pierre Guérin (ex-libris). Estimation: 3.000/ 5.000 euros.

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
18 décembre 2020, Normandy Auction, Rouen
Lot 455. Lettre autographe, adressée à Louise Colet. [Rouen, janvier 1847]. 4 pages in-4°.
https://www.gazette-drouot.com/lots/13989802
Belle lettre d’amour du romancier à sa maîtresse la poétesse Louise Colet (1810-1876). Elle témoigne de leur attachement mutuel, du soin que Flaubert prend à rassurer son amie, tout en lui faisant part de pensées intimes. Plusieurs formules, des sous-entendus, laissent pourtant paraître une certaine ambiguïté de sentiments qui donnent à cette lettre une remarquable ampleur.
(Flaubert, Correspondance, Bibl. de la Pléiade, t.1, p.426).
Lettre en ligne:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=9736

Catalogue Les Autographes, Thierry Bodin, n°148, Noël 2020
Lot 113. Lettre à Ernest Chevalier, Bagnères-de-Luchon, 17 septembre 1840; 2 pages et demie in-4, adresse (légères rousseurs). 3.500 euros.
http://www.lesautographes.com/?page_id=2880?&SingleProduct=3507
Belle lettre de jeunesse racontant assez vertement son voyage à son ami de collège.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=13613

VIENT DE PARAÎTRE

Ouvrages

Daniel Fauvel et Hubert Hangard, Fortune & Infortune des Flaubert, t.2, D’Achille Cléophas Flaubert à Anne Justine Caroline Fleuriot, Petit-Caux, Wooz Éditions, 2020.

Eftychia Nicolakopoulou, Le Paris de Flaubert, XIXe siècle, Éditions Ocelotos, 2020.
https://www.ocelotos.gr/#!/~/search/keyword=Flaubert
La présente étude, historique, géographique, statistique, sociologique et culturelle de la société parisienne, est basée sur L’Éducation sentimentale. Elle fait référence au Paris d’autrefois dont une grande partie a disparu avec l’ouverture de grands boulevards et d’autres projets urbains, sous la direction du baron Haussmann. On y découvrira des rues qui n’existent plus aujourd’hui ou qui ont changé de nom, des théâtres, des restaurants et de petits cafés comme lieux de rencontre et de divertissement. On présentera en détail les costumes et la mode du XIXe siècle.

Thierry Poyet, Flaubert, Paris, Ellipses, 2020.
https://www.editions-ellipses.fr/accueil/10741-21217-flaubert-9782340042155.html#description-scroll-tricks
La présente biographie ne recèle aucune découverte surprenante, sinon celle d’une parole libre proférée par l’écrivain non seulement dans ses livres, publiés ou pas, ses documents de travail mais aussi dans une correspondance que son gigantisme (des milliers de lettres) empêche souvent de lire in extenso. Il s’agit donc de donner à entendre sa voix, magistrale, à lire sa pensée, souvent révoltée, sa conception du monde, toujours singulière, et de se placer au plus près de l’homme et de l’écrivain, au plus près de sa réalité. Une réalité sans fard et sans masque pour mieux renouer avec le Flaubert que ses amis ont connu, un être entier qui n’a jamais renoncé à ses idéaux.
Extrait:
https://www.editions-ellipses.fr/index.php?controller=attachment&id_attachment=45541
Sommaire:
https://www.editions-ellipses.fr/index.php?controller=attachment&id_attachment=45540

Louise Colet ou l’éclectisme littéraire, Thierry Poyet (dir.), La Revue des Lettres modernes, coll. «Les Minores», Garnier, 2020.
Louise Colet n’est restée dans la postérité littéraire qu’en tant que maîtresse de Flaubert alors qu’elle a composé une oeuvre remarquée: de la poésie, des romans, des récits de voyage, des textes biographiques, des enquêtes historiques. Si elle a beaucoup écrit pour la presse en rêvant de diriger sa propre revue, elle a tenu aussi un salon littéraire très couru. Ainsi s’est-elle imposée en figure incontournable du monde littéraire. Malgré de nombreux reproches – on incrimine son éclectisme et fait d’elle un simple bas-bleu –, Louise Colet a laissé une oeuvre qui mérite d’être relue. Si l’écrivaine compte aujourd’hui au nombre des minores de son temps, elle n’en est pas moins une figure qui illustre avec beaucoup d’intérêt le XIXe siècle.

