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[BULLETIN FLAUBERT n° 224 / 10 mai 2021]

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
28 avril 2021, vente Lion Heart Autographs, New York, NY, US
https://www.invaluable.com/auction-lot/flaubert-mentions-his-close-friend-recently-decea-61-c-667410986f
FLAUBERT, GUSTAVE (1821-1880). French author. ALS. (“Gu. Flaubert”). 1p. 8vo. N.p., N.d. (“Thursday morning,” dated in an unknown hand September 11, 1869). (To Philippe Leparfait, the adopted son of his recently deceased friend and confidant, French poet Louis Bouilhet (1821-1869).) In French with translation. Estimation: 1.600/ 1.800 dollars.
En ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=11436

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Jacques-Remi Dahan, Éric Walbecq)
29 avril 2021, Vente Osenat
Lot 33. Lettre de Zola à Marguerite Charpentier, 5 février 1879, concernant la pension de Flaubert. «...Voici où en sont les choses avec Flaubert. J’ai justement vu Tourguéneff qui revient de Croisset. Il a beaucoup ébranlé Flaubert qui, avant de dire un oui définitif, a voulu connaître les appointements de la place en question... Mon avis est donc que vous agissiez immédiatement et avec vigueur. Obtenez la situation pour Flaubert quand même, surtout si la place est réellement de six mille francs, plus le logement. Ensuite, nous la lui ferons accepter, s’il hésite encore...» Flaubert était ruiné, et ses amis tentaient de lui trouver un emploi rémunéré. Madame Charpentier avait obtenu une promesse en ce sens de Léon Gambetta, habitué de son salon, alors qu’une place à la bibliothèque Mazarine semblait alors envisageable. Lettre jointe à un exemplaire des Soirées de Médan, Charpentier, 1880, lot de 13 lettres et cartes de six auteurs.
https://www.osenat.com/lot/113832/14867563?
Estimation: 5.000/ 6.000 euros.

Lot 70. Flaubert, lettre à l’archéologue Charles-Ernest Beulé, [5 ou 12 janvier 1860].
https://www.osenat.com/lot/113832/14867600?
Estimation: 800/ 1.000 euros.
En ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=13669

Lot 71. Flaubert, lettre à Ivan Tourguéniev, 30 juillet 1875.
https://www.osenat.com/lot/113832/14867601?
Estimation: 1.200/ 1.800 euros.
En ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=12462

Lot 72. Flaubert, lettre à Ivan Tourguéniev, 22 janvier 1879.
https://www.osenat.com/lot/113832/14867602?
Estimation: 1.500/ 2.000 euros.
En ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=13131

Lot 73. Flaubert, manuscrit poétique autographe intitulé «À une femme maigre», 4 vers. Poème de Louis Bouilhet copié de la main de Flaubert.
https://www.osenat.com/lot/113832/14867603?
Estimation: 300/ 400 euros.

(< Éric Walbecq)
Roumet, vente en ligne
http://www.roumet-hp.fr/index.php?mag=hp&type=vso&venteno=vo79
Lot 986. Flaubert, lettre à Émile Bergerat, 13 décembre 1879.
«Vous me semblez Fol! Où avez-vous vu que je vous boudais? Si je ne vous envoie pas de vers pour les Espagnols c’est que je n’en imagine aucun.» Prix de départ: 2.100 euros.
En ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=13451

Lot 987. Flaubert, manuscrit autographe, Les recherches de la France d’Estienne Pasquier. 25p. 1/4 in folio (32X 20cm). Le manuscrit comporte sur le dernier feuillet le cachet de la vente Flaubert d’Antibes en 1931 (lot 23). On joint une copie de cette vente. Exceptionnel manuscrit des notes de Flaubert sur l’ouvrage d’Estienne Pasquier (1529-1615), conseiller et avocat général du Roy en la Chambre des Comptes de Paris. Prix de départ: 7.000 euros.

(< Éric Walbecq)
7 mai 2021, vente Kâ-Mondo
Lot 207. Salammbô, Michel Lévy, 1863.
Édition originale: un des 25 exemplaires sur papier de Hollande. Exemplaire que Flaubert offrit aux frères Goncourt, avec cet envoi autographe en tête du faux-titre: «À mes très chers Jules et Edmond de Goncourt, Gve Flaubert». Également de la main de Flaubert, on peut lire en pied de la même page: «un des vingt-cinq exemplaires tirés sur papier de Hollande». Estimation: 10.000/ 15.000 euros.

Lot 207.1. Flaubert, manuscrit autographe de travail en vue de la rédaction de Salammbô, vers 1860. Deux pages, au recto et au verso d’un feuillet in-folio (env. 35× 22,5cm), à l’encre; nombreuses ratures et corrections. (Légère trace de pliure en deux). Rare et très intéressant manuscrit, qui offre des versions en cours d’élaboration de deux épisodes du grand roman oriental de Flaubert, dont la rédaction s’étendit depuis 1857 jusqu’en 1862.
La première scène décrit l’émotion de Mâtho le Syrien, approchant de Carthage, alors qu’il s’imagine revoir Salammbô. Elle appartient au chapitre XII du roman, «L’Aqueduc». Une partie de ce texte se retrouve dans le manuscrit, mais les variantes, hésitations et repentirs y sont nombreux, dont la dernière phrase que Flaubert a radicalement débarrassée de fioritures, la version manuscrite contenant: «et deux larmes longues comme des perles indiennes et qui tremblaient à ses cils tombèrent sur sa barbe».
Le second épisode présente une scène d’incendie de Carthage, qui semble se rapporter au chapitre XIII. Il se trouve rédigé sur la même page que l’épisode de Mâtho, qui a été biffé par l’auteur d’une grande croix, et les deux textes ont été rédigés tête-bêche. Coutumier du fait, Flaubert a simplement employé une feuille déjà à-demi-utilisée. Chaque demi-page porte donc sa propre numérotation, «265» pour Carthage, et «256» pour Mâtho.
Au verso, que Flaubert a numéroté en haut à droite de la lettre «C.», l’on ne trouve pas de premiers jets de rédaction, mais une suite de notes, en majeure partie des observations géographiques: «le cap Cephala entre Tripoli et le Fezzan […] Plus à l’Ouest, le Har-Blanc […] entre Siwa et l’Égypte» […], «troncs de palmiers pétrifiés […] servent d’indicateurs dans le désert»; ou ethnologiques: «les gens/ nomades de la Cyrénaïde 4 anneaux d’argent aux oreilles/ les mâles port[ent] au nez des anneaux d’or.» Toutes les informations notées sur cette page ont été biffées par l’auteur.
Ce précieux feuillet se présente sous une forme similaire aux manuscrits de travail de Salammbô conservés à la BnF, dans lesquels, en particulier, l’on retrouve plusieurs versions de l’épisode de l’incendie de Carthage (cf. Salammbô VI, cote NAF 23661, fol. 55 r°:
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b60003830/f11.item.r=salammbo
Ce feuillet offre encore de nouvelles variantes, qui pourraient s’avérer utiles à éclairer le processus créatif de Flaubert. Estimation: 4.500/ 6.000 euros.

(< Stephen Murphy, Éric Walbecq)
11 mai 2021, Sotheby’s, Bibliothèque littéraire Hubert Heilbronn
https://www.sothebys.com/en/buy/auction/2021/bibliotheque-hubert-heilbronn-envois-provenances-reliures
Lot 97. L’Éducation sentimentale, Paris, Michel Lévy,1870,2 volumes in-8. Demi-maroquin fauve, couverture (Franz). Édition originale. Envoi à Jules Michelet: «à mon cher Maître Michelet/ son tout dévoué/ Gve Flaubert». Estimation: 6.000/ 8.000 euros.

Lot 98. Madame Bovary, Paris, Michel Lévy, 1857. 2 volumes in-8. Demi-veau brun à coins, dos à nerfs orné de fers dorés, tête dorée, couverture et dos. Étui (reliure postérieure). Non rogné. Édition originale. Envoi à Léon Carvalho: «à mon ami Carvalho/ (que je ne vois jamais! Pourquoi?/ G. Flaubert». Joint: Lettre à Jules Rohaut, 25 novembre 1873; billet à Léon Carvalho, [1er janvier 1874]. Estimation: 5.000/ 7.000 euros.

Lot 191. Lettre de Zola à Flaubert, jointe à L’Assommoir, Charpentier, 1879, avec envoi à Huysmans.
ZOLA, Émile. Lettre autographe signée [à Flaubert]. Paris, 22 janvier [18]79 (4p. in-8, cachet de collection «E.L» [E. Laporte] et inscription manuscrite au crayon «Sickles 432»). Très belle lettre sur le succès de L’Assommoir. «La première représentation s’est passée magnifiquement; un véritable triomphe pendant les cinq premiers tableaux. […] Une victoire absolue au neuvième.» Il salue la vaillance et l’intelligence des acteurs même s’il affirme que la pièce ne vaut pas grand’chose: «Le roman a été massacré, la pièce tourne au mélodrame idiot. […] La pièce, si abêtie qu’elle soit, reste tout de même bien raide. Il y a des dessous terribles.» Il s’amuse de la rage que provoque ce succès, sans savoir si cela rapportera de l’argent. Il espère voir Flaubert très prochainement même s’il sait qu’il travaille beaucoup sur ses bonshommes [Bouvard et Pécuchet], et lui donne des nouvelles de leurs amis, Goncourt, Daudet et Tourguéniev.

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
3 juin 2021, vente Aguttes
Lot 257. Flaubert, lettre à Laure de Maupassant.
https://www.aguttes.com/lot/112804/15022835?
L.A.S. à sa «bonne Laure». S.l.n.d. 2p. bi-feuillet in-8. «[...] Hélas, non! Je n'irai pas à Étretat. À peine si j'aurai le temps d'aller à Dieppe passer un dimanche. Je manque de parole à Du Camp [...] et à Me Sand. – Mais la mort est plus forte que tout. Celle de Bouilhet qui a bouleversé ma vie a dérangé mes projets de vacances [...]. Comme j'ai pensé à mon pauvre Alfred tous ces derniers temps! Mais quand je l'ai perdu j'étais plus jeune et plus robuste qu'aujourd'hui! Je me sens trop vieux et fatigué jusqu'à la moelle des os.» Estimation: 800/ 1.000 euros.
En ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=11430

Lot 258. Quatre lettres à Louise Colet
https://www.aguttes.com/lot/112804/15022836?
Exceptionnelle réunion de quatre L.A. à sa maîtresse Louise Colet, S.l., 1846, 8 pages in-4 et 4 pages in-12 à l'encre, une enveloppe conservée avec cachet.
Belle correspondance à sa maîtresse Louise Colet dans laquelle il est question de rupture. Une lettre est signée «Ton» par Flaubert et une lettre est datée par Louise Colet.
«Quand on cherche le plaisir on le trouve, mais le bonheur c'est un usurier qui vous fait rendre cent pour dix et je ne t'aurais pas aimé si tu eusses été une femme de plaisirs. Cela eût bien mieux valu et les gens d'esprit comme nous devraient s'en tenir là. Il faut mettre son coeur dans l'art, son esprit dans le commerce du monde, son corps où il se trouve bien. Adieu, tâche de m'oublier. Mais je ne t'oublierai jamais. Toi tu ne vois qu'aux extrémités des choses. Encore adieu n'importe tu me trouveras toujours.» Estimation: 25.000/30.000 euros.
En ligne (pour la lettre citée, 20 décembre 1846):
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=9732

[BULLETIN FLAUBERT n° 223 / 6 avril 2021]

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
25 mars 2021, vente Online
Lot 7. Flaubert, lettre à Philippe Leparfait, 12 août 1869. 2 pages 1/4 sur un double feuillet in-8. Lettre inédite.
Flaubert explique à son ami toutes les démarches accomplies afin de faire jouer la pièce Le Coeur à droite. Pliures et taches. Estimation: 400/ 600 euros.
https://www.gazette-drouot.com/lots/14613781
En ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=14000

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
26 mars 2021, De Baecque et Associés, Marseille
https://www.debaecque.fr/lot/110840/14597079?sort=num&
Lot 236. Flaubert, lettre à un éditeur.1 page in-8 à l’encre sur papier bleu. Croisset, près Rouen, mercredi. Lettre inédite.
«Mon Cher Ami en rentrant chez moi, après une absence de quelques jours je trouve le prospectus de votre encyclopédie avec une invitation à y collaborer. J’ai bien envie d’être des vôtres. Mais il y a, présentement pas mal d’obstacles? Bref j’irai en causer avec vous, vers le milieu ou commencement du mois prochain, si vous êtes à Paris. D’ici là mille cordialités.» Estimation: 500/ 600 euros. Résultat: 620 euros.
En ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=16715


(< Éric Walbecq)
29 mars 2021, Vente Aguttes, Online
Lot 311. Flaubert, lettre à Edmond Laporte, [14 septembre 1876?] [plutôt 20 avril? 1876], 1 page in-12
Flaubert s’inquiète de ne plus avoir de nouvelles de son ami, et lui demande de s’en expliquer: «Samedi à 10 h du soir j’ai trouvé votre carte chez mon portier et depuis lors pas de nouvelles de Laporte! Je m’attendais dimanche à votre visite! personne. Quand vous verra-t-on? il m’ennuie de vous!» Il ajoute: «Je bûche ma petite nouvelle, qui va bien lentement – les jours s’écoulent, Dieu merci.» Estimation : 600/ 700 euros. Résultat: 550 euros.
https://online.aguttes.com/flaubert-gustave-36087.html
En ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=12548

(< Éric Walbecq)
Catalogue de la librairie Le feu follet, mars 2021
Lot 45. Flaubert, lettre à Léon Cladel, 9 mai 1877.
Amusante lettre dans laquelle Flaubert, dont la renommée littéraire n’est plus à faire, apporte son soutien à son ami Léon Cladel qui peine à faire publier l’un de ses ouvrages. 4.500 euros.
https://www.edition-originale.com/pdf/mars-2021-1616422694.pdf
En ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=12778


Lot 47. Trois contes, Charpentier, 1877. Édition originale. Envoi autographe signé de Gustave Flaubert sur la page de faux titre: «À mon confrère Mr. Grandmougin cordial hommage de Gustave Flaubert». 15.000 euros.

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Philippe Aunay)
12 avril 2021, vente Audap et associés, Hôtel Drouot
https://www.audap-associes.com/lot/107427/14757185?search=Flaubert&sort=num&
Lot 111. Lettre d’Ernest Feydeau à Flaubert, Trouville, 12 septembre 1867. Lettre partiellement inédite.
Flaubert commence par démonter en détail une opération financière avec les chemins de fer du Nord dans laquelle leur ami Frédéric pourrait gagner 30.000 frs. ou en perdre 60.000, explications utiles à Flaubert en train de concevoir L’Éducation sentimentale. Puis il se plaint violemment de la censure qu’a pratiquée, à son insu, Michel Lévy sur son dernier livre Le roman d’une jeune mariée, sous prétexte qu’il contenait des passages hostiles aux juifs et que lui-même nourrissait «d’odieux préjugés contre une portion de la grande famille humaine», alors que dans un cas analogue, se justifie Michel Lévy, «plusieurs écrivains et même des membres de l’Institut n’avaient pas hésité à faire disparaître de leurs livres tout ce qui pouvait froisser la susceptibilité israélite». Il en vient ensuite à la «fabrication» de son nouveau roman, La comtesse de Chablis ou Les Moeurs du jour, sur lequel il réunit des matériaux et dans lequel il dira «TOUT ce qu’il pense sur le monde, la vie, les gouvernements et la religion». Le roman paraîtra d’abord dans La Liberté puis chez M. Lévy en 1868. Il est question de George (Sand) et des Goncourt qui peuvent lui «donner les renseignements les plus malveillants». Il constitue une collection de coquilles fossiles que Cuvier aurait pu lui envier… Estimation: 300/ 500 euros.
En ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=16516

Lot 112. Plan autographe signé d’une composition d’histoire. S.l.n.d.; 2 pages in-folio très remplies. Cachet de la VENTE FLAUBERT. Flaubert encore adolescent ou jeune étudiant trace un plan à développer. Sous sa signature «Gve Flaubert» en tête il écrit: «Sommaire. Première partie». Il la divise en «Trois éléments: I Chrétien. — II Romain. — III Barbare», avec des sous-divisions. Au verso, d’une écriture plus fine et plus rapide il commence à disserter: «Opposition de la liberté antique et de la liberté du moyen âge». Le rôle du clergé dans les affaires civiles le préoccupe déjà et il y revient plusieurs fois dans ce début d’exposé. Estimation: 1.000 euros.

Lot 114. L’Éducation sentimentale. Histoire d’un jeune homme, Paris, Michel Lévy frères, 1870; 2 vol. grand in-8 (245 x 155 mm) jansénistes, reliures anciennes maroquin vert, dos à nerfs, dentelle intérieure et tranches dorées sur témoins, couvertures et dos très légèrement passés, étuis (Alix). Édition originale. Un des 25 premiers exemplaires sur papier vergé de Hollande (portant la mention «Deuxième édition»). Le bibliophile Auguste Lambiotte en a dénombré sept avec dédicace (Le Livre et l’Estampe, 13-14, 1958) mais n’a pas connu celui-ci. Dédicace autographe en tête: «à Mr Cuvillier-Fleury hommage de l’auteur Gve Flaubert. Un des douze [sic] exemplaires sur papier de Hollande». Cuvillier-Fleury, de l’Académie française, ancien secrétaire du duc d’Aumale, critique écouté, n’avait pas ménagé Flaubert dans ses recensions. Il déplorait la «crudité révoltante de Madame Bovary» et dénonça plus tard l’absence de sens moral de L’Éducation sentimentale dont le héros n’était pour lui qu’«un impertinent sensualiste». Il n’a pas été tiré de couverture spéciale pour les exemplaires sur Hollande pourtant plus épais; elles sont donc ici plus courtes que les volumes. De la bibliothèque Michel Demont avec ex-libris. Estimation: 10.000 euros.

(< Catriona Seth, Éric Walbecq)
4 avril 2021, Stargardt Autographenhandlung
Lot 38. Note de Flaubert concernant son neveu Ernest Commanville. Estimation: 440 euros.
https://www.invaluable.com/auction-lot/flaubert-gustave-1821-1880-38-c-1db4e1eb2c
[Il s’agit probablement d’une note jointe à la lettre adressée à Ernest Feydeau, le 28 décembre 1868. En ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=16713]

Laurent Coulet, Catalogue 76 [mars 2021]
Lot 48. Flaubert, La Tentation de saint Antoine, Paris, Ferroud, 1907. Premier tirage des 32 compositions, dont 6 hors texte, de Georges Rochegrosse. Tirage à 350 exemplaires. Un des 60 exemplaires numérotés sur grand Japon Impérial. Reliure de Léon Gruel ornée de décors signés de Jeanne Dinet-Rollince. 4.500 euros.

Autographes des Siècles, catalogue printemps 2021
Flaubert, lettre à Louise Colet, 24 janvier 1853. Conseils d’écriture au sujet du long poème de Louise Colet, La Paysanne, premier récit du Poème de la femme. 4.800 euros.
https://www.autographes-des-siecles.com/produit/gustave-flaubert-donne-des-conseils-decriture-a-louise-colet/
En ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=9983&

[BULLETIN FLAUBERT n° 222 / 10 mars 2021]

(< Éric Walbecq)
16 mars 2021, Espace Tajan, 37 rue des Mathurins, Paris
Lot 14. Flaubert, L.A., non signée, à Louise Colet, octobre 1847, 3 pages, bi-feuillet in-8.
Estimation: 4.000/ 6.000 euros.
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=9765


(< Stéphanie Dord-Crouslé)
18 mars 2021, vente Aguttes
Lot 113. Flaubert [ou Follbert], Damas 2 septembre 1850, à Camille Rogier; 1 page in-4 (légères fentes bien réparées).
Amusante lettre du voyage en Orient. Elle est adressée au dessinateur Camille Rogier (1810-1896), alors directeur des postes à Beyrouth, un ami de Gérard de Nerval.
Estimation: 3.000/ 4.000 euros.
https://www.aguttes.com/catalogue/112803?sort=num&num=113&id=&p=1#lot113

Lot 114. Flaubert, Dimanche soir [«5 décembre 1852» a noté Louise Colet], à Louise Colet; 1 page in-8, enveloppe.
Au sujet du poème «La Paysanne» de Louise Colet.
Estimation: 1.000/ 1.200 euros.
https://www.aguttes.com/catalogue/112803?sort=num&num=114&id=&p=1#lot114

Lot 115. Flaubert, Dimanche 5 août [1860], à Ernest Feydeau; 2 pages in-8 sur papier bleu (petite déchirure au pli central du bifeuillet sans perte de texte).
Belle lettre, en termes crus, sur l’avancement de Salammbô.
Estimation: 4.000/ 5.000 euros.
https://www.aguttes.com/catalogue/112803?sort=num&num=115&id=&p=1#lot115

Lot 116. Flaubert, [4 juin 1861], à Ernest Feydeau; 2 pages in-8 sur papier bleu (légères fentes marginales). Sur Sylvie de Feydeau et sur Salammbô. Estimation: 2.000/ 2.500 euros.
https://www.aguttes.com/catalogue/112803?sort=num&num=116&id=&p=1#lot116

Lot 117. Flaubert, L.A.S, samedi [23 mai 1868], à Edmond About; 1 page in-8 sur papier bleu.
Il ne pourra venir dîner lundi, car il n’est plus à Paris. «J’ai quitté précipitamment “la nouvelle Athènes” mardi dernier – étant exaspéré par les maçons qui travaillaient au-dessus de ma tête. Donc à l’hiver prochain!»
Estimation: 700/ 800 euros.
https://www.aguttes.com/catalogue/112803?sort=num&num=117&id=&p=1#lot117

Lot 118. Flaubert, 15 [octobre] mercredi soir [1879], à «Mon cher critique» [Jules Lemaitre]; 1 page in-8. Lettre inédite au critique. [Le 11 octobre, Lemaitre avait publié une étude sur «Les Romans de moeurs contemporaines» dans la Revue politique et littéraire.] «Comment vous remercier de l’article? [...] d’abord, je suis loin d’avoir la science que vous me prêtez! Hélas! S’il fallait que je relève (ou relevasse?) tout [ce que] je trouve de juste & de profond dans votre travail, je ferais un volume.» Il propose de venir en parler de vive voix à Croisset: «Je ne bougerai d’ici, de tout l’hiver, ayant à coeur de finir le lourd bouquin que j’élabore»... [Il s’agit de Bouvard et Pécuchet.]
Estimation: 800/ 1.000 euros.
https://www.aguttes.com/catalogue/112803?sort=num&num=118&id=&p=1#lot118

Lot 205. George Sand, Nohant, 17 janvier [18]69, à Gustave Flaubert; 7 pages in-8 à son chiffre.
Très belle et longue lettre à Flaubert.
«L’individu nommé G. Sand se porte bien, savoure le merveilleux hiver qui règne en Berry, cueille des fleurs, signale des anomalies botaniques intéressantes, coud des robes et des manteaux pour sa belle-fille, des costumes de marionnettes.»
Estimation: 4.000/ 5.000 euros.
https://www.aguttes.com/catalogue/112803?sort=num&num=205&id=&p=1#lot205

(< Étienne Bertran)
Catalogue «La Jument verte», en ligne, mars 2021
Flaubert, Novembre, illustré de vingt et une eaux-fortes et pointes-sèches gravées par Edgar Chahine, Paris, Les éditions d’art Devambez, 1928.
Avec une lettre de Flaubert à Feydeau, 29 juin 1863. 4.500 euros.
https://librairiejumentverte.com/fr/livres-anciens-litteratures/3270-novembre-illustre-de-vingt-et-une-eaux-fortes-et-pointes-seches-gravees-par-edgar-chahine.html

[BULLETIN FLAUBERT n° 221 / 31 janvier 2021]

Catalogue Jean-Claude Vrain, Portraits d’écrivains, Deuxième partie [décembre 2020]
https://www.librairievrain.com/s/portraits-internet-2_3.pdf
486. Flaubert enfant, héliogravure d’après un tableau original anonyme, 230 euros.
487. Flaubert en 1861 par Ferdinand Bac, 2.000 euros.
488. Flaubert par Maxime Du Camp, photographie au Caire, 1850, 40.000 euros.
489. Flaubert par Gaston Bigard, médaille, 1921, 2.500 euros.
490. Achille Flaubert, photo Th. Trucheut et Valkman, 2.500 euros.
491. Louise Colet par James Pradier, buste en plâtre, vers 1854, 25.000 euros.

(< Éric Walbecq)
Mardi 19 janvier 2021, Hôtel Drouot.
16. [Flaubert] Ludovic Francmesnil, L.A.S. Château d’Arthies, 3 septembre 1906. 9p. in-8. Étonnante lettre du dramaturge et ami de Huysmans, entièrement consacrée à la «vraie» Madame Bovary.
Francmesnil rentre d’un séjour en Normandie. «[...] je me suis trouvé, chez un ami, à proximité du bourg de Ry, là où Flaubert a fait vivre Madame Bovary. Inutile de vous dire si j’ai été long à demander qu’on m’y mène. [...] Imaginez- vous que le roman a été absolument vécu. Tous les personnages ont existé. Flaubert, à peu de choses près n’a eu qu’à raconter et vous savez comment. Il y a encore à Ry, des vieilles gens qui ont connu la «belle Emma». J’ai pu me renseigner aux sources et voici ce que j’ai appris: Emma s’appelait Madame Delamare. Sa fille s’appelait Joanne. Rodolphe était un certain Mr. de Villiers, habitant le château de Martainville [...], le clerc de notaire [...] s’appelait Campion. Le petit potard, Léon je crois a existé. Lestiboudois aussi. Enfin toute l’oeuvre est là, vivante dans les souvenirs de chacun [...]». Il montrera à son correspondant les photographies en stéréoscope du village avec la maison des Bovary et de la tombe d’Emma. «Malheureusement, on ne peut pas voir, sur la photo, la boutique de Homais [...] oh, cette boutique!!! À elle seule elle vaut le voyage. J’y suis entré avec recueillement. Vous ne pouvez vous imaginer rien de plus évocateur. Non, il n’est pas possible de la décrire avec plus de précisions que ne l’a fait Flaubert. Elle a conservé rigoureusement le cachet de l’époque. C’est stupéfiant. L’aspect, l’ambiance, tout s’y retrouve. Seul Homais est absent [...].» Il décrit le pharmacien, les bois dans lesquels Emma et Rodolphe se promenèrent à cheval. «Maintenant je comprends comment Flaubert a choisi et composé ce nom de Bovary.» Il explique qu’il s’agit de l’association de deux mots: Boves (boeuf en latin) et de Ry (le nom du village), etc. Passionnant.
https://www.gazette-drouot.com/lts/14130344

(< Jean-Luc Brière, Atsuko Ogane, Éric Walbecq)
Vendredi 29 janvier 2021, vente Autographe et manuscrits, Traces écrites, Hôtel Drouot.
37. Flaubert à Jules Lemaitre, Croisset, 21 octobre 1879. 1p. in-8.
Belle lettre dans laquelle Flaubert cite Madame Bovary, Salammbô, La Tentation de saint Antoine et Hérodias. «Vous avez raison, cher confrère, l’homme qui a fait Me Bovary se retrouve dans Salammbô. Je vous remercie pour ce que vous dites bien familièrement de St Antoine qui est le fils de mes entrailles. Permettez-moi une petite remarque: Hérodias ne me semble pas fait dans les mêmes procédés que Salammbô? J’ai voulu être plus sobre  ̶  & l’intention historique y est plus rigoureuse. Il y a maintenant une grande place à prendre dans la critique. Vous avez tout ce qu’il faut pour la conquérir. Allez-y. On peut en faire une, toute neuve  ̶  & qui ne ressemblera pas plus à celle de Ste Beuve qu’à celle de Laharpe. Nous en causerons. Je vous trouve dur pour vos vers. Le dernier tercet sur Fénelon est une merveille de justesse […].» Flaubert rédigea ces lignes à la suite de deux études de Jules Lemaitre dans la Revue politique et littéraire: «Les romans de moeurs contemporaines» et «Les romans de moeurs antiques» (11 et 18 octobre 1879). Estimation: 1.500/ 1.800 euros.
https://www.traces-ecrites.com/wp-content/uploads/2021/01/catalogue-manuscrits-2021-01-29.pdf
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=14132

(< Jacques-Remi Dahan, Éric Walbecq)
Librairie Nicolas Malais, janvier 2021
6. Flaubert, lettre autographe à Edmond Laporte, Croisset, 1er novembre 1878, 1f. in-8.
Catalogue en ligne. 1.500 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 220 / 12 décembre 2020]

11 décembre 2020, vente Osenat, Fontainebleau
https://www.osenat.com/catalogue/107514?
Lot 10. Salammbô, Paris, Michel Lévy frères, 1863. In-8, (4)-474-(2 dont la dernière blanche) p., demi-maroquin brun à coins, dos à nerfs cloisonné et orné de fleurons mosaïqués polychromes et dorés, filet doré en lisière de cuir sur les plats, tête dorée sur témoins, couvertures un peu salies conservées, mors entamés, deux épidermures sur le papier marbré du premier plat (Bretault). Édition originale. Exemplaire de premier tirage, avant corrections d’«effraya» en «effrayèrent» (p.5) et de «Scissites» en «Syssites» (p.217, 251, 268, 270).
Envoi autographe signé «à mon ami Louis Ulbach, en souvenir de la Revue de Paris». Louis Ulbach dirigeait ce périodique avec l’ami de Gustave Flaubert, Maxime Du Camp, et y avait publié Madame Bovary en 1857, certes avec coupes. Provenance: estampille ex-libris à la grenade. – Maxime Van Nieuwenhuyse (vignette ex-libris). – Gaston Delouche (vignette ex-libris). Estimation: 2.000/ 3.000 euros.

Lot 12. Lettre de George Sand à Flaubert, jointe au Journal des Goncourt, 27 juin 1870.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=16338

Lot 102. Lettre autographe à Louise Colet. [Croisset, 3-4 avril 1852], «Samedi, 4 h.» puis «dimanche». 4pp. in-4, enveloppe conservée avec cachet postal du 5 avril 1852.
Louise Colet, la «chère Muse» de Flaubert. Écrivain originaire d’Aix-en-Provence, Louise Révoil (1810-1876) vint se fixer à Paris avec son mari le flûtiste Hippolyte Colet. Elle y tint salon et y mena une vie tumultueuse, ayant des aventures avec différents personnages comme Musset, Vigny, Champfleury ou Victor Cousin. Flaubert la rencontra en juillet 1846 chez le sculpteur James Pradier, et devint son amant. Leur liaison fut orageuse dès le début, Flaubert repartant à Croisset où, disait-il, l’appelaient ses devoirs de fils et d’écrivain. En fait, depuis sa crise de 1844, il avait renoncé à vivre pour pouvoir «représenter» la vie, comme il l’explique dans la première version de L’Éducation sentimentale. En septembre 1846, ils trouvèrent un compromis et décidèrent de se retrouver régulièrement à mi-chemin de Croisset et de Paris, à Mantes, mais rompirent en mars 1848 quand Louise Colet annonça à Flaubert qu’elle avait pris un nouvel amant et était enceinte. Ils renouèrent en 1851, Louise Colet demandant à devenir sa femme, mais ils eurent des liaisons chacun de leur côté et se brouillèrent en 1854. «Les plus émouvantes, les plus révélatrices et les plus belles de ses lettres», ainsi sont qualifiées celles que Gustave Flaubert écrivit à Louise Colet durant leur relation, par les auteurs de l’Album Flaubert de la Pléiade, Jean Bruneau et Jean Ducourneau (1972). Estimation: 4.000/ 5.000 euros.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=9916

(<Jean-Paul Goujon, Steve Murphy)
7-15 décembre 2020, Sotheby’s, vente en ligne
https://www.sothebys.com/en/buy/auction/2020/livres-et-manuscrits/
Lot 70. L’Éducation sentimentale. Histoire d’un jeune homme, Paris, Michel Lévy frères, 1870.
2 volumes in-8 (245x 150mm). Maroquin bleu nuit janséniste, doublure de veau fauve, gardes de soie moirée bleu foncé, tranches dorées, couverture et dos (René Aussourd).
Édition originale. Un des très rares exemplaires sur papier de Hollande en reliure doublée, de la bibliothèque Pierre Duché (tirage à 25 selon Carteret et Clouzot). Les exemplaires sur Hollande ont été brochés avec des couvertures de papier ordinaire portant la mention de deuxième édition (Carteret, I, 268). Cette mention a été grattée sur chacune des couvertures de l’exemplaire. Pour L’Éducation sentimentale comme pour Salammbô, Flaubert ne reçut de l’éditeur qu’un nombre restreint d’exemplaires sur grand papier: 25 exemplaires sur Hollande, l’auteur le soulignant d’ailleurs dans plusieurs de ses envois. Auguste Lambiotte, dans Le Livre et L’Estampe, a dénombré vingt-cinq exemplaires sur Hollande dont sept avec envoi, auxquels il nous faut ajouter celui de Marguerite Peloux qui passa en vente lors de la dispersion de la bibliothèque Exbrayat.
Cet exemplaire en maroquin bleu nuit doublé de maroquin fauve ne figure pas dans la liste donnée par Lambiotte des exemplaires sans envoi. Il se peut que cet exemplaire soit un des cinq exemplaires brochés sans envoi de sa liste et aurait été relié par la suite.
[On joint:]
Lettre autographe signée adressée à son éditeur Michel Lévy (une page sur un bi-feuillet in-8 de papier vergé ivoire, à l’encre brune). [Vers 1870.] Cette lettre semble inédite:
«Ne pensez-vous pas qu’il faudrait une page blanche  ̶  une page entière où serait écrit Seconde partie? (p.174).
Dans le bon à tirer que j’ai donné hier, il y a plusieurs marques au crayon. Ne manquez pas de les effacer, je vous prie. Plusieurs fois les imprimeurs ont mis en italique les mots ainsi soulignés.
Tout à vous, cher ami
Gve Flaubert»
La page 176 finalement (et non 174) du volume I est blanche; le titre de «Deuxième partie» figure en tête de la page 177. Provenance: Pierre Duché (ex-libris; 1972, lot 74). Estimation: 10.000/ 15.000 euros.

Lot 71. La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier et Cie, 1874.
In-8 (229 x 155mm). Broché, emboîtage de demi-maroquin fauve et étui. Couverture détachée, premiers feuillets brunis et presque débrochés. Exemplaire broché sur Hollande avec envoi, enrichi de 2 lettres autographes signées de Gustave Flaubert. Un des 75 exemplaires sur Hollande, second papier après 12 Chine.
Envoi autographe signé:
«à mon ami Maulmond
Gve Flaubert»

Il peut s’agir de Zacharie Maulmond, dont le père avait été sous-préfet de Boussac, et que l’on rencontre au moment des fêtes de Pâques 1873 et de bien d’autres à Nohant chez George Sand. À cette époque, celle-ci aime s’entourer de jeunes gens aux côtés de ses vieux amis tels que Flaubert, les Viardot, Alexandre Dumas fils ou encore Tourgueniev.
Mais cet envoi s’adresse peut-être aussi à Frédéric Maulmond qui, cette même année 1874, envoya à Flaubert son ouvrage Aspirations et réalités paru à la Librairie des bibliophiles avec l’envoi suivant: «À Gustave Flaubert – Hommage de vive admiration. F. Maulmond».
La différence de ton entre l’envoi amical de Flaubert et l’envoi admiratif de Frédéric Maulmond nous laisse penser que notre exemplaire a plutôt été offert à Zacharie Maulmond avec lequel Flaubert avait sûrement séjourné à Nohant.
[Monté en tête:] Deux lettres autographes à propos de La Tentation de saint Antoine, à des correspondants non identifiés (chacune une page in-8, à l’encre noire, sur un bi-feuillet blanc ajouté et broché en tête du volume). Il semble qu’elles aient été écrites juste avant la parution de sa pièce Le Candidat (mars 1874) et de la troisième version de La Tentation de saint Antoine (avril 1874).
«Ne perdez pas votre temps à chercher ce que vous appelez un Poëme. La Tentation de saint Antoine est une de mes oeuvres inédites que je compte retravailler et publier à quelques jours. J’en ai donné plusieurs fragments dans L’Artiste hiver de 1857 [1856-1857].
En 1858 j’ai donné au même journal une dissertation sur l’archéologie celtique.
Mille cordialités
Gve Flaubert
Croisset. Vendredi. »

«Merci de votre lettre, aimable confrère. Elle m’a été au coeur! Et merci de votre volume que j’ai lu, & annoté.
J’ai envie de vous serrer la main dite-moi quand & où je puis me procurer ce plaisir.
Je reste chez moi le dimanche dans l’après-midi & pendant la semaine je ne sors guère avant midi ou une heure.
Je vous enverrai, dès qu’ils seront parus, Le Candidat et St Antoine.
À vous, sans la moindre cérémonie
Gve Flaubert
4 rue Murillo parc Monceau.»

La Tentation de saint Antoine est l’une des oeuvres qui occupa le plus Flaubert. Elle fut rédigée une première fois entre le 24 mai 1848 et le 12 septembre 1849, puis mise de côté après le verdict accablant de Louis Bouilhet et Maxime Du Camp: «il faut jeter cela au feu et n’en jamais reparler». Certains extraits furent cependant publiés dans L’Artiste des 21 et 26 décembre 1856, ce qui permit à Baudelaire d’entrevoir que cet ouvrage pouvait être «une oeuvre plus intéressante pour les poètes et les philosophes que Madame Bovary». Après trente ans de remaniements, l’ouvrage paraîtra finalement en avril 1874.
Provenance: Zacharie (ou Frédéric?) Maulmond (envoi). -- Edmond et Paul Raphaël au château de Frénouville, puis par descendance. Fils d’Edward Nathan Raphaël, célèbre banquier installé à Paris dans les années 1860, Edmond et Paul Raphaël achètent, en 1867, le château de Frénouville dans le Calvados qu’ils restaurent. «Edmond se consacre à l’agriculture et la vie politique locale. […] Paul Raphaël […] s’est toujours tenu à l’écart de la banque: outre un goût prononcé pour des recherches historiques, il s’est essentiellement consacré à des activités politiques et philanthropiques» (Cyril Grange, Une élite parisienne: les familles de la bourgeoisie juive (1870-1939), Paris, CNRS Éditions, 2016, p.86-87). En bibliophiles avisés, tous deux réunirent à Frénouville une magnifique bibliothèque. Mais les affres de la Seconde Guerre mondiale les obligent à fuir. La kommandantur s’installe et spolie le domaine. Sur les près de 3.000 volumes pillés, seuls 948 seront restitués entre 1947 et 1950. ̶  Ex-libris non identifié. Estimation: 2.000/ 3.000 euros.

Lot 72. Bouvard et Pécuchet. Oeuvre posthume, Paris, Alphonse Lemerre, 1881.
In-12 (180x 112mm). Maroquin vert foncé janséniste, dos à nerfs, encadrement intérieur du même maroquin serti d’un filet doré, doublure de maroquin émeraude, gardes de soie moirée vert foncé, doubles gardes de papier marbré, tranches dorées sur témoins, couverture, étui(Ch. Septier).
Dos légèrement passé et mors du premier plat un peu frotté. Exemplaire sur Hollande en reliure doublée, de la bibliothèque Pierre Guérin. Édition originale, publiée à titre posthume. Le premier volume paraîtra, après la mort de Flaubert survenue le 8 mai 1880, dans la Nouvelle Revue (15 décembre 1880-1er mars 1881) dirigée par Juliette Adam, puis en librairie l’année suivante. Le second volume restera inachevé, Flaubert n’ayant pu en terminer la rédaction. Un des 55 exemplaires sur Hollande, seul grand papier.
Les dernières années de Flaubert furent assombries par la guerre, les deuils et d’importantes difficultés financières. Après la mort de sa mère, il se confine dans la solitude à Croisset. Pendant cette période, Flaubert élabore lentement, dans la tristesse et l’ennui, sa dernière oeuvre, commencée en 1874 et demeurée inachevée: Bouvard et Pécuchet. Ce roman présente une sorte d’inventaire de la sottise contemporaine et de la sottise humaine en général, décrite par «deux bonshommes» qui tentent une série d’expériences scientifiques plus défectueuses et absurdes les unes que les autres.
[Relié en tête:] Portrait de Flaubert gravé à l’eau-forte. Provenance: Pierre Guérin (ex-libris). Estimation: 3.000/ 5.000 euros.

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
18 décembre 2020, Normandy Auction, Rouen
Lot 455. Lettre autographe, adressée à Louise Colet. [Rouen, janvier 1847]. 4 pages in-4°.
https://www.gazette-drouot.com/lots/13989802
Belle lettre d’amour du romancier à sa maîtresse la poétesse Louise Colet (1810-1876). Elle témoigne de leur attachement mutuel, du soin que Flaubert prend à rassurer son amie, tout en lui faisant part de pensées intimes. Plusieurs formules, des sous-entendus, laissent pourtant paraître une certaine ambiguïté de sentiments qui donnent à cette lettre une remarquable ampleur.
(Flaubert, Correspondance, Bibl. de la Pléiade, t.1, p.426).
Lettre en ligne:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=9736

Catalogue Les Autographes, Thierry Bodin, n°148, Noël 2020
Lot 113. Lettre à Ernest Chevalier, Bagnères-de-Luchon, 17 septembre 1840; 2 pages et demie in-4, adresse (légères rousseurs). 3.500 euros.
http://www.lesautographes.com/?page_id=2880?&SingleProduct=3507
Belle lettre de jeunesse racontant assez vertement son voyage à son ami de collège.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=13613

[BULLETIN FLAUBERT n° 219 / 24 novembre 2020]

Ventes passées

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
21 octobre 2020, Interenchères, Marseille
Lot n°9. Flaubert, L.A.S. au ministre Maurice Richard. Croisset près Rouen, 2 juin 1870.
1 page in-8 (180x 135mm) sur feuillet double, contrecollé sur papier bleuté par la marge supérieure de la 4e page. Bien conservée dans un cadre sommaire.
«Mr Gustave Flaubert a l’honneur de présenter ses respects à SS. Le Mstre des Lettres, et à Madame Maurice Richard. Il les prie d’agréer ses excuses, car il ne pourra se rendre mercredi prochain à leur honorable invitation…»
Maurice Richard (1832-1888) fut le premier titulaire du ministère des Beaux-Arts, ancêtre du ministère de la Culture. Le 14 avril, il eut par intérim le portefeuille de l’Instruction publique, et devint, le 15 mai, ministre des Lettres, Sciences et Beaux-Arts. Il offrit au peintre Courbet la croix de la Légion d’honneur, que celui-ci refusa. Maurice Richard perdit son portefeuille le 8 août 1870. Estimation: 150/ 200 euros.

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Jacques-Remi Dahan, Éric Walbecq)
12 novembre 2020, Vente Alde
Lettres & Manuscrits autographes
https://www.gazette-drouot.com/lots/13545323
Lot 91. Lettre autographe signée à Frédéric Baudry. «Vendredi matin». 1p. in-8, enveloppe conservée. «Mon brave homme, ne venez-vous pas déjeuner chez moi Dimanche? Il faudra que nous prenions un jour p[ou]r aller ensemble à Versailles. À dimanche, le vôtre Gve Flaubert...»
Ami d’enfance de Flaubert, Frédéric Baudry (1818-1885) joua un rôle important comme philologue dans l’introduction des théories allemandes sur le langage. Flaubert eut recours à lui pour des renseignements utiles à l’écriture de Salammbô, mais ils se brouillèrent en 1879. Frédéric Baudry fut d’abord avocat de son état, avant d’occuper des postes dans les bibliothèques de Versailles, de l’Arsenal, et de la Mazarine. Il était le gendre de l’avocat Jules Senard, qui défendit Flaubert dans l’affaire Bovary.
Joint, 4 pièces: Bouilhet (Louis). Lettre autographe signée au directeur de l’Odéon Félix Duquesnel, 1868. Belle lettre de cet intime de Gustave Flaubert par laquelle il excuse son retard («Je suis gros – mais pas aussi paresseux que vous dites»), en invoquant le travail qui lui incombe comme conservateur de la bibliothèque de Rouen, un sentiment de malaise général, un désir de se consacrer à sa muse libre («vous savez, celle qui ne gagne pas d’argent»), et son travail à venir sur sa pièce Mademoiselle Aïssé (que Gustave Flaubert s’attacherait à faire représenter à l’Odéon).
Flaubert (Achille). 3 pièces autographes signées adressées à son père Achille-Cléophas. S.l., 1840-1841. Reçus financiers du frère de Gustave Flaubert. Médecin comme leur père, il était celui qui avait réussi, l’écrivain étant «l’idiot de la famille», selon l’expression de Jean-Paul Sartre. Estimation: 400/ 500 euros.

18 novembre 2020, Artcurial
https://www.artcurial.com/fr/lot-flaubert-gustave-lettre-autographe-signee-4098-492
Lot 492. Flaubert à Ernest Feydeau, 18 juillet 1859. 3p. sur 1 bifeuillet in-8 (208x 132mm) à l’encre noire sur papier bleu avec cinq ratures.
Lettre autographe à Ernest Feydeau, l’un des correspondants les plus réguliers de Flaubert. Savoureuse lettre pleine de gauloiseries: «Eh bien! vieux lubrique, vieux
Valmont, vieux Cardoville, infect Noirceul & père Jérôme, souilles-tu suffisamment le département de la Haute-Garonne?/ Emplis-tu les ravines des éjaculations de ton indomptable broquette?» Flaubert y parle aussi de la gestation de Salammbô et de Catherine d’Overmeire, le roman auquel Feydeau travaille et qui parut l’année suivante.
Provenance: Vente Andrieux, Drouot, 30-31 mai et 1-2 juin 1928, n°190.
Bibliographie: Flaubert, Correspondance, Pléiade, t.III, p.30 (l’éditeur n’a pas travaillé sur l’autographe). Petite fente au pli et légères marques par empâtements d’encre, traces de pliure. Estimation: 1.800/ 2.500 euros. Prix de vente: 3.640 euros.
Lettre en ligne, établie sur l’autographe:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=10359

Lot 493. Flaubert à Louise Colet, Croisset [18 avril 1854].
https://www.artcurial.com/fr/lot-flaubert-gustave-lettre-autographe-signee-louise-colet-4098-493
6p. sur 1 bifeuillet et 1 feuillet in-4 (24,7x 19cm).
Belle et longue lettre signée à Louise Colet, envoyée «mardi minuit» [1854] et écrite durant la rédaction de Madame Bovary.
Flaubert prie sa maîtresse de croire en sa propre bienveillance: «Je voudrais te voir avant tout, heureuse, heureuse de toute façon, de toute manière, heureuse d’argent, de position, de gloire, de santé et si je savais quelqu’un qui pût te donner tout cela, je l’irais chercher pieds nus. Le bonheur, ou ce qui en approche, est un composé de petits bien-être, de même que le non malheur ne s’obtient que par la plénitude d’un sentiment unique, qui nous bouche les ouvertures de l’âme aux accidents de la Vie.» Il lui donne des nouvelles de la rédaction en cours de Madame Bovary: «Je patauge en plein dans la chirurgie. J’ai été aujourd’hui à Rouen, exprès, chez mon frère, avec qui j’ai longuement causé anatomie du pied et pathologie des pieds bots […]. Ah! les aurai-je connus les affres du style! Au reste, tout, maintenant, m’est montagne! […] J’ai fait, je crois, un grand pas, à savoir la transition insensible de la partie psychologique à la dramatique. Maintenant, je vais entrer dans l’action et mes passions vont être effectives. Je n’aurai plus autant de demi-teintes à ménager. Ce sera plus amusant, pour le lecteur du moins […]. Quand arrivera-t-il donc ce bienheureux jour où j’écrirai le mot: fin? Il y aura en septembre prochain trois ans que je suis sur ce livre. Cela est long, trois ans passés sur la même idée, à écrire du même style (de ce style-là surtout, où ma personnalité est aussi absente que celle de l’empereur de la Chine), à vivre toujours avec les mêmes personnages, dans le même milieu, à se battre les flancs toujours pour la même illusion.»
Cette lettre est l’une des dernières envoyées par Flaubert à sa plus célèbre maîtresse. Elle porte quelques ratures et corrections de la main de Flaubert.
Bibliographie: Flaubert, Correspondance, Pléiade, t.II, p.550.
Traces de rouille laissées par un trombone en marge, traces de pliures, quelques petites taches. Estimation: 2.500/ 5.000 euros. Prix de vente: 11.050 euros.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=10096

Ventes à venir

(Stéphanie Dord-Crouslé)
4 décembre, Berlin - Lehrter Strasse 57, Haus 1 10557 Berlin
Lot 50. Lettre à Jules Rohaut, 18 avril 1868.
Estimation: 800/ 1.200 euros.
https://www.gazette-drouot.com/lots/13705007
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=13756

9 décembre 2020, vente Karl & Faber, Amiraplatz 3, 80333 Munich
Lot 1059. David Hockney, Félicité endormie, avec perroquet, 1974.
Félicité sleeping, with parrot. Farbige Radierung mit Aquatinta auf Velin. (19)74. Ca. 21,5x 23,5cm (Blattgröße ca. 38x 42cm). Eines von 100 nummerierten Exemplaren. Signiert und datiert unten rechts.differenzbesteuert.
Estimation: 2.500 euros.
https://www.gazette-drouot.com/lots/13791849

(< Olivier Leroy)
16 décembre, la Bibliothèque de Pierre Bergé, cinquième vente
https://www.bibliorare.com/catalogue/1217/
7 lots concernent Flaubert (1054-1060). Le plus important est le premier.
Lot n°1054. Salammbô, Paris, Michel Lévy frères, 1863. Grand in-8 (218x 143mm) de 2ff.n.ch., 474pp., 1f.n.ch; demi-maroquin saumon à coins, dos à nerfs orné, tranches marbrées (reliure de l’époque). Édition originale.
Exemplaire portant un envoi «à mon cher aimable ami Théophile Gautier, Gustave Flaubert». Exemplaire initialement destiné à un autre ami, la dédicace a été modifiée avec deux mots biffés par l’auteur. On connaît également un autre exemplaire avec envoi de l’auteur à Gautier (un des 25 exemplaires sur Hollande). Provenance: Théophile Gautier (envoi, ex-libris, et cachet à sec du monogramme ‘TG’ sur le titre). Carteret, I, 266; Clouzot, 121. Estimation: 6.000/ 8.000 euros
https://www.pba-auctions.com/lot/107762/13435435?npp=20&sort=1&

Librairie Lardanchet
Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy frères, 1857, fort vol. in-8°, demi-chagrin havane à coins, dos à nerfs orné, doublure et gardes de papier moiré blanc, tranches dorées (reliure de l’époque).
Exemplaire sur papier vélin fort, seul et unique tirage sur grand papier. Il a été offert par l’auteur à Victoire Le Poittevin, la mère de son ami d’enfance, Alfred Le Poittevin, avec cet émouvant envoi autographe:
«à Me Lepoittevin [sic]/ Acceptez ce livre, chère Madame/ au nom de l’affection que vous m’avez toujours portée – et/ aussi (et surtout!) au nom/ du souvenir. S’il vivait/ encore c’est à lui qu’eut [sic]/ été dédié ce travail. Car la/ place est restée vide dans mon/ coeur et/ l’ardente amitié/ n’est pas éteinte./ Mille bonnes tendresses/ Gve Flaubert.» Prix non affiché.
https://www.lardanchet.fr/flaubert-g..-madame-bovary-mme-le-poittevin-fr.html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=lardanchet_ancien_20201118&utm_medium=email

[BULLETIN FLAUBERT n° 218 / 28 septembre 2020]

Ventes passées
(< Éric Walbecq)
16 septembre 2020, vente Delon – Hoebanx, Hôtel Drouot
https://www.gazette-drouot.com/lots/13118131?number=23
Lot n°63. Bouvard et Pécuchet. Oeuvre posthume, septième édition, Paris, Alphonse Lemerre, 1881.
1 vol. in-12. Bradel, demi-reliure papier, pièce de titre verte.
Exemplaire de Massenet avec une note manuscrite au crayon: «Retour de Barcelone 26 avril /81 11h du matin (Angoulême) J. Massenet». Estimation: 150/ 200 euros.

Catalogue Roumet, en ligne
Lot 1900. Lettre de Flaubert à Émile Bergerat, 13 décembre 1879. 1p. in-8°. «Vous me semblez Fol! Où avez-vous vu que je vous boudais? Si je ne vous envoie pas de vers pour les Espagnols c'est que je n'en imagine aucun. Ce n'est point ma partie. Assez de la prose! Franchement, cela m'est impossible. – & puis en quoi les inondés même de Murcie doivent-ils me faire faire, & me faire signer des turpitudes? [Le Comité de la Presse Française préparait une manifestation au profit des victimes des inondations de Murcie en Espagne.] Quant aux autographes sur les deux vues de Croisset, j'avais cru comprendre que c'est ainsi que vous les désiriez. Selon moi, ils gâtaient les dessins. Mais je me disais “ça lui plaît ainsi – que sa volonté soit faite”. Vous les avez ôtés, tant mieux [...]». En PS il ajoute: «Dites à Charpentier de m'envoyer deux numéros du Voltaire de mardi dernier: l'article de Zola sur “L'Éduc. sentim.”» Prix de départ: 2.200 euros.
Lettre en ligne :
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=13451

(< Jacques-Remi Dahan)
Catalogue du libraire Pierre Saunier, «Dans Paris par un noctambule»
Lot 18. Flaubert, Salammbô, Paris, Michel Lévy, 1863; in-8°, demi-maroquin noir, dos à nerfs, filets à froid, tête or, non rogné, couverture (Alidor Goy). Édition originale. Envoi: «à mon cher ami Albert Mignot, souvenir de l’auteur, Gve Flaubert.» 6 000 euros.

(< Éric Walbecq)
Catalogue Jean-Baptiste de Proyart, Salon international du livre rare, Grand-Palais, Paris, 18-20 septembre 2020
http://www.deproyart.com/img/cms/DE%20PROYART-SHORTLIST-PARIS20.pdf?fbclid=IwAR26G8ZQo4A7rUqEbK8vX-Y5UmQPG089fDLrTqAOFlpXfmedpvke7xPAiZs
Parmi les huit lots concernant Flaubert, signalons:
89. [7702] Flaubert, projet de préface au mémoire en défense de Madame Bovary [janvier 1857]. Seul document littéraire autographe du grand roman de Flaubert encore en mains privées. 95.000 euros.
Le document est transcrit ici :
https://flaubert.univ-rouen.fr/ressources/mb_note_defense.php
91. [6784] [Flaubert.]. Jules Senard, Discours prononcé à l’ouverture de la Conférence, le 12 décembre 1874, Paris, Vve Renou, Maulde et Cock, 1875. Envoi autographe à Gustave Flaubert. 5.000 euros.

(< Olivier Leroy)
Une lettre de Flaubert à Jules Lemaitre, datée du 21 octobre 1879, est en vente sur eBay:
https://www.ebay.fr/itm/MADAME-BOVARY-GUSTAVE-FLAUBERT-LETTRE-AUTOGRAPHE-1879-SUR-SALAMMBO/164235445449?hash=item263d3204c9:g:IzYAAOSwhspb9~5e&autorefresh=true
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=14132
Olivier Leroy attire notre attention sur l’orthographe du nom de Jules Lemaitre: «Lemaître», avec accent circonflexe, sur le site Flaubert et dans l’index de la Correspondance dans la Bibliothèque de la Pléiade, et «Lemaitre», sans accent circonflexe, dans la Correspondance en ligne. Le Petit Robert ne met pas d’accent, mais il y en a un sur le site de l’Académie française (http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/jules-lemaitre). Les autorités se partagent en deux écoles…

(< Éric Walbecq)
Edition-Originale.com, en ligne
Lettre de Flaubert à Léon Cladel, 9 mai 1877. Enveloppe jointe. Quelques soulignements et corrections manuscrites de l’auteur. Minuscules taches d’eau. Trois petites restaurations à l’aide d’adhésif sur la seconde page ainsi que deux traces de pliures inhérentes à la mise sous pli du courrier. 4.500 euros.
https://www.edition-originale.com/fr/lettres-autographes-manuscrits/manuscrits-litteraires/flaubert-lettre-autographe-signee-de-gustave-1877-62711?id_recherche=5f71c3f0186b3
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=12778

(<Nathalie Ravonneaux et Steve Murphy)
Vente Ader, 6 octobre 2020, salle des ventes Favart
https://www.auction.fr/_fr/vente/lettres-manuscrits-autographes-65395?query=Flaubert&numero=&affichage=
Lot 246. 2 manuscrits autographes de notes historiques, dont un signé en tête; 11 pages in-4 sous chemise in-fol. avec titre autographe, et 4 pages in-fol. Estimation: 1.500/ 2.000 euros.
Lot 247. L.A.S., Croisset 13 décembre [1859], à Aglaé Sabatier, «la Présidente»; 2 pages in-8, sur papier bleu. Estimation: 1.000/1.500 euros.
Lot 248. L.A.S., [Paris 10 avril 1861], à Aglaé Sabatier, «la Présidente»; 1 page in-8, sur papier bleu. Estimation: 1.000/ 1.200 euros.
Lot 249. L.A.S., [Paris] Mardi soir [23 février 1864], à Aglaé Sabatier, «la Présidente»; 1 page in-8, sur papier bleu. Estimation: 1.000/ 1.200 euros.
Lot 250. L.A.S., Croisset 24 avril [1871], à son ami Félix-Archimède Pouchet; 1 page in-8 sur papier bleu. Estimation: 600/ 800 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 217 / 24 juillet 2020]

(< Jacques-Remi Dahan, Éric Walbecq)
9-25 juin 2020, vente Christie’s en ligne.
Lot 16. Flaubert, Gustave, Cours de Philosophie, année 1839-1840.
Manuscrit autographe signé.[Rouen, 1839-1840]. In-4 (218x 180mm), 330p. à l’encre brune ou noire sur papiers de différents types. Reliure signée Mercier et datée 1936: demi-maroquin à long grain brun à coins. Estimation: 4.000 euros.
Lot 17. Flaubert, Gustave, La première Tentation de saint Antoine.
Manuscrit autographe. Fragment. [c. 1848-1849]. 1p. (349x 227mm) à l’encre noire sur papier vergé. (Quelques déchirures marginales, pliure horizontale et insignifiantes rousseurs); 1p. (269x 207mm), à l’encre noire sur papier bleu (petites déchirures marginales, un mot «signe» rongé par l’acidité de l’encre); 4p. (342x 223mm) à l’encre noire sur 2ff. de papier vergé teinté bleu. (Pliure centrale, petite déchirure au centre des feuillets, atteignant 2 mots sans gêne à la lecture.) Estimation: 1.500/ 2.000 euros.
Lot 18. Flaubert, Gustave, Athènes et environs d’Athènes.
Manuscrit autographe. [Athènes, c.1850-1851]. 27p. et 1/2 in-folio (325x 205mm) à l’encre noire sur 7 doubles feuillets et un feuillet simple, dans un double feuillet portant le titre autographe «Athènes et environs d’Athènes»par Flaubert, illustrés de 10 petites esquisses dans le texte de l’auteur (principalement des plans de temples). Estimation: 10.000/ 15.000 euros.
Lot 19. Flaubert, Gustave, Bouvard et Pécuchet,Paris, Lemerre, 1881.
Édition originale. Exemplaire dans lequel sont insérées huit lettres autographes signées de Flaubert à Edmond Laporte, la plupart relatives à l’ouvrage et placées aux pages correspondantes, et un manuscrit autographe de deux pages titré «Vacances», un dialogue entre un pêcheur à la ligne et son domestique. Estimation: 1.500/ 2.000 euros.

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Daniel Fauvel)
17 juin 2020, vente De Baecque et Associés, Hôtel des ventes, 70, rue Vendôme 69006 Lyon
Lot n°105. Gustave Flaubert, L.A.S. à «mon cher ami», Croisset, 3 8bre [18]78. 1p. in-8 contrecollée sur papier fort. Lettre inédite. «Je vous recommande Mr Léon Prat répétiteur au Lycée Louis-le-Grand. Il a subi avec succès une partie des examens pour la licence ès lettres. Pour s’y préparer plus complètement, il désire avoir un congé, accordez lui cette faveur. & tout à vous, mon bon.» Estimation: 500/ 600 euros.
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=16633

(< Steve Murphy, Jacques-Remi Dahan)
11-17 juin 2020, vente Sotheby’s, «Bibliothèque R. et B.L. une décennie de ventes»
41. Lettre à Théophile Gautier, 27 janvier 1859. Estimation: 4.000/ 6.000 euros.
https://www.sothebys.com/en/buy/auction/2020/bibliotheque-r-b-l-une-decennie-de-ventes/flaubert-lettre-autographe-signee-a-theophile
42. L’Éducation sentimentale, 1870. Envoi à Jules Janin: «à notre maître Jules Janin/ un des douze exemplaires sur papier de Hollande/ Gve Flaubert». Estimation: 20.000/ 30.000 euros.

(<Catriona Seth)
23 juillet, International Autograph Auctions Europe, S.L., Marbella, Espagne
Flaubert, LAS à Philippe Leparfait, [17 novembre 1874]. Estimation:1.000/1.200 euros.
https://www.invaluable.com/auction-lot/flaubert-gustave-1821-1880-524-c-b0c41909b2

[BULLETIN FLAUBERT n° 216 / 20 mai 2020]

26 mai 2020, vente Aguttes
https://www.aguttes.com/catalogue/105718
150. Manuscrit autographe, Le Tiers État du XIe au XIVe siècle; 1 page et quart in-4.
Travail historique de jeunesse.
«Les Communes tombent. 1° Elles avaient été indépendantes, souvent victorieuses sur leurs voisins leur petit suzerain mais il se forma bientôt des suzerainetés plus étendues. Alors les communes seules isolées durent nécessairement être vaincues. [...] Il eût fallu une ligue une association générale des communes. Mais leur esprit étroit et exclusif était ce qu’il y a de plus opposé au large sentiment d’égalité au sacrifice des intérêts privés pour les intérêts généraux. Les communes étaient donc éparses, isolées, individuelles. La féodalité était concentrée sur des grands points généraux. 2° Protection des rois que réclament les communes, pour avoir un patron, un chef légal. Cette protection est vénéneuse et tourne à leur servitude. 3° Anarchie des communes – séditions, révoltes populaires. C’est vers la fin du XIIIe siècle qu’éclate la décadence des communes. Le tiers état cependant prend naissance et s’alimente à des sources différentes. Beaucoup de villes non communales étaient privilégiées. Dans celles-là les prévôts et sergens du roi étaient surveillés.
L’autorité judiciaire relève de Paris, elle est administrée par des membres du tiers état. Les communes étaient un gouvernement étroit à cause de la localité qui prédominait partout.» Estimation: 500/ 700 euros.

151. L.A.S. «Gve Flaubert», 4 rue Murillo jeudi soir [12 octobre 1871, à Louise Lepic]; 1 page in-8 sur papier bleu.
«Voici une lettre que je vous prie de faire lire à notre ami Raoul-Duval, – qui rougira de honte – & il m’accusait, & vous m’accusiez! Bref, tâchez de lui faire fouiller ses paperasses. Deslandes n’est pas du tout, Directeur du Vaudeville et Chilly continue à l’être de l’Odéon!!! – Aïssé me donne beaucoup de mal. Je suis exténué et agacé, considérablement»... Il ajoute: «Vous avez fait la conquête de ma nièce. Toute la famille!... Toute la famille!»... Estimation: 700/ 800 euros.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=14127

198. George Sand, L.A.S. «Ton vieux troubadour qui t’aime», Nohant 21 décembre [1867], à Gustave Flaubert; 8 pages in-8 à son chiffre. Estimation: 1.500/ 2.000 euros.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=16266

(< Atsuko Ogane, Benoit Reverdy)
1er septembre 2020, Vente Le Floc’h, Hôtel Drouot
178. Gustave Flaubert (1821-1880). 2 pièces signées en partie autographes, 42 boulevard du Temple [entre 1856 et 1869]; 1 page oblongue in-12 chaque en partie impr. Bulletins de demandes de journaux à la Bibliothèque Nationale, pour La Ruche, journal des ouvriers et Le Monde, journal. Estimation: 300/400 euros.

179. [Gustave Flaubert (1821-1880)]. Important dossier documentaire constitué par Edmond Ledoux.
Edmond Ledoux (†1962) fut stagiaire à l’étude notariale de Maître Ozanne, apparenté au Dr Franklin-Grout, le second mari de la nièce de Flaubert. C’est à cette époque qu’il commença à se passionner pour l’écrivain. Il travailla à faire revenir sa bibliothèque à Rouen et en fut nommé conservateur quand elle fut hébergée par la ville de Canteleu. Il a également inventorié et daté la correspondance de Flaubert offerte à l’Institut de France par sa nièce, et réuni, tout au long de sa vie, une documentation unique en vue d’un ouvrage resté à l’état de projet. Estimation: 200/ 300 euros.
http://www.lefloch-drouot.fr/html/index.jsp?id=105413&np=1&lng=fr&npp=20&ordre=&aff=1&r=#lot179

(< Élisabeth Brunet, Olivier Leroy)
Le Salon international du livre rare n’a pas pu se tenir au Grand Palais à la date prévue. Il est reporté du 18 au 20 septembre 2020. En attendant, les libraires ont mis en ligne leurs catalogues. Lots choisis.

Bouquinerie Aurore, catalogue n°9
http://www.bouquinerie-aurore.com/
7. BOUILHET (Louis), Meloenis, conte romain. Extrait de la Revue de Paris.
Véritable édition originale. Exemplaire dédicacé à la mère de Gustave Flaubert.
Paris, Imp. de Pillet fils aîné, 1851, in-8°, ½ Bradel veau bleu-encre du temps, dos orné de filets dorés fins, pièce de titre en maroquin rouge, plats de papier peigné, 88p. (faux-titre et titre inclus).
Mors et coins légèrement frottés, rares pâles rousseurs, très bel exemplaire. 3.500 euros. Rarissime édition originale tirée à part à quelques exemplaires uniquement non mis dans le commerce, de ce conte paru dans la Revue de Paris, le 1er novembre 1851.
Très important envoi autographe signé de l’auteur en page de faux-titre «À Madame Flaubert/ hommage respectueux de/ l’auteur/ L. Bouilhet».
Une note manuscrite ancienne au crayon à papier sur le premier contreplat précise: «Cette édition tirée à quelques exemplaires pour les amis de l’auteur n’a jamais été mise dans le commerce. C’est la vraie édition originale. L’édition in-12 ne paraît que cinq ans plus tard. C’est l’exemplaire de Flaubert avec la signature de Louis Bouilhet». Absent de l’inventaire après décès de mai 1880 (il ne figure d’ailleurs étonnamment aucun exemplaire de Melaenis, ni aucun livre de Bouilhet avec envoi, dans la Bibliothèque Flaubert).
Est-il nécessaire de rappeler les liens indéfectibles qui unissaient Louis Bouilhet à Gustave Flaubert? Ce conte est d’ailleurs dédié «à Gustave Flaubert»; il s’agit de la première mention imprimée du nom du célèbre écrivain.

Autographes des Siècles
http://www.autographes-des-siecles.com/documents/personnages-historiques/gustave-flaubert/
Lettre autographe signée à Louise Colet. Trois pages in-8°. Croisset, 26 juillet [1851].
«Il n’y a de continuellement bon que l’habitude d’un travail entêté. Il s’en dégage un opium qui engourdit l’âme.» 4.800 euros.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=9876

Lettre autographe signée à Louise Colet. [Croisset] Lundi 1h de nuit [24 janvier 1853].
Deux pages in-4°. Enveloppe autographe oblitérée.
Précieuse lettre de Flaubert à son amante lui donnant des conseils d’écriture, au sujet du long poème de Louise Colet, La Paysanne, premier récit du Poème de la femme. 4.500 euros.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=9983

Librairie Michel Bouvier
https://www.librairiemichelbouvier.com/catalogues-c3oj
78. FLAUBERT, Gustave. L. A. S. à son ami et confident Ernest Chevalier (ici surnommé Jasmin, le personnage de Sade). Rouen, 20 mai 1840.
3 pages in-4, adresse au verso du second feuillet et cachets postaux. Manque de papier au second feuillet avec perte de quelques mots; quelques petites déchirures au bord sans gravité.
Importante lettre de jeunesse, inédite, évoquant Sade, la création et la crise qu’il traverse. 24.500 euros.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=14014

Librairie Faustroll
https://www.librairie-faustroll.com/
20. Trois contes, Paris, Charpentier, 1877. In-12 (18x 11,5cm), plein maroquin rouge, important décor végétal et de doubles filets droits et courbes dorés, réseau d’entrelacs au milieu de chaque côté, médaillon ovale laissé en réserve au centre, dos orné d’une longue tige fleurie «filant sous les nerfs», doublure de maroquin vert foncé, jeu de filets dorés droits et courbes dans les angles avec fers à la rosace, gardes de moire ardoise, tranches dorées, non rogné, couverture (S. David), 3 ff. n. ch. (blanc, faux-titre, titre), 248p., 2ff. n. ch. (table, blanc), truffé d’un portrait gravé et de 70 gravures disséminées.
Édition originale. Un des 12 premiers exemplaires sur chine.
Ex-libris autographe de Joris-Karl Huysmans, à l’encre bleue, sur un feuillet de papier ordinaire placé entre la couverture et le faux-titre. 30.000 euros.

Le Manuscrit Français
https://www.lemanuscritfrancais.com/fr/?s=flaubert&post_type=manuscript
Lettre autographe signée «Gve Flaubert» à Paul Meurice, s.l.n.d [Croisset, avril 1857].
1 page in-8 sur bifeuillet bleu vergé, à l’encre noire. Traces de pliures.
La lettre de Gustave Flaubert ayant accompagné son envoi de Madame Bovary, dédicacé à Victor Hugo. 25.000 euros.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=10225

SAND, George (1804-1876). Lettre autographe signée «GSand» à Gustave Flaubert, Paris, vendredi [31 août 1866 rajouté d’une autre main]
3 pages sur bifeuillet in-8 à ses initiales gaufrées, à l’encre noire. Habile réparation de deux petites déchirures sur deuxième feuillet, sans atteinte au texte.
Émouvante lettre de George Sand à Gustave Flaubert, écrite le lendemain de sa première visite à Croisset. 4.800 euros.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=16224

ZOLA, Émile (1840-1902). Lettre autographe signée «Emile Zola» à Gustave Flaubert, Médan, le 30 novembre [18]78.
4 pages sur un bifeuillet in-8, à lencre noire sur papier vergé, sous chemise demi-maroquin noir moderne.
Magnifique lettre de Zola à Flaubert à propos de Maupassant, Nana et L’Assommoir. 8.500 euros.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=16487

[BULLETIN FLAUBERT n° 215 / 25 mars 2020]

(< Éric Walbecq)
Catalogue Librairie William Théry, février 2020
williamthery@wanadoo.fr
40. Catulle Mendès [Bordeaux, 1841 – Saint-Germain-en-Laye, 1909], poète, dramaturge, romancier et librettiste. Lettre autographe signée, s.d. [circa 1872], à Adolphe Dupeuty; 1 page et demie, in-12 (taches jaunâtres importantes).
«Cher Monsieur Dupeuty,
C’est un grand opéra en cinq actes et non un ballet que Gustave Flaubert m’a autorisé à tirer de Salammbô. Si vous trouvez une occasion de faire cette petite rectification vous obligerez votre bien dévoué Catulle Mendès.»
Intéressante lettre au sujet de l’opéra Salammbô dont la musique fut composée par Ernest Reyer. Le projet remontait à l’année 1862. À cette époque, le livret devait être écrit par Théophile Gautier. En 1866, Flaubert relançait Gautier et lui envoyait même un scénario. En vain. À la mort de celui-ci, en 1872, son gendre Catulle Mendès acceptait de prendre les choses en main mais faisait à son tour traîner les choses, ce qui lui valut une première relance insistante du romancier: «Eh bien! Et Salammbô opéra? Vous y mettez-vous, enfin?»(20 avril 1877), puis une seconde, fin décembre de la même année. Un an et demi plus tard, Flaubert décidait de se passer des services de Mendès et chargeait Camille du Locle de conduire le livret à son terme. L’opéra de Reyer fut donc créé le 10 février 1890 à Bruxelles, au Théâtre de la Monnaie, 28 ans après le projet initial et 10 ans après la mort de Flaubert.

(< Olivier Leroy)
Vente passée
20 février 2020, vente Aguttes, Drouot-Richelieu
Livres anciens et modernes; manuscrits et lettres autographes.
https://www.aguttes.com/catalogue/102872?
250. Flaubert, lettre autographe signée adressée à Julia Daudet, femme d'Alphonse Daudet, s.l.n.d. [Croisset, 7 avril 1879], 2 pages in-8 à l'encre.
Adressée à la femme d'Alphonse Daudet, Julia, avec des mots sincères à propos de son livre tout récemment publié Impressions de nature et d'art, qui parle de littérature, de son mari et de son dernier livre Les Rois en exil et dans laquelle il reconnaît qu'il se sent vieux et faible: «Je ne saurais vous dire le plaisir que m'a causé “L'Enfance d'une parisienne”. Si le mot charmant n'était pas banal, je l'écrirais. Sans appareil scientifique, sans surcharge de couleurs, sans prétention à l'idéal ou au naturalisme, vous faites sentir ce que vous avez ressenti. Il m'a semblé parfois, en vous lisant, que j'avais été autrefois une petite fille, jouant aux Tuileries, marchant dans la rue de Rivoli, et vivant dans cette bonne vieille maison avec ses ornements Empire et ses grandes armoires. C'est un régal pour moi qui aime la Littérature en soi que de lire des choses pareilles. La race de votre style est très noble et très délicate. Si artiste, sans en avoir l'air! Voilà le difficile! Dans vos Pensées détachées, j'en ai trouvé plusieurs qui m'ont semblé éblouissantes de vérité et de tournure, comme celle sur les jets d'eau. Les deux pièces de vers que j'aime le mieux sont “à mon fils” et “la chambre aux joujoux”. Et dans les Études Littéraires, j'ai relu avec un nouveau chatouillement d'amour-propre tout ce qui me concerne. Je ne pourrai pas aller vous remercier avant un mois ou six semaines, car je ne puis faire encore que quelques pas dans mon Cabinet. Le Temps ne donne pas le roman de votre mari. Pourquoi? Dites-lui donc (à votre mari) de m'écrire un peu. Serrez-lui la main de ma part, et permettez-moi Madame de baiser la vôtre, en vous priant de me croire votre très respectueux et affectionné serviteur (et copain). Estimation: 600/ 800 euros.
En ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=13235

(< François Lapèlerie)
10 mars 2020, vente en ligne Stargardt Autographenhandlung, Berlin
Gustave Flaubert, lettre sans lieu ni date, destinataire inconnu.
«Cher ami, Voulez-vous venir me voir demain matin Samedi matin (vers 10 heures) ou Dimanche vers 1 heure? Sinon, je vous donne rendez-vous dans une quinzaine de jours. Envoyez-moi un petit mot pour me dire si vous avez reçu celui-ci? n’étant pas sûr de votre adresse.» 600 euros.
https://www.invaluable.com/auction-lot/flaubert-gustave-1821-1880.-B6548509F0
En ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=13982

Vente annulée et reportée
3 avril 2020, Vente Le Floch, Hôtel Drouot
178. Flaubert, deux pièces signées, en partie autographes. 42 bd du Temple [entre 1856 et 1869].
Bulletin de demande de livres à la Bibliothèque Nationale, pour La Ruche [populaire], journal des ouvriers et Le Monde, journal. Estimation: 300/ 400 euros.
179. [Flaubert]. Important dossier documentaire constitué par Edmond Ledoux. Estimation: 200/ 300 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 214 / 29 janvier 2020]

Catalogue Les Autographes, Thierry Bodin, n°147, Noël 2019
http://www.lesautographes.com/?page_id=2830
101. L.A.S., [Rouen, 26 juillet 1841], à Ernest CHEVALIER aux Andelys (Eure); 3 pages in-4, adresse (légères mouillures, petite fente réparée, déchirure par bris de cachet sans toucher le texte).
Belle lettre de jeunesse à son ami de collège. «Ne m’attends pas vendredi sur la Vapeur, je n’y serai pas». Il ne pourra probablement pas aller à Paris en août «car les événements sont changés depuis ma dernière lettre. – Je devais aller à Nogent chercher ma cousine, Mme BONENFANT, qui devait venir avec nous passer une quinzaine à Trouville. Mais sa plus jeune fille, ma filleule, est morte d’une fièvre scarlatine il y a environ une dizaine de jours. Elle ne viendra, si elle vient à Rouen, qu’au mois de septembre – et ce sera avec son mari. Tu ne me verras donc pas à Paris mais ce sera j’espère bien dans ma ville natale que nous fumerons notre prochaine pipe et nous humerons notre prochain petit verre. Dès que tu seras licencié tu pourras bien prendre la licence de venir nous voir. […] Rien de neuf ici. Je culotte mieux que jamais et je vais comme un croûton de temps à autre dessiner d’après nature quelques baraques éventrées et de vieux toits qui montrent leurs os.» Il donne des nouvelles de sa soeur et de son frère Achille qui «a recommencé aujourd’hui à aller à l’hôpital». Alfred [LE POITTEVIN] vient tous les jours le voir «et nous nous entretenons toujours de ce bon vieux Descambeaux qui est le fond de notre existence. Il fait froid, ou du moins il n’a pas fait assez chaud pour fréquenter le vieux Fessard qui pousse toujours à la consommation préférant le rhum à l’eau-de-vie parce que le rhum coûte 6 sols, tandis que le coignmar en coûte 2, c’est 4 sols de bénéfice en sus. Néanmoins comme le soleil montre depuis hier une fesse, j’irai dans quelque temps lui faire une visite, et me baigner moi et ma chienne de Terre-Neuve. Adieu, vieux couillon.».

Catalogue Bertran, Rouen, [fin 2019]
http://www.librairie-bertran-rouen.fr/V_Catal/lecatalogue2019.pdf
60. La première Éducation sentimentale (1843-1845), Paris, Revue de Paris, s.d. (1910).
In-8, 230 pages extraites de six numéros de la Revue de Paris avec pagination non suivie, du 15 novembre 1910 au 1er février 1911. Cartonnage bradel en papier marbré, bon état. 550 euros.
Premier roman complet que Flaubert ait écrit. Commencé en 1843 et achevé en 1845, l’auteur ne voulut pas le publier et il ne sera édité qu’en 1910 dans la Revue de Paris. Flaubert reprendra le titre en 1869 pour un roman complètement différent avec Frédéric Moreau et Madame Arnoux dans un Paris mis à feu et à sang par la Révolution de 1848.

61. La Queue de la Poire de la Boule de Monseigneur. Pochade rouennaise inédite, Paris, Nizet, 1958.
Très grand in-4 de 51 pages (un faux-titre, frontispice («dessin Monseigneur!»), titre avec vignette, justification du tirage, avant-propos, texte imprimé) suivi du fac-similé du manuscrit non paginé). Il a été tiré de cet ouvrage 1.400 exemplaires constituant l’édition originale dont 20 sur vélin supérieur numérotés de 1 à 200. N°67. Excellent état intérieur non coupé. Reliure: broché, couverture ivoire imprimée en rouge et noir avec une vignette sur le titre. Excellent état. 200 euros.
Pochade rouennaise inédite qui fut composée en 1860 avec la collaboration et les illustrations de Louis Bouilhet, présentée ici par Artine Artinian. Sur un sujet de bonne grosse farce à usage domestique, Gustave Flaubert et Louis Bouilhet, complices, semblent se distraire comme des potaches. Pourtant, ils renouent ici avec une vieille tradition de théâtre délaissée et, au-delà des convenances sociales et théâtrales bien établies, donnent libre cours à leur imagination. Inutile de dire qu’au cours de cette farce rabelaisienne est faite la critique des hommes et des faits politiques du moment et que le tout est assaisonné de détails scabreux, comme Flaubert ne dédaignait pas d’en donner dans ses conversations et ses écrits non destinés à la publication.

62. L.A.S. adressée à Hortense Cornu à propos de la traduction en allemand de Salammbô. S.l.n.d. (Paris, 29 décembre 1862), signée Gus. Flaubert. Deux pages in-8 sur papier bleu (renfort à la pliure). 2.300 euros.
Intéressante lettre: «Je me suis présenté hier, chez vous chère Madame pour vous remettre les autorisations relatives à la traduction allemande de Salammbô.» Suit une invitation à dîner en compagnie des Duplan, de la mère et de la nièce de Flaubert. « Il ne faut pas me remercier de mes douceurs [souligné, il s’agit de sucre de pomme...]. Je vous les ai envoyées non que je vous suppose gourmande mais c’est afin que vous pensiez un peu à moi quand je n’y suis pas. Simple égoïsme comme vous voyez! Mille souhaits pour 1863. Que la bénédiction soit pleuve sur tout ce que vous aimez.» Gustave Flaubert a écrit une autre lettre à Hortense Cornu (21 janvier 1863) faisant allusion à cette traduction de Salammbô en allemand par Mme Sophie Ritschl, amie d’Hortense Cornu. Cette traduction ne s’est pas faite toute seule car dans une lettre à Jules Duplan (avril 1863), Flaubert est exaspéré: «Je suis tanné de Mme Ritschl et du sieur Lévy. Qu’ils s’arrangent! Merde!» Cette traduction paraîtra chez Sauerlander à Francfort-sur-le-Main en avril 1863. Hortense Cornu (1809-1875), femme de lettres et salonnière, était la filleule de la reine Hortense et sa secrétaire, soeur de lait de Napoléon III, elle épousa le peintre Sébastien Cornu.

63. L’Éducation sentimentale. Histoire d’un jeune homme, Paris, Lévy frères, 1870.
Deux volumes in-8 de 2ff., 427 pages et 2ff., 331 pages (avec le catalogue de l’éditeur). Rousseurs éparses. Reliure: demi-basane verte d’époque, dos à nerfs orné, non rogné. Exemplaire enrichi postérieurement des couvertures (dos légèrement passé, petits manques aux couvertures). 1.200 euros.
Édition originale, sans mention d’édition, de ce chef d’oeuvre de Flaubert, devenu très rare. Bel exemplaire en condition d’époque bien complet du catalogue de l’éditeur. Sources:  Vicaire III, 726, Carteret.

64. L’Éducation sentimentale. Histoire d’un jeune homme, Paris, Lévy frères, 1870.
Deux volumes in-8 de 2ff., 427p. et 2ff., 331p. sans le catalogue de 32 pages de Michel Lévy, rousseurs éparses sur les 3 feuillets liminaires de chaque volume. Demi-maroquin brun à coins, filets dorés, dos orné aux petits fers, couvertures et dos conservés (minimes réfections), tête dorée, non rogné (Semet et Plumelle). 1.700 euros.
Edition originale, avec mention fictive de deuxième édition, comme c’est souvent le cas (les ex. sur Hollande ont tous cette mention). Très bel exemplaire parfaitement établi par Semet et Plumelle. Sources: Vicaire, Carteret.

65. LAS, sans date (1866?), à un destinataire inconnu.
En ligne, avec l’aimable autorisation de l’acquéreur.
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=16522
Cette lettre de remerciement pourrait se rapporter à la Légion d’honneur, que Flaubert reçoit le 15 août 1866. Félix Eph (est-ce le nom complet ou une abréviation?) serait alors un fonctionnaire de l’Empire. Nous ne l’avons pas identifié. Inédite.

66. Madame Bovary. Moeurs de Province, Paris, Michel Lévy, 1857.
Deux tomes en un volume in-12, formant ensemble 490 pages, faux-titre et titre de la deuxième partie conservés, sans le catalogue de l’éditeur et les couvertures. Intérieurs frais. (Des décharges d’encre sur les feuillets, principalement dans la 2e partie de l’ouvrage, dues à une rapide mise sous presse.) Demi-chagrin Lavallière, dos à nerfs orné de fleurons dorés. Reliure de l’époque. 2.000 euros.
Édition originale du premier tirage avec la dédicace fautive à l’avocat Sénard (orthographié Senart). La dédicace à Louis Bouilhet ne comprend pas le A de «A Louis Bouilhet», particularité typographique inconnue jusqu’à ce jour. Charmant exemplaire en condition d’époque.

67. Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Quantin, 1885.
Grand in-8 illustré de 12 compositions par Albert Fourié, gravées à l’eau-forte par E. Abot et D. Mordant. Exemplaire enrichi d’un portrait de Flaubert par Liphart sur Chine, et de la suite des gravures de l’édition chez Lemerre composée d’un frontispice et de 6 figures de Boilvin à l’eau-forte (état définitif - éd. Lemerre, 1874). Exemplaire sur vélin blanc à la cuve enrichi d’une deuxième suite des gravures de Fourié (soit en 1er état avec signature au crayon, avant la lettre ou avec la lettre). Exemplaire non émargé. Rousseurs au titre, légères brunissures uniformes aux suites de Boilvin et sur certaines planches de la 2e suite de Fourié. Beau demi-maroquin prune à la Bradel, dos lisse, auteur, titre et date dorés en pied, couvertures conservées. Dos très légèrement passé. 480 euros. De la collection des Chefs d’oeuvre du Roman contemporain. Bel exemplaire. Sources: Vicaire III - 724.

68. Salammbô, Paris, Michel Lévy Frères, 1863.
In-8. Faux-titre, titre, 474 pages et 1 feuillet de table. Édition originale du second tirage malgré la mention de 2e édition. Bon exemplaire sans rousseurs. Reliure: demi-chagrin brun, dos à nerfs orné de fleurons dorés, tranches marbrées. Quelques petits frottements d’usage au dos et coins émoussés. 250 euros.

69. Salammbô, Paris, Michel Lévy Frères, 1863.
Grand in-8. (2)ff., 474p., (1)f. de table. Légères rousseurs aux 5 premiers et 3 derniers ff. Joint un portrait de Flaubert. Reliure: demi-maroquin bordeaux moderne, dos à 4 nerfs, date dorée en pied, tête dorée (sans les couvertures). Fine reliure de Loutrel. 850 euros. Édition originale du tout premier tirage avant les corrections signalées par Dumesnil (effraya pour effrayèrent, p.5, etc...). Bel exemplaire bien frais ne présentant que de rares rousseurs, dans une élégante reliure de Loutrel.

70. Souvenirs sur Gustave Flaubert, COMMANVILLE (Caroline), Paris, Ferroud, 1895.
In-8, portrait de Flaubert en frontispice, dessiné par l’auteur et gravé par Champollion, plusieurs vignettes et riches encadrements du texte avec des paysages flaubertiens (Croisset, Hôtel-Dieu, bibliothèque de Flaubert). Exemplaire sur vélin. Broché, couverture illustrée, non coupé, parfait état. 120 euros.
Très bel exemplaire de cette première édition tirée à part, le texte de la nièce de Flaubert étant déjà paru en préface de la Correspondance de 1887.

(< Éric Walbecq)
Autographes Thomas Vincent, site en ligne, janvier 2020
Lettre autographe signée, mardi 21 [octobre 1879], à Jules Lemaître, 1 page in-8. Belle lettre dans laquelle Flaubert cite Madame Bovary, Salammbô, La Tentation de saint Antoine et Hérodias. Cette lettre est écrite par Flaubert à la suite de deux études de Jules Lemaître dans la Revue politique et littéraire: «Les romans de moeurs contemporaines» et «Les romans de moeurs antiques» (11 et 18 octobre 1879). 5.500 euros.
https://www.galeriethomasvincent.fr/1079-flaubert-gustave-autographe.html

[BULLETIN FLAUBERT n° 213 / 11 décembre 2019]

12 décembre 2019, vente Sotheby’s, la Collection Ribes II
https://www.sothebys.com/en/auctions/2019/collection-ribes-ii-pf1933.html
193. Madame Bovary. Moeurs de province. Paris, à l’Administration de la Revue de Paris. Du 1er octobre au 15 décembre 1856.
6 livraisons in-4 (249x 167mm), avec pagination continue. Dans leur brochage d’origine, les autres textes ayant pour la plupart été habilement débrochés. Plats et dos des couvertures conservés. Sous chemise et étui de toile verte moderne avec pièce de titre de basane rouge.
Certains dos abîmés, le second plat des couvertures des 4e et 5e livraisons détachés. Rarissime édition pré-originale parue dans la Revue de Paris. Madame Bovary parut dans les livraisons des 1er et 15 octobre, des 1er et 15 novembre et des 1er et 15 décembre 1856.
Maxime Du Camp, proche ami de Flaubert, devenu en 1850 l’un des directeurs de la revue, lui proposa à l’automne 1855 de publier Madame Bovary avec quelques coupes afin d’échapper à la censure. Flaubert en accepta certaines (passage du fiacre dans la cinquième livraison et un petit passage dans la sixième) mais refusa toutes les autres: «Je ne ferai rien, pas une correction, pas un retranchement, pas une virgule de moins, rien! rien!» (Lettre à Laurent-Pichat du 7 décembre 1856.)
À la suite de cette publication, Flaubert fut poursuivi par le parquet de la Seine pour outrages à la morale publique et religieuse et aux bonnes moeurs. Cette poursuite aboutit au célèbre procès de février 1857 dont Flaubert sortit acquitté. Le roman paraîtra en volume en avril 1857, dédié à son défenseur, Maître Senard. Estimation : 600/ 800 euros.

194. Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy, 1857. Envoi à Jules Janin.
2 parties en un volume in-12 (182x 125mm). Maroquin vert émeraude, encadrement de six filets dorés avec ornements floraux mosaïqués de maroquin rouge aux angles, dos à nerfs, caissons ornés du même motif, dentelle intérieure, tête dorée, étui (Marius Michel). Dos passé.
L’exemplaire de Jules Janin, sur vélin fort. Édition originale.
Un des rares exemplaires sur vélin fort, seul tirage de luxe. Auguste Lambiotte recense 78 exemplaires sur vélin fort: 50 devaient être mis à la disposition de l’auteur et les autres vendus en librairie. Cet exemplaire est décrit sous le n°9 de sa liste. Il est étonnant, selon Fernand Vanderem, que l’éditeur ait imprimé des exemplaires sur grand papier pour un écrivain débutant, cette faveur étant généralement réservée «aux auteurs tout à fait arrivés». Le catalogue Noilly dénombrait 50 exemplaires sur grand papier (mention manuscrite à l’encre sur le feuillet de dédicace à Jules Senard).
Cet exemplaire est enrichi d’un portrait gravé de l’auteur (d’après Ernest de Liphart), d’un frontispice par Cuisinier sur Chine et de la suite des 7 figures gravées par E. Boilvin (dont 3 en double état) pour l’édition Lemerre de 1874.
Envoi autographe signé à Jules Janin, à l’encre brune sur le faux-titre:
«à notre père es-lettres
Jules Janin
Gve Flaubert
»

Janin, surnommé le «prince de la critique», se montra toujours bienveillant envers Flaubert. Ce dernier fut à la fois conscient de l’intérêt qu’il y avait à connaître un personnage influent dans le monde des lettres – par ses articles dans le Journal des Débats notamment  ̶  conseillant à son ami Bouilhet de rencontrer cet «excellent homme, putain, & complaisant» (lettre du 16 septembre 1855) mais restant toutefois prudent vis-à-vis de ses jugements parfois versatiles et contradictoires «dont les âneries empliraient un volume. Ah! nous en avons vu de belles – & nous en verrons encore. Il m’a l’air tout à fait fossile, maintenant, ce bon Janin» (lettre du 21 septembre 1856).
Cet exemplaire, relié en demi-maroquin rouge pour Jules Janin, fut relié une seconde fois par Marius Michel pour Jules Noilly qui y fit alors ajouter le portrait et la suite de gravures. Estimation : 20.000/ 30.000 euros.

200. L’Éducation sentimentale. Histoire d’un jeune homme, Paris, Michel Lévy, 1870.
2 volumes in-8 (220x 138mm). Maroquin bleu nuit janséniste, double filet doré sur les coupes, doublure bord à bord du même maroquin, gardes de taffetas moiré, tranches dorées sur témoins, couverture et dos, étuis (Huser).
Très légères restaurations à la couverture bleue d’origine. Édition originale.
Un des très rares exemplaires sur papier de Hollande (tirage à 25 exemplaires, selon Carteret et Clouzot). Avec la couverture bleue conservée, ne portant pas la mention de deuxième édition, ordinairement relevée sur ces grands papiers.
Pour L’Éducation sentimentale, comme pour Salammbô, Flaubert ne reçut de l’éditeur qu’un nombre restreint d’exemplaires sur grand papier: 25 exemplaires sur hollande, rareté que l’auteur soulignait d’ailleurs dans plusieurs de ses envois.
Auguste Lambiotte, dans Le Livre et l’estampe, a dénombré vingt-cinq exemplaires sur Hollande dont sept avec envoi. Celui-ci est probablement le n°16 provenant du catalogue Berès n°42. À l’époque, cet exemplaire possédait un fragment autographe du manuscrit de travail de l’auteur, qui ne figure plus dans l’exemplaire. Estimation: 15.000/ 20.000 euros.

219. La Légende de saint Julien l’Hospitalier, Paris, A. Ferroud, 1895.
Grand in-8 (240x 160 mm). Maroquin brun à décor mosaïqué de chardons et de houx en maroquin bleu, brun, vert, vieux-rose et rouge, dos à nerfs orné du même décor mosaïqué, doublure de maroquin vert ornée d’un encadrement mosaïqué et d’une frise végétale de maroquin rouge bordée or, doubles gardes de tabis brun et de papier marbré, tranches dorées, couverture, étui bordé (Marius Michel).
Mors légèrement frottés. Première édition illustrée.
Illustrée de 26 compositions de Luc-Olivier Merson, dont 3 hors-texte, gravées à l’eau-forte par Géry-Bichard. Préface par Marcel Schwob. Tirage à 500 exemplaires, un des 100 dit de grand luxe sur vélin d’Arches, avec une double suite des eaux-fortes (avant et après la lettre). Exemplaire réservé pour le peintre et graveur Adolphe Lalauze, avec envoi autographe signé de l’éditeur à la justification.
Enrichi du portrait gravé par Champollion (en double état), qui illustre le livre de souvenirs de la nièce de Flaubert, Caroline Commanville, publié également en 1895 par Ferroud, ainsi que du prospectus de souscription illustré (4p.), relié en fin de volume.
[Montée en tête, sur une des gardes:] Lettre autographe signée à Charles Monselet. Croisset près Rouen, jeudi [29 juillet 1869]. Une page in-8 sur papier bleu (212x130 mm).
Une dizaine de jours après la mort de Louis Bouilhet, grand ami de Flaubert et conservateur à la bibliothèque municipale de Rouen, Flaubert s’insurge contre la nomination de son successeur: «Ce que je redoutais arrive, mon cher ami: on vient de nommer à la place de mon pauvre Bouilhet un ancien libraire âgé de 58 ans [l’archiviste et historien Édouard-Benjamin Frère, 1797-1874], un idiot que je soupçonne (entre nous) d’être un drôle. Cette nomination, non encore officielle, mais certaine, est due à l’influence de l’archevêque. Notre ami était à peine enterré qu’il avait une promesse formelle. Je suis presque aussi contrarié que vous, et peut-être plus. Je vous serre les mains très fort. Gve Flaubert.» Estimation: 3000/ 5000 euros.


(< Éric Walbecq)
13-18 décembre 2019, vente Thierry de Maigret, Hôtel Drouot
https://drouotstatic.zonesecure.org//pdf/90/102842/Demaigret_18122019_bd.pdf?id=102842&cp=90
321. L.A.S., Mardi soir [15 novembre 1859], à Ernest Feydeau; 4 pages in-8 sur papier bleu. Extraordinaire lettre sur la fin de sa liaison avec Louise Colet, sur Alfred de Musset, et sur l’écriture de Salammbô. Il se réjouit de voir que Feydeau travaille: «Continue! Tu en seras récompensé probablement, par un beau livre.» Puis sur Alfred de Musset, à propos du roman autobiographique de Louise Colet, Lui: «Bien que je n’admire pas immensément le sieur Musset, il n’en restera pas moins comme un charmant jeune homme. Il a eu de beaux jets. Quant à faire une oeuvre, ce gentilhomme avait la poitrine trop étroite (tu as vu dans Lui qu’il était essoufflé pour monter chez la Muse). Mais il ne faut pas oublier qu’il a été très original (à son heure), et qu’il a écrit de petites choses ravissantes. Quant à avoir la mine d’un maître, comme tu le dis fort bien, jamais! Il me déplaît pour avoir mis en axiomes & pratiqué «la Poésie du Coeur» (double farce à l’usage des impuissants et des charlatans). En voilà un qui a été peu critique! il me paraît avoir eu sur l’humanité le coup d’oeil d’un coiffeur sentimental! toujours “son pauvre coeur”, toujours les larmes! – Je crois du reste que la mère Colet l’a reproduit assez fidèlement? et il est facile maintenant de le bien connaître. As-tu remarqué ses affectations de noblesse, ses éternels bals aux Ambassades. Comme c’est beau cet homme qui porte sa douleur dans le Monde! – telle qu’un bijou rare – pour l’ébahissement de ces MM. et ces Dames! Quant à moi, ne crois pas que ce livre m’ait irrité (il y a longtemps que je sais à quoi m’en tenir sur l’auteur!). Je t’avouerai même que je suis assez corrompu, assez orgueilleux, ou assez vertueux pour m’en être démesurément amusé. Et puis en définitive j’y fais bonne figure. Ai-je l’air suffisamment rébarbatif? – invulnérable, piété à la fois tout spirituel & invisible comme un Ange – & baiseur comme un héros de De Sade: “Personne au monde n’était maître de son foutre comme Rombaud!!!” (ce qui, par parenthèse, est une jolie phrase). C’est en effet parce que j’étais trop maître de mon foutre, que nous nous sommes fâchés! Je trouvais qu’elle empiétait sur mon sexe. Les couilles peuvent se louer ou se prêter, mais s’aliéner, jamais! Cette publication m’a convaincu, une fois de plus, de l’immoralité profonde des femmes. Tu m’objecteras que celle-là est un monstre (non, d’abord! – il n’y a pas de monstres, hélas!) et quand même, il y a des monstres aussi parmi les hommes! Or pas un homme ne ferait cela sur une ancienne maîtresse. Mais les femmes n’ont aucune idée du Droit. Les meilleures ne se font pas de scrupule d’écouter aux portes, de décacheter des lettres, de conseiller et de pratiquer mille petites trahisons, etc. Tout cela vient de leur organe. Où l’homme a une Éminence, elles ont un Trou! Cette éminence-là c’est la Raison, l’Ordre, la Science, le Phallus-Soleil, et le trou, c’est la nuit, l’humide, le trouble. Ceci est du pur Carthaginois.» Il en vient à Salammbô: «À propos de Carthage, j’entre maintenant à la séance de nuit des Cent dans le temple de Moloch, où on engueule Mr Hamilcar Barca lequel doit répondre avec une éloquence digne d’Odilon Barrot, ou plutôt du général Foy? Ça me mènera jusqu’à Noël, époque où je me précipiterai dans tes bras, et il y a longtemps que j’en ai envie, mon pauvre garçon!» Estimation : 4.000/ 5.000 euros.

352. Guy de Maupassant, L.A.S., 10, rue de Montchanin [Paris], 8 décembre 1889, [à Ernest Reyer]; 4 pages in-8 à son chiffre (deuil, petit manque à un angle sans toucher le texte, petit morceau de papier gommé collé).
Supplique pour obtenir une loge à la création de Salammbô, opéra en 5 actes par Camille du Locle d’après le roman de Flaubert, musique d’Ernest Reyer, créé au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles le 10 février 1890.
Il sollicite peut-être l’impossible: une bonne loge pour la première représentation de Salammbô. «Je n’ai qu’un titre, mais il en vaut beaucoup d’autres, c’est d’avoir été certainement l’homme que Flaubert a le mieux aimé dans les dernières années de sa vie, et à qui il avait donné la meilleure part de son coeur et de sa confiance d’artiste./ Mes relations un peu tendues avec sa famille me mettent dans l’impossibilité de m’adresser à elle pour obtenir ce que je désire si vivement. J’ai promis à quelques personnes, ferventes amies de sa mémoire comme moi, que nous irions ensemble voir et écouter ce rêve réalisé Salammbô en opéra. […] Personne plus que moi n’a le droit moral et le devoir – car il m’appelait toujours son disciple – d’assister à la renaissance de l’oeuvre en qui le maître musicien que vous êtes a fait entrer une vie nouvelle.» Estimation : 800/ 1.000 euros.


(< Jean-Luc Brière)
George Sand, lettre à Flaubert, [20 février 1870].
https://www.traces-ecrites.com/document/ton-vieux-troubadour-lettre-de-sand-a-flaubert
Pliures centrales, minimes traces d’onglets en-tête du second feuillet. Encre noire sur double feuillet. En-tête gaufré au chiffre GS.
«Je suis sortie aujourd’hui pour la 1ere fois. Je vais mieux, sans être bien. Je suis tourmentée de n’avoir pas de nouvelles de cette lecture de la féerie. Es-tu content? Ont-ils compris? L’autre passera jeudi, vendredi au plus tard. Ton neveu et ta nièce iront-ils aux fauteuils de galerie ou de balcon? Impossible d’avoir une loge. Si oui, un mot et je t’enverrai ces places sur mon lot, qui comme toujours, ne sera pas brillant. Ton vieux troubadour.»
Sand évoque la pièce Le Château des coeurs de Flaubert (qui sera publiée en 1880 dans la revue La Vie moderne) et la première de sa pièce L’autre, comédie en quatre actes et un prologue (Paris, Michel Lévy Frères, 1870). 2900 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 212 / 13 novembre 2019]

Samedi 16 novembre 2019, vente Osenat
Fontainebleau, 9-11, rue Royale 77300 Fontainebleau
https://www.osenat.com/lot/100413/11073370
Lettre autographe signée [à Philippe Leparfait]. S.l., «mardi matin» [19 octobre 1869]. 1p. in-8. «Pourquoi n’ai-je pas la lettre que je te demande? Tu as dû recevoir de moi un g[ran]d pli dimanche soir. Je devais aller aujourd’hui à l’Odéon rapporter ta réponse. Il n’y a que demi-mal, car Chilly [Charles de Chilly, directeur de l’Odéon] s’absente jusqu’à jeudi. P[ou]rquoi? Mystère. Je crois qu’il a peur de moi? Je t’embrasse. Ton Gve Flaubert. Plus d’activité dans les affaires, fichtre...» Fidèle au souvenir de son défunt ami Louis Bouilhet, Gustave Flaubert se chargea entre autres de faire porter à la scène une pièce de celui-ci, Mademoiselle Aïssé, dont la première représentation eut lieu à l’Odéon le 6 janvier 1872. Élevé par Louis Bouilhet, Philippe Leparfait (1845-1909) était l’enfant naturel du marquis Philippe de Chennevières, écrivain et directeur des Beaux-Arts, et de Léonie Leparfait, compagne de Louis Bouilhet. Estimation: 200 - 300 euros.

(< Jean-Paul Goujon, Éric Walbecq, Stéphanie Dord-Crouslé)
19 novembre 2019, Vente Artcurial, Les collections Aristophil
https://www.artcurial.com/fr/vente-4002-litterature-francaise-des-xixe-xxe-siecles-les-collections-aristophil
245. Notes sur le Cosmos d’Alexandre Humboldt. S.l.n.d. 23p. sur 13ff. in-4 (29,9x 22,4cm), demi-maroquin rouge à coins, filet doré sur les plats, dos à nerfs (reliure moderne).
Manuscrit autographe. Il s’agit des notes prises par Gustave Flaubert à la lecture de Cosmos, essai d’une description physique du monde par Alexandre von Humboldt. La traduction française de cet ouvrage encyclopédique a paru en 1846, l’année après l’édition originale en allemand.
Flaubert a sélectionné des notions de l’ouvrage d’Humboldt pour les analyser. La volonté du scientifique de faire une somme des connaissances de la nature ne pouvait manquer de séduire l’auteur de Bouvard et Pécuchet. La chercheuse Mary Orr de l’université de Saint Andrews a par ailleurs étudié la correspondance de Flaubert et démontré la proximité d’intention des deux auteurs ainsi que l’influence de Cosmos sur La Tentation de saint Antoine, notamment sa dernière partie. Il s’y trouve en effet plusieurs mentions par l’auteur du scientifique dans les années 1850 et 1860.
Mary Orr, «Le Cosmos d’Alexandre von Humboldt et La Tentation de saint Antoine de Gustave Flaubert: deux oeuvres de toute une vie», in Flaubert, revue critique et génétique [En ligne], 2010.
1f. déchiré et recollé au papier adhésif, petites et pâles rousseurs. Estimation: 8.000 – 12.000 euros.

246. Littérature contemporaine de Charlemagne. S.l.n.d. 6p. sur 3ff. in-folio (31,7x 20cm).
Manuscrit autographe de Gustave Flaubert, intitulé Littérature contemporaine de Charlemagne, comprenant un ensemble de notes tirées du Cours d’histoire moderne de François Guizot (Paris, 1828-1832).
Flaubert a rédigé une biographie ainsi qu’une petite étude bibliographique de cinq auteurs de l’époque de Charlemagne: Alcuin, Leidrade, Theodulf, Smaragde et Éginhard.
Quelques taches, minuscules déchirures marginales. Estimation: 3.000 – 5.000 euros.

247. Madame Bovary, Paris, Michel Lévy, 1857
2 vol. in-18 (17,8x 11,5cm), demi-maroquin noir, dos à nerfs, tête dorée, couvertures conservées (atelier Laurenchet).
Édition originale du roman le plus célèbre de Flaubert. Premier tirage comportant les fautes typographiques décrites par Piclin dans le volume et la couverture de type B, la plus rare.
Piclin, «L’édition originale de Madame Bovary», Bulletin des Amis de Flaubert, n°16, 1960, p.54-56.
Couvertures empoussiérées. Estimation: 1.500 – 2.500 euros.

248. Sophonisbe - Mairet Corneille Voltaire: manuscrit autographe. S.l., [entre 1858 et 1862]. 29p. sur 15ff. en 1 vol. in-folio (31,9x 20,9cm), bradel demi-maroquin lie-de-vin à coins, titre doré en long au dos (Semet & Plumelle).
Manuscrit autographe de Gustave Flaubert. L’auteur analyse plusieurs versions de Sophonisbe. Ces notes de lectures ont vraisemblablement servi de matériau pour son Salammbô (Paris, 1862).
La plus grande partie du manuscrit (près des deux tiers) est consacrée aux cinq actes de la pièce de Corneille, que Flaubert examine en profondeur, mêlant citations, commentaires et critiques.
Quelques rousseurs et petites déchirures marginales. Estimation: 5.000 – 7.000 euros.