Articles

Luis Pimenta Gonçalves, L. (2019). «Variações e recriações cinematográficas de Madame Bovary», Revista ICONO14 Revista Científica De Comunicação E Tecnologias Emergentes, 17(2), 2019, p.82-108.
https://doi.org/10.7195/ri14.v17i2.1355
L’article est disponible sur le site de la revue espagnole ICONO14 en différents formats (html, ePUB…) et pdf à cette adresse:
https://icono14.net/ojs/index.php/icono14/article/view/1355/1531

Yvan Leclerc, «Ne rien renier, ne rien abandonner: réécrire – Flaubert ou la rumination perpétuelle», Fabula/ Les colloques, «Le négatif de l’écriture. Enquêtes sur le pouvoir de décréer», Textes réunis par Jean-Louis Jeannelle et François Vanoosthuyse, 2020. http://www.fabula.org/colloques/document6819.php

APPEL À COMMUNICATION

«Gustave Flaubert et le monde arabe», 2-4 décembre 2021, Sfax, Tunisie.
Colloque international du bicentenaire. Organisateurs: Arselène Ben Farhat et Mustapha Trabelsi.
Calendrier. 15 juin 2021: réception des propositions de communication. 15 juillet 2021: notification aux auteurs.
https://www.fabula.org/actualites/gustave-flaubert-et-le-monde-arabe_99007.php

SUR LA TOILE

(< Benoît Melançon)
Une idée de cadeau pour Noël : t-shirts «Madame Bovary et fière de l’être»
Lien

Les lettres de et à Flaubert de la Bibliothèque de l’Institut
Françoise Bérard, conservateur général, directrice de la Bibliothèque de l’Institut, est heureuse de nous annoncer la mise en ligne des autographes des lettres de et à Flaubert dans la bibliothèque numérique Minerv@ de l’Institut de France:
https://minerva.bibliotheque-institutdefrance.fr/

(< Benoît Melançon)
Gallica BnF@GallicaBnF#FieresDeLettres Chaque mois, dans @libe, @GallicaBnF met en avant une oeuvre d’écrivaine, à télécharger gratuitement. Ce mois-ci, «Un pèlerinage au pays de Madame Bovary», évocation signée par la comédienne et cantatrice Georgette Leblanc en 1913.
https://next.liberation.fr/livres/2020/12/03/georgette-leblanc-a-la-rencontre-d-emma-bovary_1806547

(< Hélène Montjean)
Deux envois autographes de Louise Colet
La lettre des Hôtels Littéraires signale l’acquisition de deux ouvrages dédicacés par Louise Colet.
https://mailchi.mp/cbade9cf0e93/la-lettre-des-htels-littraires-dcembre-2020?e=27872ab93e