249. Correspondance autographe signée à Paule et Jules Sandeau
Croisset, [juin 1858-novembre 1867]. 40p. sur 2ff. et 14 doubles ff. in-8 en 1 vol. in-4 (25,7x 19,8cm), bradel percaline grise, pièce de titre en long au dos (reliure de l’époque).
Correspondance autographe signée de Gustave Flaubert comprenant 13 lettres adressées à Paule Sandeau et 3 à son mari, l’écrivain Jules Sandeau. Une page de titre manuscrite par Alidor Delzant, ancien propriétaire, confirme que le document vient de Paule Sandeau.
Le ton de la correspondance est amical et les lettres abondent de confidences intimes de Flaubert: «[…] puisque tout ici-bas est impossible. L’Art, l’Amour, etc. de même le Bien-Être […] c’est peut-être l’influence […] de mes trente-huit ans qui vont sonner dans quinze jours?» L’auteur se confie sur ses difficultés: «Je suis comme le temps, sombre & sans soleil, maintenant que je n’ai plus de travail suivi, je ne sais que devenir», et demande des faveurs à son confrère: «J’ai reçu hier, une lettre de Baudelaire m’invitant à solliciter votre voix pour sa candidature à l’Académie.»
Le volume contient également une photographie du monument à Gustave Flaubert de H. Chapu, exposé au Salon de 1890.
Quelques petites rousseurs, jaunissement, reliure défraîchie. Estimation: 15.000 – 20.000 euros.

250. Manuscrit autographe. S.l., [vers le 10 juin 1867]. 5p. sur 3ff. in-folio (26,9x 21,1cm) et une enveloppe (17,1x 11,3cm).
Manuscrit autographe de Gustave Flaubert, intitulé 9 & 10 juin 1867, bal donné au Czar (inscription manuscrite sur l’enveloppe). Flaubert y relate les événements qui se sont déroulés lors du bal donné aux Tuileries le 10 juin 1867. Flaubert est l’un des 600 invités de ce bal, donné par l’empereur Napoléon III au palais des Tuileries. Une grande fête est organisée en l’honneur du tsar Alexandre II et du roi de Prusse Guillaume Ier, venus visiter l’Exposition universelle. De vastes travaux d’aménagement et d’embellissement ont été organisés pour permettre au palais d’accueillir les invités. Flaubert dresse ici un récit précis du faste de la soirée: «La première impression est exquise. Des lignes de lanternes en porcelaine marquent les allées et font comme de grosses perles brillantes. Les fleurs du parterre ont l’air dessinées en lumière – les gazons semblent d’émeraude, les arbres paraissent peints. […] Puis, à gauche, à vingt pas de moi, sur l’estrade où part l’escalier qui descend au jardin quatre ombres paraissent. Les deux Empereurs, l’Impératrice et la Princesse Mathilde – Ils rentrèrent. Deux ou trois dames descendent. Cela a l’air d’une vision, d’un rêve.»
FLAUBERT, «9 et 10 juin 1867. Bal donné au Czar» Vie et travaux du R.P. Cruchard et autres inédits, éd. Mathieu Desportes et Yvan Leclerc, Presses des universités de Rouen et du Havre, 2005.
Taches, traces de pliures. Estimation: 3.000 – 5.000 euros.

251. L’Éducation sentimentale, Paris, Michel Lévy frères, 1870
2 vol. in-8 (22,8x 14,4cm), bradel demi- percaline rouge, tête dorée (reliure de l’époque).
Édition originale sur papier d’édition. Rousseurs, mors et coins frottés, quelques petites taches. Estimation: 800 – 1.000 euros

252. Correspondance autographe à Guy de Maupassant. S.l.n.d. pour la plupart [1870-1880]
49p. sur 30 doubles ff. et 5ff. in-8 et in-12 en 1 vol. in-8 (23,6x 15,8cm), reliure janséniste maroquin bordeaux, dos à nerfs, encadrement intérieur de filets dorés, doublures et gardes de soie moirée bordeaux, tête dorée (Canape et Corriez).
Correspondance de 35 lettres autographes de Gustave Flaubert à Guy de Maupassant, dont 33 signées de son nom ou de ses initiales et 2 signées «votre vieux». Yvan Leclerc, spécialiste de Flaubert et éditeur de cette correspondance, estime qu’elle s’étend de 1875 à 1880. Elle regroupe environ un tiers des lettres connues de Flaubert à Maupassant. Gustave Flaubert fit la connaissance de Guy de Maupassant par l’intermédiaire de la mère de ce dernier, Laure de Maupassant, soeur d’Alfred Le Poittevin, un ami d’enfance de Flaubert. Dès son enfance, Maupassant put donc lire les ouvrages que Flaubert envoyait à sa mère et lors de son entrée en littérature, il le choisit pour maître.
L’amitié et l’estime qui unissent les deux auteurs apparaissent tout au long de cette correspondance, dans laquelle il est principalement question de littérature. Flaubert encourage Maupassant dans la poursuite d’une carrière littéraire, lui prodigue des conseils pour se faire éditer et l’introduit auprès de personnalités littéraires et politiques telles Banville («Voici le mot pr Banville. Vous serez bien reçu, c’est un très galant homme.») ou Raoul-Duval. Flaubert entretient son correspondant de ses propres travaux littéraires, comme Le Château des coeurs, Bouvard et Pécuchet, ou s’inquiète de son train de vie: «Modérez votre vie et tenez-vous en joye et labeur.»
Sont également reliés dans ce volume:
– 1 lettre autographe signée à Auguste Vacquerie, s.l.n.d., 1p. sur 1 double f. in-8, dans laquelle il lui recommande d’aider Maupassant: «qui vous contera son histoire […] et votre vieux coeur de romantique va, comme le mien, en bondir d’indignation».
– 1 lettre autographe signée [à Claudius Popelin], datée du mercredi 31, 1p. sur 1
double f. in-8
– 1 note autographe à propos de recherches en botanique pour Bouvard et Pécuchet, 2p. sur 1f. in-8
– 1 lettre de Caroline Commanville, nièce de Flaubert, à Guy de Maupassant à propos de la jeunesse de son oncle, Paris, 10 novembre 1883, 4p. sur 1 double f. in-12
– 3 télégrammes annonçant à Maupassant l’apoplexie et la mort de Flaubert, 3p. sur 3ff. in-8
– 2 lettres signées «Caroline Groult-Flaubert», née Commanville, sur la publication de la présente correspondance, Paris, 3 octobre 1927 et Château d’Ourville, 17 septembre 1927, 2p. sur 1f. in-4 et 1f. in-8
– 1 lettre de Louis Bertrand, Antibes, 19 septembre 1927, 1p. sur 1f. in-4
Estimation 50.000 – 70.000 euros.

253. Correspondance de 33 lettres autographes signées adressées à Émile Zola, Paris, Croisset, [1871-1880]
Ensemble environ 48p. sur 33ff. in-8 et in-12 en 1 vol. in-8 (21x 15cm), demi-chagrin écrasé havane, dos lisse (reliure du XXe siècle).
Réunion de 33 lettres autographes signées de Gustave Flaubert à Émile Zola, ainsi qu’une lettre allographe et deux copies de lettres de Flaubert à Zola.
Malgré une première rencontre mitigée, les deux hommes se prennent d’affection et entretiennent une correspondance qui s’étend de 1871 à 1880, prenant fin avec la mort de Flaubert.
Tous les sujets sont évoqués, notamment leurs relations communes: Daudet, Tourgueniev, Maupassant, les Goncourt ou l’éditeur Charpentier. Leurs différents ouvrages, en cours ou passés, sont souvent abordés. Ainsi, après la lecture du Nana de Zola, Flaubert s’extasie: «J’ai passé hier toute la journée jusqu’à 11h1/2 du soir à lire Nana. Je n’en ai pas dormi cette nuit & j’en demeure stupide. Nom de dieu! Quelles couilles vous avez!» (Lettre du 15 février 1880.)
Il tient son correspondant au courant de ses propres progrès: «Jamais je ne me suis senti plus d’aplomb, mais l’Histoire d’un coeur simple ne sera pas finie avant 3 semaines, après quoi je préparerai immédiatement mon Hérodiade (ou Hérodias).» (Lettre du 23 juillet 1875.) Il lui confie également ses doutes: «Mon existence est maintenant bouleversée; j’aurai toujours de quoi vivre, mais dans d’autres conditions. Quant à la littérature, je suis incapable d’aucun travail. Depuis bientôt quatre mois (que nous sommes dans des angoisses infernales), j’ai écrit, en tout, quatorze pages, et mauvaises! Ma pauvre cervelle ne résistera pas à un pareil coup.» (Lettre du 3 août 1875.)
Il partage également son enthousiasme pour les oeuvres de son correspondant: «Ne m’envoyez pas votre Assommoir, ça me perdrait. Je serai dessus trois jours, et mon départ serait retardé. Je crève d’envie de le lire, et je vous assure que ma résolution est héroïque […] mettez-moi de côté les bêtises qui seront dites sur l’Assommoir» (5 janvier 1877).
Beau témoignage de l’estime artistique et de l’affection que porta Flaubert à Zola, qu’il résume dans sa lettre du 18 février 1879: «Il n’est pas possible d’être un meilleur bougre que vous. Merci de votre lettre qui me remet, comme disent les bonnes gens, “du baume dans le sang”.»
Quelques petites taches, traces de pliures, 2 petites déchirures marginales sans atteinte au texte. Estimation 40.000 – 50.000 euros.

254. Notes historiques sur le Moyen Âge. S.l.n.d.
27p. sur 6 doubles ff. et 2ff. in-4 (30x 18,8cm) et 41p. sur 3 doubles ff. et 16ff. in-folio à in-8 (dimensions diverses).
Ensemble de notes autographes intitulé Notes historiques sur le Moyen Âge, tirées de divers volumes tels Histoire de la conquête de l’Angleterre par les Normands d’Augustin Thierry (Paris, 1825), Histoire de la Civilisation en France de Guizot (Paris, 1828) ou encore De l’esprit des Lois de Montesquieu (Genève, 1784).
Un premier ensemble consiste en une étude de l’histoire médiévale de l’Italie (la plus approfondie et développée), de la Grande-Bretagne, de la Bretagne, de l’Espagne et de la Germanie.
Le second ensemble se concentre sur la même période en France et particulièrement sur la «société féodale dans ses rapports civils et religieux» et la chevalerie. Après avoir reproduit «Ballade du Bachelier d’Armes», un poème d’Eustache Deschamps (XIVe siècle), Flaubert entame son étude par un «état des idées actuelles (1830) sur le M[oyen] Âge».
Il est peu probable que ce manuscrit ait été rédigé en 1830. En effet, à cette époque-là, Flaubert est élève au Collège royal de Rouen. Il s’agit plus certainement de l’année d’édition de l’exemplaire d’Histoire de la civilisation en France de Guizot, sur lequel Flaubert fonde sa recherche.
Quelques taches et rousseurs, petits manques et déchirures marginaux. Estimation: 10.000 – 15.000 euros.

255. Lettres à Georges Sand, Paris, Charpentier, 1884
In-12 (18,1x 11,5cm), reliure janséniste maroquin rouge, dos à nerfs, bordure intérieure ornée de motifs dorés, tranches dorées, couvertures conservées, étui (E. Carayon).
Édition originale, l’un des 50 exemplaires sur Hollande. Petit manque au 1er plat de couverture, jaunissement de la marge intérieure du titre, dos passé, un mors partiellement fendu. Estimation: 500 - 700 euros.

383. Maupassant, Guy de (1850-1893), La Trahison de la comtesse de Rhune, S.l., [entre 1875 et 1878]
62p. sur 62ff. de formats divers en 1 vol. in folio (36,5x 24cm), demi-maroquin bleu nuit à coins, dos lisse, titre doré en long (Yseux Sr de Thierry-Simier).
Manuscrit autographe de la pièce La Trahison de la comtesse de Rhune de Guy de Maupassant, annotée et commentée par Gustave Flaubert.
Il s’agit d’un des rares témoignages des essais dramatiques de Guy de Maupassant, qui obtinrent peu de succès. L’action de la présente pièce se situe en Bretagne en 1347. La comtesse de Rhune profite du départ à la guerre contre l’Angleterre de son époux pour recevoir son amant anglais. Elle séduit l’un de ses domestiques et le convainc d’assassiner son mari, afin d’avoir la voie libre pour voir son amant.
Un drame historique donc, que Maupassant envoie à son maître Gustave Flaubert pour qu’il y fasse ses commentaires. Celui-ci lui retourne le manuscrit avec plusieurs annotations autographes à la mine de plomb dans le texte, ainsi qu’un feuillet volant (35,5x 7cm) comportant une série de remarques. Malgré cette collaboration et trois ans de travail, la pièce ne sera finalement jamais représentée et ne connaîtra sa première édition qu’en 1927 par Pierre Borel.
Relié en tête de volume, le portrait de Guy de Maupassant gravé par Adrien Nargeot en 4 états: sur satin, eau-forte pure, avant la lettre et état définitif, avec en remarque le portrait de Flaubert.
Quelques taches, restaurations, petites déchirures marginales, reliure un peu frottée. Estimation: 30.000 – 50.000 euros.

(< Éric Walbecq)
19 novembre 2019, cabinet Poulain, vente Millon, Paris Salle VV
http://www.poulainlivres.com/19-novembre-2019-paris.html
315. Trois contes. Un coeur simple - La Légende de saint Julien l’hospitalier – Hérodias, Paris, Charpentier, 1877. In-12 de [2]ff.-248p.-[1]f. Maroquin rouge post., dos à nerfs orné, titre doré, lieu et date en queue, bel encadrement de filets dorés sur les plats, filets dorés encadrant les contreplats, tr. dorées, couv. conservée (Chambolle-Duru). Édition originale. Ex-libris Jolly Bavoillot, dessinée par Giacomelli. Superbe exemplaire, parfaitement établi, enrichi d’un envoi autographe signé de G. Flaubert au faux-titre à son ami l’historien Alfred MAURY (1817-1892). (Vicaire III, 730.) Estimation: 2.500 - 3 000 euros.

Vente Ader, Hôtel Drouot, 21 novembre 2019, Les collections Aristophil
https://www.ader-paris.fr/catalogue/100431?
930. L.A.S. «Gve», Croisset vendredi soir [8 août 1851], à Louise COLET à Paris; 1 page et demie in-8, enveloppe avec cachet de cire rouge. Un mois avant de commencer la rédaction de Madame Bovary. Estimation: 3.000 - 4.000 euros.

931. L.A.S. «ton G.», Samedi 1h. [«16 avril 1853» de la main de Louise Colet], à Louise COLET; 4 pages in-4. Très belle lettre sur l’écriture de Madame Bovary. Estimation: 12.000 -15.000 euros.

932. L.A.S. «ton G.», Nuit de vendredi 2h. [23 décembre 1853], à Louise COLET à Paris; 4 pages in-4, enveloppe avec cachet de cire rouge (Louise Colet a noté deux vers au dos de l’enveloppe).Très belle lettre sur l’écriture de Madame Bovary et le gueuloir, et évoquant vertement les amours de Louis Bouilhet. Estimation: 12.000 - 15.000 euros.

933. L.A.S. «Gve Flaubert», Mardi [11 février 1857, à son ami Frédéric BAUDRY]; 4 pages in-8 sur papier bleu (petites fentes réparées). Intéressante lettre sur Madame Bovary, entre sa publication en revue et l’édition originale. Estimation: 5.000 - 7.000 euros.

934. L.A.S. «Gve Flaubert», Dimanche soir [Croisset 26 janvier 1862], à Charles BAUDELAIRE; 1 page in-8 sur papier bleu. Au sujet de la candidature de Baudelaire à l’Académie française. Estimation: 5.000 - 7.000 euros.

935. L.A.S. «Gve Flaubert», Vichy 2 juillet [1863, à Ernest FEYDEAU]; 8 pages in-4 très remplies (infimes fentes aux plis). Superbe et très longue lettre d’un style parfois très cru, après la lecture du roman d’Ernest Feydeau Le Mari de la danseuse. Estimation: 5.000 - 7.000 euros.

936. L.A.S. «Gve Flaubert», Croisset 4 décembre [1877, à Georges PENNETIER]; 1 page in-8. Amusante lettre inédite. Estimation: 1.200 - 1.500 euros.

(< Jacques-Remi Dahan)
Site Plazzart
Lettre de Flaubert à Ernest Feydeau, 8 septembre 1862. 2.500 euros
https://www.plazzart.com/fr_FR/achat/livres-autographes-papiers/gustave-flaubert-lettre-autographe-signee-a-propos-de-salammbo-474410
(Dans la notice du catalogue, erreur sur la date et le destinataire.)

[BULLETIN FLAUBERT n° 211 / 2 octobre 2019]

(< Jean-Paul Goujon, Éric Walbecq)
2 octobre 2019, Vente Aguttes, Neuilly
https://www.aguttes.com/catalogue/99456?
8. Salammbô. Paris, Lévy Frères, 1863. Édition originale. Exemplaire de première émission. Joint: un très beau feuillet manuscrit de 2 pages in-folio, écrit recto et verso, avec ratures et corrections de la page 9 de l’édition originale concernant le récit de Spendius allant de «un grand soupir s’échappa de sa poitrine; il balbutiait, il ricanait sous les larmes claires qui lavaient sa figure» jusqu’à «et on en avait vu qui risquaient leur vie pour l’inconcevable plaisir d’y boire.». Le manuscrit joint présente de nombreuses variantes avec le texte imprimé à la page 9 de l’édition. Flaubert l’a barré de deux traits. Au verso, il a consigné de nombreuses notes, titrées «II Politique», concernant la tribu des Libyens, la manière dont se faisait le commerce, les Syssites, les mercenaires, etc. Estimation: 6.000/ 8.000 euros.
144. Louise Colet, L.A.S. à Victor Hugo. Paris, jeudi 23 [1853]. 13pp. in-8; marque aut. de Hugo qui a répondu à la lettre. Très longue et magnifique lettre à Victor Hugo, Louise Colet se montrant admirative de l’oeuvre de l’écrivain et évoquant Lamartine, Mérimée et Flaubert. Estimation: 1.000/ 1.500 euros.
162. L.A.S. à sa «bonne Laure». 2 septembre [1869]. 2pp. bi-feuillet in-8. Lettre autographe signée de Flaubert à Laure, mère de Guy de Maupassant, dans laquelle il mentionne George Sand. Estimation: 1.500/ 2.000 euros.
163. L.A.S. «ton G.» à Louise Colet. 14 juin 1853. 4pp. grand in-4, joint son enveloppe avec cachet de cire rouge au chiffre de Flaubert (note manuscrite de Louise Colet au dos). Estimation: 20.000/ 25.000 euros.
164. L.A.S. à Apollonie Sabatier. S.l.n.d. [25 mars 1860]. 2pp. bi-feuillet in-8. Superbe lettre de Flaubert à connotation érotique. Estimation: 7.000/ 8.000 euros.
165. 4 L.A.S. à Edmond Laporte. 3 et 12 septembre, 14 octobre, 11 décembre 1875. 5pp. sur bi-feuillet in-8, papier bleuté, cachet «E.L.». Estimation: 3.000/ 4.000 euros.

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
8 octobre 2019, vente Christie’s, Collection Alfred Cortot.
https://www.christies.com/PDF/catalog/2019/PAR18565_SaleCat.pdf
59. Cours de Philosophie, année 1839-1840. Manuscrit autographe signé. [Rouen, 1839-1840]. 1 vol in-4 (218x 180mm), 330 pp. à l’encre brune ou noire sur papiers de différents types. Reliure signée Mercier et datée 1936: demi-maroquin à long grain brun à coins.
Réunion des cours de philosophie du jeune Gustave Flaubert, l’année de son baccalauréat.
Très intéressant volume de plus de 300 pages, reprenant les thèmes abordés en classe. La netteté du manuscrit s’explique par le fait que Flaubert est renvoyé de son lycée pour mauvaise conduite en décembre 1839 et ces cours sont donc très probablement copiés sur ceux d’un de ses camarades, peut-être Ernest Chevalier. Il passera son baccalauréat avec succès en 1840.
«Spinoza, pas nommé!» Ces cours sont séparés en leçons et les nombreuses pages sont annotées postérieurement par Flaubert qui ajoute des commentaires sur tel philosophe ou telle idée. Il a également signé à plusieurs reprises ses cours en marge supérieure du début de certaines leçons. Passionnante relique philosophique du jeune Gustave qui éclaire la pensée du futur écrivain sur des principes philosophiques: morale, conscience, qui parcourent son oeuvre. Estimation: 20.000/ 30.000 euros.
60. Athènes et environs d’Athènes. Manuscrit autographe. [Athènes, c. 1850-1851]. 27 pp et 1/2 (325 x 205 mm) à l’encre noire sur 7 doubles feuillets et un feuillet simple, dans un double feuillet portant le titre autographe «Athènes et environ d’Athènes» par Flaubert, illustrés de 10 petites esquisses dans le texte de l’auteur (principalement des plans de temples). Manuscrit autographe de la relation de la visite de Flaubert à Athènes et ses environs, contenant une description du Parthénon et les émotions ressenties par l’auteur. […] Au long d’une trentaine de pages, Flaubert donne ses impressions, parfois avec humour («ô rivage ton sable fut foulé par d’autres pieds! ô vents de la mer Egéenne tu as rafraichi d’autres derrières»), toujours avec finesse et érudition, de sa visite à Athènes, de ses promenades jusqu’à Eleusis, Marathon, Munychie (colline du Pirée appelée aujourd’hui Kastella) et surtout de l’Acropole d’Athènes, ses temples et une large part consacrée aux sculptures présentes sur le site.
Les parties décrites sont comme suit: «D’Athènes à Eleusis - Eleusis; D’Athènes à Marathon; Munychie - Phalène; Sculptures: Acropole; Temple de Thésée - Athènes; Jupiter Olympien au nord de l’acropole; Tour des vents; Théâtre d’Hérode Atticus; Acropole Pandrose - Érechthée - Minerve Poliade - Acropole - Prolylées - Parthénon - Athènes moderne».
Dans son chapitre sur les sculptures, Flaubert donne pour des pièces une description très précise, sur le vif, ponctuant ses descriptions d’impressions personnelles «On ne peut se lasser de voir cette délicieuse chose», «cette pose est pleine d’esprit», «Dans les Prolylées, adossé au mur […] un torse de femme - deux seins pomme, le gauche couvert d’une draperie le droit nu! quel téton! comme c’est beau! que c’est beau! que c’est beau!».
Il écrit à sa mère: «Je suis dans un état olympien, j’aspire l’antique à plein cerveau. La vue du Parthénon est une des choses qui m’ont le plus profondément pénétré de ma vie.» (Corr., I, p. 734). Estimation: 40.000/ 60.000 euros.
61. Lettre autographe signée à Maurice Schlésinger. 24 novembre [1853].
4 pp. (207x 136 mm), à l’encre brune sur un double feuillet. (Petites déchirures sans atteinte au texte.) Provenance: Vente, juin 1937 - Pierre Berès - Alfred Cortot. Estimation: 1.500/ 2.000 euros.
62. Lettre autographe signée à Elisa Schlésinger. Croisset, 16 janvier 1859.
4 pp. (209x 133 mm), à l’encre noire sur papier teinté bleu. (Pliures anciennes.) Provenance: Charavay (vendue à Alfred Cortot le 20 décembre 1909 pour 200 frs) - Alfred Cortot. Estimation: 4.000/ 5.000 euros.
63. Lettre autographe signée à Ernest Feydeau. Mardi soir [S.l.n.d.]
2 pp. (211x 132 mm) à l’encre noire sur un feuillet de papier bleu. (Pliure ancienne.) Provenance: Lardanchet, Lyon; Alfred Cortot. Estimation: 800/ 1.200 euros.
64. La première Tentation de saint Antoine. Manuscrit autographe. Fragment. [c. 1848-1849].
1 p. (349x 227) à l’encre noire sur papier vergé. (Quelques déchirures marginales, pliure horizontale et insignifiantes rousseurs.) 1 p. (269x 207 mm), à l’encre noire sur papier bleu (petites déchirures marginales, un mot «signe» rongé par l’acidité de l’encre); 4pp. (342x 223 mm) à l’encre noire sur 2 f. de papier vergé teinté bleu. (Pliure centrale, petite déchirure au centre des feuillets, atteignant 2 mots sans gêne à la lecture.)
Cette page autographe correspond à un fragment de la première Tentation qui sera finalement publiée de manière posthume par Conard en 1910. Elle correspond à la rencontre entre Antoine, accompagné des Vertus, et Satan, entourés des Péchés capitaux. Le passage, abondamment corrigé et dont quelques passages semblent inédits, ne sera pas repris dans la publication de 1874.
Cette page est accompagnée d'une copie par Flaubert d'un paragraphe de Mademoiselle La Quintinie de George Sand que Flaubert intitule «Gradation du Caractère de St Antoine» ainsi qu'une bibliographie autographe titrée «St Antoine - du commencement de l'année 1870 au 26 juin 1872». «J'ai lu pr la tentation de St Antoine les ouvrages suivants». Suit une liste de plus de 100 ouvrages listés par thèmes tels que «topographie ancienne», «Christianisme», «mythologie», etc. Flaubert, Oeuvres, 1, p.3 et suiv. (le présent manuscrit n'est pas repris dans l'édition de la Pléiade, qui indique «Voici quelques extraits de ce nouvel état du livre. Saint Antoine, ayant subi déjà les tentations des sept Péchés capitaux […] est parvenu à les chasser à coups de discipline (p.195) »). Estimation: 5.000/ 7.000 euros.
65. Bouvard et Pécuchet, Oeuvre Posthume, Paris, Lemerre, 1881.
Édition originale. Exemplaire dans lequel sont insérées huit lettres autographes signées de Flaubert à Edmond Laporte, la plupart relatives à l’ouvrage et placées aux pages correspondantes et un manuscrit autographe de deux pages titré «Vacances» - un dialogue entre un pêcheur à la ligne et son domestique. Les lettres, très amicales, et le plus souvent adressées à «Bab», sont montées aux pages 1, 77, 193, 197, 213, 215, 231 et 289; le manuscrit à la page 200. Lorsqu’il ne lui demande pas des informations pratiques: «Vieux Bab, cherchez-moi les dates des élections municipales de 1848 et 1852 et leur mode»; «à quelle époque a paru la première édition du ‘Dictionnaire général de la Politique’ par Maurice Bloch», Flaubert lui indique l’avancée de son roman: «Mon chapitre est fini et recopié depuis hier soir. Maintenant, je travaille à la copie»; «Tachez de m’apporter votre chapitre refait, et tout ce que vous pourrez de la copie. J’éprouve le besoin d’en avoir le plus possible. je suis au milieu des amours de B et Pécuchet qui n’auront pas plus de 12 pages! et j’espère commencer la philosophie au mois de janvier».
Le manuscrit est un amusant dialogue entre un pêcheur à la ligne et son «domestique», le premier, en vacances, ne voulant rien savoir de ce qui se passe en France pour «au moins trois mois», le second s’en étonnant, glisse à un compère qui lui demandait «qui est cet original ne voulant rien savoir. C’est notre député, monsieur.»
In-12 (184x 110 mm); 8 lettres autographes signées (1 page chaque de formats divers) montées dans l’exemplaire et un manuscrit autographe de 2 pages. Reliure postérieure non signée: demi-maroquin vert à coins, couvertures conservées (dos passé). Estimation: 6.000/ 8.000 euros.

(< Éric Walbecq, Steve Murphy)
17 octobre 2019, vente Alde, Hôtel Ambassador
http://www.alde.fr/vente/25911/1
39. Lettre autographe signée [probablement à son ami l’écrivain et journaliste Ernest Feydeau]. S.l., «jeudi matin». 3/4p. in-8. «Voici 3 vol. d’Athénée dont je te remercie. Je t’attends dimanche à 11 heures p[ou]r déjeuner avec Salzman. Et tu prendras ton vase qui décore présentement ma cheminée. À toi...» Un costume pour Salammbô. Le peintre et archéologue August Salzmann avait montré à Gustave Flaubert une plaquette en or repoussé représentant une femme, rapportée de l’île de Rhodes: l’écrivain s’en inspira pour un des costumes de Salammbô. La source historique du zaïmph. S’il entreprit la rédaction de Salammbô en septembre 1857 (il la poursuivit jusqu’en avril 1862), Gustave Flaubert avait dès avant commencé des lectures documentaires: on sait par sa correspondance qu’en août 1857, il voulait faire des recherches dans Le Banquet des sophistes de l’érudit grec Athénée (seconde moitié du IIe siècle de notre ère), qu’il avait déjà lu pour La Tentation de saint Antoine. En septembre et novembre 1859, il remercia son ami Ernest Feydeau pour le prêt du Banquet des sophistes, et refusa en octobre 1859 l’exemplaire que lui proposait Ernest Duplan. Dans des lettres à Félicien de Saulcy, en 1862, et à Guillaume Froehner, en 1863, il écrivit que c’était dans l’ouvrage d’Athénée qu’il avait trouvé la description du Zaïmph et des noms de pierreries. Gustave Flaubert, Correspondance, Paris, Gallimard, Pléiade, t.V, 2007, «Supplément», p.1106, dans un texte tronqué d’après une fiche de libraire. Estimation: 500/ 600 euros.
131. ESTAMPES et divers. XVIIIe-XXe siècles. – Ensemble d’environ 150 pièces. – […] Salammbô de Gustave Flaubert (par Gaston Bussière, Georges Rochegrosse, et Pierre Vidal). […] Commanville (Caroline). Souvenirs sur Gustave Flaubert. Paris, A. Ferroud, 1895. In-8, broché. Illustration gravée sur cuivre d’après des dessins de l’auteur, nièce de Flaubert. Exemplaire hors justification avec envoi autographe signé de l’éditeur Albert Ferroud à la rédaction du Journal des débats. Estimation: 200/ 300 euros.
132. [FLAUBERT]. – Ensemble de 5 lettres le concernant. – Bouilhet (Louis). Lettre autographe signée à Louise Colet. Rouen, 23 juillet 1852. «Chère Muse... Je vous ouvrirai mon coeur, au sujet de l’histoire M... – il y a des choses que je ne sais pas écrire. Du reste, rien de grave. Gustave, ému d’abord, me semble tout à fait remis; sa Bovary marche – nous lirons dimanche sa première partie. Et vos vers d’Hugo? Je les attends avec impatience...» – Commanville (Caroline). Lettre autographe signée [probablement à Catulle Mendès, alors directeur de l’hebdomadaire La Vie populaire]. Paris, 1er juillet 1883. Lettre évoquant son «cher grand-oncle Gustave Flaubert». – Du Camp (Maxime). Lettre autographe signée. S.l.n.d. «... j’ai été obligé de faire venir ces chapelets de la campagne où je les avais laissés chez monsieur Flaubert. Ils sont en noyaux d’olivier du Jardin des oliviers et les petites croix ont été faites à Bethléem. Le tout a passé une nuit sur le St-Sépulchre et a été béni, entre mes mains, par le patriarche de Jérusalem. Veuillez croire, Monsieur, que je suis heureux de pouvoir offrir ce souvenir de Voyage à ces dames...» – Claudin (Gustave). Lettre autographe signée à un «cher confrère» [Georges Montorgueil, d’après une note ancienne à l’encre]. Paris, «27 février» [années 1880]. Longue lettre sur Flaubert et sur ceux qui l’ont connu, comme Maupassant. – Dumesnil (René). Lettre autographe signée à un «cher confrère». Paris, 21 décembre 1921. Sur Madame Bovary et le procureur Pinard. Grand flaubertiste, le médecin, librettiste, critique littéraire et musical René Dumesnil était le gendre de l’ami de Flaubert Edmond Laporte. Estimation: 600/ 800 euros.
146. MUSIQUE. – Ensemble de 17 lettres autographes signées. […] – Massenet (Jules). Lettre autographe signée à un «excellent ami». Nice «dimanche». Il refuse une invitation: «... Je travaille & suis au théâtre tous les jours... C’est à peine si j’ai le temps de rester à table avec ma chère femme. Après "Marie-Madeleine", ce sera la même besogne à Monte-Carlo pour "Hérodiade". Aussitôt "Hérodiade" passé, je retourne à Paris pour "Werther"... Nous ne sortons pas même le soir; je suis trop las des fatigues des répétitions» […] – Reyer (Ernest). Lettre autographe signée avec notation musicale (2 mesures sur une portée), adressée au chef d’orchestre Édouard Colonne. Nice, «jeudi». Relative à son opéra Salammbô: «Il faut que j’ajoute 16 mesures au 4e acte pour donner le temps d’installer la tente. Ayez donc l’obligeance de me dire dans quels tons sont les clarinettes, les cors, les trompettes et les timbales à l’entrée de Salammbô dans la tente: [citation musicale de l’introduction d’orchestre au deuxième tableau de l’acte IV, marquant l’entrée de Salammbô dans la tente de Mathô]. Je voudrais savoir aussi quelle est l’étendue du jeu de timbres dont on se sert à l’orchestre; Est-ce l’ancien glockenspiel?...» (fentes aux pliures). Composée sur un livret de Camille Du Locle d’après le roman de Gustave Flaubert, l’oeuvre fut créée à Bruxelles en 1890, puis en France à l’Opéra de Paris le 16 mai 1892. Ernest Reyer ajouta effectivement 16 mesures à la fin du premier tableau de l’acte IV à sa partition de 1890 pour la création française. Estimation: 800/ 1.000 euros.
147. MUSIQUE. – MANUSCRITS MUSICAUX. – Ensemble de 11 manuscrits musicaux. –[…] – Reyer (Ernest). Citation musicale autographe signée. «Ne les détourne pas, ces regards radieux / Profonds comme la mer et purs comme l’au[rore]» (2 portées 1/2 avec texte, sur une p. in-12 oblong). Air de Mathô dans le duo du deuxième tableau de l’acte IV de son opéra Salammbô. Composée sur un livret de Camille Du Locle d’après le roman de Gustave Flaubert, l’oeuvre fut créée à Bruxelles le 10 février 1890, puis en France au Théâtre des Arts de Rouen le 23 novembre 1890 (elle ne fut représentée à l’Opéra de Paris que le 16 mai 1892). Estimation: 1.500/ 2.000 euros.

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
15 octobre 2019, Vente Artoria, Genève
https://artoria.ch/parcourir-les-lots/seconde-vente/livres-autographes/?soff_page=1&soff_category=&soff_keywords=
99. Lettre de Barbey d’Aurevilly à André Basset, septembre 1857. Au sujet de son article sur Madame Bovary. Estimation: 500/ 700 euros.
«Je serai heureux si l’article vous convient. Je le crois Juste et de bon sens
La critique de Barbey a paru le 6 octobre 1857 dans Le Pays. En ligne sur le site Flaubert:
https://flaubert.univ-rouen.fr/etudes/madame_bovary/mb_bar.php
121. Lettre autographe signée adressée à son Cher vieux [Jules Duplan]. S.l., datée d’une autre main [24 mai 1865]. Estimation: 1.400/ 1.800 euros. Lettre présentée à tort comme inédite:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=14129

(< Atsuko Ogane, Steve Murphy)
Librairie Pinault.
Lettre de Flaubert à Eugène Bataille, 4 décembre 1876. Estimation: 600/ 800 euros. Inédite.

[BULLETIN FLAUBERT n° 210 / 11 septembre 2019]

3 octobre 2019, vente Ader, salle des ventes Favart, expert Thierry Bodin
46. Flaubert, manuscrit autographe signé, Voyage en Orient. I. La Cange, février 1850; 23 pages sur 15 feuillets in-folio. Estimation: 20.000/ 25.000 euros.
https://www.gazette-drouot.com/lots/10727528  

(< Olivier Leroy)
Catalogue Bertran, Rouen
Lettre de Flaubert à Hortense Cornu, 29 décembre 1862, 2.300 euros.
http://www.librairie-bertran-rouen.fr/Catalogue/Ber_Fich.php?id=20027&Ar=3&Orig=4&Carte=&pg=1

[BULLETIN FLAUBERT n° 209 / 20 juin 2019]

(< Éric Walbecq)
20 juin 2019, vente Ader, salle des ventes Favart, Paris
Trois lettres de Flaubert.
Lot 51, L.A.S., Croisset 13 décembre [1859], à Aglaé Sabatier, «la Présidente»; 2 pages in-8, sur papier bleu.
Jolie lettre tendre à la Présidente, lui parlant de sa soeur Adèle-Irma Sabatier, dite «Bébé» ou «Doudou» [maîtresse du peintre Fernand Boissard, dont elle eut une fille, morte en octobre 1859].
«Voulez-vous, belle Présidente, faire à Melle Doudou tous mes compliments de condoléance, pr la mort de son pauvre petit enfant. Que j’ai apprise avant hier au soir.
Je ne lui écris pas, pr mille raisons. – Mais la meilleure de toutes est que vous vous entendrez à cela, bien mieux que moi, en votre qualité de femme. – Dites-lui de ces choses qui vous font pleurer & qui soulagent.
La voilà revenue telle que devant. – Rien ne reste plus de cette liaison que le souvenir. Ainsi finissent les choses humaines. Quelle triste mascarade que l’existence!
Quant à vous, vous savez les sentiments que je vous porte. Le silence est donc plus éloquent que toutes les paroles. Lorsque vous n’aurez rien de mieux à faire, écrivez-moi pour me dire si vous vous ennuyez beaucoup & si la portraiture fait son chemin. [La Présidente peignait des miniatures.]
Mille tendresses.» Correspondance, Bibliothèque de la Pléiade, t.III, p.63. Estimation: 1.500 - 2.000 euros.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=10384

Lot 52. L.A.S., [Paris 10 avril 1861], à Aglaé Sabatier, «la Présidente»; 1 page in-8, sur papier bleu.
«Belle Présidente,
C’est demain, selon l’affiche, la 1ère de la Statue [opéra-comique d’Ernest Reyer, créé au Théâtre-Lyrique le 11 avril].
Donc le festival aura lieu vendredi.
J’espère vous voir demain au théâtre.
Je vous ai cherché [sic] hier au soir, vainement.
Mille tendresses […].
Il m’a été hier, impossible de mettre la main sur Reyer. Pouvez-vous m’envoyer son adresse.»
[Ernest Reyer composera un opéra sur Salammbô qui sera créé en 1890.]
Correspondance, Bibliothèque de la Pléiade, t.III, p.151. Estimation: 1.200 - 1.500 euros.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=10483

Lot 53. L.A.S., [Paris] Mardi soir [23 février 1864], à Aglaé Sabatier, «la Présidente»; 1 page in-8, sur papier bleu.
Belle lettre galante, à propos de la création du drame de son grand ami Louis Bouilhet, Faustine (Porte Saint-Martin, 20 février 1864).
«Chère Présidente,
Voici une loge 1° parce qu’on vous aime & 2° parce que vous êtes bien gentille & bien aimable.
Vous ne m’en voulez pas (comme tant d’autres) de n’avoir pu vous faire assister dans la loge impériale à la 1ère de Faustine! – quel embêtement que les billets!
Je vous adore de plus en plus! – Ah! si j’étais une des bêtes du Jardin d’acclimatation comme je vous verrais souvent. Mille tendresses et un long baiser sur vos beaux bras.
Votre vieux soupirant»…
Correspondance, Bibliothèque de la Pléiade, t. III, p.379. Estimation: 1.500 – 2.000 euros.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=10791

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
20 juin 2019, International Autograph Auctions LTD
Lot 123. Lettre à Philippe Leparfait, 17 novembre 1874.
Estimation : 1.000 – 1.500 dollars.
Lettre en ligne :
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=12377

(< Éric Walbecq)
23 juin 2019, vente Millon, Hôtel Drouot
Lot 250. L.A.S, slnd [janvier 1863 d’après le catalogue; en fait 29 décembre 1862], 2pp., adressée à Hortense Cornu.
http://www.millon.com/html/fiche.jsp?id=10476741&np=1&lng=fr&npp=150&ordre=&aff=1&r=
Intéressante lettre relative à la traduction en allemand de Salammbô:
«Je me suis présenté hier, chez vous chère Madame pour vous remettre les autorisations relatives à la traduction allemande de Salammbô.
J’avais, de plus, un service à vous demander. Seriez-vous assez bonne pour venir de demain en huit […] avec Mr Cornu et vos deux amis les Duplan dîner chez moi en compagnie de ma mère et de ma nièce?
Il ne faut pas me remercier de mes douceurs. (Vous m’en donnez bien d’autres en m’admettant dans votre intimité.) Je vous les ai envoyées non que je vous suppose gourmande mais c’est afin que vous pensiez un peu à moi quand je n’y suis pas. ‒ Simple égoïsme comme vous voyez!
Mille souhaits pour 1863 ‒ que la bénédiction soit pleuve sur tout ce que vous aimez. […]»
Femme de lettres et salonnière, Hortense Cornu (1809-1875), née Lacroix, était la filleule de la reine Hortense et sa secrétaire. Elle fut élevée avec le futur empereur Napoléon III et épousa le peintre Sébastien Cornu (1804-1870) en 1833 à Rome. Elle fit la connaissance de Flaubert par l’intermédiaire de leur ami commun Jules Duplan et confia la traduction de Salammbô en allemand à l’une de ses amies. Duplan était l’un des fidèles de Flaubert, à l’instar de Bouilhet; frère du notaire de l’écrivain, Ernest Duplan, ils se connaissaient depuis 1851 par l’intermédiaire de Maxime du Camp. Estimation: 600 - 800 euros.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=13708

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Éric Walbecq)
28 juin 2019, vente Aguttes, Neuilly
https://www.aguttes.com/catalogue/99555?search=Flaubert&Submit=OK&npp=&sort=&p=
Lot 271. Manuscrit autographe «Histoire de France. Origines». S.l.n.d. 1p. 1/4 in-folio.
Notes manuscrites exposant la géographie de la Gaule au IVe siècle sous domination romaine. Flaubert liste les limites: le Rhin, les Alpes, les Pyrénées, l’Océan Atlantique; puis développe en trois points: 1. Au Nord, entre le Rhin et la Seine les deux Germanies et les deux Belgiques [...]. 2° Au centre, entre la Seine et la Loire, les quatre lyonnaises [...]. 3° Au Sud, les Aquitaines et les Narbonnaises. Estimation: 1.200 ‒ 1.500 euros.

Lot 272. L.A.S. à Mme Schlésinger. Croisset, Samedi 26 septembre [1857]. 2 ff. sur bi-feuillet in-8.
Lettre de Flaubert à son retour de Palestine, offrant deux petits souvenirs à Élisa Foucault, Mme Schlésinger. «Voici [...] deux petites boîtes pour Mlle Maria; l’une seule doit servir. Mais je ne sais laquelle? Elles ont toutes deux été bouchées à Jérusalem. Il y a dans l’une de l’eau du Jourdain et dans l’autre de l’eau de la Mer Morte. Celle-ci doit être reconnaissable à une forte odeur nauséabonde et à un gout salé très acre.» Il lui est reconnaissant de lui avoir envoyé son fils (Adolphe-Maurice Schlésinger: «Je le trouve charmant et j’en dirais plus long s’il n’était porteur de ce billet.» Flaubert lui adresse ses voeux pour la réussite de l’événement «que vous attendez avec anxiété» [...]. Estimation: 1.500 – 1.800 euros.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=10105

L.A.S. Lundi, 5h (circa janvier-mars 1874). 1p. in-8 sur papier bleu.
À propos de son oeuvre Le Candidat qu’on souhaite jouer. «Monsieur Markley [lecture conjecturale], directeur “du théâtre Français” à Bordeaux me demande à monter le Candidat et réclame à cet effet un manuscrit. C’est Mr Michaelis qui possède l’unique ms lisible de ma pièce. Je lui ai écrit pr le prier de vous en envoyer une copie [...]». Inédite. Estimation: 1.000 – 1.200 euros.

Lot 274. L.A.S. à Edmond Laporte. Nuit de dimanche, 1h [Saint-Gratien, 16 septembre 1878]. 2pp. bi-feuillet in-8; petit cachet de collection.
À propos de l’intervention de Flaubert auprès du ministre de l’Instruction publique, en faveur de Laporte pour lequel il a demandé un rendez-vous. «Mon vieux Bab. Vous êtes invité à venir Samedi prochain déjeuner chez le Ministre de l’instruction publique à 11h 1/2. Voilà le résumé de la conversation que je viens d’avoir avec lui, à trois reprises différentes. Le dialogue a été long et sérieux. D’Osmoy qui m’a l’air du vice-ministre, je parle très sérieusement, veut vous nommer directeur des Gobelins (sic) à la place de Darcel qu’on se propose de foutre à la porte. (C’est un secret d’État). J’ai dit que vous n’en demandiez pas tant. Mais une place médiocre est plus difficile à avoir qu’une très belle [...] il y aura une place pour vous. Je n’en doute pas. Bardou [le ministre] est simplement adorable. Il a, de lui-même, travaillé déjà pour que l’on reprenne une pièce de Bouilhet. Quant à Leplé, je regarde la chose comme faite?. Cependant, ne lui annoncez rien de positif.» Flaubert demande de ne pas manquer le rendez-vous; il dînera ce soir-là chez Baudry. «Si vous voulez venir, vous m’attendrez. Sinon soyez chez moi [...] pr que nous ayons le temps de causer avant d’aller déjeuner rue de Grenelle [...].» Flaubert insiste sur le rendez-vous et ajoute en P.S.: «il faut venir samedi même si vous aviez les quatre membres cassés. Plus de conscription! plus de droits réunis!» Estimation: 1.200 ‒ 1.500 euros.
Lettre en ligne, redatée au [11 mars? 1878]:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=12945&mot=&action=M

Lot 386. George Sand, L.A.S. à Gustave Flaubert, Nohant, 5 février 1873. 4pp. bi-feuillet in-6, chiffre «GS» estampé en coin.
Lettre de Sand évoquant ses liens intimes avec Flaubert. Elle demande tout d’abord, de faire intervenir le frère de Flaubert pour une affaire qui est renvoyée en cassation. «Je t’ai écrit hier à Croisset [...].» Puis elle s’inquiète de la santé de Flaubert, lui recommandant un remède à base de morphine. «Qu’est-ce que cette bronchite obstinée? Il n’y a qu’un remède [...]. Je ne fais pas autre chose et je m’en tire toujours bien [...]. J’attends ta guérison avec impatience, pour toi d’abord et puis pour moi, parce que tu viendras et que j’ai faim et soif de te voir. [...] Mais nous t’aimons, voilà qui est sûr, et nous voudrions t’infuser une de notre patience berrichonne à l’endroit des choses de ce monde qui ne sont pas drôles, nous le savons bien! Mais pourquoi sommes-nous en ce monde si ce n’est pour patienter? [...]» Estimation: 1.200 – 1.500 euros.

(< Éric Walbecq)
28 juin 2019, vente Cornette de Saint Cyr
Lot 41. L.A.S. À Philippe Leparfait, [19 août 1869]. 1 page in-12. Sur un double feuillet.
Philippe Leparfait, fils naturel de Philippe de Chennevières et de Léonie Leparfait, compagne de Louis Bouilhet qui éleva cet enfant comme son propre fils.
«Les feuilletons qui contiennent le cœur à droite sont dans une vieille couverture de livre, rouge. C’est Delattre lui-même qui vient de me donner ce renseignement. Tâche de retrouver cela & de me l’expédier promptement. Delattre fera cet hiver une conférence sur B. [Bouilhet]. – Bonne préparation au succès d’Aïssé. Mais il a d’autres idées que j’approuve moins. – Je te les communiquerai. Comment se porte maintenant ta pauvre maman. Adieu, mon cher enfant. Je t’embrasse.»
Louis Bouilhet étant mort il y a peu, c’est Gustave Flaubert qui fit représenter pour la première fois Mademoiselle Aïssé, le drame de son grand ami, en janvier 1872. Quelques rousseurs. Traces de ruban adhésif au verso du double feuillet. On joint un portrait de Flaubert, gravure d’après une photographie. Correspondance, Bibliothèque de la Pléiade, t.IV, 1997. Estimation: 1.200 – 1.400 euros.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=11421

(< Éric Walbecq)
Catalogue de la librairie Faustroll, [juin 2019]
Lot 10. Trois contes, exemplaire sur Chine de J.-K. Huysmans, Charpentier, 1877, édition originale. Un des 12 exemplaires sur Chine.
Ex-libris autographe de Joris-Karl Huysmans, à l’encre bleue, sur un feuillet de papier ordinaire placé entre la couverture et le faux-titre. Exemplaire enrichi du portrait de Flaubert gravé à l’eau-forte par Champollion et la suite des 70 compositions gravées d’après Georges Rochegrosse, Émile Adam et Luc-Olivier Merson pour les éditions Ferroud de 1892, 1894 et 1895, le tout tiré sur chine. Remarquable reliure en maroquin doublé de Salvador David, dont le modèle décoratif est inspiré des reliures du XVIe siècle. 30.000 euros.
http://librairie-faustroll.com/img/cms/Book%20Mont%20des%20Arts%20-%20Version%20Finale%20LD.pdf

[BULLETIN FLAUBERT n° 208 / 16 mai 2019]

(< Sandra Glatigny, Éric Walbecq)
Bibliothèque d’érudition de Henry Lefai, membre actif de la Société J.-K. Huysmans.
Rouennais et grand amateur de Gustave Flaubert, il rédigea l’ouvrage Flaubert et Huysmans paru chez Durtal en 1951.
Catalogue Étienne Bertrand: Flaubert, Maupassant, Barbey et Huysmans.
http://www.librairie-bertran-rouen.fr/V_Catal/liste_lefai.pdf

(< François Lapèlerie, Éric Walbecq, Jean-Paul Goujon)
23 mai 2019, International Autograph Auctions Europe SL, Malaga
https://www.auction.fr/_fr/vente/vente-internationale-d-autographes-lettres-et-manuscrits-60662?query=flaubert&numero=&prix_minimum=0&prix_maximum=68000
327. Flaubert, lettre à un destinataire inconnu. Inédite. Estimation: 1.100-1.700 euros.
328. Copie autographe de quelques vers de Voltaire, extraits d’un poème adressé à la reine de Suède. Estimation: 1.200-2.000 euros.
329. Notes sur la loi salique, 2 pages. Estimation: 2.300-3.400.
330. Lettre à Louise Colet, 29 décembre 1852. Estimation: 17.000-23.000 euros.

 

[BULLETIN FLAUBERT n° 207 / 18 avril 2019]

le Conseil Départemental de Seine-Maritimea préempté le lot 564, pour 11.700 euros:
Ensemble de douze lettres autographes signées, adressées au docteur Georges Pennetier, conservateur du Muséum d’histoire naturelle de Rouen [1877-1880], 1 page in-8 chaque à l’encre. Intéressante correspondance relative à la rédaction de Bouvard et Pécuchet. Estimation:10.000 – 12.000 euros.
https://www.booksquad.fr/les-bibliotheques-sapproprient-le-tresor-aristophil/
Lors de cette même vente, l’Association des Amis du Musée Flaubert et d’histoire de la médecine a pu acquérir le lot 563, pour en faire don au Musée:
Lettre autographe signée adressée à son ami Edmond Laporte, Croisset, «Mercredi soir», 24 juillet 1878, 1 page in-8 à l’encre sur papier bleu.

[BULLETIN FLAUBERT n° 206 / 21 mars 2019]

Vente passée

(< François Lapèlerie)
J.A. Stargardt, catalogue 707, 12-13 mars 2019,
https://www.stargardt.de/download/file/707/02_I_Literatur.pdf
Lot 62. Lettre de Flaubert à Louise Colet, 1er octobre 1852. 2.000 euros.
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=9958 

[Lot 63. La lettre, présentée comme une lettre de Flaubert à Hortense Howland du 2 mars 1860, n’est pas de la main de Flaubert. Le marchand a été prévenu. Cette lettre avait été publiée dans la Correspondance éditée dans la Pléiade (t.V, p.976), sur la foi de la notice d’un catalogue, en l’absence d’une reproduction du manuscrit. Elle vient d’être supprimée dans l’édition électronique.]

(<Benoit Reverdy)
3 avril 2019, vente Aguttes, Les collections Aristophil, Hôtel Drouot
Catalogue en ligne
554. Flaubert Achille (1813-1882). Lettre autographe signée adressée à Jules Cloquet, s.l., 17 janvier 1860, 3 pages in-8 à l’encre bleue sur un double feuillet de papier vélin. 1.000 – 1.500 euros.
555. Notes. De l’Espagne & de la révolution, manuscrit autographe, s.l.n.d., 4 pages in-4 à l’encre. 1.500 – 2.000 euros.
556. Notes. France, Histoire du tiers état, manuscrit autographe [vers 1837-1840], 9 pages in-folio, 2 pages in-4 et 1 page in-8 à l’encre. 2.000 – 3.000 euros.
557. Lettre autographe adressée à sa maîtresse Louise Colet, [Croisset], Dimanche soir [«4 octobre 1846» de la main de Louise Colet], 4 pages in-4 à l’encre. 12.000 – 15.000 euros.
558. Exceptionnelle réunion de quatre lettres autographes à sa maîtresse Louise Colet, s.l., 1846, 8 pages in-4 et 4 pages in-12 à l’encre, une enveloppe conservée avec cachet. 35.000 – 45.000 euros.
559. Lettre autographe signée adressée à Louise Colet pendant la rédaction de Madame Bovary, s.l., 15 juin 1853, 4 pages grand in-4 à l’encre, signée «Ton G.», enveloppe avec suscription et cachet de cire rouge au chiffre de Flaubert (notes manuscrites de L. Colet au dos). 30.000 – 40.000 euros.
560. Lettre autographe signée «Ton...» adressée à sa maîtresse Louise Colet, [Croisset], vendredi soir 1h. [«15 juillet 1853» (de la main de Louise Colet)], 4 pages in-4 à l’encre, enveloppe avec cachet de cire rouge à son chiffre. (Quelques taches aux angles). 15.000 – 18.000 euros.
561. Lettre autographe signée adressée à Apollonie Sabatier, s.l., [25 mars 1860], 2 pages in-8 à l’encre sur papier bleu. 10.000 – 15.000 euros.
563. Lettre autographe signée adressée à son ami Edmond Laporte, Croisset, «Mercredi soir», 24 juillet 1878, 1 page in-8 à l’encre sur papier bleu. 1.500 – 2.000 euros.
564. Ensemble de douze lettres autographes signées, adressées au docteur Georges Pennetier, conservateur du Muséum d’histoire naturelle de Rouen [1877-1880], 1 page in-8 chaque à l’encre. Intéressante correspondance relative à la rédaction de Bouvard et Pécuchet. 10.000 – 12.000 euros.
565. Lettre autographe signée adressée à Julia, femme d’Alphonse Daudet, s.l.n.d., [7 avril 1879], 2 pages in-8 à l’encre. 2.000 – 3.000 euros.
566. Lettre autographe signée à sa «bonne Laure» [Laure de Maupassant], s.l.n.d. [2 décembre 1869], 2 pages in-8 à l’encre. 2.000 – 2.500 euros.
567. Lettre autographe signée adressée à un inconnu, s.l.n.d., «Lundi matin», 1 page in-8 à l’encre. 600 – 800 euros.
568. Le Tiers-État du XIe au XIVe siècle, manuscrit autographe, s.l.n.d., 1 page et quart grand in-4 à l’encre. 1.500 – 2.000 euros.
697. George Sand, lettre autographe signée adressée à Gustave Flaubert, s.l., 30 mars 1876. 3/4 de page in-8 à l’encre, à son chiffre gaufré «G S». 1.000 – 1.200 euros.

(< François Lapèlerie)
Site Donald A. Heald.
Maxime Du Camp, A collection of 66 photographs from Égypte, Nubie, Palestine et Syrie: dessins photographiques recueillis pendant les années 1849, 1850 et 1851. 85.000 dollars.
https://www.donaldheald.com/pages/books/32712/maxime-du-camp/a-collection-of-66-photographs-from-egypte-nubie-palestine-et-syrie-dessins-photographiques

[BULLETIN FLAUBERT n° 205 / 14 février 2019]

Vente passée

(<Éric Walbecq)
Mercredi 13 février 2019, vente Kapandji Morhange, Richelieu Drouot
219. FLAUBERT (Gustave). Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy frères, 1857. Deux volumes in-18, [2]f., 232p.+ [2]f., p.[233]-490, reliure vers 1900, demi-basane brune mouchetée, dos à 5 nerfs orné dans le goût du XVIIIe siècle, pièces de titre et de tomaison vieux-rose et noir [H. Lilie] (dos uniformément passés dont un avec qq. taches).
Édition originale. Exemplaire avec la faute caractéristique d’un premier tirage «Senart» au lieu de Senard. Sans le catalogue de l’éditeur.
Envoi autographe signé de Gustave Flaubert «à Me Motte / Hommage de son tou[t] / dévoué» (en fin de ligne, les deux lettres «t», de «tout» et «Flaubert» coupées par le relieur).
Nous trouvons dans la correspondance de Flaubert une lettre adressée à Ernest Chevalier le 25 juin 1842, où il est question de la famille Motte: «J’ai vu hier Narcisse. […] Il m’a donné des nouvelles de vous tous, car jamais on ne voit aucun membre de ta famille […] et si ce n’est le vieux père Motte, personne de vous ne nous honore de la moindre visite. Néanmoins embrasse bien les tous de ma part, ton père, ta mère, la mère Mignot, madame Motte pour laquelle j’ai toujours un bout de passion.» Estimation: 2.000-3.000 euros.
(Vicaire III, 721; Carteret I, 263 indique par erreur un format in-12).
http://www.kapandji-morhange.com/html/fiche.jsp?id=9847161&np=2&lng=fr&npp=150&ordre=&aff=1&r=

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Éric Walbecq)
Samedi 23 février 2019, Interenchères, 18000 Bourges
Lot 204. Flaubert (Gustave). Petit ensemble d’ouvrages de et sur Flaubert dont: Correspondance. Première Série (1830-1850). Paris, Charpentier, 1887. In-12 broché. Exemplaire portant un ex-dono manuscrit: «à Lina Sand. Caroline Commanville» (la nièce de Flaubert). Cachet «Château de Nohant» sur la couverture; René Dumesnil, Gustave Flaubert. L’Homme et l’Oeuvre, 1943; Antoine Albalat, Gustave Flaubert et ses Amis, 1927; et autres ouvrages. Estimation: 50-60 euros.
https://www.interencheres.com/meubles-objets-art/souvenirs-de-la-famille-sand-246146/?orderNumber=204

(<Éric Walbecq)
Librairie William Théry, 1 bis, place du Donjon, 28800 – ALLUYES. Tél. 02 37 47 35 63. E.mail: williamthery@wanadoo.fr 
Cat. Lettres au Mercure de France, février 2019
Lot 3. 3.- Louis BERTRAND [Spincourt, 1866 – Cap d’Antibes, 1941], romancier et essayiste [Acad. Fr. 1925]. Lettre autographe signée, Nice, 29 avril 1912, à Alfred Vallette; 3 pages in-8, env. cons.
«Cher Monsieur,
Je n’ai pas oublié notre projet de volume sur Flaubert. Seulement, jusqu’ici, les loisirs m’ont manqué pour recueillir les éléments du livre et les mettre au point. Me voici, par hasard, tranquille pour quelques mois, ‒ et, d’autre part, Flaubert va avoir, cette année, un regain d’actualité, puisqu’on s’apprête, comme vous le savez sans doute, à fêter, au mois de novembre, le cinquantenaire de Salammbô. Voulez-vous que nous profitions de la circonstance pour lancer le volume, qui paraîtrait en octobre ou novembre? Je vais publier prochainement, dans la Revue des deux mondes, un grand article intitulé précisément: Le cinquantenaire de Salammbô. Mon intention serait de le reproduire en tête du volume et, peut-être, d’adopter ce titre pour l’ouvrage entier. Je le diviserais ainsi, sauf modification ou adjonctions, toujours possibles:
Préface: Les manuscrits de Flaubert.
I. Le cinquantenaire de Salammbô.
II. L’Orient et l’Afrique dans l’oeuvre de Flaubert.
III. La première Éducation sentimentale.
IV. La première Tentation de St Antoine.
V. La politique et la morale de Flaubert.
VI. Un scrupule religieux de Flaubert.
Je reçois vos lettres. Vous m’accordiez un premier tirage de deux mille exemplaires, soit 500f pour le 1er et le 2e mille, payables à la mise en vente (soit 1000f). Si vous êtes toujours dans ces dispositions et si le projet vous agrée, ayez l’obligeance de me répondre et de considérer l’affaire comme conclue.
Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes meilleurs sentiments.
Louis Bertrand.»
Pour truffer un exemplaire de cet ouvrage paru sous le titre: Gustave Flaubert (avec des fragments inédits), Paris, Mercure de France, 1912.

[BULLETIN FLAUBERT n° 204 / 10 janvier 2019]

(< Marlo Johnston, Atsuko Ogane, Philippe Monart)
Catalogue Librairie Pinault Famille Blaizot, n°2, 2018
Lot 87. L.A.S. «G. Flaubert» à un confrère. S.l.n.d., Dimanche soir [Croisset, avril 1855-janvier 1858]. 1 page in-8 sur papier bleu ardoise. 3.800 euros.
Flaubert a vu «Crépet [homme de lettres né à Dieppe, bibliographe de Baudelaire] qui [...] fait gd cas de votre talent et désire vous attacher à sa Revue. De cela je n’en doute pas. Quant à votre roman, il [Crépet] ne serait pas éditeur-rédacteur gouverneur d’un journal s’il n’avait la rage de vouloir corriger la copie des autres. Je l’ai fortement engagé à prendre la vôtre telle qu’elle est. Oh non, car il a ses idées. C’est un brave garçon mais entêté; je vous exhorte donc à la patience.» Il ajoute en P.S. «Vous me trouverez à Paris dans les deux ou trois derniers jours de ce mois. Prévenez-moi par un mot, & venez le matin, de bonne heure pour être sûr de me trouver.»
Lettre en ligne dans la correspondance électronique:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=14034
Lettre inédite. Eugène Crépet (1827-1892), collaborateur de plusieurs revues, dont La Revue moderne, et auteur d’une anthologie des poètes français, entretint une correspondance avec Gustave Flaubert et l’aida dans ses recherches pour Salammbô au sujet de la reproduction d’une mosaïque punique, ou de commentaires d’ouvrages de Hendreich sur Carthage (1860). Eugène Crépet est également à l’origine de l’édition des oeuvres posthumes et de la correspondance de Baudelaire dans laquelle il donne une étude sur le poète. Flaubert honora Crépet d’une dédicace autographe signée sur un exemplaire de L’Éducation sentimentale (collection Dennery, 1984, II, n°85).

Lot 67. Julia Daudet. Née Julia Allard. 1844-1940. Épouse d’Alphonse Daudet. Femme de lettres, poétesse et journaliste. L.A.S. «J. A. Daudet» au Docteur René Dumesnil. 1 page in-8. Adresse. 220 euros.
Julia Daudet le félicite pour ses articles sur Flaubert: «Tous mes meilleurs remerciements [...] à vous et à votre collaborateur, pour avoir pensé à m’envoyer vos intéressants articles dans la Presse; tout ce qui touche à Flaubert, à ce cénacle où nous comptions des amis fidèles, m’intéresse et m’émeut par la grâce du souvenir, et je revis ainsi les jours disparus si précieux pour moi, que je désirerai savoir comment s’est faite la brouille avec Mr Laporte, comme l’intérêt est capital, des derniers jours, des dernières oeuvres, de l’homme génial et fou que fut Gustave Flaubert.» René Dumesnil (1879-1967) est un médecin, rendu célèbre par ses études sur Flaubert dont il fut le spécialiste. Il publia plusieurs ouvrages sur Flaubert dont une biographie importante Flaubert, l’homme et l’oeuvre (1932). Il recueillit également de nombreuses lettres de l’écrivain rouennais. Dumesnil recensa environ 200 lettres qui furent écrites par Flaubert à son grand ami Edmond Laporte (le «Bab» de ses lettres). Laporte voyagea avec Flaubert dans les années 1875 en Normandie afin d’effectuer des recherches pour la rédaction de Bouvard et Pécuchet. Il collabora au Dictionnaire des idées reçues (posthume). Ils se brouillèrent pour des raisons pécuniaires liées à la faillite des Commanville. Toute jeune, Julia Daudet publia un recueil de poèmes, sous le nom de plume de Marguerite Tournay. En 1867 elle épouse l’écrivain Alphonse Daudet qui dira : «Pas une page, qu’elle n’ait revue ou retouchée». Elle devint sa collaboratrice. Parallèlement, Julia Daudet donna des articles dans de nombreuses revues comme critique littéraire sous le pseudonyme de Karl Steen. Elle fera la rencontre de Marcel Proust, dont elle sera une des premières lectrices, par l’intermédiaire de son fils Lucien, grand ami de jeunesse de Proust. Membre du Prix Fémina. Chevalier de la Légion d’honneur en 1922.

[BULLETIN FLAUBERT n° 203 / 6 décembre 2018]

(< Éric Walbecq, Jacques-Remi Dahan)
21 novembre 2018, vente Chayette & Cheval
Lot 31. FLAUBERT, Gustave «Lettre inédite», 1919 Tirage unique à 15 exemplaires. Dédicace d’André DODERET, et lettre de sa veuve.
http://www.chayette-cheval.com/html/fiche.jsp?id=9520546&np=1&lng=fr&npp=150&ordre=&aff=1&r=

10 décembre 2018, vente Ader
Lot 210. Gustave Flaubert, L.A.S., Croisset 24 avril [1871], à son ami Félix-Archimède Pouchet; 1 page in-8 sur papier bleu. «Je vous présente mon neveu Mr Commanville qui aurait besoin de renseignements scientifiques sur les bois de chêne. Pouvez-vous lui indiquer ce qu’il faudrait lire?» Correspondance (Pléiade), t.IV, p.308. Estimation: 800/ 1.000 euros.
http://www.bibliorare.com/products/gustave-flaubert-1821-1880-l-a-s-croisset-24-avril-1871-a-son-ami-felix-archimede-pouchet-1-page-in-8-sur-papier-bleu-je-vous-presente-mon-neveu-mr-commanville-qui/#details_lot

(< François Lapèlerie)
11 décembre, Artcurial
Lot 116. Madame Bovary, Paris, Michel Lévy Frères, 1857, 2 vol. in-8 (18,1x 11cm), demi-maroquin framboise à coins orné de filets dorés, dos à nerfs orné, tête dorée, étui bordé de même peau, couverture conservée (Semet & Plumelle). Édition originale du chef-d’oeuvre de Gustave Flaubert: Madame Bovary qui était auparavant paru dans La Revue de Paris entre octobre et décembre 1856 et qui lui valut un procès en 1857 pour outrage à la morale et aux bonnes moeurs. Charges dont Flaubert sera finalement acquitté. Exemplaire du premier tirage comportant une couverture de type B, la plus rare, complète du catalogue de l’éditeur, de ses couvertures et relié à l’époque, condition la plus désirable qui soit. Provenance: Librairie Berve à Vichy (tampon humide). Petits manques au dernier feuillet du 1er volume et cachet d’une librairie, répété à la dernière page, restaurations à la couverture du 2e volume, cachets de librairie effacés au faux-titre et à la 1re page, couvertures salies. Estimation: 3.000/ 4.000 euros.
https://www.artcurial.com/sites/default/files/2018-11/3900.pdf

14 décembre 2018, Pierre Bergé & Associés, Sotheby’s
http://www.pba-auctions.com/html/index.jsp?id=93534&lng=fr&npp=150
Lot 905. Gustave Flaubert, lettre à Louise Colet. Sans lieu ni date [Croisset, 6 ou 7 août 1846]. Lettre autographe; 10 pages in-4 [219x 175mm]. Date de la main de Louise Colet en tête.
Extraordinaire et très longue lettre amoureuse adressée à Louise Colet peu après le début de leur rencontre. Estimation: 10.000/ 15.000 euros.
Lettre en ligne:
https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=9666

Lot 906. Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy Frères, 1857.
Fort in-12 [188x 126mm] de (2)ff., 490p., (1)f. blanc; maroquin rouge janséniste, dos à nerfs, coupes filetées or, doublures de maroquin rouge, tranches dorées sur témoins, couverture conservée, étui (Huser). Édition originale. Un des exemplaires tirés sur papier vélin fort, seul tirage de luxe. Les deux tomes n’en forment qu’un, à pagination continue. Les exemplaires du tirage courant sont divisés en deux petits volumes.
Précieux envoi autographe signé sur le faux-titre: «à Mr de Lamartine/ offert par l’auteur/ son tout dévoué/ Gve Flaubert». Estimation: 30.000/ 40.000 euros.

Lot 907. Salammbô, Paris, Michel Lévy frères, 1863. Fort in-8 [230x 148mm] de (2)ff., 474p., (1)f. de table: maroquin prune, dos à nerfs orné or et à froid, huit filets dorés et à froid encadrant les plats avec fleurons dorés dans les angles et armes dorées au centre, coupes filetées or, dentelle dorée d’encadrement intérieur, tranches dorées, couverture et dos conservés (M. Lortic). Édition originale: un des 25 exemplaires sur papier de Hollande, seul tirage de luxe. Exceptionnel envoi autographe signé sur le faux-titre: «à Mr Hector Berlioz/ hommage de sympathie &/ d’admiration/ Gve Flaubert/ Un des vingt-cinq exempl. tirés sur papier/ de Hollande». Estimation: 30.000/ 40.000 euros.

Lot 908. L’Éducation sentimentale. Histoire d’un jeune homme, Paris, Michel Lévy frères, 1870. 2 volumes in-8 [241x 150mm] de (2)ff., 427p.; (2)ff., 331p.: maroquin rouge, dos à nerfs richement ornés avec pièces de maroquin mauve mosaïquées, triple filet doré encadrant les plats, coupes filetées or, doublures de maroquin rouge encadrées d’un filet doré, gardes de moire rouge, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés, étuis (Carayon). Édition originale. Un des 25 exemplaires sur vergé de Hollande, seul tirage de luxe. Bel envoi autographe signé sur le faux-titre du premier volume: «à mon ami Noël Parfait/ qui m’a aidé à corriger les épreuves/ de ce livre/ un des 25 exemplaires sur papier de/ Hollande/ Gve Flaubert/ 16 Xbre 69». Estimation: 15.000 / 20.000 euros.

(< François Lapèlerie)
30 décembre 2018, Artcurial, vente De Constantinople à Tanger
Lot 21. Jean Paul Sinibaldi (1857-1909), huile sur toile représentant Salammbô (1885), grandeur nature 191x 343cm. Estimation 150.000/ 200.000 euros.
https://www.artcurial.com/fr/lot-jean-paul-sinibaldi-1857-1909-salammbo-1885-huile-sur-toile-3869-21

(<Jacques-Remi Dahan)
Catalogue Pierre Saunier
http://www.pierre-saunier.fr/media/catalogues_pdf/Ailleurs.pdf
Lot 95. Salammbô, Paris, Michel Lévy, 1863; in-8, plein maroquin bleu nuit, plats ornés d’une figure de Reine stylisée dans un triangle doré incrusté de maroquin rouge, vert, noir et marron, dos lisse, titre triangulaire en maroquin incrusté marron, tête or, non rogné, couverture, étui (Kieffer). 7.800 euros.
Édition originale. Envoi a. s.: «à mon cher ami Albert Mignot, souvenir de l’auteur, Gustave Flaubert». Ami de jeunesse de l’écrivain, Albert Mignot était le fils d’Amédée Mignot, avocat à Rouen et professeur de Droit au Lycée de cette ville. Amédée Mignot fut le premier à remarquer les dons de Flaubert et fit autographier ses premiers textes. Les familles Flaubert et Mignot étaient très liées. Le père d’Amédée Mignot, propriétaire éleveur et cultivateur, habitait en face de la maison des parents de Flaubert. Plus épris de littérature que d’élevage, le Père Mignot, comme l’appelait familièrement Gustave, le prenait sur ses genoux, lui contait des histoires et s’occupait même de lui apprendre à lire. La soeur d’Amédée Mignot est la mère d’Ernest Chevalier (du nom de son époux) qui devint alors pour le jeune Flaubert «son très grand et son meilleur ami jusqu’à la mort!». Voyez le livre d’Albert Mignot intitulé Ernest Chevalier, son intimité avec Gustave Flaubert, notes biographiques.

[BULLETIN FLAUBERT n° 202 / 8 novembre 2018]

(< Benoît Reverdy)
4 novembre 2018, vente Osenat
Lot n°90, Flaubert (Gustave). Manuscrit autographe intitulé «Guerres puniques» [vers 1845-1846]. 22 pages in-folio, ratures et corrections. Précieuses notes préparatoires à Salammbô. Très détaillées, elles concernent l’histoire des guerres puniques, et ont été prises à la lecture de la meilleure synthèse de l’époque sur le sujet, l’ouvrage de Victor Duruy: Histoire des romains et des peuples soumis à leur domination (Hachette, 1843-1844). À côté d’énoncés elliptiques, on trouve fréquemment des phrases entièrement rédigées, organisées en récit suivi. L’ensemble se divise en trois grandes sections: «Première guerre punique» (p.1), «Conquêtes de Rome et de Carthage entre la 1ère et la 2e guerre punique» (p.5) et «Seconde guerre punique» (p.11). Un manuscrit inédit, qui date probablement des années 1845-1846, peu de temps après la publication du livre de Duruy. Par son sujet, on serait d’abord tenté de le dater de l’année 1857, alors que Flaubert commence ses lectures préparatoires pour Salammbô, mais la graphie appartient à une époque antérieure qui se situe vers 1845 (selon Yvan Leclerc). L’ouvrage de Duruy n’est pas mentionné dans la Correspondance, néanmoins on sait que Flaubert «repasse [son] histoire» en janvier 1845 (lettre à Emmanuel Vasse de Saint- Ouen) et qu’il relit en mai 1846 l’Histoire romaine de Michelet (lettre à Maxime Du Camp). Les notes couvrent les deux guerres puniques, c’est-à-dire qu’elles excèdent de beaucoup la période qui concerne directement le récit de Salammbô. Il est donc probable que Flaubert ait pris ces notes générales en dehors d’une intention d’utilisation immédiate. Mais il les a relues et annexées à la documentation de son roman carthaginois. Deux passages sont particulièrement révélateurs de la genèse de Salammbô. La description de Carthage («Sur Carthage et son commerce», p.1): «... Les tours de Carthage s’élevaient à quatre étages, la triple enceinte montait à vingt coudées. Les loges pratiquées dans l’épaisseur des murs pouvaient abriter 300 éléphants de guerre, 4000 chevaux et 24000 soldats avec les approvisionnements et les armes. Des lames d’or couvraient son temple du soleil dont la statue en or pesait dit-on mille talents...» Et l’épisode servant de trame historique au roman («Carthage. Guerre des mercenaires 241-238», p.7-8): «La guerre finie en Sicile avec les Romains, les mercenaires qu’on ne payait plus qu’avec des promesses, réclamèrent. Le gouverneur de Lilybée Gescon les renvoya à Carthage. Arrivés, la République se disait trop pauvre. Craignant le pillage, le Sénat les envoya avec leurs chefs à Sicca en donnant à chaque soldat une pièce d’or p[ou]r les besoins les plus pressants. Les Carthaginois leur renvoyèr[ent] même leurs femmes et leurs enfants dans la crainte qu’ils ne fussent tentés de revenir. Hannon leur est député à Sicca. Il leur demande la remise d’une partie de ce qu’on devait. Ils marchent vers Carthage au nombre de 20.000 h[ommes] et campent à Tunis. Terreur de Carthage ‒ vivres ‒ leurs prétentions augmentent. Ils demandent le prix de leurs chevaux tués pendant la guerre. Députation de Gescon. Un esclave fugitif de Rome, le Campanien Spendius, et l’Africain Mathos empêchent tout accommodement. On prend l’argent apporté par Gescon et le chargent [sic] de fers. Isolement de Carthage au milieu de ses villes ennemies. Utique et Hippone Zaryte massacrèrent les soldats qu’y tenait [sic] Carthage et les laissèrent sans sépulture. On en fit autant en Sardaigne et en Corse. Hannon qu’on y envoya fut saisi par ses troupes qui le mirent en croix. Un parti des naturels de l’île y appela les Romains qui prirent à Carthage ses deux îles et la menacèrent en outre de la guerre si elle n’ajoutait au tribut stipulé 1.200 talents euboïques. Amilcar est nommé général. Il s’allie les Numides. Les mercenaires alors manquèrent de vivres. Supplice de Gescon et des siens au nombre de 700. On les mena hors du camp, on leur coupa les mains et les oreilles, on leur cassa les jambes et on les jeta encore tout vivants dans une fosse. Quand Amilcar vint redemander les cadavres, les barbares déclarèrent que tout député serait traité de même et proclamèrent comme loi «que tout prisonnier Carthaginois périrait dans les supplices, que tout allié de Carthage serait renvoyé les mains coupées». Représailles d’Amilcar qui fit jeter tous les prisonniers aux bêtes. Carthage reçut des secours d’Hiéron et même de Rome qui craignait les mercenaires. Amilcar renferme les mercenaires dans le défilé de la Hache où ils sont contraints de se manger les uns les autres. Extermination de 40.000. L’autre armée fut exterminée dans une seconde bataille et son chef Mathos livré à la populace de Carthage. Cette guerre qui fit horreur à tout le monde fut appelée guerre inexpiable...» Estimation: 10.000 – 15.000 euros.
http://www.osenat.com/lot/94449/9451340

Lot n°91. Flaubert (Gustave). Lettre autographe signée à Philippe Leparfait. «Lundi 4h.» [9 août 1869]. 3p. in-8. Poète et dramaturge, Louis Bouilhet (1821-1869) fut un des plus proches amis de Flaubert qui l’appelait «ma conscience littéraire», et qui oeuvra ensuite à servir sa mémoire posthume: Flaubert se chargea de faire jouer la pièce de Louis Bouilhet Mademoiselle Aïssé, dont la première représentation aurait lieu à l’Odéon le 6 janvier 1872, de faire paraître à ses frais ses oeuvres posthumes chez Michel Lévy, Dernières chansons (1872), ses oeuvres complètes (1880), et de faire ériger à Rouen, sur souscription, un monument commémoratif. Estimation: 400 ‒ 500 euros.
http://www.osenat.com/lot/94449/9451341

Lot n°92. Flaubert (Gustave). Lettre autographe signée à l’éditeur Alphonse Lemerre. Croisset [Seine-Maritime], «lundi soir 9h.» [27 octobre 1879]. 1p. in-8. Alphonse Lemerre, qui avait déjà réédité Madame Bovary en 1874, venait également de rééditer Salammbô. Il publierait l’édition originale de Bouvard et Pécuchet (1881, posthume). Il s’était par ailleurs fait une forte spécialité dans les ouvrages de poésie, et avait accompagné l’essor des mouvements parnassiens puis symbolistes. C’est pour cela que Flaubert lui offrit Madame Bovary et Salammbô en échange de la publication chez lui des poésies complètes de son grand ami défunt Louis Bouilhet – Lemerre traîna les pieds et ne les fit paraître qu’en 1880, après la mort de Flaubert. Estimation: 1.000 – 1.500 euros.
http://www.osenat.com/lot/94449/9451342

(< Benoît Reverdy, Jacques-Remi Dahan, Éric Walbecq)
14-15 novembre 2018, collection Aristophil, Hôtel Drouot, ventes Aguttes le 14, Ader le 15
Lot 44. Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy frères, 1857. 2 tomes en un volume in-12 (171x 115mm) demi-basane violine, dos à faux nerfs dorés. Emboîtage en forme de livre, chagrin rouge maroquiné, dos à nerfs. Doublure suédine grise [Loutrel].
Édition originale enrichie d’un envoi à Mademoiselle Leroyer de Chantepie.
Exemplaire modeste, court de marges. Le feuillet de dédicace à Senart [pour Senard] mal placé.
Carteret I-263. Estimation: 3.000 – 4.000 euros.
https://www.aguttes.com/html/fiche.jsp?id=9475805&np=1&lng=fr&npp=150&ordre=&aff=1&r=
Lot 45. Salammbô, Michel Levy 1863. in-8 (223x 142 mm); chagrin rouge maroquiné postérieur, double filet à froid en encadrement sur les plats. Dos à nerfs orné de caissons à froid. Filet doré sur les coupes. Tranches dorées. Encadrement intérieur dentelle dorée. Étui. 2ff. et 474p. Table. Édition originale enrichie d’un envoi autographe signée à Esther Guimont.
Esther Guimont (18..- 1879), courtisane, célèbre sous le surnom du «Lion» sous le second
Empire. Légères piqures. Mors et coins frottés, mais bon exemplaire. Estimation: 1.500 – 2.000 euros.
https://www.aguttes.com/html/fiche.jsp?id=9475806&np=1&lng=fr&npp=150&ordre=&aff=1&r=
Lot 48. L’Éducation sentimentale, Michel Lévy 1870. 2 vol. in-8 (220x 142 mm); demi-chagrin rouge légèrement postérieur, dos à nerfs orné de fleurons dorés. T.1- Fx-titre, titre et 427p. T.2- Fx-titre, titre et 331p. Édition originale enrichie d’un envoi autographe signé à ma chère cousine Caroline Laurent sur papier blanc remonté. Ex-libris Prochian et Caroline Laurent. Estimation: 2.000 – 2.500 euros.
https://www.aguttes.com/html/fiche.jsp?id=9475809&np=1&lng=fr&npp=150&ordre=&aff=1&r=
Lot 54. Gustave Flaubert, Trois contes, Charpentier, 1877, in-12 (188x 128mm); demi-chagrin châtaigne à la bradel.
https://www.aguttes.com/html/fiche.jsp?id=9475815&np=1&lng=fr&npp=150&ordre=&aff=1&r=
Edition originale, un des 100 exemplaires sur Hollande enrichi d’une lettre autographe signée et datée de Flaubert, format in-8 recto sur papier bleu. Destinataire inconnu, 10 mars 1880. Exemplaire à toutes marges. Carteret I-269. Estimation: 2.000 – 3.000 euros.
Lot 293. Enveloppe autographe, avec marques postales. À sa cousine Olympe Bonenfant, pendant son voyage en Orient: «France/ Nogent-sur-Seine (Aube)/ Madame Bonenfant»; cachets postaux de Beyrouth (5 août 1850), Marseille (16 août), Paris et Nogent-sur-Seine (19 août). Estimation: 200 – 300 euros.
Les lots mis en vente le 15 novembre sont regroupés sur cette page:
https://www.auction.fr/_fr/vente/aristophil-litterature-et-livres-illustres-58803?page=3
Lot 439. Manuscrit autographe signé «Gve Flaubert», Les Mémoires d’un Fou, 1838; 141 pages in-fol. sur 72 feuillets montés sur onglets et reliés en un volume in-fol. (32,7x 23,8cm) cartonné recouvert de soie lie-de-vin brochée de motifs noirs et de points rouges, chemise et étui (quelques légères rousseurs éparses). Estimation: 300.000 – 350.000 euros.
Lot 440. L.A.S. «ton G.», Samedi soir [26 juin 1852], à Louise Colet; 4 pages petit in-4, enveloppe avec cachets postaux et sceau de cire rouge (petite trace de rouille sur la p.4). Magnifique lettre sur la vie à Paris, Alfred de Musset, la poésie et la prose, et sur l’avancement de Madame Bovary. Estimation: 10.000 – 15.000 euros.
Lot 441. L.A.S. «Gve Flaubert», [Croisset fin décembre 1860], à Ernest Feydeau; 2 pages in-8 sur papier bleu. Amusante lettre fort libre à propos de Salammbô. Estimation: 2.000 – 3.000 euros.
Lot 442. L.A.S. «Gve Flaubert», Croisset Lundi soir [29 mai 1865], à Mme Hortense Cornu; 2 pages in-8 sur papier bleu (trace d’onglet au verso). En faveur de son ami Louis Bouilhet. Estimation: 1.500 – 1.800 euros.
Lot 443. Manuscrit autographe pour L’Éducation sentimentale; 2 pages in-fol. aux recto et verso d’un grand feuillet numéroté 7 (fentes réparées, petite déchirure au bord supérieur sans perte de texte, un peu jauni et sali). Précieux et rare canevas du début de la deuxième partie de L’Éducation sentimentale. Estimation: 5.000 – 6.000 euros.
Lot 444. Gautier Théophile (1811-1872). Manuscrit autographe signé, Salammbô par Gustave Flaubert [1862]; 9 pages oblongues in-8 remplies d’une petite écriture, en partie découpées pour l’impression en bandes et remontées (quelques légères rousseurs), avec enveloppe à en-tête du Moniteur universel. Magnifique article disant son admiration pour le roman Salammbô de Gustave Flaubert. Estimation: 8.000 – 10.000 euros.

(< Marlo Johnston)
20 novembre 2018, Christie’s.
Lot 55, Flaubert, Gustave (1821-1880), L’Éducation sentimentale, Paris, Michel Lévy Frères, 1870. Bel exemplaire de l’édition originale, grand de marges, enrichi d’un envoi autographe signé de Flaubert. Cet exemplaire a appartenu à Marie Dubois de l’Estang (1833-1897), épouse de Jean-Joseph Gustave Dubois de l’Estang (1823-1881), conseiller-maître à la Cour des Comptes et fait officier de la Légion d’honneur en 1877. Vicaire, III, col. 726-727; Flaubert, Vie et travaux du R. P. Cruchard et autres inédits, Publications des Universités de Rouen et du Havre, 2005, p.67; Todisco, Le Personnel de la Cour des Comptes 1807-1830, p.7-98.
2 vol. in-8 (230x 143mm). Édition originale (quelques rousseurs). Reliure signée David, demi-maroquin bleu à coins, dos à nerfs, gardes de papier marbré, têtes dorées (dos légèrement passés). Exemplaire relié avec en tête de chaque volume une garde intérieure de moire violette au chiffre «M D» [Marie Dubois] (garde intérieure de moire violette sans chiffre en fin de volume). Provenance exemplaire enrichi d’un envoi autographe signé sur un feuillet blanc: «Offert à Madame Marie Dubois de l’Estang, par son très humble et affectionné G. Flaubert

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Jeudi 22 novembre 2018, International Autograph Auction Europe
Lot n°295. Gustave Flaubert, manuscrit autographe non signé, titré Loi salique. Bon texte développant l’esprit de la loi salique, s’inspirant des commentaires de Guizot et Montesquieu, et commençant ainsi: «Deux textes de loi salique, l’un en latin, et l’autre latin aussi mais mêlé d’un grand nombre de mots germaniques, de gloses, d’explications dans l’ancienne langue franque intercalées dans le cours des articles…» Il s’agit dans un premier temps de démontrer lequel de ces deux textes est le plus ancien, puis «La rédaction de la loi salique paraît devant [sic pour devoir?] résulter d’une époque où les Francs vivaient au milieu des Romains […] la loi salique se rapporte à des coutumes antérieures transmises de génération en génération, étendues, modifiées, expliquées, rédigées à loisir à diverses reprises. La loi salique n’est point un code régulier de lois mais une simple énumération de coutumes judiciaires…» 2p. in-folio, bon état.
Note: la loi salique est un code de loi élaboré entre le IVe et le VIe siècle pour le peuple franc, dit salien, dont Clovis fut l’un des premiers rois. Estimation 2.300 – 3.400 euros.
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=9501547

Mardi 27 novembre 2018, vente Artoria, Zurich
Lot n°250, Gustave Flaubert, La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier, 1874. Grand in-8, reliure début XXe s. demi-chagrin brun, dos à 5 nerfs ornés d’un filet doré, auteur, titre et date dorés, tête dorée, couverture et dos conservés. Édition originale. Deux fautes figurant aux pages 152 et 295 ont été corrigées au crayon.
Envoi autographe signé de Gustave Flaubert «à madame Drouais, humble hommage de son tout dévoué». Bel exemplaire relié avec toutes ses marges. Estimation: 1.500 – 2.500 euros.
https://artoria.ch/parcourir-les-lots/vente-inaugurale/livres-autographes/250/livre-flaubert/?soff_session_keywords=250&soff_session_page=1

Lot n°52, Jules Barbey d’Aurevilly, Lettre autographe signée «Jules Barbey d’Aurevilly» adressée à André Basset. «Saint-Jean de Luz, mardi» [septembre 1857]. 1 page in-8. Manque dans le coin supérieur droit.
Belle lettre au rédacteur en chef du Pays au sujet de sa critique de Madame Bovary.
«Je suis en retard, mais vous êtes la bonté même. Voici un long article sur Madame Bovary.
J’ai la coquetterie de vous plaire. Je n’en ai pas la fatuité.
Je serai heureux si l’article vous convient. Je le crois juste et de bon sens.
Vous l’insérerez bientôt, je n’en doute pas.»
La critique paraîtra le 6 octobre 1857 dans Le Pays et s’ouvre sur ces lignes: «Le livre de M. Gustave Flaubert a eu un succès éclatant et rapide, et ce succès n’est pas épuisé. Rien n’a manqué à sa fortune: ni la pointe de scandale, qui est le sel d’un livre en France, ni l’intérêt dramatique d’un procès. Inconnu et sans précédents littéraires, l’auteur s’est trouvé tout à coup célèbre…» Estimation: 1.000 – 1.500 euros.
https://artoria.ch/parcourir-les-lots/vente-inaugurale/livres-autographes/52/manuscrit-barbey-daurevilly/?soff_session_page=2

[BULLETIN FLAUBERT n° 201 / 18 octobre 2018]

Vente passée

12 octobre 2018, Arenberg Auctions
Lot n°320, Louis Bouilhet, «Choeur». S.l. [c.1863] Poème et mot monogr. à Gustave Flaubert, in-12: 2 1/2 pp. sur 1 double f. «C'est le pays de la toilette!/ C'est l'empire des affiquets,/ des paquets/ des caquets! [...]». Chansonnette guillerette qui figure intégralement dans une scène du Château des coeurs, pièce de théâtre sous forme de féerie composée en 1863 par Flaubert et ses amis Louis Bouilhet et Charles d'Osmoy. Elle ne fut jamais mise en scène et ne fut publiée qu'en 1880 dans La Vie moderne. Dans son post-scriptum, Bouilhet se dit prêt à recommencer le texte s'il ne convient pas à Flaubert. 120/ 180 €
https://www.my.arenbergauctions.com/catalogue/detail/2577?page=1

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
20 octobre 2018, vente en ligne sur Interenchères
Lettre de George Sand à Flaubert, lettre autographe, signée. [Paris] 15 mars 1864 deux pages in 8°. «Je ne sais pas si vous m'avez prêté ou donné le beau livre de M. Taine» (Histoire de la littérature anglaise). Elle n'a eu le temps de lire que partiellement «ces excellents volumes d'une si haute et si noble portée». G. Sand espère «que vous me ferez lire aussi quelque chose de vous. Vous avez été si bon et si sympathique pour moi à la première repr[ésentation] de Villemer, que je n'admire plus seulement votre admirable talent. Je vous aime de tout mon coeur.» Correspondance, éd. Lubin n°10.757. Ancienne collection Alfred DUPONT. Estimation: 1.000/ 1.500 €
https://www.interencheres.com/meubles-objets-art/belle-vente-classique-238124/lot-18478299.html?utm_source=alertes&utm_medium=email&utm_campaign=daily-Sun-2018-10-14

(< Éric Walbecq)
Vente Piasa, 29-30 octobre 2018, Bibliothèque de François Mitterrand
https://api.piasa.fr/uploads/819206_5bb72ff2c807e.pdf
223. Lettre de Flaubert à Mme de Fly?, 12 février 1863
En ligne sur le site de la correspondance:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=10690
224. Lettre de Flaubert à Tourguéniev, 5 février 1879
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=13149

[BULLETIN FLAUBERT n° 200 / 6 septembre 2018]

(< Steve Murphy)
9 octobre 2018, Vente Sotheby’s Paris, Binoche et Giquello, Bibliothèque R. et B.L., XIXe siècle.
http://www.sothebys.com/fr/auctions/2018/rbl-pf1823.html
71. Daudet (Alphonse). Lettre autographe signée à Gustave Flaubert, datée 1er de l’an [1er janvier 1879], une page in-8 (203x 140 mm) sur papier à dentelle orné d’un encadrement de fleurs, aquarellé, contrecollée sur papier vergé, sous chemise demi-maroquin noir moderne. Estimation: 2.500/ 3.000 €.
74. Flaubert (Gustave). Lettre autographe à Louise Colet, signée Ton G., datée Nuit de lundi, minuit et demi [6 juin 1853], 8 pages sur 2 bifeuillets in-4 (266x 211 et 248x 190 mm) à l’encre brune, enveloppe autographe avec marques postales, sous chemise demi-maroquin noir moderne. Estimation: 4.000/ 5.000 €.
75. Flaubert (Gustave). Lettre autographe signée à Charles Baudelaire, datée Croisset, 13 juillet [1857], 3 pages in-8 (215x 136 mm) à l’encre noire sur un bifeuillet de papier vergé bleu, sous chemise demi-maroquin noir moderne. Estimation: 12.000/ 15.000 €.
76. Flaubert (Gustave). Madame Bovary. Moeurs de province. Paris, Michel Lévy frères,1857. Estimation: 20.000/ 25.000 €. Édition originale. Un des rares exemplaires imprimés sur papier vélin fort, d’un tirage probablement à 75 exemplaires que Flaubert se réserva presque tous pour les offrir à ses amis et à ses connaissances.
77. Idem.
79. Flaubert (Gustave). Lettre autographe signée à Edmond Pagnerre, datée 1er Janvier [1857], 3 pages in-8 (204x 134 mm) à l’encre brune sur un bifeuillet de papier vergé ivoire, sous chemise demi-maroquin noir moderne. Estimation: 3.000/ 4.000 €.
80. Flaubert (Gustave). Lettre autographe signée à Ernest Feydeau, [Croisset, après le 5 octobre 1860], 4 pages in-8 (204x 133 mm) à l’encre brune sur un bifeuillet de papier bleu vergé, sous chemise demi-maroquin noir moderne. Estimation: 3.000/ 4.000 €.
81. Flaubert (Gustave). Salammbô. Paris, Michel Lévy frères, 1863. In-8, demi-maroquin lavallière avec coins, dos à nerfs, non rogné, couverture (Pagnant). Estimation: 30.000/ 40.000 €. Édition originale. Un des 25 rarissimes exemplaires sur papier de Hollande. Précieux exemplaire de Théophile Gautier (1811-1872), portant ce bel envoi autographe de Flaubert sur le faux-titre:
à mon très cher maître Théophile Gautier
son vieux
Gustave Flaubert
Et en dessous, cette note à la plume de la main de l’auteur:
un des vingt-cinq exemplaires tirés sur papier
de Hollande.
82. Flaubert (Gustave). Salammbô. Paris, Michel Lévy frères, 1863. In-8, maroquin rouge foncé, encadrement de cinq doubles filets dorés et quatre entourant un filet à froid, dos orné de même, doublure de maroquin rouge carmin, encadrement de jeux de filets dorés, gardes de soie rouge, tranches dorées sur témoins, couverture et dos (G. Mercier successeur de son père, 1930). Estimation: 20.000/ 25.000 €. Édition originale. Un des 25 rarissimes exemplaires sur papier de Hollande. Envoi autographe de Flaubert à Ernest Feydeau.
83. Flaubert (Gustave). Lettre autographe signée à Théophile Gautier, datée Jeudi 27 janvier [1859], 3 pages et demie in-8 (209x 133 mm) à l’encre brune sur papier vergé bleu, sous chemise demi-maroquin noir moderne. Estimation: 8.000/ 10.000 €.
84. Flaubert (Gustave). L’Éducation sentimentale. Histoire d’un jeune homme. Paris, Michel Lévy frères, 1870. 2 volumes in-8, demi-maroquin vert avec coins, filet doré, dos orné de filets dorés à froid et d’un fer répété, tête dorée, non rogné, couverture (Carayon). Estimation: 35.000/ 45.000 €. Édition originale. Un des très rares exemplaires sur papier de Hollande (tirage à 25 exemplaires selon Carteret et Clouzot). La couverture de ces exemplaires de luxe porte la mention fictive Deuxième édition. Envoi autographe de l’auteur à Jules Janin (1804-1874), surnommé le «Prince des critiques».
85. Flaubert (Gustave). L’Éducation sentimentale. Histoire d’un jeune homme. Paris, Michel Lévy frères, 1870. 2 volumes in-8, maroquin bleu marine, janséniste, doublure de maroquin bleu serti d’un filet doré, gardes de soie brochée, doubles gardes de papier marbré, tranches dorées sur témoins, couverture et dos, étui (Marius Michel). Estimation: 25.000/ 30.000 €. Édition originale. Un des très rares exemplaires sur papier de Hollande (tirage à 25 exemplaires selon Carteret et Clouzot). La couverture de ces exemplaires de luxe porte la mention fictive Deuxième édition.
Cet exemplaire est enrichi de 4 lettres autographes de Flaubert à son ami le peintre Joanny Maisiat (1824-1910), relatives à L’Éducation sentimentale. Ces lettres forment au total 9 pages in-8, sur papier bleuté. Elles sont extrêmement intéressantes pour comprendre l’élaboration du texte et représentatives de la conscience artistique de l’auteur. Flaubert demande d’abord des renseignements techniques sur la peinture à propos du portrait de la Maréchale peint par Pellerin, et celui d’un enfant mort:
1) [Juin 1867?] «Duplan m’écrit que vous connaissez beaucoup Mr Alby le gérant actuel de la Maison d’Or. J’aurais besoin de savoir comment en 1847 le plus beau salon de la dite maison était meublé & tendu... Vous rappelez-vous m’avoir donné d’excellentes notes sur les angoisses qu’éprouve à faire un portrait un peintre esthétiqueur? J’en ai profité autant que j’ai pu. Mais j’aurais besoin, maintenant, que vous me fissiez en termes techniques la description des mauvaises qualités de ce portrait [...]. Je voudrais m’étendre un peu sur l’effet cocasse & lamentable que produit ce tableau à qqu’un [sic] qui s’y connaît. Notez que mon artiste n’est pas un âne.»
2) [Septembre 1867?] «Mon vieux de la vieille. Voici mon texte. Il est fait sur vos notes qui contenaient trois pages, & dont le résumé ci-joint m’a donné un mal de chien [...]. Pellerin vient offrir à Frédéric ce portrait (dont il a donné l’idée, lui Frédéric) & que ne veulent maintenant payer ni la cocotte ni son entreteneur. Frédéric ne s’en soucie pas non plus & envoie bouler l’artiste. Lequel, pour se venger du dit Frédéric, le met en exposition chez un marchand du boulevard [...]. Quel aspect a le tableau. Je sais bien pourquoi il est mauvais, mais je ne sais pas comment. Je voudrais que le lecteur le vît, qu’il pût toucher un peu la peinture.»
3) Croisset, Samedi soir, 13 Mars 69. «Mon cher bonhomme, un petit service! Voici la chose: quel débagoulage esthétique puis-je mettre dans la bouche d’un peintre qui fait le portrait d’un petit enfant mort. Le moutard a 8 mois. La maman qui est une cocotte est là. Mon artiste s’en inquiète peu – & tout en crayonnant aussi tranquillement que s’il travaillait d’après la bosse, se livre à des théories sur le portrait en général, et sur les portraits d’enfant en particulier. Que peut-on dire là-dessus d’un peu spécial? & qui sente l’homme du métier? Je compte avoir achevé mon odieux bouquin vers la fin de mai. Je commence l’avant-dernier chapitre.»
Flaubert a recopié ensuite le passage concernant les doutes de Pellerin (t. I, p. 376).
4) [Avril 1869?] «Cher ami, Je ferai mon profit du dernier paragraphe [...] Quant à vos objections, je ne les admets pas [...]. Lorsque tout sera fini je vous lirai la chose & si elle vous choque nous la modifierons. Je vous embrasse. Car vous êtes gentil comme un ange [...].»
Superbe exemplaire en maroquin doublé de Marius Michel. Il provient de la bibliothèque Paul Voûte (1938, n° 299). Portrait de Flaubert gravé à l’eau-forte, ajouté au tome I.
86. Flaubert (Gustave). La Tentation de saint Antoine. Paris, Charpentier et Cie, 1874. Grand in-8, demi-maroquin orangé à gros grain avec coins, filet doré, dos orné avec fleur dorée et mosaïquée répétée dans les entre-nerfs, tête dorée, non rogné (V. Champs). Estimation: 2.500/ 3.500 €.
87. Flaubert (Gustave). Trois contes. Paris, Charpentier, 1877. In-12, maroquin rouge, important décor de tiges fleuronnées et de doubles filets droits et courbes, réseau d’entrelacs au milieu de chaque côté, médaillon ovale laissé en réserve au centre, dos orné d’une longue tige fleurie «passant sous les nerfs», doublure de maroquin vert foncé, jeu de filets dorés droits et courbes dans les angles avec fers à la rosace, gardes de moire ardoise, tranches dorées, non rogné, couverture (S. David). Estimation: 15.000/ 20.000 €. Édition originale.
Le recueil comprend Un coeur simple, La Légende de saint Julien l’Hospitalier et Hérodias. Un des 12 premiers exemplaires sur chine. Ex-libris autographe de Joris-Karl Huysmans, à l’encre bleue, sur un feuillet de papier ordinaire placé entre la couverture et le faux-titre.
88. Flaubert (Gustave). Trois contes. Paris, Charpentier, 1877. In-12, maroquin bleu foncé, plats ornés d’un décor à répétition de gros fers dorés et mosaïqués citron et bleus, dos orné du même décor dans les caissons, doublure de maroquin bleu orné de multiples encadrements de filets dorés autour d’un listel noir, filets dorés, gardes de soie bleue, doubles gardes de papier marbré, tranches dorées sur témoins, couverture et dos, chemise demi-maroquin à bande et étui (Noulhac). Estimation: 4.000/ 5.000 €. Édition originale. Un des 100 exemplaires sur hollande, second papier après 12 chine.
89. Flaubert (Gustave). Madame Bovary. Moeurs de province. Paris, Charpentier et Cie, 1876. In-12, maroquin vert, dentelle dorée, dos orné aux petits fers, dentelle intérieure, doubles gardes de papier marbré, tranches dorées sur marbrure, étui (Petit-Simier). Estimation: 1.200/ 1.500 €. Édition définitive, suivie des réquisitoire, plaidoirie et jugement du procès intenté à l’auteur devant le tribunal correctionnel de Paris. Frontispice et 6 figures dessinées et gravées à l’eau-forte par Émile Boilvin.
90. Flaubert (Gustave). Bouvard et Pécuchet. Oeuvre posthume. Paris, Alphonse Lemerre, 1881. In-12, maroquin chaudron, encadrement d’un filet doré et d’un jeu de six filets dorés, dos orné de filets dorés, doublure de maroquin bleu gris orné d’un double encadrement de filets dorés, roulette et filets dorés intérieurs, fleurons aux angles, gardes de soie brochée, doubles gardes de papier marbré, tranches dorées sur témoins, couverture, étui (Marius Michel). Estimation: 4.000/ 5.000 €. Édition originale. Un des 55 exemplaires sur papier de Hollande.
311. Zola (Émile). Lettre autographe à Gustave Flaubert, signée Émile Zola, datée Médan, 30 novembre [18]78, 4 pages sur un bifeuillet in-8 (210x 136 mm) à l’encre noire sur papier vergé, sous chemise demi-maroquin noir moderne. Estimation: 3.000/ 4.000 €.
Lettre très amicale à Flaubert dans laquelle il est question de Nana et de L’Assommoir.

Vente passée

(< Olivier Leroy)
Catalogue Montignac-Lascaux, 20, 21, 22 et 23 août 2018
https://gallery.mailchimp.com/7fe11335dd10b5c41b7d29dfa/files/82b20e34-1067-4b68-9365-d28286553077/08_2018_MONTIGNAC_liste.pdf
1351. Flaubert (Gustave), Fragment inédit sur la vie du château de Blois, publié par René Descharmes. Blois, G. Migault, 1907. In-8, 1/2 maroquin brun à la bradel, titre en long, couvertures conservées (S. David). Première édition d’un fragment inédit, consacré à Blois, écrit par Flaubert et destiné à être placé en tête de son ouvrage Par les champs et par les grèves, publié à titre posthume en 1881, et qui, dans cette édition, commence par une ligne de points. Bel exemplaire enrichi d’un E.A.S. de l’éditeur, René Descharmes, sur la couverture. Coins frottés. Estimation: 400/ 500 €.

[BULLETIN FLAUBERT n° 199 / 14 juin 2018]

20 juin 2018, Vente Aguttes, collection Aristophil
Lot n°1312. Berlioz Hector (1803-1869). L.A.S., [Paris] «Mardi 5 [9] décembre 1862», à son oncle Félix Marmion; 4 pages in-8.
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=8917197
En PS: «Avez-vous lu Salammbô, un livre terrible et grandiose qui vient de paraître? C’est de Mr G. FLAUBERT l’auteur de Mme Bovary. Cet ouvrage vous intéressera et comme lettré et comme militaire, c’est l’histoire de la guerre des Mercenaires contre Carthage. C’est écrit en style biblique et d’une science archéologique effrayante.»