LECTURES

(< Marie-Paule Dupuy)
Jean-François Derec, La littérature pour ceux qui ont la flemme de lire… mais veulent quand même briller en société, First Editions, 2013.
«Madame Bovary» (p.151-152)
Célèbre roman de Gustave Flaubert, paru en 1857, qui raconte l’histoire d’une femme qui s’ennuie.
Emma s’ennuie à Rouen avec M. Bovary, son mari. Elle lit des romans à l’eau de rose (aujourd’hui elle lirait Anna Gavalda), mais s’ennuie toujours.
Elle attend un enfant toujours en s’ennuyant, quitte Rouen pour une commune nettement plus rock’n’roll: Yonville, où elle s’étonne qu’il ne s’y passe toujours rien.
Elle élève sa fille, ce qui l’ennuie encore plus, se met au piano, joue des mélodies ennuyeuses.
Donc elle fait quoi? Elle dépense l’argent de son mari. Ça n’allait pas très loin à l’époque, pas de sac Vuitton, de Botox ou de coach de fitness, juste quelques étoffes chez le marchand. Toujours en s’ennuyant.
Elle a alors une idée géniale (il était temps, on commençait à s’ennuyer): prendre des amants.
Mais ça l’ennuie et comme ça l’ennuie, les amants finissent par s’ennuyer.
Elle doit de l’argent à son marchand d’étoffes. Aucun de ses amants ne voulant lui en prêter, elle se suicide de désespoir. Et son mari Charles meurt de chagrin.
Voilà.
Ce roman est considéré comme un monument de la littérature par les professeurs de français.
À sa sortie, Flaubert a été poursuivi pour outrage aux bonnes moeurs, on se demande bien pourquoi (voir article «Pinard»).
Il y a bien quelques chevilles entrevues sous des tonnes de jupons, des baisers furtifs dans des fiacres, des phrases du genre «Elle eut soif de ses lèvres», ou, «Défaillante, elle s’abandonna avec un long frémissement», ce qui est plutôt joliment tourné pour évoquer une pénétration.
Rendons justice à Gustave: il utilise à merveille le point-virgule, qui aère plaisamment les phrases et qui tendait à disparaître.
Heureusement le langage texto l’a réhabilité dans des expressions telles que =; ou;=).
Le langage texto héritier de celui de Flaubert, on ne dira jamais assez de bien du texto.

«PINARD, Ernest (1822-1909)» (ibid., p.184-185)
Je subodore ton étonnement, ami lecteur: que fait ce Pinard dont je n’ai jamais entendu parler dans un ouvrage consacré à la littérature?
A-t-il inventé un objet utile, comme le préfet Poubelle ou l’ingénieur Diesel? A-t-il découvert le mauvais vin qui pique? Son nom serait-il devenu nom commun par antonomase?
Que nenni.
Procureur sous le Second Empire, Ernest connaîtra le succès avec ses remarquables réquisitoires en faveur de l’interdiction de livres outrageants pour la morale.
L’année 1857 sera sa grande année. Il gagnera deux fois sur trois, contre Les Fleurs du Mal et Eugène Sue, mais perdra contre Flaubert, qui connaissait l’impératrice.
Soit un score très honorable qui lui permettra de faire une belle carrière mais qui ne l’empêchera pas de rester scandaleusement ignoré.
Ernest avait du style. Exemple, avec le réquisitoire contre Flaubert: «Réduite aux plus cruelles extrémités, parcourant tous les degrés de l’abjection, Mme Bovary arrive jusqu’aux limites extrêmes de la volupté.» On dirait presque du Flaubert!
Toujours sur la brèche, il s’oppose en 1867 à l’érection d’une statue de Voltaire. Probablement à cause du mot «érection».
Il meurt en 1909, laissant un grand vide.
Il faudra attendre trente ans, soit l’Occupation, pour retrouver des procureurs de la trempe d’Ernest.

RECHERCHE

Franck Colotte cherche à identifier la référence exacte de la (célèbre) phrase ou boutade de Flaubert portant sur l’inspiration: «L’inspiration, ça consiste à se mettre devant sa table de travail tous les jours à la même heure.» Gide par exemple la cite; on la trouve dans différents articles de presse (ne citant aucune source). On n’en trouve pas trace dans la Correspondance de Flaubert.




Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Marie-Paule Dupuy, Olivier Leroy et Joëlle Robert. Il vous tiendra informés, selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement, veuillez vous inscrire à l'adresse suivante:
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Contact: flaubert-bulletin-request@listes.univ-rouen.fr



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