(< Anne-Bénédicte Levollant, Éric Walbecq)
26 juin 2018, vente Alde OVV, Hôtel Ambassador, 16, bd Haussmann 75009 Paris.
LOT n°34. [Gustave Flaubert (1821-1880)]. 2 L.A.S. de sa nièce Caroline Franklin-Grout (1846-1931), 16 novembre et 14 décembre 1900, à Paul Esdouhard d’Anisy au château de Puligny; 7 pages in-12, enveloppe. Au sujet d’un drame en dix tableaux tiré de Salammbô. 16 novembre. Elle n’a jamais songé à Salammbô sous la forme d’un drame et demande à réfléchir pour l’autoriser… 14 décembre. Bien qu’elle reconnaisse les qualités de ce travail et de la pièce, elle refuse son autorisation: «une représentation sur la scène de l’Odéon m’apparaît comme un rapetissement du roman – c’est forcé – cela aura un faux air de tragédie antique, et puis où sont les acteurs pour la jouer! […] il faudrait un luxe très grand de décors, des interprètes de premier ordre, […] l’Opéra a réussi, mon oncle l’avait désiré. Il faut s’en tenir là»… On joint une L.A.S. au même d’Ernest Depré (1897) et une L.S. d’André Gavoty (1941).
http://catalogue.gazette-drouot.com//html/d/fiche.jsp?id=8986729&np=2&lng=fr&npp=20&ordre=1&aff=1&r=

[BULLETIN FLAUBERT n° 198 / 14 mai 2018]

Vente Ader Nordmann, 16 mai 2018, Salle des ventes Favart, expert Thierry Bodin
http://www.ader-paris.fr/html/index.jsp?id=91644&lng=fr&npp=150
261. LAS, Croisset 13 décembre [1859], à Aglaé Sabatier, «la Présidente»; 2 pages in-8, sur papier bleu. Estimation: 2.000/ 2.500 euros.
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=10384
262. LAS, [Paris] Samedi 6h [7 avril 1860], à Aglaé Sabatier, «la Présidente»; 1 page in-8. Estimation: 1.500/ 2.000 euros.
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=10411
263. LAS, [Paris, 10 avril 1861], à Aglaé Sabatier, «la Présidente»; 1 page in-8, sur papier bleu. Estimation: 1.500/ 2.000 euros.
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=10483
264. LAS, Vichy jeudi 21 [août 1862], à l’imprimeur Jules Claye; 1 page in-8. Estimation: 800/ 1.000 euros.
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=10596
265. LAS, [Paris] Mardi soir [23 février 1864], à Aglaé Sabatier, «la Présidente»; 1 page in-8, sur papier bleu. Estimation: 2.000/ 2.500 euros.
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=10791
266. LAS, Samedi 13 [décembre 1879], à son ami Émile Bergerat; 1 page in-8 (traces de montage au verso). Incomplète dans la Pléiade, t.V, p.763. Estimation: 1.500/ 2.000 euros.
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=13451

(< François Lapèlerie)
Vente Sotheby’s, 24 mai 2018
http://www.sothebys.com/pdf/2018/PF1803/index.html
23. Madame Bovary, Michel Lévy, 1857. Un des rares exemplaires sur vélin fort avec envoi. Envoi «A mon ami Gaïffe Gve Flaubert». Avec une lettre à Édouard Gachot, 23 septembre 1879. Estimation: 30.000/ 50.000 euros. En ligne sur le site de la correspondance:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=13389

[BULLETIN FLAUBERT n° 197 / 18 avril 2018]

(< Éric Walbecq)
Catalogue Autographes des siècles, XIII
http://www.autographes-des-siecles.com/catalogues/Catalogue-XIII.pdf
59. Flaubert à un ami, [23 janvier 1857]. 9.500 euros.
En ligne dans l’édition de la correspondance électronique:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=13647

(< Jacques-Remi Dahan)
Flaubert à Alfred Baudry, 17 février ou 17 mars 1855. Lettre de demande de renseignements au sujet de la cathédrale de Rouen. 6.500 euros, lettre vendue.
Site Traces écrites, mars 2018
http://www.traces-ecrites.com/document/longue-lettre-de-flaubert-se-documentant-pour-lecriture-de-madame-bovary

19 avril 2018, vente Agutes
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=8740473
Lot n°147. George Sand, L.A.S. à Gustave Flaubert. 8p. sur 2 bi-feuillets in-8 à son chiffre.
Superbe et longue lettre à Flaubert. Suit une longue discussion philosophique sur les principes de vie que prônent certains intellectuels et où Sand évoque sa propre formation intellectuelle.
«Alors je lisais Chateaubriand et Rousseau. Je passais de l’Évangile au Contrat social. Je lisais l’histoire de la Révolution faite par des dévots, l’histoire de France faite par des philosophes, et un beau jour j’accordai tout cela comme une lumière faite de deux lampes, et j’ai eu des principes; ne ris pas, des principes d’enfant très candide qui me sont restés à travers tout, à travers Lélia et l’époque romantique, à travers l’amour et le doute, les enthousiasmes et les désenchantements. Aimer, se sacrifier, ne se reprendre que quand le sacrifice est nuisible à ceux qui en sont l’objet et se sacrifier encore dans l’espoir de servir une cause vraie, l’amour. Je ne parle pas ici de la passion personnelle, mais de l’amour de la race, du sentiment étendu de l’amour de soi, de l’horreur du moi tout seul. Mais chez l’homme l’instinct est amour, qui se soustrait à l’amour se soustrait à la vérité, à la justice. J’ai traversé des révolutions et j’ai vu de près les principaux acteurs, j’ai vu le fond de leur âme, je devrais dire tout bonnement le fond de leur sac: pas de principes, aussi pas de véritable intelligence, pas de force, pas de durée. Rien que des moyens et un but personnel. Je crache de tout mon coeur sur celui qui prétend avoir mes principes et qui fait le contraire de ce qu’il dit. Je ne plains pas l’incendiaire, et l’assassin qui tombent sous le coup de la loi.
Je plains profondément la classe qu’une vie brutale, déchue, sans essor et sans aide réduit à produire de pareils monstres.
Je plains l’humanité, je la voudrais bonne, parce que je ne veux pas m’abstraire d’elle, parce qu’elle est moi, parce que le mal qu’elle se fait me frappe au coeur.» Sand voudrait aller à Paris pour retrouver Flaubert. Elle parle de sa petite-fille Aurore qui l’occupe beaucoup et termine sa lettre: «Je t’aime, c’est la conclusion à tous mes discours.» Estimation: 1.800 – 2.200 euros.
Flaubert, Correspondance, éd. Jean Bruneau, Gallimard, «Bibliothèque de la Pléiade», t.IV, p.400-401.
Ancienne collection du Colonel Daniel Sickles (VII, n°2900, 15 mars 1991). Ancienne Collection de Flers (18 novembre 2014).

20 avril 2018, vente Kâ-Mondo
http://www.kapandji-morhange.com/html/fiche.jsp?id=8761655&np=1&lng=fr&npp=150&ordre=&aff=1&r=
Lot n°79. Flaubert (Gustave). Lettre autographe signée, [adressée à Gustave Rouland (1806-1878), ministre de l’Instruction publique et des Cultes]. [Fin décembre 1856]. 2 pages in-8, sur papier vergé azur (qq. petites taches claires).
Importante lettre par laquelle Gustave Flaubert sollicite le soutien de Gustave Rouland, ministre de l’Instruction publique et des Cultes, et originaire de Normandie comme lui-même, à l’occasion du procès consécutif à la publication du roman Madame Bovary.
«Je prends la hardiesse d’avoir recours à vous, pour une affaire toute personnelle qui m’attaque dans mon honneur et dans ma liberté»: ainsi s’ouvre la requête, que Flaubert adresse à Gustave Rouland non pas en tant que ministre, «mais à vous, Monsieur, comme compatriote et comme lettré». En effet, proche de Baudelaire et d’Eugène Fromentin, Gustave Rouland fut toujours attentif à la bohème littéraire parisienne de son temps. En outre, normand d’origine comme l’était Flaubert, Rouland ne pouvait être insensible à un tel «compatriotisme»: prudent toutefois, il a annoté la missive: «M. Flaubert fils est un de mes compatriotes mais je ne le connais pas personnellement.»
Flaubert précise l’objet de l’accusation, «accusé d’avoir, par un roman publié dans la Revue de Paris, attenté aux bonnes moeurs et à la religion», et se défend d’avoir eu de telles intentions. Il sollicite donc «dix minutes d’audience pour vous expliquer ma position et tenter de vous intéresser en ma faveur». Le destinataire a fait répondre (annotation de sa main) le 5 janvier qu’il acceptait de recevoir le romancier, après avoir pris connaissance des faits.
Comme l’ont montré les historiens, la réactivité de Flaubert à l’annonce de ce procès fut des plus dynamiques et joua très certainement en sa faveur sur le verdict: «C’est Du Camp qui avertit son ami de l’ouverture d’une instruction judiciaire, à la fin du mois de décembre 1856. Les lettres qui suivent montrent comment Flaubert mobilise les relations politiques de sa famille rouennaise, pendant que son avocat, maître Senard, cherche des protections à la Cour impériale. Flaubert tente également d’obtenir des recommandations auprès d’écrivains et de critiques célèbres, Lamartine et Sainte-Beuve, qui ont apprécié son roman.» (Yvan Leclerc, «Le Procès de Madame Bovary», sur www.bovary.fr).
Provenance: Fonds issu de l’union de Louise Giroux, fille d’André Giroux, et Gustave Hippolyte Rouland, fils de Gustave Rouland (ministre de l’Instruction publique et des Cultes sous Napoléon III), puis par descendance. Lettre inédite. Estimation: 800/ 1.000 euros.

(< Éric Walbecq)
Librairie Le feu follet
https://www.edition-originale.com/fr/lettres-autographes-manuscrits/manuscrits-litteraires/flaubert-lettre-autographe-signee-de-gustave-1877-62711
Gustave Flaubert, lettre autographe signée adressée à Léon Cladel, 9 mai 1877, 13,5x20,5cm, 2 pages sur un feuillet remplié. 4.500 euros.
En ligne dans l’édition électronique:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=12778

Gustave Flaubert, Salammbô, Michel Lévy, Paris 1863, 15x23cm, relié. 15.000 euros.
Rare envoi autographe signé de Gustave Flaubert à (Louis) de Carné, journaliste et historien dont Flaubert possédait plusieurs ouvrages référencés dans l’inventaire de sa bibliothèque.
https://www.edition-originale.com/fr/litterature/editions-originales/flaubert-salammbo-1863-40674

[BULLETIN FLAUBERT n° 196 / 14 mars 2018]

(< Élisabeth Brunet)
Dimanche 18 mars 2018, Saint-Valéry-en-Caux, Hôtel des ventes Roquigny
http://www.interencheres.com/fr/meubles-objets-art/vins-orfevrerie-autographes-photos-bijoux-arts-de-la-table-etc-ie_v109797.html
N°34. Sous cadre – Gustave FLAUBERT (1821-1880) - L.A.S., mercredi 12 [1869?], à Edmond Laporte; une page in-8°. Invitation. «Il me semble que nous avons une fameuse bavette à tailler. Je suis absolument seul. Présentez vous donc pour déjeuner, pr diner, voire pr coucher. – à votre guise.» Cachet «E.L.» d’Edmond Laporte, en pied. Lettre inédite. Estimation: 800/ 1000 euros.

N°48 - Gustave FLAUBERT (1821-1880) - L.A. non signée (manque de place) à Louise Colet, enveloppe conservée avec notes au verso de la main de Louise Colet, et cachet; dimanche matin, [15 novembre 1846]; 4 pages petit in-8° (13,5x 20,5) sur papier bordé de noir (le Dr Flaubert, père de Gustave, était mort en janvier et sa soeur Caroline en mars). Très belle lettre d’amour à Louise Colet rencontrée en juin de cette même année 1846:
«Ta lettre de ce matin me remue jusqu’aux entrailles. Essuie tes pauvres yeux, chasse ta fièvre. J’ai besoin de t’embrasser, de poser ma tête sur ton coeur. Oui je t’aime, je t’aime. L’entends-tu? Qui est-ce qui pourrait résister à un amour comme le tien, aussi dévoué, aussi profond, aussi involontaire? (…) Que je suis faible moi qui me croyais fort, voilà que je tremble en t’écrivant, le coeur me bat. Oh, avant 8 jours, vendredi, samedi au plus tard, je te reverrai, je compte les heures. (…) Nous aurons du temps, je m’arrangerai d’avance pour être bien libre. Je t’apporterai Novembre; je te le lirai à l’hôtel un soir, tout seuls. Un autre jour tu me liras ton drame. J’irai au spectacle si tu veux, je ferai ce que tu voudras.
Il fait froid. Mes gazons sont tout poudrés à blanc, les arbres des îles sont noirs, ma pensée frileuse s’en va toujours de ces lieux et vole vers toi pour s’y réchauffer dans ton souvenir. Je vois toujours ta tête animée se détachant sur le fond rouge des rideaux, je sens tes papillotes légères sur ma poitrine et toute la douceur de ta peau qui m’embrase le corps. (…) Il me semble que l’amour doit résister à tout, à l’absence, au malheur, à l’infidélité même, à l’oubli. C’est quelque chose d’intime qui est en nous, et au-dessus de nous tout à la fois. Quelque chose d’indépendant de l’extérieur et des accidents de la vie. – Nous aurons beau faire, nous serons toujours l’un à l’autre. Quand nous nous fâcherions, nous reviendrions toujours l’un vers l’autre, comme des fleuves qui rentrent dans leur lit naturel. On ne peut se soustraire à la fatalité de son coeur. Tu es à moi, je suis à toi. Qu’on en souffre ou qu’on en jouisse, il le faut. Cela est.
Adieu, adieu toi que j’aime. (…) Tu m’as dit que je t’avais appris des voluptés nouvelles. Tant mieux, je voudrais t’en donner encore d’autres. T’en accabler, t’en faire mourir. Adieu, adieu.
Le presse-papier que je t’ai donné a longtemps servi à ma soeur. Elle l’avait gagné à une loterie d’un couvent d’orphelines dont ma mère était dame patronnesse. Elle me l’avait donné il y a 6 ou 7 ans.
(Flaubert, Correspondance. Pléiade, I, p.405-407, notes p.1019). Estimation: 5 000/ 6 000 euros.
N° 37 – Sous cadre – George SAND (1804-1876) - L.A.S., 23 février 1864, mardi soir; une page in-12. Adressée: «Chers enfants,» et donnant 2 places pour la seconde [souligné] représentation: «Vous me serez bien plus utiles à la seconde. C’est le jour où les ennemis sont plus hargneux.» Estimation: 400/ 600 euros.

(< François Lapèlerie)
21 mars 2018, Vente Artcurial
http://issuu.com/artcurialbpt/docs/3254?e=6268161/12789934
Lot 94. Maurice Sand, «Monstres grotesques: études pour La Tentation de saint Antoine», 1872. Estimation: 1.500-2.000 euros.
Flaubert remercie Sand pour ce dessin envoyé par son fils: «J’ai reçu les dessins fantastiques. – qui m’ont diverti. Peut-être y a-t-il un symbole profond caché dans le dessin de Maurice? mais je ne l’ai pas découvert… rêverie! Il y a deux très jolis monstres: 1°un foetus en forme de ballon & à quatre pattes 2°une tête de mort emmanchée à un ver intestinal» (lettre du 3 mars 1872).
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=11929

[BULLETIN FLAUBERT n° 194 / 12 janvier 2018]

(< Olivier Leroy)
Librairie Le Feu Follet (Edition-Originale.com)
Salammbô, Michel Lévy, 1863, édition originale.
https://www.edition-originale.com/fr/litterature/editions-originales/flaubert-salammbo-1863-49387
Reliure en demi chagrin bleu marine, dos lisse légèrement foncé sans gravité orné de triples filets dorés, plats de papier marbré, tranches mouchetées, reliure de l’époque.
Envoi autographe signé de Gustave Flaubert au jurisconsulte et homme politique rouennais F[rédéric] Deschamps: «hommage de la plus haute considération, souvenirs d’amitié».
Frédéric Deschamps est «une des lumières du barreau rouennais et l’un des citoyens les plus estimés de la Normandie» (Biographie nationale des contemporains, Glaeser, 1878). Également républicain engagé aux côtés de Jules Senard, mais aussi écrivain et poète, il défendra contre la mairie de Rouen la proposition de Flaubert d’édifier une statue en hommage à Louis Bouilhet. Une partie de la correspondance entre Gustave Flaubert et Frédéric Deschamps est conservée à l’Institut de France. Précieux exemplaire en reliure d’époque enrichi d’un amical envoi autographe signé de l’auteur à l’un des membres du cénacle rouennais. 15.000 euros.

Autre exemplaire du même roman:
https://www.edition-originale.com/fr/litterature/editions-originales/flaubert-salammbo-1863-40674
Reliure en demi-chagrin sapin, dos à cinq nerfs, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, ex-libris encollé sur une garde, reliure de l’époque.
Quelques légères rousseurs sans gravité.
Rare envoi autographe signé de Gustave Flaubert à (Louis) de Carné, journaliste et historien dont Flaubert possédait plusieurs ouvrages référencés dans l’inventaire de sa bibliothèque.
L’intérêt que portait Flaubert à l’oeuvre de Carné n’était toutefois pas toujours bienveillant. On retrouve en effet des notes critiques sur ses articles dans les dossiers de Bouvard et Pécuchet. D’autre part, la parution de Salammbô coïncide avec l’élection controversée de Louis de Carné à l’Académie française, qualifiée de coup d’état clérical par une partie de l’opinion publique. Elle était en effet le résultat de la fronde organisée par Mgr Dupanloup contre l’autre candidat, Émile Littré, auteur d’une définition matérialiste de l’homme qui déchaîna la fureur des partis religieux et orléanistes. Flaubert évoque le scandale de cette élection dans une lettre aux Goncourt du 6 mai 1863: «Avez-vous suffisamment vitupéré Sainte-Beuve et engueulé l’Académie à propos de la nomination Carné?»
Bien qu’il précède sans doute légèrement cette élection, cet envoi de Flaubert à Carné est un curieux hommage d’un écrivain accusé naguère d’«offenses à la morale publique et à la religion» à un futur représentant du pouvoir religieux au sein même de la prestigieuse Académie.
Précieux exemplaire comportant un envoi autographe et agréablement établi en reliure de l’époque. 15.000 euros.

Gustave Flaubert, Madame Bovary, Michel Lévy frères, Paris 1857, 2 volumes reliés en 1.
https://www.edition-originale.com/fr/litterature/editions-originales/flaubert-madame-bovary-1857-46560
Édition originale. Reliure en plein chagrin aubergine, dos à quatre fins nerfs sertis de filets dorés et orné de triples caissons à froid, roulettes à froid sur les coiffes et les coupes, encadrement de quintuples filets dorés et d’un large filet à froid sur les plats, dentelle dorée en encadrement des contreplats, gardes et contreplats de soie moirée crème, légères rousseurs sans gravité sur les contreplats et les gardes, toutes tranches dorées, ex-libris encollé sur un contreplat, une mouillure claire sans gravité en pied des premiers feuillets de l’ouvrage, élégante reliure de l’époque (ce qui se rencontre peu selon Clouzot).
Très rare envoi autographe signé de Gustave Flaubert à Alfred Guérard, proche ami de Louis Bouilhet à qui est dédié l’ouvrage: «à Alf. Guérard souvenir d’amitié. Gustave Flaubert.»
Les dernières lettres du mot «amitié» et du nom de Flaubert ont été rognées par le relieur.
Les envois autographes de Flaubert sont fort rares sur Madame Bovary (cf. Clouzot).
Alfred Guérard fut avec Gustave Flaubert le plus proche ami de Louis Bouilhet. Ce grand industriel rouennais était également un ami des arts et un véritable mécène pour Bouilhet qui lui dédia plusieurs ouvrages. Flaubert, comme en témoigne sa correspondance, ne manquait pas de l’inviter à ses dîners littéraires ou artistiques. Il sera notamment en 1863 l’un des très rares auditeurs du Château des coeurs, féerie avortée qui ne connut que cette «lecture solennelle devant un aréopage» que Flaubert sélectionne parmi ses amis de la haute société: «Nous avons voulu avoir un public de bourgeois pour juger de l’effet naïf de l’oeuvre» (voir les lettres à sa nièce Caroline de décembre 1863).
Bel exemplaire comportant un envoi autographe, richement établi en reliure de l’époque. 23.000 euros.

(Gustave FLAUBERT) Amédée MÉREAUX, La poésie et son avenir: Discours prononcé par M. Amédée Méreaux en réponse au discours de M. Simonin (1865 et la poésie), Imprimerie de H. Boissel, Rouen 1865, 14,5x 23cm, broché.
https://www.edition-originale.com/fr/litterature/envois-autographes-dauteurs-manuscrits/flaubert-la-poesie-et-son-avenir-discours-1865-27525
Édition originale. Très rare exemplaire provenant de la bibliothèque de Gustave Flaubert, référencé sous le numéro 22 dans la vente de la succession de Mme Franklin Grout-Flaubert le 18 novembre 1931.
Bel envoi autographe: «À l’auteur de Mme Bovary et de Salambô [sic], Cordial hommage de son admirateur.»
Infime accroc et petite tache sans gravité affectant une tranche. Petite déchirure restaurée en pied du dos sans manque.
Célèbre compositeur et musicien, Jean-Amédée Lefroid de Méreaux (1802-1874) avait été l’élève de Reicha, puis pianiste du duc de Bordeaux, virtuose à Paris, Londres, Rouen (où il mourut) et musicographe. Lire à son sujet la belle biographie-hommage de Marmontel: «... En 1832, il exécuta plusieurs fois avec Chopin un duo de sa composition sur le Pré aux Clercs. [...] En 1835, Méreaux renonça à sa vie mouvementée de virtuose pour se fixer à Rouen, où il conquit rapidement la sympathie universelle. [...] Admis à l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, en 1858, il fut nommé président de cette Société en 1865; cet honneur très-rarement accordé à un musicien, était un double hommage rendu au caractère comme à l’érudition de l’artiste. [...] La décoration [de la Légion d’honneur] de ce savant compositeur, de cet éminent critique, de ce savant érudit, qui fut à la fois président de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen et vice-président du congrès scientifique et archéologique réuni à Rouen sous la présidence de M. de Caumont, la décoration de Méreaux, dis-je, fut accueillie avec enthousiasme dans la ville d’adoption de cet artiste distingué. Un banquet lui fut offert dans lequel prirent place des amis, des élèves d’Amédée Méreaux, des notabilités artistiques et littéraires parmi lesquelles nous citerons MM. Clogenson, conseiller honoraire, Louis Bouilhet, Gustave Flaubert, Lucien Dautresme, Charles Vervoitte. [...] Le nom d’Amédée Méreaux restera parmi ceux des maîtres dont la vie entière est un exemple et un noble enseignement» (Marmontel).
Très recherchés, les ouvrages de la bibliothèque de Flaubert sont d’une insigne rareté. 1.500 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 193 / 5 décembre 2017]

(< Éric Walbecq)
Librairie Faustroll
http://librairie-faustroll.com/
Flaubert, «Traité d’Origène: de la Prière», s.d. [circa 1870], 3 pages in folio (30x18,2cm) rédigées à l’encre sur 2ff.
Manuscrit autographe de notes préparatoires pour La Tentation de saint Antoine sur Origène, les premiers martyrs et les persécutions (St Laurent, St Cyprien, St Jacques, St Marien, St Nicéphore) et le schisme de Novatien. 2.900 euros. Lot vendu.

(< Éric Walbecq)
Vente Ader, 7 décembre 2017, expert Thierry Bodin
Lot 110. Flaubert à Henriette Collier, L.A.S., Croisset, Mardi gras [24 février 1852]; 4 pages in-8. Estimation: 2.000/ 2.500 euros.
http://www.ader-paris.fr/html/fiche.jsp?id=8244917&np=1&lng=fr&npp=150&ordre=&aff=1&r=
Belle lettre, pleine de mélancolie. C’est en 1842 que le jeune Flaubert, alors étudiant en droit, a fait la connaissance à Trouville de la famille Collier, dont les deux filles, Gertrude et Henriette, le séduisent particulièrement; il les reverra souvent à Paris, dans leur maison du Rond-Point des Champs-Élysées, et songea même un moment à épouser une de ces deux jeunes filles.
En ligne dans la correspondance électronique:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=9908  

Lot 111. Flaubert à Léon Cladel, L.A.S., [Paris] mercredi [9 mai 1877]; 2 pages in-8, enveloppe (quelques petites taches d’eau, fentes aux plis réparées, petites marques de ruban adhésif). Estimation: 1.000/ 1.200 euros.
http://www.ader-paris.fr/html/fiche.jsp?id=8244918&np=1&lng=fr&npp=150&ordre=&aff=1&r=
Lecture avant publication de Celui de la Croix-aux-Boeufs de Cladel (le 30 avril, Flaubert avait accepté de lire le manuscrit; le livre paraîtra chez Charpentier).
En ligne dans la correspondance électronique:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=12778  

(< Éric Walbecq)
Vente Geoffroy-Bequet, 7 décembre 2017, Abbaye aux Dames, Saintes
Collection Jean-Louis Debauve.
Lot 205. Flaubert, L.A.S. [à M. Hubert?]. 1p. in-8. Mardi 15 [février 1870]. Cachet de la collection Debauve.
http://www.interencheres.com/fr/meubles-objets-art/vente-ie_v106568.html/1/num/null/205
Flaubert demande à ce que M. Boulet vienne le voir chez lui car il lui est impossible de sortir. Avec un portrait gravé sur bois signé RHM. Estimation: 400/ 600 euros.
En ligne dans la correspondance électronique:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=11526&mot=&action=M

Lot 206. [Flaubert (Gustave)]. 12 lettres adressées à Gustave Flaubert. 1874-1876 et sans date. Cachet de la collection Debauve.
http://www.interencheres.com/fr/meubles-objets-art/vente-ie_v106568.html/1/num/null/206
Victor Advielle (sur La Tentation de saint Antoine, «Je suis en France la personne qui s’est le plus occupé de l’histoire de l’ordre hospitalier de St-Antoine…»), Claude Girard (3, lui demandant des lettres de George Sand), Raymond Lebel (artiste dramatique lui demandant une aide financière), Pohl (ancien régisseur des théâtres, lui demandant une aide, «la misère a amené la faim»), Gerleaux (artiste dramatique rouennais, «j’en suis arrivé à avoir faim trois jours sur quatre…»), 2 poèmes dédiés à Gustave Flaubert par Louise Boyer et Jules Caylus, et une longue lettre anonyme de 12 pages. «Tandis que les partisans de Victor Hugo célèbrent en choeur la plus belle oeuvre des temps modernes, à Bruxelles dans un banquet triomphal, la loterie Lamartine à cinq sous le billet, se continue. Elle a beaucoup de succès parmi les domestiques. Triste, lamentable spectacle! […]». Ainsi qu’une longue et curieuse lettre d’un certain J. Schwab lui soumettant son projet d’écriture d’un pendant de Madame Bovary. «Vous avez certainement dû songer à écrire la contrepartie de Madame Bovary? L’histoire d’un jeune homme, Monsieur*** serait, je crois, intéressante à faire […]. J’ai bien songé à M. Alex. Dumas, mais, outre que je ne voudrais pas me livrer à une étude critique du talent de l’auteur du Demi-monde, je crois que M. Dumas en est encore à chercher sa voie et qu’il ne comprendrait pas mon travail projeté […]». Sont joints: 1 L.A.S. de Louise Colet, 1 L.A.S. de Louis Bouilhet, 1 M.A.S. de Paul-Armand Hirsch sur Flaubert, 1 L.A.S. de Caroline Franklin-Grout et divers autres documents. Estimation: 400/ 600 euros.

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente Alde, 13 décembre 2017, Hôtel Ambassador, Paris, expert Thierry Bodin
Lot 90. Flaubert à Jules Lemaître, L.A.S., mardi 21 [octobre 1879]; 1 page in-8 très remplie. Estimation: 1.500/ 2.000 euros.
http://www.alde.fr/lot/5394310
Belle lettre inédite sur ses oeuvres, à la suite des deux études de Jules Lemaître dans la Revue politique et littéraire: «Les Romans de moeurs contemporaines« et «Les Romans de moeurs antiques« (11 et 18 octobre 1879).
Désormais en ligne dans la correspondance électronique:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=14132

Lot 91. Flaubert à Jules Lemaître, L.A.S., vendredi soir [6 février 1880]; 1 page in-8 (petites taches). Estimation: 600/ 800 euros.
http://www.alde.fr/lot/5394311
Lettre inédite invitant à Croisset son «cher confrère» [Jules Lemaître viendra à Croisset le mercredi 11 février 1880].
Désormais en ligne dans la correspondance électronique:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=14133   

Vente Aristophil, Aguttes, 20 décembre 2017, expert Thierry Bodin
Lot 42, Flaubert à Ernest Feydeau, L.A.S., [Croisset] Dimanche [21 août 1859]; 6 pages in-8 sur papier bleu. Estimation: 4.000/ 6.000 euros.
http://www.collections-aristophil.com/html/fiche.jsp?id=8262765&np=3&lng=fr&npp=20&ordre=&aff=1&r=
Belle et longue lettre pendant l’écriture de Salammbô, avec une autobiographie fantaisiste.
En ligne dans la correspondance électronique:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=10363&mot=&action=M

Lot 44. Flaubert, manuscrit autographe, «Dictature de Sylla»; 6 pages in-fol. (31 x 20 cm), avec quelques ratures et corrections, en feuilles; sous chemise dos maroquin rouge et étui. Estimation: 8.000/ 10.000 euros.
http://www.collections-aristophil.com/html/fiche.jsp?id=8262771&np=3&lng=fr&npp=20&ordre=&aff=1&r=
Manuscrit inédit sur l’histoire romaine, utilisé pour la documentation de Salammbô.
Ce manuscrit, très documenté, est, à travers le destin de Sylla, un récit de l’histoire romaine de 83 à 79 avant Jésus-Christ. Complet en soi, il provient d’un dossier de 134 pages intitulé «Histoire romaine (Duruy), tomes I-II» (vente Franklin-Grout-Flaubert, Antibes 28-30 avril 1931, n°19). En effet, Flaubert a largement utilisé ici l’ouvrage de Victor Duruy, Histoire des romains et des peuples soumis à leur domination (Hachette, 1843-1844, 2 vol.), particulièrement les chapitres XLVI «La première guerre civile» et XLVII «Dictature de Sylla».
D’après l’écriture, on peut dater ces pages vers 1845-1847; on sait qu’en 1846 Flaubert a relu l’Histoire romaine de Michelet.
Le manuscrit commence par l’évocation des «guerres civiles» de 83-82. «Quand Sylla fut [sur] les bords de l’Adriatique il envoya une lettre au Sénat où il parlait de sa tête proscrite, de ses biens confisqués, de ses amis assassinés etc. Le Sénat envoya une députation pour l’adoucir. Mais Cinna et Carbon ramassèrent les soldats par toute l’Italie. Lorsque Cinna voulut embarquer pour la Grèce l’armée réunie, il fut égorgé par ses propres soldats. Carbon resté seul consul étendit encore le droit de cité à de nouveaux peuples, et répandit les affranchis dans les trente cinq tribus. [...] Sylla passe de la Pouille dans la Calabre, il vainc Norbanus près de Capoue et pendant une trève qu’il avait demandée fait passer à lui toutes les troupes ennemies». En 82, sous le consulat du jeune Marius et de Carbon, «Sylla accourt à Rome mais pas assez à temps pour prévenir les derniers massacres du nombre desquels était celui de Mucius Scaevola. Sylla ne fit que traverser Rome pour aller en Étrurie combattre Carbon»... Etc.
«Les Proscriptions. Les premiers coups furent pour la famille de Marius. Un de ses parents
Marius Gratidianus qui venait de s’honorer dans sa préture en réprimant la falsification des monnaies fut poursuivi par Catilina qui lui creva les yeux, lui arracha la langue, les oreilles, les mains, lui rompit les bras et les jambes et lui coupa la tête enfin qu’il porta toute sanglante à Sylla [...]. La proscription dura pendant six mois [...]. Quant au nombre des morts Appien parle de 90 sénateurs, de 15 consulaires et de 2000 chevaliers [...]. Les fils et les petits fils des proscrits privés de l’héritage paternel furent déclarés indignes d’occuper jamais une charge publique. [...]
Pas un Samnite n’échappa»...
Puis Flaubert examine la Législation.
Sylla (ensemble de ses lois), de 81 à 79.
«Les deux consuls étant morts Sylla fit réunir les comices puis sortit de Rome comme pour leur laisser toute liberté. Alors il écrivit à l’interroi Valerius Flaccus qu’il pensait que la République avait besoin d’un dictateur et il s’offrit comme le plus digne. [...] Il fut solennellement proclamé que la volonté de Sylla serait la loi»... Etc. Il passe en revue les différentes lois, avant de terminer sur son abdication en 79, sa retraite dans sa maison de Cumes, sa maladie, sa mort, son cortège funèbre et son enterrement à Rome... Et il conclut: «Sylla homme du passé voulant rétablir une société morte [...] se mit lui-même au-dessus des lois [...] caractère commun à tous les acteurs de ce même rôle.»

[BULLETIN FLAUBERT n° 191 / 19 octobre 2017]

(< Marlo Johnston)
Les Autographes des siècles
http://www.autographes-des-siecles.com/produit/gustave-flaubert-proces-de-madame-bovary-1857/
Flaubert, Lettre autographe signée à un ami.
Une page in-8° sur papier bleu. [Paris,] vendredi matin [23 janvier 1857]. Lettre inédite.
«Ils me condamneront je n’en doute pas.»
Lettre de Flaubert annonçant sa comparution en police correctionnelle pour son premier ouvrage, Madame Bovary.
«Mon cher ami, J’ai à vous annoncer que je passe demain à 10 h. du matin en police correctionnelle, 6e chambre. Je n’espère rien – pas même la remise des débats car Me Senart ne peut plaider pour moi demain. On passera peut-être par là dessus? puisqu’on m’a poursuivi à travers tout et malgré tous. Je voulais vous offrir un volume. Ces MM. du parquet m’en empêchent – ils me condamneront je n’en doute pas. Voilà une manière de protéger la littérature – violente!»

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
18 octobre 2017, vente Pierre Bergé & Associés
Lot 149. Flaubert, Hérodias. Préface par Anatole France. ‒ Un coeur simple. Préface par A. de Claye. ‒ La Légende de saint Julien l’Hospitalier. Préface par Marcel Schwob. Paris: Librairie des amateurs, A. Ferroud, 1892-1894-1895. ‒ 3 ouvrages in-8, 245 x 155. Maroquin rouge, plats ornés d’un encadrement doré composé de quatre larges rectangles de sept filets dorés s’entrecroisant aux angles, dos à nerfs orné dans le même esprit, quintuple filet doré intérieur, tranches dorées, couverture et dos conservés (M. Lortic).
Le volume d’Hérodias a été enrichi d’un manuscrit autographe de Flaubert de 2 pages in-folio. Non signé, il s’agit de notes historiques qu’il a prises concernant le «Démembrement de l’empire carlovingien». Au verso figure le cachet de vente Flaubert. Estimation 2.000-3.000 euros.
Catalogue en ligne.

(< Éric Walbecq)
Vente Sotheby’s France, 30 octobre 2017
Lot 54. Flaubert, lettre à Louise Colet, [octobre 1847]. Estimation: 5.000/ 7.000 euros.
http://www.sothebys.com/pdf/2017/PF1713/index.html
[Corr, éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.I, p.474.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 190 / 21 septembre 2017]

(< Éric Walbecq)
Catalogue Arts et Autographes, n°81, 2017
http://autographe.com/pdf/autographes-manuscrits-81.pdf
29738 Gustave Flaubert. Lettre autographe signée, adressée à Émile Laporte. «Jeudi soir, minuit» [1878]; 1 page in-8°. Lettre qu’il signe «Aulus», personnage d’Hérodias. Cachet de la collection Émile Laporte. «Mon Vieux Solide, ma nièce vous invite à dîner pour dimanche prochain. Nous serons seuls (Commanville sera ce jour là à Dieppe) […]. Je suis revenu de Paris, tantôt à 4 heures. Mme Pelouze [propriétaire du château de Chenonceau] va s’occuper de trouver des souscriptions sur les bords de la Loire. […] Comment vous en retournerez-vous? S’il vous gênait de venir dîner, venez déjeuner, mais par ces chaleurs, dîner est plus agréable. Je re-suis dans B[ouvard] & P[écuchet].» 3 000 euros.

29739 [Gustave Flaubert] Réunion de 9 lettres autographes signées d’écrivains et adressées à Gustave Flaubert de 1859 à 1879; montées sur papier vergé en un volume petit in-4, reliure janséniste maroquin vert, dos à nerfs (un peu passé), filets intérieurs dorés (Yseux de Thierry-Simier). ‒ SAINTE-BEUVE Charles-Augustin. «Vous revenez donc, et avec le titre de Punique j’espère; Carthage est prise et rendue, n’est-ce pas» (15 février 1862; à propos de Salammbô). ‒ BAUDRY Frédéric. Il donne maints renseignements sur les «Donatistes» sous l’empereur Constantin. Documentation pour La Tentation de saint Antoine (2 pages in-8, sans date). ‒ MICHELET Jules. «Vous nous avez promis, n’est-ce-pas, de venir dîner jeudi 25.» Il le confirme et demande réponse (17 février 1863). ‒ DU CAMP Maxime. «Dans le cas où tu pourrais l’utiliser encore dans ton roman [L’Éducation sentimentale] je t’envoie le mot de passe dont se servaient les Bonapartistes insurgés pendant les journées de février 1848: Arrosez le peuplier» (19 mai 1869). ‒ BOUILHET Louis. ll a terminé sa pièce [L’Honneur d’une femme, titre provisoire de Dolorès] et va venir la lire à Tisserant et à Laroumat (adresse au verso avec timbre et cachets; 10 décembre 1872). ‒ GONCOURT Edmond de. Il donne rendez-vous chez la princesse Mathilde lundi (septembre 1879). ‒ DUMAS fils Alexandre. Il retrouvera Flaubert à Bruxelles (sans date). ‒ ABOUT Edmond. Il souhaite dîner avec Flaubert avant son départ pour l’Alsace (sans date). ‒ BANVILLE Théodore de. Il a la goutte et déménage. Les deux maisons sont «pleines de charretées de livres» (2 janvier 1875). Relié en tête le beau portrait de Flaubert finement gravé sur cuivre d’après le dessin de Caroline Commanville, sa nièce. (Provenance: bibliothèque du colonel Daniel Sickles, cat., XV, 1993, n° 6353.) 3 000 euros.

Jean-Baptiste de Proyart, catalogue n°9, 2017
http://www.deproyart.com
103. Gustave Flaubert, OEuvres complètes, Paris, Quentin, 1885. 8 volumes.
Exemplaire ayant appartenu à Henry James, avec sa signature autographe et son adresse à Londres. 18.000 euros.

Librairie de l’Abbaye, catalogue n°362, [2017]
46. Gustave Flaubert, lettre à «Mon cher ami» [Émile Augier ou Paul de Saint-Victor?], s.l.n.d., lettre inédite.
«…Voulez-vous que nous allions ensemble chez Me de Grigneuseville, samedi prochain à 8h.1/2 du soir. J'irai vous chercher au théâtre. Si vous ne pouviez samedi, ce serait pour dimanche. Mais je préfère samedi. Et si vous me promettez serez-vous exact?» 4.400 euros.
https://s3-eu-west-1.amazonaws.com/sc-files.pjms.fr/p/pjms/578/000/094/712/CATALOGUE%20362_3.pdf

Catalogue Les Autographes, Thierry Bodin, n°146, septembre 2017
113. Flaubert, lettre à Ernest Chevalier, [20 juillet 1842], 10.000 euros.
[Corr., édition Jean Bruneau, Bibliothèque de la Pléiade, t.I, p.116-117, incomplète, et datée [22 juillet 1842.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 189 / 15 juin 2017]

Ventes passées
(< Stéphanie Dord-Crouslé)
8 juin 2017, Alde, 75009 Paris.
Lot 104. Flaubert (Gustave), Manuscrit autographe, «De la différence entre le régime municipal romain et celui du Moyen-Âge», 2 pages petit in-4.
Travail historique de jeunesse. «Erreur occasionnée par l’immobilité des noms ex: le mot république. République romaine république des États-Unis sont différentes. Les villes du Moyen Âge se sont formées par travail ou par insurrection. Les villes de l’antiquité se sont formées par la conquête. Elles ont successivement envahi à main armée le territoire environnant. De plus le prêtre et le magistrat étaient confondus. Autorité du père de famille. Au M. Âge la séparation des fonctions civiles et des fonctions religieuses est complète. La puissance paternelle est moins grande à la majorité. Le fils est entièrement libre. Il n’y a pas d’esclavage domestique. C’est par des ouvriers des hommes libres que les bourgeois les plus riches sont entourés et servis. L’esprit aristocratique dominait dans les municipalités romaines, l’esprit démocratique dans les communes. Dans les municipalités romaines les magistrats étaient élus par un sénat. Dans les communes, par le peuple»… Etc. Estimation: 1.200/ 1.500 euros.

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Jacques-Remi Dahan)
14 Juin 2017, Artcurial, 75008 Paris
Lot 29. Gustave Flaubert, lettre autographe signée à Philippe Leparfait, Paris, 19 août 1869. 1p. sur un double feuillet in-12.
Philippe Leparfait est le fils naturel de Philippe de Chennevières et de Léonie Leparfait, compagne de Louis Bouilhet, qui éleva cet enfant comme son propre fils.
«Les feuilletons qui contiennent Le Coeur à droite sont dans une vieille couverture de livre, rouge. C’est Delattre lui-même qui vient de me donner ce renseignement. Tâche de retrouver cela & de me l’expédier promptement. Delattre fera cet hiver une conférence sur B. ‒ Bonne préparation au succès d’Aïssé. Mais il a d’autres idées que j’approuve moins. […] Adieu mon cher enfant, je t’embrasse.»
Louis Bouilhet était mort quelques semaines plus tôt. C’est Gustave Flaubert qui fit représenter pour la première fois Mademoiselle Aïssé, le drame de son grand ami, en janvier 1872. Quelques rousseurs. Traces de ruban adhésif au verso du double feuillet. Estimation: 1.800/ 2.000 euros.
[Correspondance, éd. Jean Bruneau, Bibliothèque de la Pléiade, t.IV, 1997, p.92.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 188 / 17 mai 2017]

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Éric Walbecq)
Vente Tajan, 17 mai 2017
Lot n°83. Gustave Flaubert. L.A.S. à Louise Colet. S.l.n.d. [janvier 1847]. 4p. in-4.
Très belle lettre d’amour. «Ta lettre de ce matin (j’en ai reçu deux à la fois, une de jeudi et une d’hier; je parle de celle d’hier) aurait amolli des tigres et je ne suis pas un tigre, va ! Je suis un pauvre homme bien simple et bien facile et bien homme, “tout ondoyant et divers”, cousu de pièces et de morceaux, plein de contradictoires et d’absurdités. Si tu ne comprends rien à moi, je n’y comprends pas beaucoup plus moi-même. Tout cela est trop long à expliquer et trop ennuyeux; mais revenons à nous. […]. Puisque tu m’aimes, je t’aime toujours; j’aime ton bon coeur si ardent et si vif, ton coeur si vibrant, dont la mélopée intérieure se module tour à tour en sanglots tendres et en cris déchirants. Je ne le croyais pas tel qu’il est. Chaque jour tu m’étonnes, et je finis par croire que je suis bête, car j’éprouve des ébahissements singuliers à voir ces trésors de passion, mine d’or que tu m’ouvres pour ma contemplation solitaire [...]. Et moi aussi je t’aime. Lis-le donc ce mot dont tu es avide et que je répète pourtant à chaque ligne. Mais chacun, tu sais, pense, jouit, aime, vit enfin selon sa nature. Nous n’avons tous qu’une cage plus ou moins grande, où toute notre âme se meut et se tourne; tout cela est une affaire de proportion. [...]. Mais peut-être as-tu raison, je suis froid, vieux, blasé, plein de caprices et de niaiseries, et égoïste aussi, peut-être [...]. Vivons donc ensemble, puisque tu t’y résignes [...]. Je sens que je te fais souffrir quoique je voudrais pouvoir te combler de tout.»
En 1846, Flaubert est âgé de vingt-quatre ans lorsque débute sa liaison avec Louise Colet, de dix ans son aînée. Femme de lettres mondaine et prolifique, auteur de drames, de romans, de récits de voyages et de poèmes, mariée au flûtiste Hyppolite Colet (que Flaubert affuble du sobriquet de “l’officiel” dans la correspondance), maîtresse du philosophe en vogue de l’époque Victor Cousin qui lui ouvre les portes des salons cultivés de la capitale, elle sera plus tard courtisée par d’autres écrivains célèbres tels que Musset, Vigny ou Leconte de Lisle. Estimation: 10.000 – 12.000 euros.

Lot n°85. Gustave Flaubert. L.A.S. à Mme Perrot. Jeudi soir. 1p. in-8, papier bleu. Lettre inédite.
Belle lettre d’un Flaubert attaché à perpétuer et achever l’oeuvre de son ami Louis Bouilhet, Mademoiselle Aïssé. «Voici une lettre que je vous prie de faire lire à votre ami Raoul-Duval qui rougira de honte, et il m’accusait, et vous m’accusiez ! Bref tâchez de lui faire fouiller ses paperasses. Deslandes n’est pas du tout directeur du Vaudeville et Chilly continue à l’être à l’Odéon. Aïssé me donne beaucoup de mal. Je suis exténué et agacé, considérablement.»
Mademoiselle Aïssé fut mise en scène par Flaubert après le décès de son auteur et ami Louis Bouilhet (1822-1869). Ainsi entre 1869 et 1872, Flaubert passa une grande partie de son temps à choisir les interprètes de cette pièce. Il trouva cependant le temps dans ce même intervalle de faire paraître L’Éducation sentimentale; et pour honorer la mémoire de l’auteur de Mademoiselle Aïssé, il recueillit et publia, en les préfaçant, ses Dernières Chansons. Estimation: 2.000 – 2.200 euros.

Lot n°87. Gustave Flaubert. L.A.S. à un ami. [Paris] 240 rue du faubourg St Honoré lundi 4 [février-mars 1877?]. 1p. in-8.
À propos d’un éventuel opéra d’après La Conjuration d’Amboise de Louis Bouilhet. «Je comptais sur vous pour avoir une prompte réponse de M. Vizentini [Albert Vizentini, chef d’orchestre et directeur de la Gaîté-Lyrique]. Vous m’avez oublié, ce n’est pas gentil. Je demande seulement à savoir si un compositeur quelconque a parlé à M. Vizentini de faire un opéra sur la Conjuration d’Amboise et dans l’affirmative quel est le nom & la valeur du dit musicien.»
Flaubert, fidèle à la mémoire de son ami mort en 1869, veilla autant qu’il put à lui rendre hommage, éditant ses poésies, achevant et faisant représenter une pièce de théâtre restée inédite. Estimation: 2.000 – 2.200 euros.

Lot n°88. Gustave Flaubert. L.A.S. à son cher ami (Ernest Daudet). Croisset près Rouen, mercredi 30 [octobre 1878]). 1p. in-8, avec 4 noms d’une autre main dans la marge supérieure.
À propos du Château des coeurs que le directeur du Moniteur Universel a refusé: «Dalloz n’a donc pas voulu de mon ours? Ne craignez pas de me dire! J’avale depuis qqtemps, tant de soupes amères qu’une de plus importe peu! Si vous ne voyez aucun endroit convenable pour placer avantageusement le susdit manuscrit ne vous en occupez plus! Tant pis!»
Pièce féerique en dix tableaux, écrite en collaboration avec Louis Bouilhet et Charles d’Osmoy et achevée en 1863, Le Château des coeurs ne fut jamais représenté du vivant de Flaubert qui essuya plusieurs refus avant que le texte ne soit publié en feuilleton dans la revue d’Émile Bergerat, La Vie moderne, du 24 janvier au 8 mai 1880, jour même de la mort de Flaubert. Estimation: 2.000 – 2.200 euros.

Lot n°116. George Sand. L.A.S. «Ton vieux troubadour qui t’aime» [Gustave Flaubert]. Nohant, 21 décembre [1867]. 8p. in-8, à son chiffre.
Longue lettre à Gustave Flaubert. Sand évoque d’abord vigoureusement le discours de Thiers en faveur du Pape et contre l’unité italienne [auquel Flaubert avait réagi : «Peut-on voir un plus triomphant imbécile, un croûtard plus abject, un plus étroniforme bourgeois!»] : «Enfin! voilà donc quelqu’un qui pense comme moi sur le compte de ce goujat politique. Ce ne pouvait être que toi, ami de mon coeur. Étroniformes est le mot sublime qui classe cette espèce de végétaux merdoïdes. J’ai des camarades et de bons garçons qui se prosternent devant tout symptôme d’opposition quel qu’il soit et d’où qu’il vienne et pour qui ce saltimbanque sans idées est un Dieu. Ils ont pourtant la queue basse depuis ce discours à grand orchestre. Ils commencent à trouver que c’est aller un peu loin, et peut-être est-ce un bien que, pour conquérir la royauté parlementaire, le drôle ait vidé son sac de chiffonnier, ses chats morts et ses trognons de chou devant tout le monde. Cela instruira quelques-uns. Oui, tu feras bien de disséquer cette âme en baudruche et ce talent en toile d’araignée! Malheureusement quand ton livre arrivera, il sera peut-être élagué et point dangereux, car de tels hommes ne laissent rien après eux: mais peut-être aussi sera-t-il au pouvoir. On peut s’attendre à tout.»
Dans son prochain roman [Mademoiselle Merquem], Sand exposera une croyance qu’elle adopte pour son usage et qu’elle croit bonne pour le plus grand nombre : «Je crois que l’artiste doit vivre dans sa nature le plus possible. À celui qui aime la lutte, la guerre, à celui qui aime les femmes, l’amour, au vieux qui, comme moi aime la nature, le voyage et les fleurs, les roches, les grands paysages, les enfants aussi, la famille, tout ce qui émeut, tout ce qui combat l’anémie morale. Je crois que l’art a besoin d’une palette débordante de tons doux ou violents suivant le sujet du tableau; que l’artiste est un instrument dont tout doit jouer avant qu’il ne joue des autres: mais tout cela n’est peut-être pas applicable à un esprit de la sorte, qui a beaucoup acquis et qui n’a plus qu’à digérer. Je n’insisterais que sur le point, c’est que l’être physique est nécessaire à l’être moral et que je crains pour toi un jour ou l’autre une détérioration de la santé qui te forcerait à suspendre ton travail et à le laisser refroidir.»
Sand passera le Jour de l’An avec ses enfants. «Maurice est d’une gaîté et d’une invention intarissables. Il a fait de son théâtre de marionnettes une merveille de décors, d’effets, de trucs, et les pièces qu’on joue dans cette ravissante boîte sont inouïes de fantastique. La dernière s’appelle 1870. On y voit Isidore avec Antonelli commandant les brigands de la Calabre pour reconquérir son trône et rétablir la papauté. Tout est à l’avenant; à la fin la veuve Ugénie épouse le grand Turc, seul souverain resté debout. Il est vrai que c’est un ancien démoc, et on reconnaît qu’il n’est autre que le grand tombeur masqué.» Elle parle longuement des représentations, qui durent jusqu’à 2 heures du matin, suivies d’un souper. «Moi, je m’amuse à en être éreintée [...]. Il y a, dans ces improvisations une verve et un laisser-aller splendides, et les personnages sculptés par Maurice ont l’air d’être vivants, d’une vie burlesque, à la fois réelle et impossible, cela ressemble à un rêve.»
Puis Sand fait des portraits affectueux et animés de sa belle-fille Lina, enceinte et de sa petite-fille Aurore: «Mais comme je bavarde avec toi! Est-ce que tout ça t’amuse? Je le voudrais, pour qu’une lettre de causerie te remplaçât un de nos soupers, que je regrette aussi, moi, et qui seraient si bons ici avec toi, si tu n’étais un cul de plomb qui ne te laisses pas entraîner à la vie pour la vie. – Ah! quand on est en vacances, comme le travail, la logique, la raison semblent d’étranges balançoires!» Elle évoque pour finir la «charmante» Juliette Lamber [Juliette Adam]; la neige et le froid: «Nous ne sortons guère, et mon chien lui-même ne veut pas aller pisser. Ce n’est pas le personnage le moins épatant de la société. Quand on l’appelle Badinguet, il se couche par terre honteux et désespéré, et boude toute la soirée.» Estimation: 4.000 – 5.000 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 187 / 7 avril 2017]

Vente passée
(< Stéphanie Dord-Crouslé, Éric Walbecq)
Vente Goxe, Belaisch, hôtel des ventes d’Enghien, 30 mars 2017
http://www.enghien-svv.com/html/fiche.jsp?id=6975134&np=1&lng=fr&npp=10000&ordre=1&aff=1&r=
Lot n°232. [Édition L. Conard]. - [Gustave Flaubert]. Manuscrits. Circa 1911 et 1920. Série de 4 manuscrits de 75-70-64-80 ff. divers format in-8, in-4 et in-folio, copeaux, ratures et corrections. Ensemble des épreuves de la correspondance de Gustave Flaubert qui fut mise en ordre et publiée par l’éditeur-libraire Louis Conard (1867-1944), avec une importante partie inédite. Comprend: la correspondance à Louise Colet et Mlle Bosquet, une partie de la 3e série de la correspondance entre 1854-1869, Pensées de Flaubert d’après sa correspondance (80ff.), plusieurs notes et critiques littéraires sur diverses oeuvres de Flaubert dont Salammbô et Trois contes (reprenant l’article de Paul Donzère), épreuves (fragments) concernant la correspondance de Flaubert à Sainte-Beuve, Maxime du Camp et George Sand, d’après Charpentier (12-9-5pp. in-12). Joint une photographie du portrait de Flaubert et 36 tirages (à conserver ou à retirer) et leurs épreuves imprimées (64ff.), de divers manuscrits de Flaubert dont Un coeur simple, La Tentation de saint Antoine, Madame Bovary, caricatures, etc. Joint une correspondance à Louis Conard: – 2 lettres de Le Roy, conservateur du Pavillon et musée Flaubert de Croisset, concernant les droits de la publication de certaines lettres de Flaubert, dont celles adressées à Zola (3pp. 1/2 in-8), – lettre, carte et manuscrit de Charles Guignebert adressant une introduction sur La Tentation de saint Antoine (3pp. in-8 et 2pp. sur carte in-16), – 2 lettres de René Descharmes à propos d’une critique de Trois contes (6p. in-12). Estimation: 300-400 euros.

(< Atsuko Ogane)
12 avril 2017, Vente Auction Art Rémy Le Fur & Associés
LOT 288
Flaubert, Gustave: Lettre à la municipalité de Rouen au sujet d’un vote concernant Louis Bouilhet. Paris, Michel Lévy frères, 1872. In-8, bradel demi-chagrin. Édition originale de cette défense d’un projet de fontaine à Rouen, avec le buste de Louis Bouilhet. Estimation: 80-100 euros.

(< Atsuko Ogane, Stéphanie Dord-Crouslé, Éric Walbecq, François Lapèlerie)
Mercredi 26 avril 2017, Vente Pierre Bergé & Associés et Sotheby’s.
Livres & manuscrits choisis du XVe au XXe siècles, de la Bibliothèque de Jean A. Bonna
http://www.pba-auctions.com/html/index.jsp?id=81188&lng=fr&npp=150
151. Lettre adressée à Louise Colet, [Croisset, 26-27 avril 1853].
152. Lettre adressée à Louise Colet, [Croisset, 2 juin 1853].
153. Projet de préface au Mémoire en défense de Madame Bovary. Sans lieu ni date [janvier 1857]. Transcription sur le site Flaubert:
http://flaubert.univ-rouen.fr/ressources/mb_note_defense.php
154. Lettre adressée à un ami, [Paris, 23 janvier 1857].
155. Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy, 1857.
2 tomes en 1 volume in-12. Envoi autographe signé: «à mon ami Mr Dainez mon ancien professeur de mathématiques le plus dévoué et le plus âne de ses élèves Gve Flaubert»
156. Un repas de noces. Lettre d’Hyppolochus à Lincée [vers 1857]. Manuscrit autographe, 3 pages in-folio.
157. Lettre adressée à Eugène Crépet, [mars-avril 1857].
158. Lettre adressée à la vicomtesse Lepic, 17 [octobre 1874].
159. Lettre adressée à Edmond Laporte, [novembre 1877].
160. Lettre adressée à Alphonse Lemerre. 14 novembre [1878].
161. Novembre, illustré de vingt et une eaux-fortes et pointes sèches gravées par Edgar Chahine. Paris, Devambez, 1928.
270. Lettre de George Sand adressée à Gustave Flaubert, 26 juillet [1870].

(< Jacques-Remi Dahan)
Catalogue Pierre Saunier, Voyage à l’île de Vazivoir, [mars 2017]
102. Gustave Flaubert, Madame Bovary, Michel Lévy, 1857. EO. Exemplaire sur grand papier. Envoi: «à mon cher ami le peintre Gleyre, l’auteur Gve Flaubert». 25.000 euros.
http://flaubert.univ-rouen.fr/bulletin/ventes/saulnier_2017_gleyre.pdf

Catalogue Les Neuf Muses, Alain Nicolas, «Paroles» [avril 2017]
92. Manuscrit préparatoire pour un épisode de L’Éducation sentimentale (vers 1865)
Texte de Johanny Maisiat, peintre et professeur de dessin de Caroline, nièce de Flaubert, pour le portrait de Rosanette par Pellerin, avec des annotations de la main de Flaubert.
Notice du catalogue Les Neuf Muses, Alain Nicolas, «Paroles» [avril 2017]:
http://flaubert.univ-rouen.fr/ressources/es_maisiat_2017.pdf
Manuscrit complet et transcription linéaire de Pierre Gheno. Mise en forme diplomatique par Yvan Leclerc, Stéphanie Dord-Crouslé et Éric Le Calvez:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/outils/aff_manus.php?g=23

93. Lettre autographe signée, probablement à Frédéric Baudry, [17 février 1874], sur la parution de La Tentation de saint Antoine et la première du Candidat. 1.200 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.IV, p.767. Datée [10 février 1874] dans l’édition de la Pléiade, Jean Bruneau n’ayant pas vu l’autographe.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 186 / 8 mars 2017]

(< Éric Walbecq)
Vente Roumet, vente sur offre
https://www.roumethp.fr/index.php?list=1&mag=hp&type=vso&venteno=vo55&chap=-1&surchap=AUTOGRAPHES+ET+DOCUMENTS+HISTORIQUES
587. Gustave Flaubert. LAS datée de «Croisset vendredi» à «Mon cher Paul». 1p. in-8°. «J’aurais besoin pour la fin de la semaine prochaine d’un paletot douillet en mérinos noir – bien souple – comme d’habitude. Pas de poche de côté extérieurement. Je compte sur vous et vous serre les mains.» En PS: «Où trouverais-je un domino propre (et même très propre pour la soirée du ministère d’État le 26 courant?» Prix de départ: 1.500 euros.

(< Éric Walbecq)
Catalogue Arts et Autographes, Jean-Emmanuel Raux, Catalogue 80, mars 2017
http://autographe.com/fiche-autographe2014.php?REFERENCE=29393
Lettre autographe signée, adressée à Louise Colet. Croisset, 26 juillet [1851]; 3 pages in-8°.
«Je vous écris parce que “mon coeur me porte à vous dire quelque bonne parole”. Pauvre amie, si je pouvais vous rendre heureuse, je le ferais avec joie; ce ne serait que justice. L’idée que je vous ai tant fait souffrir m’est à charge. Ne le comprenez-vous pas? Mais cela ne dépend (et tout le reste n’a dépendu) ni de moi, ni de vous, mais des choses mêmes.
Vous m’avez dû l’autre jour à Rouen, trouver bien froid. Je l’ai été le moins possible pourtant. J’ai fait tous mes efforts pour être bon. Tendre, non. C’eût été une hypocrisie infâme, et comme un outrage à la vérité de votre coeur.
Lisez et ne rêvez pas. Plongez-vous dans de longues études. Il n’y a de continuellement bon que l’habitude d’un travail entêté. Il s’en dégage un opium qui engourdit l’âme. – J’ai passé par des ennuis atroces, et j’ai tournoyé dans le vide, éperdu d’embêtement. On s’en sauve à force de constance et d’orgueil; essayez.
Je voudrais que vous fussiez en tel état que nous puissions nous revoir avec calme. J’aime votre société quand elle n’est pas orageuse. Les tempêtes qui plaisent si fort dans la jeunesse ennuient dans l’âge mûr. – C’est comme l’équitation. Il fut un temps où j’aimais à aller au grand galop; maintenant je vais au pas, et la bride sur le cou. Je deviens très vieux; toute secousse me gêne, et je n’aime pas plus à sentir qu’à agir.
Vous ne me dites rien de ce qui m’intéresse le plus: vos projets. – Vous n’êtes encore fixée à rien, je le devine. – L’avis que je vous avais donné était bon. Il faut toujours, comme disait Phidias dans le temps, avoir un gigot et un aloyau.
Je vous reverrai bientôt à Paris, si vous y êtes. – (Vous deviez rester en Angleterre un mois?) Je serai à Paris à la fin de la semaine prochaine, je présume. J’irai en Angleterre vers la fin du mois d’août. Ma mère désire que je l’y accompagne. Ce dérangement m’ennuie. Enfin!... Si vous y êtes encore, j’irai vous faire une visite. Nous tâcherons d’être contents l’un de l’autre.
À Paris, je remettrai chez vous les deux manuscrits que vous m’avez confiés. – Je vous rendrai aussi, mais seulement à vous et en main propre, une médaille de bronze que j’ai acceptée jadis par faiblesse et que je ne dois pas garder. C’est la propriété de votre enfant.
Farewell. God bless you, poor child!» 
Prix: 5000 euros.

(< Atsuko Ogane)
Gros & Delettrez, vente Drouot, 15 mars 2017
178-182. Photographies de Maxime Du Camp: Le Caire, Thèbes, Syout, Ibsamboul, Nubie.
http://catalogue.drouot.com/indexDrouot.jsp?id=81325&lng=fr

(< Guillaume Cousin)
Librairie Otrante, Sélection d’ouvrages et documents, novembre 2016
http://otrante.fr/olympe.html
17. Louis Bouilhet, Mademoiselle Aïssé. Lettre autographe signée et manuscrit autographe, Rouen, 27 juillet 1868. Trois pages in-8. Deux pages in-folio.
Lettre autographe signée de l’ami de Flaubert et de Maupassant au directeur de l’Odéon, relative au dernier drame de l’auteur, Mademoiselle Aïssé. 800 euros.

18. Louis Bouilhet, Melaenis conte romain, Paris, Michel Lévy, 1857.
Premier ouvrage de Louis Bouilhet, dédié à son ami intime Gustave Flaubert.
Exemplaire enrichi d’une double lettre autographe signée, de Pascal-Désiré Mulot et Louis Bouilhet à leur ami Caudron, datée du 14 août 1857, envoyée de Mantes, où l’auteur s’installe en 1857 (lettre d’abord datée de Rouen avant rature et modification). 300 euros.

(< Jacques-Remi Dahan)
Galerie Thomas Vincent
http://www.galeriethomasvincent.fr/1043-flaubert-gustave-autographe.html
Gustave Flaubert, lettre autographe signée (incomplète), Croisset, 11 juillet 1858, à Marie-Sophie Leroyer de Chantepie, 2 pages in-8 (légère déchirure en bas de page), enveloppe autographe. Très belle lettre de Flaubert revenu de Carthage quelques mois plus tôt et en plein travail de rédaction de son futur roman Salammbô.
«Je me suis diverti dans un tas de songeries historiques et dans la méditation du livre que je vais faire. J’ai bien humé le vent, bien contemplé le ciel, les montagnes et les flots. J’en avais besoin! J’étouffais, depuis six ans que je suis revenu d’Orient.
J’ai visité à fond la campagne de Tunis et les ruines de Carthage, j’ai traversé la Régence de l’est à l’ouest pour rentrer en Algérie par la frontière de Kheff, et j’ai traversé la partie Orientale de la province de Constantine jusqu’à Philippeville, où je me suis rembarqué. J’ai toujours été seul, bien portant, à cheval, et d’humeur gaie.
Et maintenant, tout ce que j’avais fait de mon roman est à refaire; je m’étais complètement trompé. Ainsi, voilà un peu plus d’un an que cette idée m’a pris. J’y ai travaillé depuis presque sans relâche et j’en suis encore au début. C’est quelque chose de lourd à exécuter, je vous en réponds! Pour moi du moins. Il est vrai que mes prétentions ne sont pas médiocres! Je suis las des choses laides et des vilains milieux. La Bovary m’a dégoûté pour longtemps des moeurs bourgeoises. Je vais, pendant quelques années peut-être, vivre dans un sujet splendide et loin du monde moderne dont j’ai plein le dos. Ce que j’entreprends est insensé et n’aura aucun succès dans le public. N’importe! Il faut écrire pour soi, avant tout. C’est la seule chance de faire beau.
Vous devriez (si aucun sujet ne vous vient) écrire vos mémoires. Nous reparlerons de cela. Il me semble que dans une de mes dernières lettres je vous avais indiqué plusieurs lectures. Les avez-vous faites?
Adieu, à bientôt. Je vous serre les mains bien cordialement et je vous baise au front.
Gustave Flaubert».
En septembre 1857, Flaubert avait entamé la rédaction de Salammbô, roman historique qui évoque la Guerre des Mercenaires à Carthage, conflit s’étant déroulé entre les première et seconde guerres puniques. Pour cela, il voyage au cours des mois d’avril et juin 1858 en Tunisie afin de se documenter et de voir Carthage (le roman paraîtra en 1862).
Marie-Sophie Leroyer de Chantepie (1800-1888) fut une écrivaine française. Elle fut, aux côtés de George Sand et de Louise Colet, une des principales correspondantes de Gustave Flaubert. Lettre vendue.

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Atsuko Ogane)
Vente Beaussant Lefèvre, Drouot, 21 mars 2017
56. Gustave Flaubert, lettre autographe signée «ton vieux» [à Guy de Maupassant]. [Croisset], «vendredi, 2h.» [13 février 1880]. 3p. in-8.
Superbe lettre évoquant l’écriture de Bouvard et Pécuchet, un procès de Maupassant pour vers obscènes, Nana de Zola, et la correspondance de George Sand. 3000-4000 euros.
http://www.beaussant-lefevre.com/flash/index.jsp?id=81583&idCp=92&lng=

Catalogue Laurent Coulet, n°64, 2017
http://www.laurentcoulet.com/
35. Contrat manuscrit signé par Caroline Commanville et passé entre cette dernière et l’éditeur Ferroud pour une nouvelle édition de Trois contes, une page et demie in-4 datée du 8 avril 1891. 750 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 185 / 9 février 2017]

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente Binoche et Giquello, 8 février 2017
http://www.binoche-renaud-giquello.com/html/fiche.jsp?id=6749843&np=1&lng=fr&npp=150&ordre=&aff=1&r=
Lot 74. Flaubert (Gustave) (1821-1880) - Colet (Louise) poétesse et amie de Flaubert (1810-1876) – Bouilhet
Flaubert: Lettre autographe signée à une dame, Croisset (sans date) 1p. in-8, papier fatigué aux pliures: «Me Wyneken me charge de vous demander 1- si elle peut compter sur son appartement ordinaire... 2- elle espère que malgré l’exposition vous la recevrez aux mêmes conditions, ayant égard à une ancienne habituée...»
Colet: Correspondance de 23 lettres autographes signées à diverses personnes dont une à Victor Hugo (1875), généralement non datées sauf 2 lettres: 1851 et 1873, joint un sonnet et deux dédicaces. La plupart des lettres sont relatives à des demandes d’insertion de ses vers, de ses feuilletons ou de ses manuscrits dans des journaux, des remerciements pour leurs publications; des corrections d’épreuves...; à Victor Hugo: «En me félicitant d’avoir pu vous toucher la main cher Victor Hugo je viens vous rappeler votre bonne promesse... pardonnez-moi de vous déranger, ne fût-ce qu’un moment, de quelque oeuvre exquise...» À la célèbre féministe Eugénie Niboyet: elle demande de faire paraître l’article sur le concours dans la Thémis, la Revue des théâtres, le Ménestrel et de lui renvoyer ses manuscrits de poésie après leur parution; elle envoie une note à paraître pour la 4e édition de Lui, roman contemporain; 1851: elle demande à recevoir de nouveau la Presse promise par M. de Girardin. Elle travaille à un ouvrage pour ce journal; elle adresse des vers pour une dame russe: «mais je doute que la lecture lui soit agréable surtout si elle est admiratrice de l’empereur Nicolas...»; 28 mai (s.d.): elle espère finir son livre sur l’Italie : «j’y donne mes jours et mes nuits» et aller à l’exposition de Londres. «La vie est insupportable pour un artiste, les souffrances physiques hélas! je m’en aperçois depuis quelque temps le travail me tue...»; 1873: elle est malade et demande des explications sur le silence de son correspondant; au directeur du Pays: elle demande une place dans son journal pour la description de la villa Adriana et de Tivoli; elle espère que les 3 feuilletons ou variétés intéresseront les lecteurs etc. Dédicace des Fleurs du midi au maréchal Clausel, découpée et dédicace des Grands Jours de la République à Léopold Duras; sonnet de 14 vers : «Toi qui m’aimas trois jours avec idolâtrie...».
Bouilhet (Louis), ami de Flaubert (1855-1865) (s.d.): «Larounat sait mieux que moi quand il lui plaira de commencer mes répétitions... Ils peuvent commencer sans moi à débrouiller les choses. Et je ne veux pas quitter à moitié un acte que je tiens actuellement ce qui serait désastreux pour l’oeuvre...»; 1858 à un poète: il va lui rendre Les Cariatides de Banville, il en a discuté avec Maxime Du Camp.

(< Éric Walbecq)
Roumet, vente sur offre:
https://www.roumethp.fr/index.php
Lot 1944. Flaubert Gustave (1821-1880), écrivain. LAS datée lundi à sa «chère belle amie», Jeanne de Tourbey (Mme de Loynes), demi-mondaine qui tint un salon littéraire et politique influent sous le Second Empire et la IIIe République. Gustave Flaubert tomba fort amoureux d’elle et lui écrivit des lettres enflammées. 1p. in8°. Jolie lettre amoureuse: «Pensez-vous au nommé Rohaut. Dites-moi l’adresse de M. E. Daudet, pr que je le remercie de son volume. Et croyez bien que je vous idolâtre. Votre vieux fervent.»

Lot 1945. Flaubert Gustave (1821-1880), écrivain. Manuscrit autographe «Les recherches de la France d’Estienne Pasquier». 25 p. 1/4 in folio (32X 20cm). Le manuscrit comporte sur le dernier feuillet le cachet de la vente Flaubert d’Antibes en 1931 (lot 23). On joint une copie de cette vente. Exceptionnel manuscrit des notes de Flaubert sur l’ouvrage d’Estienne Pasquier (1529-1615), conseiller et avocat général du Roy en la Chambre des Comptes de Paris.

[BULLETIN FLAUBERT n° 184 / 12 janvier 2017]

Librairie Laurent Coulet, 166, bd Haussmann, 75008 Paris
www.laurentcoulet.com
[Gustave FLAUBERT, Trois contes]. Contrat manuscrit signé par Caroline Commanville et passé entre cette dernière et l’éditeur Ferroud pour une nouvelle édition de Trois contes.
Une page et demie in-4 datée du 8 avril 1891.
Nièce et héritière de Flaubert, Caroline Commanville cristallisa toute l’affection de l’écrivain après la mort brutale et précoce de sa sœur cadette bien-aimée, sa «chère Carolo», à la suite de ses couches, en 1846.
Document en très bon état. Traces de pliures. 750 euros.
(Ce lot n’est pas encore visible sur le site de l’expert.)

[BULLETIN FLAUBERT n° 183 / 14 décembre 2016]

(< François Lapèlerie, Éric Walbecq)
15 décembre 2016, F.L. Auction
http://www.bsf-commissaires-priseurs.com/flash/index.jsp?id=78121&idCp=253&lng=fr&npp=10000
Lot 107. Gustave Flaubert. L.A.S. (à l’imprimeur Jules Claye). Vichy, Hôtel Britannique, jeudi 21 (août 1862). 1pp. bi-feuillet in-8.
Belle lettre de l’écrivain au moment où il tentait de vendre Salammbô à l’éditeur Lacroix; Flaubert a reçu de lui deux lettres de Bruxelles, la première à Croisset, la seconde à Paris; «[...] C’est la première qui m’est parvenue. Quant à la seconde, vous pouvez la détruire ou me l’envoyer, peu importe [...].» Estimation: 2500/ 3000 euros.

Lot 108. Gustave Flaubert. L.A.S. Croisset, 24 avril. 1pp. bi-feuillet in-8.
Flaubert recommande à son ami, son neveu, «Mr de Commanville qui aurait besoin de renseignements scientifiques sur les bois de chêne. [...]». Il lui demande de lui indiquer ce qu’il pourrait lire sur le sujet, et ajoute en P.S., qu’il compte rendre très prochainement visite à son correspondant. Estimation: 2500/ 3000 euros.

Lot 109. Gustave Flaubert. L.A.S. à Mme Perrot. Jeudi soir. 1pp. in-8.
Belle lettre d’un Flaubert attaché à perpétuer et achever l’oeuvre de son ami Louis Bouilhet, Mademoiselle Aïssé. «Voici une lettre que je vous prie de faire lire à votre ami Raoul Duval qui rougira de honte, et il m’accusait, et vous m’accusiez! Bref tachez de lui faire fouiller ses paperasses. Deslandes n’est pas du tout Directeur du Vaudeville et Chilly continue à l’être à l’Odéon. Aïssé me donne beaucoup de mal. Je suis exténué et agacé, considérablement [...].»
Mademoiselle Aïssé fut mise en scène par Flaubert après le décès de son auteur et ami Louis Bouilhet (1821-1869). Ainsi entre 1869 et 1872, Flaubert passa une grande partie de son temps à choisir les interprètes de cette pièce. Il trouva cependant le temps dans ce même intervalle de faire paraître L’Éducation sentimentale; et pour honorer la mémoire de l’auteur de Mademoiselle Aïssé, il recueillit et publia, en les préfaçant, ses Dernières chansons.

Lot 219. George Sand. L.A.S. «Ton vieux troubadour qui t’aime» [Gustave Flaubert]. Nohant, 21 décembre [1867]. 8pp. in-8, à son chiffre.
Longue lettre à Gustave Flaubert. Sand évoque d’abord vigoureusement le discours de Thiers en faveur du Pape et contre l’unité italienne [auquel Flaubert avait réagi : «Peut-on voir un plus triomphant imbécile, un croûtard plus abject, un plus étroniforme bourgeois!»] : «Enfin! voilà donc quelqu’un qui pense comme moi sur le compte de ce goujat politique. Ce ne pouvait être que toi, ami de mon coeur. Étroniformes est le mot sublime qui classe cette espèce de végétaux merdoïdes. J’ai des camarades et de bons garçons qui se prosternent devant tout symptôme d’opposition quel qu’il soit et d’où qu’il vienne et pour qui ce saltimbanque sans idées est un Dieu. Ils ont pourtant la queue basse depuis ce discours à grand orchestre. Ils commencent à trouver que c’est aller un peu loin, et peut-être est-ce un bien que, pour conquérir la royauté parlementaire, le drôle ait vidé son sac de chiffonnier, ses chats morts et ses trognons de chou devant tout le monde. Cela instruira quelques-uns. Oui, tu feras bien de disséquer cette âme en baudruche et ce talent en toile d’araignée! Malheureusement quand ton livre arrivera, il sera peut-être élagué et point dangereux, car de tels hommes ne laissent rien après eux: mais peut-être aussi sera-t-il au pouvoir. On peut s’attendre à tout.»
Dans son prochain roman [Mademoiselle Merquem], Sand exposera une croyance qu’elle adopte pour son usage et qu’elle croit bonne pour le plus grand nombre : «Je crois que l’artiste doit vivre dans sa nature le plus possible. À celui qui aime la lutte, la guerre, à celui qui aime les femmes, l’amour, au vieux qui, comme moi aime la nature, le voyage et les fleurs, les roches, les grands paysages, les enfants aussi, la famille, tout ce qui émeut, tout ce qui combat l’anémie morale. Je crois que l’art a besoin d’une palette débordante de tons doux ou violents suivant le sujet du tableau; que l’artiste est un instrument dont tout doit jouer avant qu’il ne joue des autres: mais tout cela n’est peut-être pas applicable à un esprit de la sorte, qui a beaucoup acquis et qui n’a plus qu’à digérer. Je n’insisterais que sur le point, c’est que l’être physique est nécessaire à l’être moral et que je crains pour toi un jour ou l’autre une détérioration de la santé qui te forcerait à suspendre ton travail et à le laisser refroidir.»
Sand passera le Jour de l’An avec ses enfants. «Maurice est d’une gaîté et d’une invention intarissables. Il a fait de son théâtre de marionnettes une merveille de décors, d’effets, de trucs, et les pièces qu’on joue dans cette ravissante boîte sont inouïes de fantastique. La dernière s’appelle 1870. On y voit Isidore avec Antonelli commandant les brigands de la Calabre pour reconquérir son trône et rétablir la papauté. Tout est à l’avenant; à la fin la veuve Ugénie épouse le grand Turc, seul souverain resté debout. Il est vrai que c’est un ancien démoc, et on reconnaît qu’il n’est autre que le grand tombeur masqué.» Elle parle longuement des représentations, qui durent jusqu’à 2 heures du matin, suivies d’un souper. «Moi, je m’amuse à en être éreintée [...]. Il y a, dans ces improvisations une verve et un laisser-aller splendides, et les personnages sculptés par Maurice ont l’air d’être vivants, d’une vie burlesque, à la fois réelle et impossible, cela ressemble à un rêve.»
Puis Sand fait des portraits affectueux et animés de sa belle-fille Lina, enceinte et de sa petite-fille Aurore: «Mais comme je bavarde avec toi! Est-ce que tout ça t’amuse? Je le voudrais, pour qu’une lettre de causerie te remplaçât un de nos soupers, que je regrette aussi, moi, et qui seraient si bons ici avec toi, si tu n’étais un cul de plomb qui ne te laisses pas entraîner à la vie pour la vie. – Ah! quand on est en vacances, comme le travail, la logique, la raison semblent d’étranges balançoires!» Elle évoque pour finir la «charmante» Juliette Lamber [Juliette Adam]; la neige et le froid: «Nous ne sortons guère, et mon chien lui-même ne veut pas aller pisser. Ce n’est pas le personnage le moins épatant de la société. Quand on l’appelle Badinguet, il se couche par terre honteux et désespéré, et boude toute la soirée.» Estimation: 6000/ 7000 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 181 / 16 novembre 2016]

Vente de la Bibliothèque de Pierre Bergé, deuxième vente, 8-9 novembre 2016.
Résultat des ventes: lots Flaubert de 349 à 373:
http://www.pba-auctions.com/html/index.jsp?id=77453&lng=&npp=150

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente Aguttes, 15 novembre 2016
Lot 97. Flaubert, L.A.S. Paris, 19 septembre 1879. 1p. bi-feuillet in-8.
Il demande à son correspondant de lui envoyer son manuscrit: [...] Je vous promets de le lire attentivement et de vous en dire mon avis en toute franchise [...]. Il ajoute en p.s. qu’il pense rendre le manuscrit lui-même lorsqu’il se rendra à Vaudreuil d’ici la fin du mois. Estimation: 1.000/ 1.200 euros.
http://www.aguttes.com/html/fiche.jsp?id=6469666&np=1&lng=fr&npp=20&ordre=2&aff=&r=

Vente Ader, 18 novembre 2016
Lot 94. Edgar Chahine (1874-1947), Flaubert, vers 1935. Dessin à la pierre noire et à l’aquarelle, sur vélin chamois collé sur vélin crème. Signé dans le sujet. Rousseurs. 33x 24cm. Exposition: Edgar Chahine (1874-1947), un regard arménien, Espace Boullée de l’Hôtel de Ville, Issy-les-Moulineaux, 22 avril-19 juin 2015. Ce dessin figure reproduit en héliogravure en frontispice de Madame Bovary. Moeurs de province (Paris, Rombaldi, 1935). Chahine illustra aussi de 21 gravures à la pointe sèche l’oeuvre de Flaubert, Novembre (Paris, Devambez, 1928). Estimation: 400/ 500 euros.
http://www.ader-paris.fr/html/fiche.jsp?id=6522132
Portrait de Flaubert par Chahine:
http://flaubert.univ-rouen.fr/iconographie/gf_chahine.php

Vente Oger-Blanchet, 29 novembre 2016
Lot 23, Gustave Flaubert, manuscrit autographe «Les recherches de la France d’Estienne Pasquier». 25 pages 1/4 in-folio (32x 20cm), cachet de la vente Flaubert sur le dernier feuillet (Vente à Antibes en 1931, lot 23). Important manuscrit de notes de Flaubert sur l’ouvrage d’Estienne Pasquier. Estimation: 4.000 euros.
http://www.ogerblanchet.fr/html/fiche.jsp?id=6493017&np=1&lng=fr&npp=10000&ordre=1&aff=1&r=

(< François Lapèlerie)
Vente Sotheby’s, 6 décembre 2016, New York
Lot 68. Gustave Flaubert, Madame Bovary, Paris, Michel Lévy, 1857, avec envoi à Joseph Méry: «à Mr. Méry. Hommage d’un admirateur inconnu. Gve Flaubert».
«Joseph Méry (1798-1865), poète, romancier, journaliste, pamphlétaire, l’une des figures les plus attachantes de cette période et qui mériterait une étude approfondie» (Jean Bruneau, Flaubert, Corr., Bibl. de la Pléiade, t.II, p.441, n.3, p.1209). Estimation: 3,000/ 5,000 USD.
http://www.sothebys.com/en/auctions/ecatalogue/2015/fine-books-manuscripts-n09588/lot.68.html

(< Éric Walbecq)
Site Manuscripta, novembre 2016
Lettre de Flaubert à Edme Simonnet [petit-neveu de George Sand], 9 février 1870. 3.500 euros.
http://www.autographes-manuscripta.com/flaubert-gustave-lettre-autographe-signee-2/
[Corr., éd. Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, Suppl., p.1038.]

Site Roumet, vente sur offre, novembre 2016
Lot 1439. Lettre de Flaubert à «Mon cher Paul». «J'aurais besoin pour la fin de la semaine prochaine d'un paletot douillet en mérinos noir – bien souple – comme d’habitude. Pas de poche de côté extérieurement. Je compte sur vous et vous serre les mains.» En PS: «Où trouverais-je un domino propre (et même très propre pour la soirée du ministère d'Etat le 26 courant?» 1p. in8°. Inédite. Prix de départ: 1.500 euros.

Lot 1440. Lettre de Flaubert à Catulle Mendès, 25 octobre 1872. «Mon cher ami. J’ai reçu ce matin une dépêche de vous en style télégraphique m’annonçant la mort de mon pauvre Théo. Mais la dépêche était dans une enveloppe, comme une lettre, pourquoi? Donc, j’ai su l’événement au bout de trente heures. Au moment où je lisais vos deux lignes, il était déjà enterré? Que vous dirais-je? Je suis écrasé! Tant mieux pour lui, après tout! Mais nous, mais moi!... J’en ai assez! et je ne demande qu’à le suivre.» 1p. in8° (petits défauts). Inédite. Prix de départ: 1.500 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 180 / 13 octobre 2016]

La Bibliothèque de Pierre Bergé. Deuxième vente, Hôtel Drouot, 8-9 novembre 2016
http://www.pba-auctions.com/html/index.jsp?id=77453&lng=fr&npp=10000
Lots Flaubert de 349 à 373
349. Corneille, Oedipe 1659. Sans lieu ni date [Rouen, vers 1840?]. Manuscrit autographe de 16p.
350. Portrait de Gustave Flaubert. Vers 1845.
351. Par les champs et les grèves (Voyage en Bretagne). Sans lieu [Croisset, 1847] - 3 janvier 1848. Manuscrit autographe signé in-folio (328x222 mm) de (1)f. de titre et (140)ff. (soit 277 pages) montés sur onglets et numérotés par Flaubert 1 à 17, 32 à 49, 66 à 89, 103 à 128, 153 à 181, 201 à 226: maroquin janséniste vert, dos à nerfs, coupes filetées or, doublures de maroquin havane serties d’un filet doré, gardes de soie vert foncé (René Aussourd).
352. Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy Frères, 1857.
353. Madame Bovary. (Moeurs de province), Paris, Revue de Paris, 1856.
354. Madame Bovary. Moeurs de Province. Nouvelle édition. Paris, Michel Lévy frères, 1862.
355. [Notes manuscrites tirées de l’] Historia Orientalis de Hottinger. Sans lieu ni date [vers 1857-1860]. Manuscrit autographe in-folio (300x200 mm environ) de (28)ff. [soit 50 pages] montés sur onglets: cartonnage à la Bradel, dos lisse fileté or (reliure du début du XXe siècle).
356. Salammbô, Paris, Michel Lévy frères, 1863.
Exceptionnel envoi autographe signé: «au Maître! Gve Flaubert à Victor Hugo Maximo Parvus».
357. Salammbô, Paris, Michel Lévy frères, 1863.
Exemplaire enrichi de trois lettres de Flaubert relatives à l’élaboration et à la publication de l’ouvrage: à Ernest Feydeau (non datée, mais écrite à Croisset dans la seconde moitié d’octobre 1858, 3 pages et demie); à Michel Lévy (9? octobre 1862, 2 pages et demie); à l’imprimeur Claye (21 mars [1872], 2 pages), à propos des Dernières chansons de Louis Bouilhet. On a également relié dans le volume le portrait de l’auteur gravé à l’eau-forte par Champollion d’après Caroline Commanville, publié dans les Souvenirs sur Gustave Flaubert (1895).
358. Eugène Delattre, Devoirs du suffrage universel, suivi du texte de la loi électorale, Paris, Pagnerre, 1863.
Envoi autographe signé de l’auteur sur le faux titre: «A Gustave Flaubert, le plus dévoué des Salambistes hommage de son ami E. Delattre».
359. Edmond et Jules de Goncourt, Germinie Lacerteux, Paris, Charpentier, 1864.
Envoi autographe signé sur le faux titre: «à Gustave Flaubert le 1er exemplaire de ses amis Edmond et Jules».
360. Lettre adressée à Alexandre Dumas fils. Jeudi, 6h. du soir, sans date [17 février 1870].
361. L’Éducation sentimentale. Histoire d’un jeune homme, Paris, Michel Lévy frères, 1870.
Exemplaire de Jeanne de Tourbey, comtesse de Loynes (1837-1908). L’envoi occupe le recto de la première garde du tome I: «à Me J. De Tourbey Gve Flaubert offre ce livre et voudrait bien s’offrir lui-même!»
362. La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier & Cie, 1874.
Envoi autographe signé sur le faux titre: «Au Maître des Maîtres c’est à dire à Victor Hugo j’offre avec tremblement La Tentation de saint Antoine Gve Flaubert».
363. Le Candidat. Comédie en quatre actes représentée sur le théâtre du Vaudeville les 11, 12, 13 et 14 mars 1874, Paris, Charpentier et Cie, 1874.
André Maurois, qui posséda le volume, fit relier en tête une lettre et deux billets autographes signés de Gustave Flaubert se rapportant aux répétitions du Candidat; ils furent tous adressés à son ami Edmond Laporte en 1873-1874: [5 décembre 1873], [2 mars 1874], [6 mars] 1874.
364. La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier & Cie, 1874.
On a joint une lettre autographe signée de Flaubert relative à La Tentation, [23? avril 1874].
365. Jules Senard, Barreau de Paris. Discours prononcé à l’ouverture de la Conférence, le 12 décembre 1874, Paris, Typographie et lithographie Renou, Mauld et Cock, 1875.
Envoi autographe sur le faux titre: à M. Gustave Flaubert.
366. Georges Pouchet, Des changements de coloration sous l’influence des nerfs. Avec planches en couleur, Paris, Germer Baillière, 1876. Envoi autographe signé: «à Gustave Flaubert son vieil ami».
367. Ivan Tourguéniev, Terres vierges, Paris, J. Hetzel et Cie, 1876.
Exemplaire de Gustave Flaubert, comportant cet envoi autographe signé sur le faux titre:
«A G. Flaubert son vieux et fidèle ami I. Tourgueneff Paris. 1877».
368. Trois contes. Un coeur simple. La Légende de saint Julien l’Hospitalier. Hérodias,
Paris, G. Charpentier, 1877.
Envoi autographe signé sur le faux titre: «Offert à Me Sabatier Grout par son ami Gve Flaubert».
369. Huysmans, Marthe. Histoire d’une fille, avec une eau-forte impressionniste de J.-L. Forain, deuxième édition, Paris, Derveaux, 1879. Envoi autographe signé sur le premier feuillet blanc: «A Gustave Flaubert Son bien respectueusement dévoué J. K. Huÿsmans».
370. Bouvard et Pécuchet. Oeuvre posthume, Paris, Alphonse Lemerre, 1881.
Un des 10 premiers exemplaires sur papier de Chine, seul grand papier avec 55 Hollande.
371. Oeuvres complètes, Paris, Quantin, 1885.
Précieux exemplaire d’Henry James, avec sa signature autographe datée de 1886 et son adresse sur la garde du tome I.
372. Par les champs et par les grèves (Voyage en Bretagne). Accompagné de mélanges et fragments inédits, Paris, G. Charpentier et Cie, 1886. Un des 3 premiers exemplaires sur papier de Chine (n°2).
373. Caroline Commanville, Souvenirs sur Gustave Flaubert, texte et illustrations de Caroline Commanville, Paris, A. Ferroud, 1895.

14-18 octobre, Bibliothèque Tissot-Dupont, vente Piasa, 118 rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris
http://www.piasa.fr/lots/133625/future/
187. Madame Bovary. Mœurs de province, Paris, Michel Lévy, 1857.
Exemplaire sur vélin fort, avec envoi au ministre de l’instruction publique, Gustave Rouland, défenseur de Madame Bovary, édition originale. Deux parties en un volume in-12 (178 x 116mm) Exemplaire de premier tirage avec la faute Senart au lieu de Senard. Tirage: un des rares exemplaires sur vélin fort.
Envoi (à l’encre brune, sur le faux titre): «à Monsieur Rouland, hommage d’un compatriote, l’auteur, son tout dévoué, Gve Flaubert».
Reliure de l’époque. Dos à nerfs de chagrin noir, plats de papier marbré, tranches peignées. Provenance: Michel Bolloré (ex-libris) – librairie Lardanchet. Dos légèrement frotté. Envoi légèrement coupé mais exemplaire très blanc.
Gustave Rouland (1806-1878) était le ministre de l’instruction publique et des cultes au moment du procès de Madame Bovary. D’origine normande (Yvetot), ce «compatriote» de Flaubert se plaça activement du côté des défenseurs du roman. Le procès eut lieu le 29 janvier 1857. Les lettres de Flaubert à son frère Achille témoignent du soutien sans faille de Rouland à son égard: Flaubert lui rend visite le 2 janvier 1857 (lettre du 1er janvier); il reçoit «une lettre fort polie qui [l’]’invite à passer chez lui» (6 janvier); Rouland intervient auprès du Ministère de l’Intérieur (16 janvier); Flaubert suggère à son frère qu’un officier bonapartiste nommé Wall écrive à Rouland «pour que ce dernier dise un mot (en sous-main) à [s]es juges» (25 janvier). Maxime Du Camp, directeur de la Revue de Paris poursuivie pour la publication du roman, écrit à Flaubert à propos de Rouland: «je [le] sais très bienveillant pour les Rouennais» (1er janvier 1857). Nous remercions M. Yvan Leclerc pour son aide. Références: Clouzot, p.121 – Vicaire, III, p.721-723 – Carteret, I, p. 263-265 – Auguste Lambiotte, Le Livre et l’estampe, “Les exemplaires en grand papier de Madame Bovary”, 1957, n°12. Estimation: 30.000 - 50.000 euros.

188. La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier, 1874
Exemplaire de Goncourt avec un envoi de Flaubert. Exemplaire sur hollande, à toutes marges, relié par Pierson. Édition originale in-8 (252x167mm). Tirage: un des 75 exemplaires sur hollande, celui-ci numéroté 37.
Envoi: «à mon bon vieux de Goncourt. G. Flaubert».
Reliure de l’époque signée de Pierson. Percaline rouge, dos avec titre en noir, couverture et dos conservés, non rogné, témoins conservés. Provenance: Edmond de Goncourt (envoi; ex-libris avec note autographe de Goncourt; Paris, avril 1897, n°335) – Paul Voûte (ex-libris; IV, mars 1938, n°300) – Michel Bolloré (ex-libris). Décharge d’une fiche de libraire sur la page de garde.
La rédaction de La Tentation de saint Antoine occupa Flaubert durant toute sa vie d’écrivain. Les premières ébauches remontent à 1847, soit presque trente ans avec la publication du poème. C’est certainement l’oeuvre à laquelle il eut le plus de plaisir à travailler, comme il l’écrit à Louise Colet, le 6 avril 1853: «Saint Antoine ne m’a pas demandé le quart de la tension d’esprit que la Bovary me cause. C’était un déversoir; je n’ai eu que plaisir à l’écrire, et les dix-huit mois que j’ai passés à en écrire les 500 pages ont été les plus profondément voluptueuses de toute ma vie.» Il est plusieurs fois fait allusion à La Tentation de saint Antoine dans le Journal des Goncourt: «Il [Flaubert] me retient à dîner, et après dîner, il me lit de sa Tentation de saint Antoine... Flaubert, en malin qu’il est, a choisi, depuis plusieurs années, les milieux les plus colorés, les plus excentriques, les plus carthaginois, les plus épatants pour les bourgeois» (9 novembre 1871). Références: Clouzot, p.121 – Carteret, I, 269 – Vicaire III, 728. Estimation: 6.000 - 8.000 euros.

(< Éric Walbecq, Daniel Grojnowsky)
Catalogue de la Librairie Michel Bouvier, 2016
289. Flaubert, L.A.S. à Ernest Chevalier, 20 mai 1840. Lettre inédite. 25.000 euros.
[Voir Bulletin Flaubert, n°173, 12 janvier 2016.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 179 / 15 septembre 2016]

Catalogue Les Neuf Muses, Alain Nicolas, «Gauguin», [juin 2016]
Lot 56. Madame Bovary, Michel Lévy, 1857.
Édition originale sur vélin fort, grand papier en un seul volume (environ 75 exemplaires de ce tirage). Enrichi de 23 eaux-fortes: portrait de Flaubert par Ernest de Liphart, une des 30 épreuves sur hollande avant la lettre; suite des 7 planches en plusieurs états gravées par Boilvin pour l’éditeur Lemerre en 1874; portrait d’une cavalière en forêt par Alfred Gérardin (1874). 12.000 euros.
Lot 57. Lettre de George Sand à Flaubert, 27 septembre 1872. 7.000 euros.

(< Ambroise Perrin)
Manuscripta, vente sur ebay, 1er août 2016
Gustave Flaubert, lettre autographe signée à l’éditeur Alphonse Lemerre. Croisset, 31 juillet [1879]. 1 page in-8.
http://www.ebay.fr/itm/FLAUBERT-Lettre-autographe-signee-sur-Salammbo-/141853536994?hash=item21072132e2:g:OV0AAOSwhkRWb9cl
Lettre concernant la réédition de Salammbô et l’édition des poésies de Louis Bouilhet.
«…Je m’étonne de ne pas recevoir la dernière et l’avant-dernière épreuve de Salammbô – que je n’ai vues qu’une fois. D’où vient ce retard? Quand faites-vous paraître les deux volumes? Et les Poésies complètes de Bouilhet? Où en sommes-nous? Soyez assez bon de me répondre et recevez une cordiale poignée de main de votre Gus. Flaubert. Croisset, près de Rouen ».
À la mort de son ami Louis Bouilhet, le 18 juillet 1869, Flaubert perd son plus proche ami et également «son accoucheur, celui qui voyait dans ma pensée plus clairement que moi-même» écrit-il à George Sand. Il se donne comme devoir de faire connaître l’oeuvre littéraire de son ami.
[Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, p.681.]

(< Ambroise Perrin)
Le Neuvième Manuscrit, Galerie Thomas Vincent, 1er août 2016
Flaubert, Le Culte des Romains
http://www.galeriethomasvincent.fr/95-flaubert-gustave-autographe.html
3.600 euros.
Manuscrit autographe, 2 pages in-folio à l’encre noire. Notes historiques concernant le culte des anciens Romains, les Lupercales [Flaubert a écrit «Lucerpales»], le dieu Terme, les réformes de Tarquin, la constitution de Servius, les Vestales, les collèges sacerdotaux et l’organisation religieuse, etc.
Notes peut-être relatives à la préparation de Salammbô ou de La Tentation de saint Antoine.
«Importance du dieu Terme consécration religieuse de la propriété. Celui qui y portait atteinte violait les lois divines humaines.
Changements dans la religion et la constitution dans les dernières lois.
Tarquin chasse du mont Tarpéien les dieux de Numa […].
Réformes de Tarquin: formation de 100 nouvelles familles dont les chefs entrèrent dans le sénat (patres minorum gentium) […].
Les vestales seules étaient vouées à l’autel, après 30 ans elles pouvaient rentrer dans la vie civile. Les citoyens investis des fonctions sacerdotales formaient comme prêtres des collèges…»

(< Jacques-Remi Dahan)
Catalogue Bonnes feuilles, n°26, librairie Walden (Hervé & Eva Valentin), Orléans:
18328 Gustave Flaubert, Madame Bovary, Paris, Michel Lévy, 1857, 2vol. (115 x 172) de [8], [5]-232p.; [4], [233]-490p., demi-veau rouge à coins, dos lisse orné de filets dorés, tête dorée, couvertures et dos conservés, catalogue éditeur (Reliure signée de Bernasconi). 6.000 euros.
Édition originale. Exemplaire du premier tirage, avec les fautes d’impression.
Il est complet du catalogue éditeur à la fin du second volume.
Montée en tête, lettre autographe signée à Marie-Anne Detourbay, dite mademoiselle Jeanne de Tourbey et par son mariage comtesse de Loynes.
Installée par le prince Napoléon, cousin de Napoléon III, dans un appartement de la rue de l’Arcade, elle reçoit à partir de 1860 une assemblée exclusivement masculine du Tout-Paris des Lettres: Ernest Renan, Sainte-Beuve, Théophile Gautier, Lucien-Anatole Prévost-Paradol, Émile de Girardin et bientôt, par sa meilleure amie, la comédienne Joséphine Clémence d’Ennery, Gustave Flaubert, qui en tombe amoureux et lui écrit quelques lettres enflammées, à partir de 1862. Elle n’a alors pas 25 ans, et séduit l’écrivain qui chérissait ses «grâces de panthère et [son] esprit de démon». Car celle qui rêvait d’avoir «un jour, Paris à ses pieds» sut donner suite à sa prophétie en épousant Edgar de Loynes, parachevant un destin tout balzacien d’une enfant fille d’ouvrier, native de Reims ‒ elle y était rinceuse de bouteilles ‒ avant d’être une adolescente que sa beauté conduit dans un bordel de la même ville, avant de «monter à Paris» où Dumas fils la remarque et voit en elle une nouvelle Marie Duplessis. Vive d’esprit et avide d’apprendre, Sainte-Beuve se chargera, à la demande de Dumas, de parfaire son éducation. Ce sera une réussite, car l’élève est douée. Consciente, selon le mot postérieur de Caroline Otéro que «la fortune ne vient pas en dormant seule», Marie-Anne Detourbay, devenue Jeanne de Tourbey, collectionne les amants, si possible fortunés. Elle aura avec Flaubert une correspondance suivie, de près de 20 ans, l’écrivain lui envoyant toujours en 1880 des missives qu’il signait de «son vieil amoureux».
Pour l’heure, Flaubert réclame simplement des nouvelles car «je ne peux pas aller en prendre moi-même: j’ai 1° la grippe 2° un clou au milieu du visage et 3° un accablement qui ne me permet pas de marcher. Tout cela m’empêche de me précipiter à vos genoux et de baiser vos jolies mains en vous disant que je vous aime. Gustave Flaubert. Mardi matin.» Nous sommes loin ici des turpitudes des trente-cinq chapitres de Madame Bovary: un récit d’un adultère somme toute banal devenu le premier roman de l’insatisfaction, de la frustration née du désir non réalisé et de l’ennui, en un mot, le «bovarysme» ‒ terme forgé par le philosophe Jules de Gautier ‒, comme nostalgie d’un idéal inconnu et trompeur, perçu dans un imaginaire construit par les lectures. Le livre eut un retentissement énorme dans la presse et dans le public; à vrai dire, bien plus pour le procès pour outrages aux bonnes mœurs que pour ses qualités littéraires novatrices.
Très bel exemplaire, admirablement établi par Auguste Bernasconi, l’un des meilleurs praticiens suisses du XXe siècle, établi à Paris, rue de Seine puis avenue de Lowendal, jusqu’à sa retraite en 1948. «Ouvrier de grande classe, spécialiste des reliures dites romantiques, son habileté professionnelle était unanimement reconnue par ses confrères et son atelier était fréquenté par de nombreux bibliophiles» (Fléty, p.22).
Carteret, I, 263; Vicaire III, 721; En Français dans le Texte, 277; Brun, «Contribution à l’étude des différents tirages de l’édition originale de Madame Bovary», in Le Livre et l’estampe, n°39.

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente Millon, 4 octobre 2016
Lot 187. Flaubert (Gustave). L.A.S. «Gus. Flaubert» non datée non située («Jeudi 1 heure» + mention manuscrite postérieure: 20 août 1869 [Corr., t.IV, p.92]), 1p. (18 x 11 cm), encadrée sous verre avec un portrait gravé de Flaubert, à Philippe Leparfait (fils adoptif de Louis Bouilhet) concernant entre autres la pièce de Louis Bouilhet Le Coeur à droite
«Les feuilletons qui contiennent Le Coeur à droite sont dans une vieille couverture de livre, rouge. C’est Delattre lui-même qui vient de me donner ce renseignement. Tâche de retrouver cela & de me l’expédier promptement. Delattre fera cet hiver une conférence sur B. – bonne préparation au succès d’Aïssé. Mais il a d’autres idées que j’approuve moins. Je te les communiquerai. Comment se porte maintenant ta pauvre maman. Adieu mon cher enfant. Je t’embrasse.» 1.500/ 2.000 euros.
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=6280377

(< Éric Walbecq)
Roumet, Histoire postale et autographes, 52e vente sur offres, 20 septembre 2016
www.roumethp.fr
1505. Flaubert Gustave, LAS datée lundi à sa «chère belle amie», Jeanne de Tourbey (Mme de Luynes) demi-mondaine qui tint un salon littéraire et politique influent sous le second Empire et la IIIe République. Gustave Flaubert tomba fort amoureux d’elle et lui écrivit des lettres enflammées. 1p. in-8°.
Jolie lettre amoureuse: «Pensez-vous au nommé Rohant. Dites-moi l’adresse de M. Er[nest] Daudet, pr que je le remercie de son volume. Et croyez bien que je vous idolâtre. Votre vieux fervent.» Prix de départ: 1.800 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 178 / 27 juin 2016]

(< Agnès Maleville)
Catalogue Monogramme, n°XVII [2016]
Librairie Monogramme, Galerie 105, 78 avenue de Suffren, 75015 Paris
monogram.autographe@wanadoo.fr
Lot 116. Flaubert (Gustave), Lettre autographe signée de Croisset, mardi, 29 juillet [1873]. 1p. in-8.
«Eh bien? et votre bonne visite promise quand l’aurais-je? Je vous ai attendu toute la semaine dernière, cher ami. Je vous attends celle-ci. Mais à partir du 6 août je m’absente puis vers le 10 ou le 12, je serai à Paris. Venez-donc! on est mieux ici pour causer que partout ailleurs…» Prix: 1.480 euros.

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Jacques-Remi Dahan)
Vente Auction, hôtel Drouot, 1er juillet 2016.
(Dans ces deux notices, les images des lettres ont été inversées.)
Lot 98. Flaubert, L.A.S. (à l’imprimeur Jules Claye). Vichy, Hôtel Britannique, jeudi 21 (août 1862). 1p. bi-feuillet in-8.
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=6177044
Belle lettre de l’écrivain au moment où il tentait de vendre Salammbô à l’éditeur Lacroix; Flaubert a reçu de lui deux lettres de Bruxelles, la première à Croisset, la seconde à Paris; «C’est la première qui m’est parvenue. Quant à la seconde, vous pouvez la détruire ou me l’envoyer, peu importe.» Estimation: 3.000/3.500 euros.
Lot 99. Flaubert, L.A.S. (à Félix-Archimède Pouchet), Croisset, 24 avril [1871]. 1p. bi-feuillet in-8.
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=6177045
Flaubert recommande son neveu, Mr Commanville, qui aurait besoin de renseignements scientifiques sur les bois de chêne (...). Il lui demande de lui indiquer ce qu’il pourrait lire sur le sujet, et ajoute en P.S., qu’il compte rendre très prochainement visite à son correspondant. Estimation: 4.000/ 4.500 euros.

Catalogue Les Autographes, Thierry Bodin, n°143, juin 2016.
Lot 214. Gustave Flaubert. L.A.S. «Votre infirmité», [Croisset] Mardi soir novembre 1851], à Louise Colet; 2 pages et demie in-8, enveloppe. Belle lettre à sa maîtresse. «Je ne me suis jamais piqué, ma chère, d’être un homme de goût ni de jolies manières, la prétention eût été trop vaniteuse. Vous n’avez pas besoin de me le rappeler. Que votre cousine ait l’intelligence des choses du coeur, tant mieux pour elle. Je n’ai pas même, moi, celle de l’esprit. Chacun fait ce qu’il peut. Voyons, point d’aigreurs entre nous. Que diable voulez-vous que je vous écrive que vous ne sachiez aussi bien que moi. Je ne peux vous vous donner aucune nouvelle ni du monde que je ne vois pas, ni de moi, qui ne change. – & comme je trouve en outre, pareillement à vous qu’il faut garder ses douleurs pour soi sans en fatiguer les autres, et que je pense que j’ai fait un peu abus de ce chapitre vis-à-vis de vous, je n’ai donc rien de mieux à faire que de ne rien faire c’est-à-dire me taire. Si vous saviez dans quelle plate monotonie je vis, vous vous étonneriez même que je m’aperçoive encore de la différence de l’hiver à l’été & du jour à la nuit». Il aura bien des choses à lui dire la semaine prochaine lorsqu’ils se verront: «II s’accomplit en ce moment en moi quelque chose de solennel. Je suis à une époque critique. Voilà que je vais avoir trente ans. – Il faut se décider & n’y plus revenir»... Il arrivera lundi soir, passera deux soirées avec elle et repartira le lendemain: «Car je ne verrai personne à Paris. Qu’ai-je à y voir, si ce n’est vous. Adieu, mes lambeaux vous embrassent». Et il signe: «Votre infirmité». 10.000 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 177 / 19 mai 2016]

(< Michel Pierssens)
31 mai 2016, vente Sotheby’s
66. Gustave Flaubert, lettre autographe signée à Ernest Chevalier, Croisset, dimanche 6 mai [1849]. 4p. Petit in-4 (245 x 190mm). Signée «Gve Flaubert». Avec 5 lignes et une dizaine de mots biffés. Estimation: 5.000/ 7.000 euros.
http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2016/livres-manuscrits-pf1603/lot.66.html
Superbe lettre, en partie inédite, à son ami d’enfance, lui annonçant son voyage en Orient, prévu pour l’automne, en compagnie de Maxime Du Camp.
«Au mois d’octobre prochain je (n’aie pas peur de ce qui suit, ce n’est point mon mariage, mais mieux), au mois d’octobre prochain ou à la fin de 7bre je fouts [sic] le camp pour l’Égypte. […] Nous remonterons le Nil jusqu’à Thèbes, de là en Palestine ‒ puis la Syrie, Bagdad, Bassora, la Perse jusqu’à la mer Caspienne, ‒ le Caucase, la Géorgie, l’Asie Mineure par les côtes, Constantinople, et la Grèce s’il nous reste du temps et de l’argent.» Flaubert expose les raisons de son départ, sa maladie des nerfs ‒ qui ne guérira pas dans l’environnement où il vit: «Je suis si esseulé, si sombre, si enragé, si triste que je me sentais peu à peu suivre le chemin du sieur Hamard [veuf de sa soeur Caroline, décédée en 1846]. [...] J’ai besoin de prendre l’air, dans toute l’extension du mot. Ma mère voyant que cela m’était indispensable a consenti à ce voyage ‒ et voilà ‒ je ne pense qu’avec angoisse aux inquiétudes que je vais lui faire subir, mais je crois que c’est un mal pr en éviter un moins grand.» Cela fait un an qu’il pense à ce voyage, «un an à lutter contre cette passion des champs qui me dévorait, si bien que j’en ai fort maigri».
Flaubert déplore que son ami doive encore rester à Calvi: «Comment pauvre bougre n’as-tu pas plus de chance que ça et ne peux-tu sortir de ton île qui pr être le berceau du gd homme n’en doit pas moins commencer à te sembler fastidieuse. Je ne sais si les Corses sont aussi stupides que les Français mais ici c’est déplorable.» Flaubert évoque ensuite son beau-frère Émile Hamard.
Flaubert et Du Camp embarqueront le 4 novembre 1849 à Marseille et seront de retour en France à l’été 1851.
Les passages concernant l’avocat Émile Hamard sont inédits. Hamard avait montré les premiers signes d’instabilité psychique peu de temps après le décès de sa jeune épouse, la soeur chérie de Flaubert morte à 22 ans, et venait de perdre la garde de sa fille au profit de Madame Flaubert.
Provenance: René Descharmes (1881-1925). Références: Correspondance, I, p.506-507 (texte partiel).

67. Gustave Flaubert, lettre autographe signée à George Sand. [Paris] vendredi matin [17 mai 1867]. 3p. in-8 (207 x 136mm). Signée «Gve Flaubert», sur papier bleu. Plis légèrement marqués. Estimation: 4.000/ 6.000 euros.
http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2016/livres-manuscrits-pf1603/lot.67.html
Belle lettre de Flaubert, «gueulant» contre la société bourgeoise, qu’elle soit en blouse ou en redingote: «la Haine du Bourgeois est le commencement de la Vertu».
Où il est également question de la mauvaise santé de Sainte-Beuve, du nouveau poste de Louis Bouilhet [nommé conservateur de la bibliothèque municipale de Rouen le 3 mai 1867], de l’Exposition universelle et de brochures sur la faïence prêtées par George Sand.
«On ne parle plus de la guerre, on ne parle plus de rien. L’Exposition seule “occupe tous les esprits” et les cochers de fiacre exaspèrent tous les bourgeois. Ils ont été bien beaux (les bourgeois) pendant la grève des tailleurs. On aurait dit que la Société allait crouler.
Axiome: la Haine du Bourgeois est le commencement de la Vertu. Mais je comprends dans ce mot de bourgeois, les bourgeois en blouse comme les bourgeois en redingote. C’est nous, & nous seuls, c’est-à-dire les lettrés qui sommes le Peuple, ou pour parler mieux: la tradition de l’Humanité.
Oui, je suis susceptible de colères désintéressées et je vous aime encore plus de m’aimer pr cela. La Bêtise & l’injustice me font rugir. – & je gueule, dans mon coin contre un tas de choses “qui ne me regardent pas”.
Comme c’est triste de ne pas vivre ensemble, chère maître. Je vous admirais avant de vous connaître. Du jour que j’ai vu votre belle et bonne mine je vous ai aimée.»
Provenance: René Descharmes (1881-1925), avocat, homme de lettres, bibliothécaire à la Bibliothèque nationale puis au Muséum d’histoire naturelle, spécialiste de Flaubert. Références: Flaubert, Correspondance, III, p.642.

68. Gustave Flaubert, lettre autographe signée à Edmond Laporte. [Paris] jeudi matin [15 mai1873]. Une p. in-8 (216 x 134mm). Signée «Gve Flaubert». Estimation: 2.000 euros.
http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2016/livres-manuscrits-pf1603/lot.68.html
Lettre inédite, à propos du lévrier que son ami lui a offert.
«Mon cher ami, vous seriez bien aimable de me renvoyer notre fils Julio ‒ ou plutôt de l’amener vous-même ce qui fait que je vous verrais. Je serai à Croisset samedi soir. J’enverrais bien chercher le jeune homme. Mais mon larbin va être très occupé pendant qques jours. Je vous demande pardon de mon sans-gêne.» Il lui propose de venir déjeuner à Croisset le dimanche suivant.
Fidèle complice des dernières années de Flaubert, Edmond Laporte (1832-1906) lui avait offert en septembre 1872 un lévrier russe, baptisé Julio (en souvenir de Jules Duplan? décédé en 1870 et par l’intermédiaire duquel ils s’étaient rencontrés). Ce chien retrouvait parfois le domicile de Laporte à Grand-Couronne lorsque Flaubert s’éloignait quelque temps de Croisset. Le dimanche 18 mai, Flaubert écrira à sa nièce Caroline que Laporte est venu déjeuner mais sans Julio, malade.
Provenance: Edmond Laporte (cachet de collection). ‒ René Descharmes.

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
1er juin 2016, Hôtel Drouot, vente Binoche et Giquello, expert Dominique Courvoisier
http://asp.zone-secure.net/v2/index.jsp?id=2637/10410/64632&lng=fr
Lot 76. Flaubert (Gustave), Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy frères, 1857. In-12, demi-chagrin brun avec coins, reste des plats recouvert de percaline beige, doubles filets dorés et à froid, dos orné, doublure et gardes de papier moiré blanc, tranches dorées, chemise demi-maroquin brun et étui modernes (Reliure de l’époque).
Carteret, t.I, p.263. ‒ En français dans le texte, n°277.
Édition originale. Estimation: 100.000/ 120.000 euros.
Elle est dédiée à Louis Bouilhet, poète et ami de l’auteur, et à Jules Senard, défenseur de l’auteur dans le procès de Madame Bovary en janvier-février 1857.
L’ouvrage avait d’abord paru en livraisons dans les colonnes de la Revue de Paris entre le 1er octobre et le 15 décembre 1856.
Un des rares exemplaires imprimés sur papier vélin fort, probablement d’un tirage à 75 exemplaires que Flaubert se réserva presque tous pour les offrir à ses amis et à ses connaissances.
Précieux exemplaire offert à Madame Le Poittevin, portant sur le faux-titre cet émouvant envoi:

à Me Lepoittevin
acceptez ce livre, chère Madame
au nom de l’affection que vous
m’avez toujours portée et
aussi (et surtout !) au nom
du souvenir. S’il vivait
encore c’est à lui qu’eut
été dédié ce travail. Car la place
est restée vide dans mon
coeur, et l’ardente amitié
n’est pas éteinte.
Mille bonnes tendresses
Gustave Flaubert.

Marie-Anne-Victoire Thurin (1794-1866) avait épousé en 1812 Paul Le Poittevin (1778-1850), un manufacturier de coton fortuné établi à Rouen. Amie proche de Caroline Fleuriot, la mère de Flaubert, avec qui elle avait vécu au pensionnat de Honfleur, elle était la grand-mère maternelle de Guy de Maupassant.
La personne désignée avec respect par le pronom il souligné, n’est autre qu’Alfred Le Poittevin, le fils de la dédicataire, l’ami d’enfance, le confident intime et le compagnon le plus cher de Flaubert.
Poète et avocat au barreau de Rouen, sa ville natale, Alfred Le Poittevin (1816-1848) fut sans aucun doute celui qui occupa le plus de place dans le coeur de Flaubert, son cadet de cinq ans. Une amitié très profonde et marquante liait les deux hommes, et Alfred fut pour Gustave bien plus qu’un ami et un grand frère: «cher et doux ami, lui dit un jour Gustave – (il devrait y avoir un autre mot, car tu n’es pas pour moi un ami comme on l’entend, même les meilleurs), tu m’affliges quand tu me parles de ta mort. Songe à ce que je deviendrais. ‒ Âme errante, comme un oiseau sur la terre en déluge, je n’aurais pas le moindre rocher, pas un coin de terre, où reposer ma fatigue» (lettre du 13 mai 1845).
«Il fut l’homme que j’ai le plus aimé au monde», confiera tout simplement l’écrivain en novembre 1857 à sa correspondante Marie-Sophie Leroyer de Chantepie.
En mai 1846, l’annonce du mariage entre Alfred Le Poittevin et Louise de Maupassant sonna la fin de l’intimité avec Flaubert, lequel fut très déçu et se sentit abandonné, voire trahi par cet ami qu’il chérissait plus que tout et avec qui il avait tant partagé: «Je crois que tu es dans l’illusion [...]. Es-tu sûr, ô grand homme, de ne pas finir par devenir bourgeois», lui rétorqua l’écrivain.
Deux ans plus tard, Flaubert fait face à la mort prématurée de son ami, décédé d’une longue maladie du coeur en avril 1848: «Alfred est mort lundi soir à minuit. Je l’ai enterré hier et je suis revenu. Je l’ai gardé pendant deux nuits (la dernière nuit, entière), je l’ai enseveli dans son drap, je lui ai donné le baiser d’adieu et j’ai vu souder son cercueil. J’ai passé là deux jours... larges. [...] Quand il a été ainsi arrangé il ressemblait à une momie égyptienne serrée dans ses linges et j’ai éprouvé je ne puis dire quel sentiment de joie et de liberté pour lui. [...] deux ou trois oiseaux ont chanté et je me suis dit cette phrase de son Bélial: “Il ira, joyeux oiseau, saluer dans les pins le soleil naissant...”, ou plutôt j’entendais sa voix qui me le disait et toute la journée j’en ai été délicieusement obsédé. [...] Voilà, pauvre vieux, ce que j’ai vécu depuis mardi soir. J’ai eu des aperceptions inouïes et des éblouissements d’idées intraduisibles. Un tas de choses me sont revenues avec des choeurs de musique et des bouffées de parfum. [...] Adieu, pauvre cher vieux. Mille tendresses. Je t’embrasse et j’ai une rude envie de [te] voir car j’ai besoin de dire des choses incompréhensibles», écrivit Flaubert, bouleversé, à son ami Maxime Du Camp le 7 avril 1848.
Le souvenir d’Alfred hanta Flaubert pour le reste de ses jours comme le montre notamment cette touchante lettre qu’il adressa le 8 décembre 1862 à Laure de Maupassant, la soeur d’Alfred: «Ta bonne lettre m’a bien touché, ma chère Laure; elle a remué en moi de vieux sentiments toujours jeunes. Elle m’a apporté, comme sur un souffle d’air frais, toute la senteur de ma jeunesse où notre pauvre Alfred a tenu une si grande place! Ce souvenir-là ne me quitte pas. Il n’est point de jour, et j’ose dire presque point d’heure où je songe à lui. [...] Je n’ai ressenti auprès d’aucun d’eux l’éblouissement que ton frère me causait. Quels voyages il m’a fait faire dans le bleu, celui-là! et comme je l’aimais! Je crois même que je n’ai aimé personne (homme ou femme) comme lui. J’ai eu lorsqu’il s’est marié, un chagrin de jalousie très profond; ç’a été une rupture, un arrachement! Pour moi il est mort deux fois et je porte sa pensée constamment comme une amulette, comme une chose particulière et intime. Combien de fois dans les lassitudes de mon travail, au théâtre, à Paris, pendant un entracte, ou seul à Croisset au coin du feu, dans les longues soirées d’hiver, je me reporte vers lui, je le revois et je l’entends ! je me rappelle, avec délices et mélancolie tout à la fois, nos interminables conversations mêlées de bouffonneries et de métaphysique, nos lectures, nos rêves et nos aspirations si hautes! Si je vaux quelque chose, c’est sans doute à cause de cela. J’ai conservé pour ce passé un grand respect; nous étions très beaux; je n’ai pas voulu déchoir.»
Exemplaire exceptionnel par son envoi si personnel. Il est à classer parmi les plus importants des exemplaires en grand papier.
Il nous apprend en effet que Madame Bovary aurait pu être dédié à Alfred Le Poittevin si celui-ci n’avait pas été emporté prématurément par la maladie. Finalement, le chef-d’oeuvre flaubertien sera en partie dédié à Louis Bouilhet (1821-1869), poète normand et ami de l’auteur.
L’exemplaire est cité sous le n°21 de la liste établie par Lambiotte, «Les exemplaires en grand papier de Madame Bovary» in Les Amis de Flaubert, 1958, bulletin n°13.
Le feuillet de dédicace à Senard (ici mal écrit avec un t final, une des caractéristiques de premier tirage) est relié avant le faux-titre. Le faux-titre est conservé à toutes marges avec le bord replié. Quelques rousseurs claires.

[BULLETIN FLAUBERT n° 176 / 6 mai 2016]

(<Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente Alde, 19 mai 2016, Salle Rossini, Paris, Thierry Bodin expert.
Lot n°43. Gustave Flaubert, manuscrit autographe, Hérésie des Marcosiens; 2 pages in-fol. 1.000/ 1.200 euros.
http://www.alde.fr/lot/5359895
Notes d’après l’Histoire ecclésiastique de l’abbé Fleury (tome premier, contenant les deux premiers siècles, 1691), en vue de La Tentation de saint Antoine. Flaubert indique par des chiffres romains les sections du texte du livre IV d’où sont tirées ces notes. Les Marcosiens sont ceux qui suivent «Marc, disciple de Valentin – magicien»; ils figurent dans la version définitive de La Tentation, mais sans les renseignements recueillis ici. Selon la section X du livre: «“Ayant prononcé une longue invocation sur un calice mêlé de vin et d’eau, il le faisait paraître d’un rouge de pourpre, disant que la grâce souveraine y faisait dégoutter son sang en sorte que les assistants s’empressaient pour goûter ce breuvage. C’était principalement aux femmes riches et nobles qu’il s’adressait pour les abuser par ses prestiges”. Il les faisait boire le calice, leur ordonnait de prophétiser. “Qques unes de celles qu’il avait séduites revenaient à l’Église et confessaient, qu’il avait abusé d’elles, et qu’elles l’avaient aimé passionnément.
Un diacre d’Asie l’ayant reçu dans sa maison sa femme qui était belle se laissa corrompre et suivit longtemps Marc.” Les disciples de Marc l’imitent et corrompent les femmes dans les Gaules»... Etc.

[BULLETIN FLAUBERT n° 175 / 30 mars 2016]

Vente passée

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente Godts, Bruxelles, 22 mars 2016
http://www.auction.fr/_fr/lot/flaubert-gustave-madame-bovary-moeurs-de-province-paris-michel-levy-1857-9578459#.Vtf9Z1L8k4A
361. Flaubert, Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy, 1857. 2 vol. in-12.
Édition originale de première émission, avec toutes les caractéristiques de texte, mise en page et couverture relevées par Brun. Complet du Catalogue de la librairie Lévy, mars 1857, 36p.
Enrichi de deux lettres autographes signées de Flaubert à un «cher confrère», à Croisset près de Rouen, 2p. in-12 chacune, sur papier bleu très fragile (pet. déch. aux plis):
(1). –18 juin 1867: il évoque «la longue histoire» de Madame Bovary. «J’avais à cette époque-là (1856) des amis très intimes à la Revue de Paris. Le Ms après qques discussions a été imprimé intact – jusqu’à la 3e partie. – Mais vous trouverez au commencement de la 4e une note aigre-douce que la rédaction & moi, nous échangeâmes. C’est cette note là qui a tiré l’oeil de la censure & qui m’a valu mon Procès. Le plaidoyer de Senard fut splendide & dura sept heures [ces deux mots soulignés]. L’avocat-général Pinard m’avait trépigné pendant deux heures. Bref nous avons été acquittés. Les Considérants [ces deux mots soulignés] qui me regardent sont curieux (Trévoux 1857). Puis s’en est suivi un déluge d’articles. Quelqu’un de chez moi a gardé plusieurs de ces feuilles. (Cela fait un tas énorme.) – Voulez-vous que je vous les envoie? à charge de me les renvoyer? [...]»
(2). – mardi [25 juin 1867?]: il a envoyé les journaux évoqués dans la lettre précédente mais «[...] Vous ne trouverez nulle part les plaidoiries prononcées lors de mon procès, parce qu’il est défendu de rendre compte des procès de presse [...].» Il répond ensuite aux questions de son correspondant: «Mes oeuvres inédites sont plus nombreuses que les autres [...]. C’est à tort que l’on m’a décoré plusieurs fois du grade de Docteur en médecine – Je suis fils et petit fils & frère de médecin. De là est venue la confusion [...]. Je vous avertis qu’il n’y a aucune vérité ou du moins fort peu de vérité dans les détails biographiques publiés sur mon compte.»

(< François Lapèlerie)
http://www.stargardt.de/en/catalogues/
Catalogue Stargardt, 703, vente les 5-6 avril 2016
79. Flaubert, Gustave. E. Br. m. U. O. O. u.J. 1 S. gr.-8o. Auf blauem Papier. (800.—)
An einen Freund, bei dem er sich entschuldigt, einer Einladung nicht Folge leisten zu können, da er abreise. « ...Vous êtes bien aimable, mais lundi prochain je ne serai plus à Paris, puisque j’en partirai [...] je regrette beaucoup de ne pouvoir me rendre à votre invitation...»

6 avril 2016, vente Boisgirard-Antonini Paris, Paris.
http://www.auction.fr/_fr/lot/gustave-flaubert-1821-1880-l-a-s-samedi-a-un-ami-nbsp-9700435#.VvEDJxjfeC4
Gustave Flaubert, L.A.S., Samedi [25 mai 1878], à un ami; demi-page in-8. «Je compte sur vous, demain – car il sera le dernier de mes dimanches. – Tâchez de venir de bonne heure, pour vous en aller très tard.» Estimation: 600/ 800 euros.

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
16 avril 2016, vente Morel de Westgaver, Bruxelles.
309. Auguste Leroux [Gustave Flaubert]. Suite de 52 planches en noir pour Bouvard et Pécuchet de Gustave Flaubert. S.l.s.n. [1928].
Petit in-4, en feuilles, sous chemise pleine toile rouge à rabats. Estimation: 60/ 70 euros
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=5870976

Catalogue Les Autographes, Thierry Bodin, n°142, mars 2016
98 Flaubert, L.A.S., [Paris] jeudi soir [29 mars 1877, à Philippe Leparfait, héritier de Louis Bouilhet]; 2 pages in-8 (légères fentes réparées).
Sur le projet de monument à Louis Bouilhet à Rouen. De «nouvelles chicanes» ont marqué l’examen de leur affaire dans la dernière séance du Conseil municipal de Rouen. Cependant le Dr Le Plé est nommé rapporteur. «“Il demande que vous lui résumiez très succinctement” m’écrit Laporte “la vie & l’oeuvre de B. soit une biographie très sommaire & la liste chronologique de ses ouvrages, avec le nombre de représentations de chacune de ses meilleures pièces”.» Il obtiendra ce dernier renseignement de Peragallo. «Quant aux autres, ils se trouvent dans la Préface de Dernières Chansons», dont il faut porter un exemplaire à Le Plé. «Tous ces potins-là, ce mauvais vouloir permanent, cette haine féroce de la Littérature m’emplit d’une mélancolie farouche (même histoire d’ailleurs pour la statue de G. Sand! Je suis membre de la Commission dont le père Hugo est le Président.). Lemerre m’a promis pour l’hiver prochain une édition complète des poésies de Bouilhet. Je suis sûr que ça se vendra. Mais ton père [Philippe de Chennevières] devrait agir sur Duquesnel pour une reprise quelconque! Quant à d’Osmoy, il n’existe pas plus “que s’il était déjà mort” (Lucrèce Borgia acte II). Jamais je n’entends parler de ce coco. & ne désire pas le revoir. Car il m’a blessé jusque dans les moëlles.» Il évoque enfin le projet de Gustave Ruiz, protégé de la maréchale Canrobert, de faire un opéra d’après La Conjuration d’Amboise. Et il fait précéder sa signature de la formule «Ton vieux solide (il ose se qualifier ainsi)»… 3500 euros.

7 avril 2016, Vente Ader, hôtel Drouot
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=5877048
198. Flaubert (Gustave), Madame Bovary, moeurs de province, Paris, Javal & Bourdeaux, 1930. In-4, 320 x 249: frontispice, (4f.), 321p., (1f.), 21 planches, couverture imprimée. Maroquin janséniste bleu nuit, dos à nerfs, plaque de zinc incrustée dans la première doublure, dans un large cadre de maroquin bleu nuit orné de filets à froid, doubles gardes, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés, étui (reliure de l’époque).
Édition tirée à 525 exemplaires, illustrée de 25 eaux-fortes originales de Charles Huard (1874-1965), dont 22 hors-texte et 3 bandeaux.
Un des 25 exemplaires de tête numérotés sur japon ancien, contenant 4 états des illustrations: eau-forte pure, en bistre avec remarques, en couleurs avec remarques et état définitif.
Exemplaire enrichi d’une plaque de zinc incrustée dans la première doublure, pour la gravure figurant entre les pages 286-287, et un grand dessin original montrant le personnage de madame Bovary assise avec un livre sur ses genoux, placé en regard du titre, signé de l’artiste italien Carlo Farneti (1892-1961).
Très bel exemplaire malgré le dos terni. Estimation: 1000/ 1500 euros.

15 avril 2016, Kahn-Dumousset, hôtel Drouot
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=5886580
39. Flaubert, Salammbô. Illustré de 22 gravures par William Walcot. In-8, chemise étui. Les Éditions d’Art Devambez, Paris, 1926. Estimation: 180/ 200 euros.

16 avril 2016, Morel de Westgaver, hôtel Drouot
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=5870980
313. Gustave Flaubert, Hérodias. Illustré de onze eaux-fortes originales dessinées et gravées par William Walcot, Paris, Devambez, 1928. In-4. Reliure signée de Max Fonsèque: plein chagrin marron, dos à sept nerfs ornés d’une bandelette de maroquin rouge, losange mosaïqué dans chaque caisson, haut et bas des plats ornés de cinq losanges mosaïqués cernés de filets dorés formant cinq carrés, jeu de filets verticaux dorés et argentés ainsi que de fines bandes de maroquin rouge, contreplats en maroquin rouge cerné de maroquin vert, de filets dorés, losanges mosaïqués or et vert, pointillés argentés cernant le motif central formé de filets dorés et de pointillés argentés, garde de soie moirée marron, double garde de papier marbré rouge, tranches dorées, couverture et dos conservés, sous étui bordé (petite griffure en queue du dos). Frontispice, 7 hors-texte, 4 bandeaux et un cul-de-lampe gravés à l’eau-forte. Tirage limité à 221 exemplaires numérotés. Un des 125 sur vélin d’Arches contenant l’état définitif des eaux-fortes (n°91). William Walcot (1874, Lustdorf - 1943, Londres), architecte britannique et artiste graphique est célèbre pour ses réalisations Art Nouveau à Moscou. Bel exemplaire. Estimation: 400/ 600 euros.

20 avril 2016, Kapandji Morhange, hôtel Drouot
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=5888088
274. Flaubert (Gustave), Hérodias, Paris, Plicque, 1926. In-4, reliure demi-maroquin grenat à coins, dos à 4 nerfs saillants, auteur et titre dorés, tête dorée, couv. illustrée en couleurs et dos conservés [Flammarion]. Édition illustrée de compositions de Raphaël Freida, dont 8 hors-texte. Exemplaire numéroté sur vélin de Rives. Estimation: 80/ 120 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 174 / 2 mars 2016]

(< François Lapèlerie)
Vente Artcurial, 23 février 2016, Le regard de Pierre Hebey, Les passions modérées. Sculptures françaises du 19e siècle
Lot 437. Théodore Rivière (Toulouse, 1857 ‒ Paris, 1912), «Salammbô chez Mâtho, Je t’aime! »
Bronze à patine dorée et argentée, ivoire signé «THEODORE-RIVIERE» et titré «CARTHAGE», marque du fondeur «Susse Fes Edts. Paris», cachet rond Susse Frères, cachet du Syndicat des fabricants de bronze. Hauteur: 33 cm (13 in.). Repose sur un socle en granit brun gris. Hauteur totale: 36 cm (14,17 in.). Provenance: collection Geneviève et Pierre Hebey, Paris.
Bien qu’intitulée «CARTHAGE. Sur la terrasse», cette statue en bronze et ivoire de Théodore Rivière fut présentée au Salon de 1895 sous le titre «Salammbô chez Mâtho; Je t’aime! Je t’aime!». L’oeuvre est achetée par l’État et se trouve aujourd’hui au musée d’Orsay. Le sujet est tiré du roman de Gustave Flaubert édité en 1862. Mâtho, chef des mercenaires rebelles, tombe éperdument amoureux de la fille du principal suffète de Carthage. Rivière qui a réalisé plusieurs groupes d’après le récit de Flaubert (voir lot 440) illustre ici le moment où Mâtho, massacré par le peuple de Carthage, expire aux pieds de Salammbô. Allégorie du sacrilège, du luxe, de la beauté fatale, Salammbô devient avec Salomé la figure de prédilection et l’égérie des artistes symbolistes à la fin du XIXe siècle. Estimation 8.000 – 12.000 euros.

Catalogue Librairie Benoît Forgeot, n°27, 2016
38. Madame Bovary, Michel Lévy, 1857, éd. originale. Sur papier vélin fort. Envoi autographe signé: «à Mr Camille Doucet/ hommage de l’auteur/ Gve Flaubert». Joint une lettre autographe adressée à Camille Doucet, 28 novembre 1862. 65.000 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 173 / 12 janvier 2016]

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente de la bibliothèque Pierre Bergé
«Tous les classiques de la littérature française ont fait flamber les enchères. Flaubert, avec son Éducation sentimentale, manuscrit autographe abondamment corrigé de sa main, s’est envolé à 470.000 euros (sans les frais), à la table d’expert, soit légèrement au-dessus de l’estimation basse. Flaubert encore avec Madame Bovary, un des quelques exemplaires tirés sur papier vélin fort, seul tirage de luxe portant un merveilleux envoi autographe «au Maître» [à Victor Hugo], est parti à 361.000 euros (sans les frais).»
Le Figaro, 11 décembre 2015.
http://www.lefigaro.fr/culture/encheres/2015/12/11/03016-20151211ARTFIG00366-drouot-baudelaire-triomphe-a-la-vente-pierre-berge.php

Catalogue de la Libraire Bertran, décembre 2015
http://www.librairie-bertran-rouen.fr/V_Catal/catal_12_2015.pdf
55. Flaubert, L’Éducation sentimentale. Histoire d’un jeune homme, Paris, Lévy frères, 1870.
Deux volumes in-8 de 2ff., 427pp. et 2ff., 331pp. avec le catalogue de 32 pages de Michel Lévy. Enrichi d’une note autographe de Flaubert (1 page in-8), sur les courses au Champ de Mars. Demi-maroquin brun foncé à coins, dos à nerfs richement orné aux «petits fers» dans le style Renaissance, tête dorée, couvertures et 1er dos conservés, première couverture habilement restaurée (Bernasconi). 3.200 euros.
Bel exemplaire enrichi d’une note autographe dans laquelle Flaubert énumère les couleurs des écuries de courses des grands propriétaires: Pontalba, Nathaniel de Rothschild, Aumont, etc. (Reproduit dans R. Dumesnil, Flaubert et L’Éducation sentimentale, 1943, page 39.) Dans le roman, Frédéric Moreau emmène Rosanette aux courses du Champ de Mars (tome Ier, p.356 et suivantes). Édition originale, sans mention d’édition, avec de belles marges et complet du catalogue de Lévy, de ce chef d’oeuvre de Flaubert, devenu très rare. Bel exemplaire dans une parfaite reliure de Bernasconi. Vicaire, Carteret, Dumesnil.

58. Commanville (Caroline), Souvenirs sur Gustave Flaubert, Paris, Ferroud, 1895. In-8, portrait de Flaubert en frontispice, dessiné par l’auteure et gravé par Champollion, plusieurs vignettes et riches encadrements du texte avec des paysages flaubertiens (Croisset, Hôtel-Dieu, bibliothèque de Flaubert). Justification: un des 50 sur chine, envoi de Ferroud à son neveu E. Fortier.
Maroquin vert, triple filet d’encadrement sur les plats, dos plat orné, tête dorée, couvertures conservées, roulette intérieure (Bretault). 2.500 euros.
Très bel exemplaire sur chine, un des 50 premiers papiers, de cette première édition tirée à part, le texte de la nièce de Flaubert étant déjà paru en préface de la Correspondance de 1887. Deux suites des gravures sont ajoutées, une sur chine, l’autre sur vélin, ainsi qu’une lettre autographe de Gustave Flaubert [lettre inédite du 12 mai 1863] reliée en tête adressée à Gustave Claudin, rédacteur en chef du Nouvelliste de Rouen et ami de Flaubert: il recommande chaudement Mlle Louise Deschamps qui joue Andromaque à l’Odéon. Cette actrice, «remarquée» également par Baudelaire, obtint aussi le soutien du poète.

Catalogue Les Autographes, Thierry Bodin, n°141, Noël 2015
115. Flaubert, L.A.S., [Paris] 9 février [1870, à Edme Simonnet, petit-neveu de George Sand]; 1 page in-8 (déchirure marginale sans perte de texte).
[Edme Simonnet venait d’être nommé à la Banque de France à Lyon.] «Vous avez bien tort de me remercier car c’est Me Sand qui a tout fait. Je n’y suis pour rien; voilà. C’est moi qui vous remercie de votre bon souvenir. Dites toutes mes tendresses à Nohant tout entier, depuis Mr Maurice jusqu’à Coq-en-bois [marionnette]. Embrassez bien, p[ou]r moi, Loulou, mes amitiés à Fadet [la petite Aurore et son chien]»… Il ajoute: «Les répétitions de l’Autre marchent bien & la direction, comme les artistes, compte sur un grand succès» [L’Autre, dernière pièce de Sand, créée le 25 février à l’Odéon]. Il note son adresse «rue Murillo 4. Parc Monceau». 1.200,00 euros.

Catalogue Laurent Colet, n°60, [décembre 2015]
http://www.laurentcoulet.com/
52. Flaubert, L.A.S. à Ernest Chevalier, 20 mai 1840. Lettre inédite. 25.000 euros.
«Où es-tu cher Jasmin? es-tu resté dans le bois à m’attendre? – eh quoi? Cardoville ne répond pas à St Florent»
«Je suis sûr que tu n’y pensais guères à cet excellent marquis de Sade, ce profond poète qui a complété et expliqué Spinosa [sic]. En effet le philosophe dans son panthéisme identifie la créature et le créateur […] n’explique-t-il pas la même idée en synthétisant dans le même coït le père et le fils […]. – Ah! quel gd homme que cet homme-là, dont la vie était un bandement et qui avait le coeur fait de foutre.»
«Hélas! l’ordure dans un temps me faisait rire. Maintenant il n’y a guères que moi qui me fait rire et encore il faut me chatouiller comme Panurge […] je fais un travail antipathique à ma nature. Je m’y cramponne sans avancer, je m’y heurte et je m’y brise – J’en ai des accès de colère furieuse où je briserais casserais ma table d’un coup de pied – Ceci est bête mais n’en déplaise aux gens calmes la fureur est une joie, elle se caresse elle-même elle s’embrasse et se fait jouir d’elle-même. Et cela sans relâche douze heures par jour et tous les jours […] j’en suis tué – et à chaque minute tiraillé de ce labeur ardu par mille pensées voraces […] et moi qui voulais le ciel. Tout cela ce sont des douleurs d’enfants […] Après tout prquoi les douleurs d’un enfant qui naît ne seraient-elles pas atroces […] Adieu réponds-moi donc et de suite & longuement.»

53. Flaubert, Salammbô, Paris, Michel Lévy, 1863, EO. Sur papier de Hollande, avec envoi à Ernest Duplan. 35.000 euros.
54. Flaubert, La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier, 1874, EO. Envoi à Ernest Duplan. 4.500 euros.
55. Flaubert, Trois contes, Paris, Charpentier, 1877, EO. Envoi à Ernest Duplan. 8.000 euros.


Librairie de l’Abbaye, n°358, [décembre 2015]
44. Flaubert, L.A.S., à un homme de lettres, s.l.n.d., Dimanche soir. 1 p. in-8 sur papier bleu ardoise. 4.200 euros.
Flaubert a vu Crépet [Eugène Crépet, 1827-1892, homme de lettres né à Dieppe, bibliographe de Baudelaire. Il collabora à diverses revues dont la Revue Moderne et la Revue nationale. Son ouvrage le plus important Les Poètes français (1861-62) fut préfacé par Sainte-Beuve] qui «fait gd cas de votre talent et désire vous attacher à sa Revue. De cela je n’en doute pas. Quant à votre roman, il [Crépet] ne serait pas éditeur-rédacteur-gouverneur d’un journal s’il n’avait la rage de vouloir corriger la copie des autres. Je l’ai fortement engagé à prendre la vôtre telle qu’elle est. Oh non, car il a ses idées. C’est un brave garçon mais entêté; je vous exhorte donc à la patience...» Il ajoute en P.S.: «Vous me trouverez à Paris dans les deux ou trois derniers jours de ce mois. Prévenez-moi par un mot, & venez le matin, de bonne heure pour être sûr de me trouver.»
Lettre inédite.
Eugène Crépet, collaborateur de plusieurs revues, dont La Revue Moderne, et auteur d’une anthologie des poètes français, entretint une correspondance avec Gustave Flaubert et l’aida dans ses recherches pour Salammbô au sujet de la reproduction d’une mosaïque punique, ou de commentaires d’ouvrages de Hendrich sur Carthage (1860). Eugène Crépet est également à l’origine de l’édition des oeuvres posthumes et de la correspondance de Baudelaire dans laquelle il donne une étude sur le poète. Flaubert honora Crépet d’une dédicace autographe signée sur un exemplaire de L’Éducation sentimentale (collection Dennery, 1984, II, n°85).

(< Michel Pierssens)
Métayer, maison de ventes aux Enchères, 58000 Nevers, 23 janvier 2016.
http://www.auction.fr/_fr/lot/flaubert-gustave-madame-bovary-edition-originale-michel-levy-1857-in-12-9333029#.VpVBx4-cE2z
502. Madame Bovary, édition originale Michel Lévy, 1857, in-12. Édition originale comprenant bien la faute typographique à «Senart». Tirage sur beau papier, sans doute vélin. Demi-reliure en cuir à coin bleue à la bradel signé Yseux, successeur de Thierry Simier. 2 tomes. Petits frottements en bas du dos. Très bon état. Titre et auteur en lettres dorées, les couverture d’origines sont conservées. Estimation: 1.000/ 1.500 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 172 / 1er décembre 2015]

11 décembre 2015, La Bibliothèque de Pierre Bergé, vente Bergé et Sotheby’s,
http://fr.zone-secure.net/16250/129821/#page=1
Lot 83. Lettre de Flaubert à Laurent-Pichat, 7 décembre 1856, 15.000/ 20.000 euros.
Lot 84. Gustave Flaubert, Madame Bovary, Paris, Michel Lévy, 1857. EO, grand papier. Envoi à Victor Hugo: «Au Maître/ souvenir & hommage/ Gve Flaubert». Joint une lettre de Flaubert à Maurice Schlésinger, vers le 11 février 1857, et deux feuillets recto et verso autographes du manuscrit de Madame Bovary. 400.000/ 600.000 euros.
Lot 88. Salammbô, Paris, Michel Lévy, 1863, EO, envoi à Alexandre Dumas fils: «à Alexandre Dumas fils/ une cordiale poignée de main/ Gve Flaubert.» 40.000/ 60.000 euros.
Lot 91. Scénarios, résumés, brouillons, notes et divers, manuscrits autographes de L’Éducation sentimentale, 52 feuillets. 400.000/ 600.000 euros.
Lot 92. L’Éducation sentimentale, Paris, Michel Lévy, 1870, envoi à George Sand: «à mon cher maître George Sand/ son vieux troubadour/ Gve Flaubert». 60.000/ 80.000 euros.
Lot 95. La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier, 1874, envoi à Guy de Maupassant: «à Guy De Maupassant/ que j’aime comme un fils/ Gve Flaubert», 60.000/ 80.000 euros.
Lot 98. Trois contes, Paris, Charpentier, 1877, EO, envoi à la princesse Mathilde: «à S.A.I. Me la Psse Mathilde/ humble hommage du plus/ fervent de ses Fidèles/ Gve Flaubert». 15.000/20.000 euros.
Lot 87. Charles Baudelaire, Théophile Gautier. Notice littéraire précédée d’une lettre de Victor Hugo, Paris, Poulet-Malassis, 1859. Envoi: «à Gustave Flaubert/ admiration, amitié, et dévouement. C.B.» 80.000/ 120.000 euros.

11 décembre 2015, Vente Oger - Blanchet
EMail: contact@ogerblanchet.fr
http://www.ogerblanchet.fr/html/fiche.jsp?id=5531747&np=1&lng=fr&npp=
20&ordre=1&aff=1&r=merat

Lot 304. Albert Mérat, Les Souvenirs, Paris, Lemerre, 1872. In-16, 64 pp., br.
Édition originale. Envoi à Flaubert. Ex-libris du docteur Lucien-Graux. Estimation: 50 euros.

16 décembre 2015, Alde SVV
EMail: contact@alde.fr
Lot 21. Louis Bouilhet (1822-1869) poète, ami de Flaubert
http://www.alde.fr/lot/5356552
7 L.A.S., la plupart de Mantes 1857-1868; 11 pages in-8, une enveloppe (portrait joint).
Paris 21 janvier 1857, à une dame, dont il accepte l’invitation... Mantes 22 mai 1859, à M. Bourdillat, à la Librairie nouvelle: «Mon ami Gustave Flaubert m’a fait un grand plaisir en m’apprenant que vous consentiez, pour mon volume de vers, à la suppression de tout titre banal, et que vous adoptiez le simple titre de Poësies qui est le meilleur et le plus intelligent de beaucoup»... 21 novembre 1859: «Je termine une longue machine de théâtre – dans quinze jours, j’aurai commencé mes répétitions, et, alors, je serai trop heureux de revenir complètement à la poësie et à la Revue contemporaine. Je voudrais pouvoir vous donner une chose de longue haleine»... 20 août 1861, à Eugène Crépet. Félicitations renouvelées pour ses Poëtes français et nouvelles de son drame espagnol au Théâtre Français. «Maintenant je prépare une grande, grande machine pour la Porte-Saint-Martin. Je suis assez d’accord avec Fournier pour le plan général»... 6 janvier 1862, à Étienne Carjat. Félicitations pour Le Boulevard, «et les charmantes choses qu’on y trouve. Vous avez le crayon, vous avez la plume – les deux rames du succès – bon voyage!»... 1er novembre 1863, à une «grande artiste». Il a peur que Fournier n’ait pris des engagements avec Mlle Périga: «il faut donc parer le coup, au plus vite»... Rouen 13 septembre 1868, à un ami: rendez-vous à l’Odéon.

(< François Lapèlerie)
16 décembre 2015, Aste Bolaffi - Archaion S.R.L. Milan
Lot 694. Lettre de Flaubert à un inconnu, sans lieu ni date.
http://www.invaluable.com/catalog/searchLots.cfm?scp=c&catalog
Ref=qxyxj5kn3u&shw=200&row=601


Les Neuf Muses, Alain Nicolas, «Balbec» [octobre 2015]
Lot 45. Flaubert (Gustave), Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy frères, 1857, 2 volumes in-18. EO, 1er tirage, avec la faute à Senart. 4.500 euros.

Vente passée
(<François Lapèlerie)
23 novembre 2015, Rare Books, Autographs & Photographs
Lot 585. Lettre à Victor Hugo, 18 mai 1874.
http://www.invaluable.com/auction-lot/-1-c-F784D7F950?utm_source=inv_kwalert&utm_medium=email&utm_campaign=
keywordalertlive&utm_term=2

Estimated Price: $800 - $1,200. Vendu. Description: FLAUBERT, GUSTAVE
Autograph letter signed, single page of a folded sheet of stationery, integral leaf blank, addressed "Cher Maitre" and dated lundi matin 7h. (but with no other internal dating). 8 1/4 x 5 1/4 inches (20.5 x 13.5 cm); about six lines in French written in black ink. Some lightstain, a one inch separation at central fold on sheet where it was folded for an envelope, just touching signature, with a reversible archival repair to verso (and other archival repairs to the main fold). Framed with a portrait.
The letter begins "Helas, cher maitre, mardi je serai à Croisset! [i.e. his house there]; as a consequence he will not be able to shake his correspondent’s hand or thank him again. An old note on the frame indicated that this note was to Hugo; though this is eminently possible, it should be noted that Flaubert did use "Cher maitre" to various recipients.

[BULLETIN FLAUBERT n° 171 / 9 octobre 2015]

< Éric Walbecq)
15 octobre 2015, Sotheby’s, Paris. De la Bibliothèque Stéphane Mallarmé
http://www.sothebys.com/fr/auctions/2015/bibliotheque-stephane-mallarme-pf1543.html
37. Flaubert, lettre à Louise Colet, 19 juin 1852.
38. Flaubert, lettre à Théophile Gautier, 22 avril 1862.
39. Flaubert, lettre à Georges Feydeau, 28 octobre 1872.
40. Flaubert, lettre à Philippe Leparfait, 20 août 1869.
41. L’Éducation sentimentale, Michel Lévy, 1870, envoi à Michelet: «à mon cher Maître Michelet, son tout dévoué, Gve Flaubert».
42. Flaubert, lettre à Stéphane Mallarmé, 19 juin 1876.

(< Catriona Seth)
Librairie Bertran, Rouen
http://www.librairie-bertran-rouen.fr/V_Catal/liste_invalides_2015.pdf
16. L’Éducation sentimentale. Histoire d’un jeune homme, Paris, Lévy frères, 1870. Deux volumes in-8 de 2ff., 427p. et 2ff., 331p. avec le catalogue de 32 pages de Michel Lévy. Enrichi d’une note autographe (1 page in-8), sur les courses au Champ de Mars. Flaubert énumère les couleurs des écuries de courses des grands propriétaires: Pontalba, Nathaniel de Rothschild, Aumont, etc. (Reproduit dans  R. Dumesnil, Flaubert et L’Éducation sentimentale, 1943, p.39.) Dans le roman, Frédéric Moreau emmène Rosanette aux courses du Champ de Mars (t.I, p.356 et suiv.).
Demi-maroquin brun foncé à coins, dos à nerfs richement orné aux «petits fers» dans le style Renaissance, tête dorée, couvertures et 1er dos conservés, première couverture habilement restaurée (Bernasconi). 3.200 euros.
17. Madame Bovary. Moeurs de Province, Paris, Lévy, 1857. EO premier tirage avec la faute à Senard. Deux tomes en un volume in-12, formant ensemble 490 pages, faux-titre et titre de la deuxième partie conservés, sans le catalogue de l’éditeur. Quelques rousseurs.
Demi-cuir de Russie noir d’époque, dos lisse orné, étui moderne. 1.800 euros.

(< François Lapèlerie)
14 octobre 2015, Jean Havin, contact@mdvhavin.com
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=5310745
18. Flaubert, lettre autographe, lundi matin [23? mars 1874, à Catulle Mendès]; demi-page oblongue in-12. Billet à propos de sa pièce Le Candidat. «Pourquoi n’êtes-vous pas venu, hier, me voir avec Judith? Vous recevrez la pièce imprimée, vers la fin de cette semaine.» 300/ 400 euros.

(< Marlo Johnston)
RR Auction, vente en ligne jusqu’au14 octobre 2015
http://www.rrauction.com/bidtracker_detail.cfm?IN=634
Flaubert, lettre à Tourgueneff, 22 mars 1875.
Celebrated French novelist (1821–1880) best known for his classics Madame Bovary, Salammbô, and A Sentimental Education. Rare ALS in French, signed “Gve Flaubert”, one page, 5.25 x 8.25 inches, March 1875. Letter to Ivan Turgenev. In full (translated): “I think tomorrow I’ll be at Courmanche. Come and take me at 9 a.m. to go to Hugo’s father. Answer me so that I know if I have to wait. I do not! It’s not worth it, I expect you until 9½.” Affixed to the free end page of a gorgeously leatherbound limited edition of Flaubert’s La Légende de saint Julien l’Hospitalier, numbered 130/200, published by Ecole Estienne, 1937. In fine condition, with foxing to pages of the book.
Flaubert was Turgenev’s closest literary friend, and they shared similar social and aesthetic ideas. During this period both writers were living in Paris, and Flaubert hosted a group of writers every Sunday afternoon at his apartment—in addition to Turgenev, the likes of Emile Zola, Edmond de Goncourt, Guy de Maupassant, Alphonse Daudet, and Henry James frequented these informal gatherings. The correspondence between Flaubert and Turgenev is very well-known, and this letter was published in Volume IV of Flaubert’s collected letters. An excessively rare piece of the highest literary interest. Pre-certified PSA/DNA.

[BULLETIN FLAUBERT n° 170 / 15 septembre 2015]

Catalogue «Les Autographes», Thierry Bodin, n°140, juillet 2015.
114. Gustave Flaubert, L.A.S. «ton Ramel», [Croisset] Samedi soir [17 novembre 1877], à son ami Edmond Laporte; 1 page in-8 très remplie (cachet E.L.).
«Ma Dorice / Les Commanville s’en vont d’ici mardi. Donc, vous ne les verrez pas! mais moi, je reste, & je vous attends. J’attends aussi Tourgueneff. Quand viendra-t-il au juste? Je l’ignore. Pas avant le milieu de la semaine prochaine?» Il a reçu l’invitation à «l’inauguration du monument du père Pouchet» (le naturaliste Félix Pouchet); si Laporte s’y rend aussi ils conviendront d’un jour pour inviter à déjeuner Lafaille. Il a encore deux ou trois séances à faire à la Bibliothèque de Rouen, mais pour régler leur programme il a besoin de savoir à quoi s’en tenir, «relativement à ce chameau de Tourgueneff. […] N’oubliez pas 1° le Phallus (qu’attend votre Con) 2° le mobilier de Viollet-le-Duc 3° le tabac»... Il demande des nouvelles de ce qu’on dit à Paris. «On n’en a pas fini avec le Sauveur [Mac-Mahon]! Lisez le Nouvelliste de ce matin. Il y a (1ère page) un entrefilet du Crû, sur Gambetta, qu’il faudrait que son journal connût & démentît. C’est grave pour lui.» 1.800 euros.

(< Marlo Johnston)
RR Auction, Boston MA, on line, start 21 August, end 16 September 2015, lot 635. http://www.rrauction.com/bidtracker_detail.cfm?IN=635
ALS in French, signed “Votre géant,” one page, 5.25 x 8, no date but circa 1879 [20 août 1879]. Untranslated letter to his friend Edmond Laporte concerning a monument for his childhood friend Louis Bouilhet. From Laporte’s collection and stamped in the lower left with his initials. In fine condition. Bouilhet, a poet who had passed away a decade earlier, was one of Flaubert’s schoolmates and closest friends. Not only was Bouilhet influential in the development of Flaubert’s style of literary realism, but it was also he who encouraged Flaubert to compose his greatest work, Madame Bovary. A highly desirable letter with a choice association. Pre-certified PSA/DNA.

Vente passée
(< Stéphanie Dord-Crouslé)
24 août 2015, Galateau Pastaud
EMail: galateau@interencheres.com
LOT n°1935. Flaubert (Gustave), La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier et Cie, 1874. In-8 de (3) ff., 296 pp. ½ maroquin noir moderne, dos à nerfs, titre doré, tête dorée. Édition originale en premier état. Inspiré par le tableau de Breughel vu lors d’un voyage en Italie, Flaubert n’établit pas moins de 3 versions de ce texte si particulier entre 1849 et 1874, de sorte qu’il considère lui-même ce poème comme «l’oeuvre de toute [sa] vie». Rousseurs éparses sinon bel exemplaire enrichi d’une lettre autographe signée de Gustave Flaubert, datée du samedi 3 février (1872), et adressée à François Coppée: «Je ne crois pas vous voir demain soir chez la Comtesse, cher ami – car mon mal de gorge ne me permettra pas de sortir. Je voulais vous demander si vous pensez à l’article pour le Moniteur. Il serait grand temps qu’il parût. Vous avez dû recevoir un exemplaire envoyé par Claye - & depuis ma brochure contre mes petits compatriotes? A bientôt & tout à vous G. Flaubert.» (Vicaire, III, 728.) Estimation: 500 – 600 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 169 / 15 juin 2015]

(< François Lapèlerie)
Vente Jean-Philippe Ruellan, 13 juin 2015
Vente en live sur Le Figaro enchères et Invaluable
http://www.svvruellan.com/encheres/detail-lot/1603713425.aspx
Lot n° 75. Flaubert (Gustave), Bouvard et Pécuchet, Oeuvre posthume, Paris, Alphonse Lemerre, 1881, 1 volume in-12. Faux titre, titre, 400 pages. Reliure de l’époque chagrin brun ornée de motifs dorés aux coins et de filets frappés à froid. Dos à nerfs orné et titré or (légers frottements). Tête dorée. Étui marbré. Bon exemplaire en édition originale. Vicaire, III, 733. Estimation: 400 - 500 euros.

Lot n° 76 Flaubert (Gustave), Salammbô, Paris, Michel Lévy Frères, 1863, 1 volume in-8. Faux titre, titre, 474 pages et 1 feuillet non chiffré de table. Reliure de l’époque demi-veau glacé marine (très légèrement frottée). Dos lisse orné de filets dorés et titré or (2 petites griffures et de légers frottements). Coins frottés. Bon exemplaire en édition originale enrichi d’un envoi au faux titre (celui-ci quelque peu jauni et roussi) signé de G. Flaubert: «A Mr F. Deschamps Hommage de la plus haute considération Souvenir d’amitié». Carteret, I, 266. Estimation: 4.000 – 5.000 euros.

(< François Lapèlerie)
Librairie Henri Godts: vente publique à l'Hôtel des ventes Horta, mardi 16 juin 2015, Bruxelles.
367. Flaubert, Gustave, La Légende de saint Julien l'Hospitalier, P. Cornilliac enl.
In-12° carré : 35 ff. ill.
Relié par Léon Gruel: plein maroquin brun, plats entièrement et richement fleuronnés d'arabesques dorées dans le style Renaissance, doublures à semé fleuronné doré (cor et épée) sur maroquin bleu marine orné d'un motif floral répété à froid, le tout cerné de filets dorés gras et maigres et de maroq. brun, gardes de soie moirée brun noisette, tranches dorées (soie éraillée avec manques en gouttière des gardes). Sous étui bordé. Manuscrit sur peau de vélin entièrement enluminé à la manière des manuscrits médiévaux, soit le titre et 68 pages toutes entièrement décorées de cadres floraux variés, de baguettes, bouts de lignes, lettrines, etc., et agrémentées de 14 enluminures de tailles variées. Provenance: F. Bemelmans (ex-libris gravé par Charles Jouas). Beau travail d'un enlumineur amateur non identifié. Estimation: 2.000 - 2.200 euros.

17 June 2015, New York, NY, USA
19TH & 20TH CENTURY LITERATURE by Swann Auction Galleries, Platinum House, Live Auction
Lot 138. Flaubert, Gustave, Salammbô, Michel Lévy, 1863.
http://www.invaluable.com/auction-lot/flaubert,-gustave.-salammbo.-138-c-3924877b02#.VWxRbvwzQSc.email
Estimated Price: $500 - $750
Description: FLAUBERT, GUSTAVE. Salammbô. Tall 8vo, publisher’s yellow printed wrappers, front wrapper partly split, backstrip chipped with loss, mild wrinkling and soiling; scattered dampstaining to text leaves; matching cloth chemise (Blairhame book-label) and slipcase. Paris: Michel Lévy, 1863
Notes: first edition, first issue, with the misprints on page 5 "effraya" instead of "effraièrent" and "Scissites" instead of "Syssites" on pages 251, 368, and 370. In the fragile original wrappers.

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Jacques-Remi Dahan)
Vente Ader-Nordmann, Paris, 18 juin 2015
Lot 127. Gustave Flaubert (1821-1880). L.A.S., [vers 1860-1865?, à Jeanne de Tourbey], sur 1 page in-8 (fente réparée).
http://www.auction.fr/_fr/lot/gustave-flaubert-1821-1880-l-a-s-nbsp-8235940#.VW_hXEbjvo4
http://www.ader-paris.com/html/fiche.jsp?id=5127550&np=7&lng=fr&npp=20&ordre=&aff=5&sold=&r
Curieuse lettre inédite. «Oui! ma belle voisine. Vous pourrez demain venir dans les catacombes. – On vous entraînera dans les endroits les plus secrets... Je vous engage à vous vêtir pour cette expédition, le moins proprement possible. Soyez prête à 2 h. et demie bien juste. Je baise vos belles mains très longuement»...
[La belle Jeanne de Tourbey (1837-1908), future comtesse de Loynes, demeurait rue de Vendôme (actuelle rue Béranger), alors que Flaubert habitait boulevard du Temple, de 1856 à 1869. Le 11 mars 1862, Flaubert a visité les catacombes avec les frères Goncourt, qui ne mentionnent pas la présence de Jeanne de Tourbey.] Estimation: 1.500 – 2.000 euros.

Vente Villanfray & Associés, Paris, Richelieu-Drouot, 19 juin 2015
E-mail : contact@villanfray.com
Lot 142. Flaubert, Gustave, La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier & Cie, 1874.
http://www.villanfray.com/html/fiche.jsp?id=5148130
E.O. 1 vol. grand in-8, demi-chagrin à coins de la fin du 19ème, dos à nerfs, titre fleurons et filets dorés à la bradel, tête dorée, non rogné, couvertures conservées. Faux titre, titre, 1f., 296p. Des rousseurs éparses en début et en fin d'ouvrage, exemplaire grand de marges. Toute première émission de l'édition originale avec les mots «capitaine» à la place de «capitale», page 152 et «éphémérides» pour «éphémères» à la page 295. Estimation: 100 - 150 euros.

Lot 159. Flaubert, Gustave, Salammbô, Paris, Michel Lévy Frères, Libraires-Éditeurs, 1863.
http://www.villanfray.com/html/fiche.jsp?id=5148147
E.O. 1 vol. in-8, demi-toile à la bradel, coins de même, titre doré sur pièce de maroquin noir. Faux titre avec l’annonce de la nouvelle édition de «Madame Bovary» au verso, titre, 374p., 1f. de table. Quelques rousseurs, exemplaire grand de marges. Toute première émission de l’édition originale avec les mots «effraya» pour «effrayèrent» et «Scissites» à la place de «Syssites» aux pages 80, 251, etc. Estimation: 200 - 300 euros.

(< François Lapèlerie)
Roumet, vente aux enchères en ligne jusqu’au 23 juin 2015
http://www.roumet-hp.fr/index.php?list=1&mag=gf&type=vso&venteno=vo52&chap=3311
Lot 92. Flaubert Gustave. LAS datée lundi à sa «chère belle amie», Jeanne de Tourbey (Mme de Luynes) demi-mondaine qui tint un salon littéraire et politique influent sous le Second Empire et la IIIe République. Gustave Flaubert tomba fort amoureux d’elle et lui écrivit des lettres enflammées. 1 p. in 8°. Jolie lettre amoureuse: «Pensez-vous au nommé Rohant. Dites-moi l’adresse de M. E. Daudet, p(our) que je le remercie de son volume. Et croyez bien que je vous idolâtre. Votre vieux fervent.»

(< François Lapèlerie, Jacques-Remi Dahan)
Vente Pierre Bergé, Drouot, 25 juin 2015
http://www.pba-auctions.com/html/fiche.jsp?id=5123329
Lot 183. Gustave Flaubert (1821-1880), L.A.S., Dimanche soir [vers 1856-1857?], à un ami; 1 page in-8 sur papier bleu (trace de collage sur un bord). LETTRE INÉDITE À UN ÉCRIVAIN. Il a vu Eugène CRÉPET. «Il fait grand cas de votre talent et désire vous attacher à sa Revue. [...] Quant à votre roman, il ne serait pas éditeur-rédacteur-gouverneur d’un journal s’il n’avait la rage de vouloir corriger la copie des autres. Je l’ai fortement engagé à prendre la vôtre telle qu’elle est. Oh non! Car il a des idées. C’est un brave garçon mais entêté, je vous exhorte donc à la patience»... Il annonce sa prochaine venue à Paris. Estimation: 1.000 – 1.200 euros.

Vente Ader-Nordmann, 26 juin 2015, Pairs, Salle des ventes Favart, 3, rue Favart, 75002 Paris
EMail: contact@ader-paris.fr, Tél.: 01 53 40 77 10
http://www.ader-paris.com/html/fiche.jsp?id=5144704&np=1&lng=fr&npp=10000&ordre=&aff=5&r=&sold=
Lot n°109. Bouilhet (Louis), Melaenis. Préface de A. Join-Lambert. Évreux: imprimerie de Charles Hérissey pour la Société normande du livre illustré, 1900. Grand in-8, frontispice, XXIV, 149p., (1f.), xvip., 6 planches, couverture imprimée. Demi-maroquin vert sombre à coins, filets dorés, dos à nerfs orné, tête dorée, non rogné, couverture conservée (E. Carayon).
Très belle édition de luxe imprimée à seulement 140 exemplaires numérotés sur papier vélin des papeteries du Marais, illustrée de 17 compositions gravées en couleurs par Bertrand d’après les aquarelles de Paul Gervais, dont 1 frontispice, 6 hors texte, 5 en-têtes et 5 culs-de-lampe.
Ce poème historique est le premier ouvrage de Louis Bouilhet qui le dédia à son ami intime Gustave Flaubert.
Précieux exemplaire, un des 40 de collaborateur, truffé de plusieurs lettres autographes:
- LAS de Gustave Flaubert, datée du jeudi 12 août (1869?), 2 pages 1/2 in-8, où il est notamment question d’une conférence sur Louis Bouilhet à Rouen
- LAS d’Achille Flaubert, frère aîné de Gustave, 2 pages 1/4 in-12, datée du 12 mai 1876
- 2 LAS de Louis Bouilhet adressées à Calderone, dont l’une écrite à la suite d’une lettre de Pascal-Désiré Mulot, 4 pages et 2 pages 1/2 in-8. Dans la seconde il est question de Glatigny
- Carte de visite avec hommage autographe d’Arthur Join-Lambert adressé à M. Legras
- 2 LAS de W. de La Germonière, président de la Société normande du livre illustré, à M. Legras pour le remercier de l’élaboration de cette édition et pour lui offrir le dernier exemplaire disponible du livre.
Très bel exemplaire relié par Carayon. Infimes rousseurs par endroits.
On joint un exemplaire de l’édition originale du texte:
- BOUILHET (Louis). Melaenis conte romain, Paris, Michel Lévy frères, 1857. In-18, (3ff.), 205p., (1f.), 36 pp. de catalogue, couverture imprimée. Demi-maroquin marron à coins, filets dorés, dos à nerfs orné de motifs dorés et mosaïqués, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés (Champs-Stroobants).
Édition originale. Très bel exemplaire malgré une trace de mouillure claire aux premiers feuillets. Complet du catalogue de l’éditeur à la fin.
Provenance: A. Grandsire, avec ex-libris. Estimation: 2.000 – 3.000 euros.

Catalogue Laurent Coulet, n°59 [2015]
http://www.laurentcoulet.com
65. Flaubert, Gustave, Lettres à sa nièce Caroline, Paris, Fasquelle, 1906. EO, un des 25 exemplaires de tête numérotés sur Hollande, celui-ci n°13. 1.500 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 168 / 15 mai 2015]

(< Jacques-Remi Dahan)
Catalogue C’est les bottes de sept lieues [avril 2015], librairie Pierre Saunier, 22 rue de Savoie, 75006 Paris.
http://www.pierre-saunier.fr/media/catalogues_pdf/Les_bottes_7_lieux.pdf

92. Victor Hugo, Quatrevingt-treize, Paris, Michel Lévy, 1874, 2 forts in-12, brochés. 6000 euros.
Première édition in-12, publiée quelques semaines après l’édition originale. Un des 25 ex. sur papier de Hollande.
C’est l’exemplaire de Gustave Flaubert, comportant ce billet autographe signé de Victor Hugo à l’intention de son éditeur:
«je prie M. Michel Lévy de remettre à M. Gustave Flaubert un exemplaire de Quatrevingt-treize.
29 mars 1874 Victor Hugo»
Flaubert avait déjà reçu, dédicacé par Hugo, un exemplaire de l’édition originale in-8°. Cet exemplaire figure sous le numéro 4872 de la vente Sickles des 28-29 octobre 1992.

(< François Lapèlerie, Éric Walbecq, Stéphanie Dord-Crouslé)
Vendredi 22 mai 2015, Drouot-Richelieu
Pierre Bergé & associés. Jean-Baptiste de Proyart, expert.
Collection Jean Patou

http://catalogue.gazette-drouot.com/index.jsp?id=23563&lng=fr
Lot n° 341. Gustave Flaubert. Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, [Croisset, fin novembre 1857]. «La difficulté est de trouver la note juste. [...] les livres ne se font pas comme les enfants, mais comme les pyramides» (à propos de Salammbô). 4 pages in-8 (212 x 135mm), sur papier vergé bleu, à l’encre noire. Quelques ratures.
Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, n°178 «Ne te flatte pas, aimable neveu, de l’espoir d’entendre les aventures de mademoiselle Salammbô [sic] – non, mon bichon. Cela me troublerait [...] Quel chien de sujet! je passe alternativement de l’emphase la plus extravagante à la platitude la plus académique [...] j’ai peur que ce ne soit poncif et rococo en diable. D’un autre côté, comme il faut faire violent, je tombe dans le mélodrame. C’est à se casser la gueule, nom d’un petit bonhomme! La difficulté est de trouver la note juste. Cela s’obtient par une condensation excessive de l’idée, que ce soit naturellement, ou à force de volonté, mais il n’est pas aisé de s’imaginer une vérité constante, à savoir une série de détails saillants et probables dans un milieu qui est de deux mille ans d’ici. Pour être entendu, d’ailleurs, il faut faire une sorte de traduction permanente, et quel abîme cela creuse entre l’absolu et l’oeuvre! [...] ma drogue ne sera ni romaine, ni latine, ni juive. Que sera-ce? Je l’ignore. Mais je te jure bien, de par les prostitutions du temple de Tanit, que ce sera “d’un dessein farouche et extravagant” comme dit notre père Montaigne. [...] Relis et rebûche ton conte. Laisse-le reposer et reprends-le, les livres ne se font pas comme les enfants, mais comme les pyramides, avec un dessin prémédité, et en apportant des grands blocs l’un par-dessus l’autre, à force de reins, de temps et de sueur, et ça ne sert à rien! et ça reste dans le désert! mais en le dominant prodigieusement. Les chacals pissent au bas et les bourgeois montent dessus, etc.; continue la comparaison.» Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, II, Paris, Gallimard, 1980, p.782 et 1410. Estimation: 4.000/ 6.000 euros.

Lot n° 342. Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, Carthage, 1er mai [1858]. «Je dors comme un caillou, je mange comme un ogre, je bois comme une éponge et je ... comme un âne!» 3 pages in-8 (205 x 135mm), sur papier vergé bleu, à l’encre noire. Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, n°181; enveloppe de la vente conservée. Gustave Flaubert confie à son ami Ernest Feydeau les joies de son voyage en Tunisie, au printemps 1858, et regrette qu’il ne l’ait pas accompagné. Il décrit ensuite les différentes étapes de son périple avant de conclure, presqu’en aparté: «Non! sacré nom de Dieu, non! il ne faut jamais écrire de phrases toutes faites. On m’écorchera vif plutôt que de me faire admettre une telle théorie. Elle est très commode, j’en conviens, mais voilà tout. Il faut que les endroits faibles d’un livre soient mieux écrits que les autres.» Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, II, Paris, Gallimard, 1980, p.809 et 1410. Estimation: 5.000/ 7.000 euros.

Lot n° 343
Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, [Croisset, 20 juin 1858]. Retour de Carthage et ébauche de Salammbô. 4 pages in-8 (212 x 136mm), sur papier vergé bleu, à l’encre noire. Quelques ratures. Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, n°185; enveloppe de la vente conservée. Flaubert relate le voyage qu’il a fait à Carthage pour la rédaction de Salammbô: «Je t’apprendrai que Carthage est complètement à refaire, ou plutôt à faire. Je démolis tout. C’était absurde! impossible! faux! Je crois que je vais arriver au ton juste. Je commence à comprendre mes personnages et à m’y intéresser. C’est déjà beaucoup. Je ne sais quand j’aurai fini ce colossal travail. Peut-être pas avant deux ou trois ans. D’ici là, je supplie tous les gens qui m’aborderont de ne pas m’en ouvrir la bouche. J’ai même envie d’envoyer des billets de faire-part pour annoncer ma mort.» Puis, il évoque Fanny avant de parler de sa santé: «Moi, je prends des bains tous les jours. Je nage comme un triton. Jamais je ne me suis mieux porté.» Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, II, Paris, Gallimard, 1980, p.817 et 1429. Estimation: 5.000/ 7.000 euros.

Lot n° 344
FLAUBERT, Gustave
Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, [Croisset, début février 1859]. Conseils de Flaubert à Feydeau qui lui a confié le manuscrit de Daniel avant de le faire publier: «Prends garde d’abîmer ton intelligence dans le commerce des dames.» 4 pages in-8 (208 x 131mm), sur papier vergé bleu, à l’encre noire. Quelques ratures. Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, n°195; enveloppe de la vente conservée. «Ça va bien! très bien! jeune homme! La deuxième partie marche comme sur des roulettes. [...] quant au reste, le papier vous brûle les mains, pour moi du moins. J’ai poussé, tout seul, des bravo! très bien! plusieurs fois [...] Il y a des choses charmantes, exquises, pages 281, 285; ça donne envie d’archifoutre l’héroïne. Ne pleure pas sur tes suppressions, elles étaient indispensables. Je m’y connais, n’aie pas peur. Si je voyais aussi bien dans mes oeuvres que dans celles des autres, je serais un bien grand homme; mais hélas! Oh! que Carthage par moments me scie le trou du cul! Tu es beau, et héroïque, quant aux retranchements; mais j’ai la conviction qu’une ligne oiseuse d’ôtée vous donne dix lecteurs de plus. [...] On me verra cocher de fiacre avant de me voir écrire pour de l’argent. [...] prends garde d’abîmer ton intelligence dans le commerce des dames. Tu perdras ton génie au fond d’une matrice.» Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, III, Paris, Gallimard, 1991, p.13 et 1042. Estimation: 5.000/ 7.000 euros.

Lot n° 345
Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, [Croisset, 16 juin 1859]. Poursuite de l’écriture de Salammbô et médiocrité des temps modernes: «Je suis effrayé, épouvanté, scandalisé par la couillonnade transcendante qui règne sur les humains.» 4 pages in-8 (210 x 134mm), sur papier vergé bleu, à l’encre noire. Quelques ratures. Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, n°202; enveloppe de la vente conservée. «J’ai enfin terminé mon interminable quatrième chapitre, d’où j’ai retranché ce que j’en aimais le mieux. Puis, j’ai fait le plan du cinquième, pris des notes en quantité, etc. [...] Oui, je trouve, contrairement au sieur d’Aurevilly, qu’il s’agit maintenant d’hypocrisie et pas d’autre chose. Je suis effrayé, épouvanté, scandalisé par la couillonnade transcendante qui règne sur les humains. A-t-on peur de se compromettre!!! Cela est tout nouveau, à ce degré du moins. L’envie du succès, le besoin de réussir quand même, à cause du profit, a tellement démoralisé la littérature qu’on devient stupide de timidité [...] Tout cela n’est pas perdu. A mesure que je me plonge plus avant dans l’antique, le besoin de faire du moderne me reprend, et je cuis à part moi un tas de bonshommes. [...] J’ai plusieurs idées sur ton style. [...] Il faudra que ce soit impersonnel.” Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, III, Paris, Gallimard, 1991, p.26 et 1048. Estimation: 5.000 / 7.000 euros.

Lot n° 346
Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, [Croisset, 30 août 1859]. Flaubert raconte à Feydeau une anecdote amusante, et l’entretient de l’avancée de Salammbô. 4 pages in-8 (210 x 132mm), sur papier vergé bleu, à l’encre noire. Quelques ratures. Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, n°204; enveloppe de la vente conservée. «Un jeune homme de Rouen, riche, vingt-trois ans, etc. allait épouser et enrichir par ce mariage, une jeune demoiselle, dix-sept ans, jolie, etc. lorsqu’un jour il surprit, dans sa table à ouvrage, un livre infâme intitulé: Fanny, d’un nommé E. Feydeau! Scandale! cris, scène! et le mariage fut manqué à cause de cela. [...] j’étais tellement enthousiasmé de ce jeune bourgeois que j’éprouvais tour à tour le besoin de lui faire frapper une médaille en aluminium – et de l’écorcher vif. [...] le positif, c’est que ton bouquin a fait rompre un mariage et il est probable qu’en cela il a fait une bonne action!» [...] «pour qu’on dise d’un personnage antique: “c’est vrai”, il faut qu’il soit doué d’une triple vie, car le modèle, le type, qui l’a vu? J’espère dans un mois avoir fini mon VIe chapitre et, avant de rentrer à Paris, le VIIe sera fait, il le faut. Je me suis débarrassé du Ve par la suppression de deux morceaux excellents, mais qui ralentissaient le mouvement.» Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, III, Paris, Gallimard, 1991, p.38. Estimation: 5.000/ 7.000 euros.

Lot n° 347
Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, [Croisset, 19 juin 1861]. Contre la douceur en littérature: «noyons le bourgeois dans un grog à XI mille degrés!» Flaubert aux prises avec la rédaction de Salammbô. 3 pages 1/2 in-8 (205 x 135mm), sur papier vergé bleu, à l’encre noire. Quelques ratures. Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, n°222; enveloppe de la vente conservée. «Tu ne me parais pas te réjouir infiniment, mon vieux Feydeau? et je le conçois! l’existence n’étant tolérable que dans le délire littéraire. Mais le délire a des intermittences; et c’est alors que l’on s’embête. J’applaudis à ton idée de faire une pièce après ton livre sur Alger. Pourquoi veux-tu l’écrire dans des “tons doux”? Soyons féroces, au contraire! Versons de l’eau-de-vie sur ce siècle d’eau sucrée. Noyons le bourgeois dans un grog à XI mille degrés et que la gueule lui en brûle, qu’il en rugisse de douleur! C’est peut-être un moyen de l’émoustiller? On ne gagne rien à faire des concessions, à s’émonder, à se dulcifier, à vouloir plaire en un mot. [...] Au reste, puisque tu as ton idée, exécute-la. Mais sois sûr que ce qui a choqué ces messieurs dans ta dernière oeuvre théâtrale est précisément ce qu’elle comportait de bon et de particulier. Tous les angles sont blessants. [...] Je ne pense pas avoir fini avant la fin de cette année. Mais dussé-je y être encore dix ans, je ne rentrerai à Paris qu’avec Salammbô terminée! C’est un serment que je me suis fait.» Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, III, Paris, Gallimard, 1991, p.157 et 1132. Estimation: 5.000/ 7.000 euros.

Lot n° 348
Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, [Croisset], samedi soir 17 [août 1861]. Flaubert en pleine rédaction de Salammbô: «On commence à marcher dans les tripes et à brûler les moutards. Baudelaire sera content!» 4 pages in-8 (205 x 136mm), sur papier vergé bleu, à l’encre noire. Illustration: croquis autographe représentant une tête de fakir, à l’encre noire dans le coin supérieur gauche de la première page. Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, n°221; enveloppe de la vente conservée. «On n’a de chance qu’en suivant son tempérament et en l’exagérant. Des concessions, Monsieur? Mais “ce sont les concessions qui ont conduit Louis XVI à l’échafaud”. Ce qui n’empêche pas que je préfère, pour moi, ne jamais me mêler de ces messieurs ni directement, ni indirectement. La recherche de l’Art en soi demande trop de temps pour qu’on en perde même un peu à repousser les roquets qui vous mordent les jambes. Il faut imiter les fakirs qui passent leur vie la tête levée vers le soleil, tandis que la vermine leur parcourt le corps. [...] J’ai fait, de mon XIIIe chapitre, 12 pages; il doit en avoir une quarantaine, ce qui me mènera jusqu’à la fin d’octobre. [...] Oui, on m’engueulera, comptes-y. Salammbô 1° embêtera les bourgeois, c’est-à-dire tout le monde; 2° révoltera les nerfs et le coeur des personnes sensibles; 3° irritera les archéologues; 4° semblera inintelligible aux dames; 5° me fera passer pour pédéraste et anthropophage. Espérons-le! J’arrive aux tons plus foncés. On commence à marcher dans les tripes et à brûler les moutards. Baudelaire sera content!» Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, III, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la pléiade, 1991, p.169 et 1141. Estimation: 4.000/ 6.000 euros.

Lot n° 349
Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, [Croisset, vers le 15 septembre 1861]. Fatigue des tueries de Salammbô: «Je vomis des catapultes, j’ai des tollénons dans le cul et je pisse des scorpions.» 3 pages in-8 (205 x 135mm), sur papier vergé bleu, à l’encre noire. Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, n°220; enveloppe de la vente conservée. «Il y a des jours où je n’ai plus la force physique de remuer une plume. Je dors dix heures la nuit et deux heures le jour. Carthage aura ma fin si cela se prolonge, et je n’en suis pas encore à la fin! J’aurai cependant, au commencement du mois prochain, terminé mon siège; mais j’en aurai encore pour tout le mois d’octobre avant d’arriver au chapitre XIV qui sera suivi d’un petit autre. C’est long, et l’écriture y devient de plus en plus impossible. Bref, je suis comme un crapaud écrasé par un pavé; comme un chien étripé par une voiture de merde, comme un morviau sous la botte d’un gendarme, etc. L’art militaire des Anciens m’étourdit, m’emplit; je vomis des catapultes, j’ai des tollénons dans le cul et je pisse des scorpions. [...] Tu n’imagines pas quel fardeau c’est à porter que toute cette masse de charogneries et d’horreurs; j’en ai des fatigues réelles dans les muscles.» Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, III, Paris, Gallimard, 1991, p.174 et 1142. Estimation: 4.000/ 6.000 euros.

Lot n° 350
Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, [Croisset, 29 décembre 1872]. Prises de notes pour Bouvard et Pécuchet. Flaubert évoque également la morosité ambiante: «Les temps ne sont point propices à la littérature.» 2 pages in-8 (208 x 132mm), sur papier de deuil, à l’encre noire. Quelques ratures. Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, première lettre du n°270; enveloppe de la vente conservée. «Rien de neuf dans ma vie, mon cher vieux. Je la passe uniformément au milieu de mes livres et dans la compagnie de mon chien. J’avale des pages imprimées et je prends des notes pour un bouquin [Bouvard et Pécuchet] où je tâcherai de vomir ma bile sur mes contemporains. Mais ce dégueulage me demandera plusieurs années. [...] J’ai pris 51 ans le 12 de ce mois; c’est une consolation.» Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, IV, Paris, Gallimard, 1998, p.627 et 1306. Estimation: 4.000/ 6.000 euros.

(< Marlo Johnston)
Catalogue Otrante, juin 2015
Catalogue http://www.otrante.fr/juin2015.html
Lot 16. Lettre de Louis Bouilhet. Lettre autographe signée de l’ami de Flaubert et de Maupassant au directeur de l’Odéon, relative au dernier drame de l’auteur, Mademoiselle Aïssé. 27 juillet 1868. Trois pages in-8. Deux pages in-folio. Manuscrit autographe de 2 pages in-folio d’Aïssé, correspondant aux scènes X, XI et XII – répliques d’Aïssé, de Madame de Tencin, de Monsieur d’Argental, du comte de Brécourt, du commandeur de Mesme et d’un choeur de Chevaliers. 800 euros

Lot 46. Remy de Gourmont, Manuscrit autographe signé R.G. de Notice sur le buste de Gustave Flaubert par Clésinger (paru dans le Mercure de France en mai 1891, p.259). Grand in-8; 3 ff. contrecollés. Cartonnage à la Bradel, pièce de titre en long de maroquin bordeaux. 650 euros.

(< Michel Pierssens)
Vente Alde, 22 mai 2015
Lot 22. Gustave Flaubert, Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy frères, 1857. 2 volumes in-12, demi-maroquin bleu à long grain avec coins sertis d’un filet doré, dos lisse orné en long, non rogné, couverture (Pagnant). Édition originale très recherchée.
Exemplaire de premier tirage, avec la faute à «Senart» et autres caractéristiques relevées par Max Brun, sans le catalogue de l’éditeur.
Bel exemplaire non rogné dans une jolie reliure de Pagnant.
Charnières légèrement frottées. Estimation: 2.000/ 3.000 euros.
http://www.alde.fr/lot/5346907

Lot 23. Madame Bovary. Moeurs de province, deuxième édition, Paris, Michel Lévy frères, 1857. 2 volumes in-12, percaline gaufrée verte, titre et tomaison dorés sur le premier plat, dos lisse muet, tranches mouchetées (reliure de l’époque). Deuxième édition, parue quelques mois après l’édition originale.
Exemplaire de Julien Benda (1867-1956), l’auteur de La Trahison des Clercs, avec sa signature sur les titres et des accolades marginales dans le texte du même crayon bleu. Il provient des bibliothèques du baron Achille Deban-Laborde, colonel du 4e cuirassiers en 1861, et Edgar Lucas, avec cachets ex-libris.
Rare exemplaire en cartonnage d’éditeur de séduisante provenance littéraire.
Dos du second volume partiellement décollé avec manque sur la charnière inférieure, rousseurs. Estimation: 300/ 400 euros.
http://www.alde.fr/lot/5346908

Lot 24. La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier et Cie, 1874. Grand in-8, maroquin havane, double encadrement de filets à froid avec fleurons aux angles, dos orné de même, filets sur les coupes, dentelle intérieure, doublure et gardes de moire bleue, tranches dorées sur témoins, chemise et étui assortis (P. L. Martin). Édition originale.
Un des 75 exemplaires sur hollande, numérotés et paraphés par l’éditeur.
Superbe exemplaire parfaitement établi par Pierre-Lucien Martin, à toutes marges et complet de la couverture bleue glacée. Estimation: 2.000/ 3.000 euros.
http://www.alde.fr/lot/5346909

Lot 25. Bouvard et Pécuchet, Paris, Alphonse Lemerre, 1881. In-12, maroquin vert, frise géométrique aux angles, guirlande dorée au centre, jeu de filets intérieur, tranches dorées, étui (René Kieffer). Édition originale.
Belle reliure de René Kieffer.
Dos passé. Estimation: 800 / 1.000 euros.
http://www.alde.fr/lot/5346910

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente Alde, 29 mai 2015
Lot 16. Louis Bouilhet (1822-1869) poète, ami de Flaubert. Manuscrit autographe signé.
http://www.alde.fr/lot/5349913
Rognures; cahier petit in-4 de 68 pages (plus ff. blancs), reliure cartonnée de l’époque demi-percaline chagrinée bleu nuit, plats de papier marbré. Précieux recueil de poésies, en grande partie inédit. Celui-ci est un intéressant témoignage des premiers essais poétiques de Louis Bouilhet, avant Melaenis (1857). Les manuscrits de Louis Bouilhet, mort à 47 ans, sont d’une grande rareté. Soigneusement calligraphié (avec quelques variantes marginales), il rassemble 50 «rondeaux – sonnets – triolets – apologues – contes – épigrammes – fantaisies – traductions». Quelques pièces furent recueillies dans les Dernières Chansons (recueil posthume de 1872): «Baiser de muse», «Sur la première page d’un album» et «Imité du chinois», avec quelques variantes. Certaines pièces sont datées, de 1840 à 1859. Une table, à la fin du cahier, dresse la liste des poèmes. «À monsieur le conseiller Clogenson»; «Bain de muse»; «Le déjeuner de Durandeau, triolet»; «Rencontre, triolet»; «À Th. de Banville, triolet»; «Invitation (à M. Courteville), triolet»; «L’Oeuf Politique, apologue» (1840); «La Chenille et le Papillon, apologue»; «Sur la 1ère page d’un album»; «À une magnétiseuse»; «À un médecin-poëte»; «Tables tournantes, à une dame»; «Compliment, pour une enfant de cinq ans» (1845); «Compliment, deux petits orphelins, à une soeur aînée, qui se marie» (1858); «Au chapeau de Caudron» (1845); «À Blaise; Timidité» (1843); «Opium, impromptu à mon ami Boivin qui voulait dormir, et à qui j’avais, à cet effet, envoyé mes poësies» (1840); «Sur le pavé, rondeau, à P.H.»; «À une jeune fille, traduit d’Anacréon» (1840); «À Mlle X** (réponse), impromptu»; «Le Vieux, traduit d’Anacréon»; «Au pamphlétaire du Figaro»; «Trente ans! (à E. Morisse)»; «Il fait très noir, rondeau» (Rouen, juin 1845); «On veut savoir, rondeau» (1845); «À une demoiselle d’estaminet» (1844); «Le diable est là, conte» (1840); «L’Ivrogne, conte» (Cany, septembre 1845); «Le Retour, romance» (23 août 1841); «À Mulot, triolet» (mai 1859); «à L.B., quatrain signé Edw. Shortown» (Courteville 24 août 1859); «Les cinq doigts»; «Souvenir (acrostiche pour Victor Lepeley)»; «À Dorylas»; «Le debteur»; «Épigramme (trouvée dans les ruines d’Herculanum)», en latin; «Chant nuptial, fragment, traduit de Catulle»; «À Lesbie»; «À un poëte qui s’était fait marchand de pierres…»; «À M. Francis de Saint-Lary, et à Mme, le jour de ses noces, rondeau, et Envoi du rondeau»; «À une dame, en lui offrant un porte-montre»; «Impromptu, pour l’inauguration d’une fontaine (Saint-André de l’Eure)»; «Proportions (au cimetière de Montmartre)»; «À Champfleury»; «À Rosette» (1845 Rouen); «Imité du chinois» (Iu-Kiao-Li); «À Ismérie» (Rouen, 1847); «Traduit de Juvénal»; «Menace» (1846); «Au moineau de Mlle M. D.» (1er avril 1857). Nous citons la première et la dernière strophe de cet ultime poème, qui compte 18 tercets: «Petit moineau d’humeur traîtresse Qui, le matin, de ta maîtresse Viens becqueter la noire tresse, […] Ce sera justice, après tout: Le seul Dieu que le monde absout, Ô moineau, c’est le Dieu qui fout!...» Ex-libris G.R. Piclin, à Rouen, et étiquette de la 3e vente George Sand (Versailles, Hôtel Rameau, 11 juin 1965, Me Blache).
Estimation: 1.800/ 2.000 euros.

Lot 90. [Gustave FLAUBERT (1821-1880)]. Important dossier documentaire constitué par Edmond Ledoux.
http://www.alde.fr/lot/5349987
Edmond Ledoux (†1962) fut stagiaire à l’étude notariale de Maître Ozanne, apparenté au Dr Franklin-Grout, le second mari de la nièce de Flaubert. C’est à cette époque qu’il commença à se passionner pour l’écrivain. Il travailla à faire revenir sa bibliothèque à Rouen et en fut nommé conservateur quand elle fut hébergée par la ville de Canteleu. Il a également inventorié et daté la correspondance de Flaubert offerte à l’Institut de France par sa nièce, et réuni, tout au long de sa vie, une documentation unique en vue d’un ouvrage resté à l’état de projet. Correspondances. Copies manuscrites de lettres de Flaubert, écrites de Croisset ou de Paris entre 1867 et 1880, adressées à George Sand, Maupassant, la princesse Mathilde, Philippe Leparfait, etc.; de lettres de George Sand, 1865-1874, adressées à Flaubert... Copies dactylographiées de lettres adressées à Caroline Commanville, 1883-1884, à propos de la première édition de la correspondance de Flaubert, par Toudouze, Bouilhet, E. Renan, F. Baudry, Zola, Leconte de Lisle, la Princesse Mathilde, Gautier, Lovenjoul, Daudet, etc. Notes diverses de Ledoux. Plan d’un ouvrage sur la vie et l’oeuvre de Flaubert. Recherches sur les oeuvres de Flaubert (Bouvard et Pécuchet, Salammbô, La Tentation, Le Château des coeurs...); inventaire des pièces autographes et manuscrits trouvés dans les papiers de l’écrivain; notes sur sa bibliothèque, etc. Papiers familiaux. Documents sur le buste érigé à Rouen en l’honneur du père de l’écrivain le Dr Achille-Cléophas Flaubert; sur la succession de sa mère; copie de l’acte de décès de Gustave Flaubert et nombreuses notes sur les mystères entourant sa mort; copie de l’apposition et levée des scellés sur ses biens, etc. Photographies. 6 reproductions de portraits de Flaubert, dont 2 gravures; portrait de Caroline Commanville; 5 cartes postales de Croisset. Imprimés. Discours prononcé à l’inauguration du monument érigé à Rouen à Gustave Flaubert par J. Félix (1891); Edmond Spalinowski, Autour de Flaubert (1933); quelques sources inédites de La Tentation de saint Antoine de Gustave Flaubert, extrait de la Revue d’Histoire littéraire de la France (1953, avec envoi); Chronique médicale du 1er août 1908 (souvenirs du Dr Henri Fauvel sur Flaubert); catalogue de vente publique (correspondance de Flaubert à E. Laporte, 20-28 mars 1933, manque la couv.). On joint le journal personnel d’Edmond Ledoux (1932-1941), et la correspondance échangée avec le Dr Galérant à propos de Flaubert (avec brouillons de réponses). Estimation: 1.800/ 2.000 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 167 / 2 avril 2015]

Mardi 14 avril 2015, vente Ader Nordmann, Paris, salle des ventes Favart.
Expert Thierry Bodin.
http://www.ader-paris.fr
Lot 100. Gustave Flaubert (1821-1880). Enveloppe autographe, [Rouen 11 avril 1853], à Louise Colet; 7 x 11 cm, cachets postaux, cachet de cire rouge brisé à ses initiales G F. Enveloppe écrite de la main de Flaubert, adressée à son amante «Madame Colet. rue de Sèvres. 21. Paris». Estimation: 200 – 300 €.
http://www.ader-paris.com/html/fiche.jsp?id=4950290&np=5&lng=fr&npp=20&ordre=&aff=5&sold=&r=

Lot 101. Gustave Flaubert, L.A.S., Paris jeudi soir [3 décembre 1863], à Hortense Cornu; 2 pages in-4. Lettre inédite à propos du Château des coeurs, «féerie» écrite en collaboration avec Louis Bouilhet et le comte d’Osmoy. Flaubert invite Mme Cornu à venir chez lui mercredi avec M. Cornu et le petit Jules, «entendre Le Château des coeurs. Les autres auditeurs seront un dessinateur de la pièce [Durandeau], & la Ctesse d’Osmoy. Peut-être Charles-Edmond y viendra-t-il aussi? J’oubliais un ami de Bouilhet: Alfred Guérard. L’heure est fixée à 1 heure très précise. Car c’est une lecture qui demande quatre heures, y compris le temps de souffler entre chaque tableau. Si vous ne pouviez venir ce jour-là on recommencerait pour vous seule un autre jour, la même cérémonie»... Il donne son adresse: «boul. du temple 42». Estimation: 1.500 – 1.800 €
http://www.ader-paris.com/html/fiche.jsp?id=4950291&np=5&lng=fr&npp=20&ordre=&aff=5&r=

(< Éric Walbecq)
Catalogue Roumet, Histoire Postale, 51e vente, 7 avril 2015.
Lot 66. Lettre à Catulle Mendès, 25 octobre 1872, inédite. LAS de Croisset datée de jeudi soir à «Mon cher ami», 1 p. in 8° (petits défauts). «J’ai reçu ce matin une dépêche de vous en style télégraphique m’annonçant la mort de mon pauvre Théo. Mais la dépêche était dans une enveloppe, comme une lettre, pourquoi? Donc, j’ai su l’événement au bout de trente heures. Au moment où je lisais vos deux lignes, il était déjà enterré? Que vous dirais-je? Je suis écrasé! Tant mieux pour lui, après tout! Mais nous, mais moi!... J’en ai assez! et je ne demande qu’à le suivre.» Prix de départ: 2.000 euros.
www.roumethp.fr

(< Jacques-Remi Dahan)
Flaubert, L’Éducation sentimentale, Paris, Michel Lévy, 1870.
2 volumes in-8 de [4]-427 et de [4]-331-[32] pages, demi maroquin havane à coins, dos lisses ornés, t. dorées (Honnelaître, relieur). Édition originale parfaitement reliée par Honnelaître. L’exemplaire est complet du catalogue de la librairie Michel Lévy de 32 pages.
Au titre du second volume, comme l’indique Clouzot, la mention fallacieuse deuxième édition. Petits frottis, dos légèrement passés, l’intérieur est exempt de défauts et à grandes marges. (Clouzot, 121). (Belle Vente de Livres et Manuscrits, 11 Avril 2015 à 14h30, Guillaumot-Richard, 69400 Villefranche-sur-Saône. Lot 36.)
http://www.auction.fr/_fr/lot/flaubert-g-l-rsquo-education-sentimentale-paris-michel-levy-1870-2-volumes-7763393#.VREKK45WVN0

[BULLETIN FLAUBERT n° 165 / 27 janvier 2015]

Catalogue Les Autographes (Thierry Bodin), n°139, janvier 2015.
http://www.franceantiq.fr/slam/autographes/Cat.asp?AUTEUR=Flaubert&IdTable=Bodin0115
Lot 113. Gustave FLAUBERT  (1821-1880) romancier. MANUSCRIT autographe, Esther; 4 pages in-fol. 5.000 euros.

RÉSUMÉ DE L’HISTOIRE D’ESTHER. Flaubert résume les 16 chapitres du Livre d’Esther, avec d’importantes citations (ou traductions), assez longuement pour les 7 premiers chapitres; la fin est brièvement résumée. Il a probablement utilisé ces notes pour la documentation de Salammbô, notamment pour l’épisode du banquet. «I. Assuerus règne depuis l’Inde jusqu’à l’Éthiopie sur cent vingt sept provinces. Lorsqu’il monte sur le trône il donne un festin à Suse, sa capitale qui dura pendant cent quatre vingt jours (v. 4). Puis il en donne un autre à tout le peuple de Suse. “Il commanda qu’on préparât un festin pendant sept jours dans le vestibule de son jardin et d’un bois digne de la magnificence royale, qui avait été planté de la main des rois. On avait tendu de tous côtés des tapisseries de fin lin, de couleur bleu céleste et d’hyacinthe qui étaient soutenues par des cordons de fin lin teints en écarlate qui étaient passés dans des anneaux d’ivoire et attachées à des colonnes de marbre. Des lits d’or et d’argent étaient rangés en ordre sur un pavé de porphyre et de marbre blanc qui était embelli de plusieurs figures avec une admirable variété. … 9. La reine Vasthi fit aussi un festin aux femmes dans le palais où le roi Assuerus avait accoutumé de demeurer”. Le septième jour, plus gai qu’à l’ordinaire il commanda à Maümam, Bazatha, Harbona, Bagatha, Abgatha, Zethar et Charchas qui étaient les sept eunuques officiers ordinaires du roi Assuérus “de faire venir devant le roi la reine Vasthi ayant le diadème sur la tête, pour faire voir sa beauté à tous ses peuples et aux premières personnes de sa Cour, parce qu’elle était extrêmement belle”. La reine refuse. Le roi entre en colère»… Etc.
De la vente de la succession de Mme Franklin Grout-Flaubert, Paris 18-19 novembre 1931 (partie du n°168). Catalogue en ligne:
http://flaubert.univ-rouen.fr/bibliographie/cat1931_drouot.pdf

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Catalogue Les Neuf Muses (Alain Nicolas), «Ephemera» [janvier 2015]
Lot 45. Flaubert, Madame Bovary, éd. préoriginale, Revue de Paris, tomes XL-XLI, 6 livraisons, 1er octobre 1856-15 décembre 1856. 1.000 euros.

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(< Jacques-Remi Dahan)
Librairie Malais - Cabinet Chaptal, 1 rue de Fleurus, 75006 Paris.
19. Exemplaire de Gustave Flaubert. Pouchet (Georges), Précis d’histologie humaine, Paris, Victor Masson & fils, 1864. In-8, demi-chagrin noir de l’époque, 379p. 1.000 euros.
«A mon cher maître et ami Gustave Flaubert, son dévoué, Georges Pouchet
http://www.cabinet-chaptal.com/CatalogueNoel.pdf
http://r.ag.d.mailin.fr/3ktu258qyy3d.html

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(< Éric Walbecq)
Galerie Manuscripta, en ligne.
http://www.autographes-manuscripta.com/flaubert-lettre-autographe/
Gustave Flaubert, lettre autographe signée à sa nièce Caroline. Lundi 9h du matin; 1 page in-8°. 2.300 euros.
Tendre lettre de l’écrivain à sa nièce adorée: «Ma Caro, Puisque ta bonne maman (la mère de l’écrivain) continue à ne pas me donner son adresse remets lui immédiatement le mot suivant. Mille bécots sur tes bonnes joues roses ton vieux. […] J’espère déjeuner chez toi, demain, mon cher loulou.»

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(< Marie-Dominique Nobécourt Mutarelli)
Catalogue du libraire Pierre Prévost consacré à l’artiste Raphael Freida et à ses illustrations d'ouvrages.
N°24. Ensemble de dessins originaux et croquis préparatoires pour l’illustration de Hérodias. 6.500 euros.
N°25. Volume publié avec 3 suites des illustrations, une sur japon, une sur hollande en noir et une sur hollande à la sanguine. 850 euros.

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(< Olivier Leroy)
Librairie Le Feu Follet, 31 rue Henri Barbusse, 75005 Paris
Catalogue janvier 2015
http://www.edition-originale.com/pdf/catalogue-janvier-1421341290.pdf

68. FLAUBERT Gustave. La Tentation de saint Antoine.
Charpentier & Cie, Paris 1874, 15,5x23cm, relié.
Édition originale comportant la faute «capitaine» à la place de «capitale», page 152, et «éphémérides» pour «éphémères» à la page 295.
Reliure en demi-chagrin brun, dos à 5 nerfs réhaussés de filets dorés, date en pied, couvertures légèrement salies conservées, tête dorée, reliure légèrement postérieure.
Envoi autographe signé de l’auteur à Madame Drouais: «À Madame Drouais. Humble hommage de son tout dévoué G. Flaubert».
Les envois de Flaubert sur ce titre sont d’une grande rareté. (cf. Clouzot) 10.000 euros.

69. FLAUBERT Gustave. Salammbô.
Michel Lévy, Paris 1863, 15x23cm, relié.
Édition originale sur papier courant.
Reliure en demi-chagrin sapin, dos à cinq nerfs, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, ex-libris encollé sur une garde, reliure de l’époque.
Rare envoi autographe signé de l’auteur à (Louis) de Carné, journaliste et historien dont Flaubert possédait plusieurs ouvrages référencés dans l’inventaire de sa bibliothèque. L’intérêt que portait Flaubert à l’oeuvre de Carné n’était toutefois pas bienveillant. On retrouve en effet des notes critiques sur ses articles dans les dossiers de Bouvard et Pécuchet.
D’autre part, la parution de Salammbô coïncide avec l’élection controversée de Louis de Carné à l’Académie française, qualifiée de coup d’état clérical par une partie de l’opinion publique. Elle était en effet le résultat de la fronde organisée par Mgr Dupanloup contre l’autre candidat, Émile Littré, auteur d’une définition matérialiste de l’homme qui déchaîna la fureur des partis religieux et Orléanistes. Flaubert évoque le scandale de cette élection dans une lettre aux Goncourt du 6 mai 1863: «Avez-vous suffisamment vitupéré Sainte-Beuve et engueulé l’Académie à propos de la nomination Carné?»
Bien qu’il précède sans doute légèrement cette élection, cet envoi de Flaubert à Carné est un curieux hommage d’un écrivain accusé naguère «d’offense à la morale publique et à la religion» à un futur représentant du pouvoir religieux au sein même de la prestigieuse Académie.
Rares et légères rousseurs sans gravité, bel exemplaire. 15.000 euros.

70. FLAUBERT Gustave. La Tentation de saint Antoine.
Charpentier & Cie, Paris 1874, 15,5x23cm, relié.
Édition originale comportant la faute «capitaine» à la place de «capitale», page 152, et «éphémérides» pour «éphémères» à la page 295.
Édition originale en premier état sans mention.
Reliure japonisante en pleine toile chocolat, dos lisse avec pièce de titre dans un cartouche apposé en diagonale, plats ornés de motifs floraux repoussés, reliure signée de Pierson, relieur des Goncourt, actif dans le dernier tiers du XIXe siècle.
Rousseurs.
Flaubert avait écrit une première version de ce texte, la plus étoffée, qu’il avait lue à Maxime Du Camp et Louis Bouilhet avant son départ en Orient en 1849. Une deuxième version, plus courte, aurait dû paraître en 1856, mais Flaubert prit peur après le procès de Madame Bovary. Ce n’est donc qu’en 1874 qu’il donne cette version définitive, nettement modifiée par rapport aux deux autres.
Précieux exemplaire habillé d’une rare reliure japonisante «à la Goncourt». 1.800 euros.

71. FLAUBERT Gustave. L’Éducation sentimentale.
Michel Lévy frères, Paris 1870, 2 volumes reliés.
Édition originale en premier état sans mention.
Reliures japonisantes en pleine toile chocolat, dos lisses avec pièce de titre dans un cartouche apposé en diagonale, plats ornés de motifs floraux repoussés, reliures signées de Pierson, relieur des Goncourt, actif dans le dernier tiers du XIXe siècle.
Rousseurs.
Précieux exemplaire habillé d’une rare reliure japonisante «à la Goncourt». 2.800 euros.

72. FLAUBERT Gustave. Madame Bovary.
Michel Lévy frères, Paris 1857, 10,5x17cm, 2 volumes reliés en 1.
Édition originale.
Reliure en plein chagrin aubergine, dos à quatre fins nerfs sertis de filets dorés orné de triples caissons à froid, roulettes à froid sur les coiffes et les coupes, encadrement de quintuples filets dorés et d’un large filet à froid sur les plats, dentelle dorée en encadrement des contreplats, gardes et contreplats de soie moirée crème, légères taches de rousseurs sans gravité sur les contreplats et les gardes, toutes tranches dorées, ex-libris encollé sur un contreplat, élégante reliure de l’époque (ce qui n’est pas très aisé à rencontrer selon Clouzot). Très rare envoi autographe signé de l’auteur à Alfred Guerard, proche ami de Louis Bouilhet à qui est dédié l’ouvrage: «À Alf. Guerard/ souvenir d’amitié/ Gustave Flaubert». (Les dernières lettres du mot amitié et du nom de Flaubert ont été rognées par le relieur). Une mouillure claire sans gravité en pied des premiers feuillets de l’ouvrage.
Les envois autographes de Flaubert sont fort rares sur Madame Bovary. (Cf Clouzot).
Bel exemplaire agréablement établi en reliure de l’époque.
Alfred Guerard fut avec Gustave Flaubert le plus proche ami de Louis Bouilhet. Ce grand industriel rouennais était également un ami des arts et un véritable mécène pour Bouilhet qui lui dédia plusieurs ouvrages. Flaubert, comme en témoigne sa correspondance, ne manquait pas de l’inviter à ses dîners littéraires ou artistiques. Il sera notamment, en 1863, l’un des très rares auditeurs du «Château des coeurs», féérie avortée qui ne connut que cette «lecture solennelle devant un aréopage» que Flaubert sélectionne parmi ses amis de la haute société: «Nous avons voulu avoir un public de bourgeois pour juger de l’effet naïf de l’oeuvre.» (cf. lettres à sa nièce Caroline décembre 1863). 23.000 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 164 / 9 décembre 2014]

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Éric Walbecq)
9 décembre 2014 à 14h. Vente Artcurial - Briest-Poulain-F.Tajan, 75008 Paris
Livres et Manuscrits Anciens et Modernes Bibliothèque Henry Bouillier et à divers - Vacation 2
http://www.auction.fr/_fr/lot/gustave-flaubert-vie-et-travaux-du-r-p-cruchard-5-p-in-4-7089611#.VG2IQclIRgk
Lot 283, Gustave Flaubert, Vie et Travaux du R.P.Cruchard
5 p. in-4, papier vergé bleu, signé Pruneau. [1873] 10 mots raturés et changés.
Flaubert dans l’antichambre de Bouvard et Pécuchet!
Dédié à Mme la baronne D. Dev, née A. D., qui n’est autre que George Sand, née Aurore Dupin, et qui avait été mariée au baron du Devant. Ce manuscrit intitulé Vie et travaux du R.P. Cruchard, est une biographie burlesque et truculente. Cruchard naît dans le pressoir à cidre d’une ferme de Mariquerville, près de Bayeux. Pieux, il est placé dans un séminaire, mais reste réfractaire à l’étude jusqu’au jour où un pèlerinage provoque chez lui un changement radical. Devenu actif et travailleur, ses succès s’accusent et vont grandissant; ils le mènent à la cathédrale de Bayeux où il prêche.
Ses mérites, dont Flaubert donne la liste ébouriffante, attirent sur lui l’attention d’un haut fonctionnaire qui l’introduit à la Cour. Notre R.P. s’y gave copieusement chaque fois que s’en présente l’occasion, à telle enseigne qu’un seigneur le définit: le premier théologien et la première fourchette du royaume. Dès lors, si générale est sa réputation, que les grandes dames et les nonnes le veulent toutes avoir pour confesseur. Il se montre indulgent et bon. Mais voilà que l’obésité s’empare de son corps et qu’un proche gâtisme alourdit son esprit. Il ne cesse, toutefois, d’être gai, jusqu’à l’heure suprême où il dit: Je sens que la cruche va tout à fait se casser.
Flaubert a peint, dans cette biographie, certains traits de son caractère et travers de son esprit intransigeant. Cruchard c’est Gustave Flaubert, rien de moins…
À partir de 1872, Flaubert signe fréquemment ses lettres à George Sand de ce nom de Cruchard: «Votre vieille bedolle Cruchard, ami de chalumeau. Notez ce nom-là. C’est une histoire gigantesque, mais qui demande qu’on se piète pour la raconter convenablement.» En mars 1872, Gustave Flaubert, autrement dit le R. P. Cruchard des Barnabites, directeur des Dames de la Désillusion, adresse son manuscrit à George Sand. Quelque temps après, le 3 octobre 1873, Sand, charmée, répond à son ami: «L’existence de Cruchard est un beau poème, tellement dans la couleur que je ne sais si c’est une biographie de ta façon ou un article fait de bonne foi.» Flaubert répond: «Je suis content de vous avoir un peu divertie avec la biographie de Cruchard. Mais je la trouve hybride et le caractère de Cruchard ne se tient pas! Un homme si fin dans la direction n’a pas autant de préoccupations littéraires. L’archéologie est de trop. Elle appartient à un autre genre d’ecclésiastiques. C’est peut-être une transition qui manque.» On voit qu’il jugeait sévèrement ce qu’il écrivait.
En post-scriptum d’une lettre d’avril 1874 à la même correspondante, Flaubert écrit: «Pourriez-vous me donner une copie, ou l’original, de la biographie de Cruchard; je n’en ai aucun brouillon et j’ai envie de la relire pour me retremper dans mon idéal.»
Il y a dans la vie de Cruchard, un peu de Bouvard et Pécuchet, que l’on trouve dans le ton léger et plaisant de ses écrits contemporains. Ainsi Cruchard se prénomme Bartholomé Denys, troisième et deuxième prénoms de François Bouvard, et Romain, deuxième prénom de Juste Pécuchet. De même, les divers essais de Cruchard se confondent avec les intérêts centraux de nos deux apprentis expérimentaux.
Après la mort de George Sand, une édition de sa correspondance est annoncée. Gustave Flaubert demande alors à l’héritier d’effacer des lettres les noms de Cruchard et Polycarpe, autre invention nominative de Flaubert: «Remplacez ces mots par ceux qu’il vous plaira. Le public ne doit pas avoir de nous tout. Réservons quelque chose pour nous-mêmes.» Et de finir par: «CRUCHARD pour vous, POLYCARPE pour le genre humain, GUSTAVE FLAUBERT pour la littérature.» En 1880, Cruchard disparaît une seconde fois avec Flaubert.
Le manuscrit proposé ici est, à quelques corrections près, celui publié originellement en 1943 dans la revue lyonnaise Confluences, avec une présentation de Jean Thomas, professeur de Lettres à l’Université de Lyon. Cette publication jusqu’à cette date est inédite; de même il lui faudra attendre 2005 et la publication des Universités de Rouen et du Havre, présentée et annotée par Matthieu Desportes et Yvan Leclerc, pour sortir de l’ombre et rejoindre l’oeuvre littéraire de Flaubert. Il en existerait donc trois autres versions différentes, soit dans le titre, soit dans le signataire. Ici il s’agit de Pruneau, les autres portant la signature de Cerpet. Il semble que notre manuscrit soit bien celui qui servit de référent à Flaubert, qu’il envoya à Sand et qu’elle lui retourna en avril 1874, afin qu’il puisse le retravailler.
Ce qui prouve, s’il en est besoin, que ce texte est bien une oeuvre littéraire en soi, manifestant la volonté de Flaubert de le conserver et de le consigner comme création à part entière.

(< Eric Walbecq)
Galerie Manuscripta
http://www.autographes-manuscripta.com/?s=flaubert&et-month-choice=no-choice&et-cat=0&et_searchform_submit=et_search_proccess
[Toutes ces lettres sont déjà vendues.]
Flaubert Gustave, lettre autographe signée à son ami Ernest Feydeau. Lundi matin (Paris, 8 septembre 1862); 1 page in-8°.
Flaubert revoit une dernière fois son manuscrit avant la publication de Salammbô: «Mon cher vieux, Me voilà revenu. Dans huit jours je fais gémir les Presses et je donne un dernier coup de pouce à mon bouquin. Peux-tu venir me voir un de ces matins avant d’aller à la Bourse. C’est l’instant le plus chanceux pour nous rencontrer, car je peux être sorti l’après-midi et je travaille tous les soirs. Je suis fort occupé, mais il me tarde d’embrasser ta vieille trombine…»
Flaubert écrit le 24 avril 1862 à Mlle Leroyer de Chantepie: «J’ai enfin terminé, dimanche dernier Salammbô. Les corrections et la copie me demanderont encore un mois et je reviendrai ici [à Paris] dans le milieu de septembre pour faire paraître mon livre à la fin d’octobre…» Il passe septembre et octobre à corriger les épreuves d’imprimerie, il écrit à Mlle Amélie Bosquet le 21 octobre: «Je suis dans l’agacement des épreuves et des dernières corrections…» Enfin, le 20 novembre 1862 paraît Salammbô en librairie. La première édition est de deux mille volumes.

Flaubert Gustave, lettre autographe signée à Jules Troubat. Mardi soir (1871); 1 page in-8°.
Flaubert remet sa rencontre pour plus tard pris par la pièce de son défunt ami Bouilhet Mademoiselle Aïssé: «Merci, mon cher Troubat. Je n’en attendais pas moins de vous! Si je n’étais accablé de besogne j’irais vous serrer les mains. Ce sera pour le commencement de l’année prochaine, après Aissé…».
À la mort de son ami Louis Bouilhet, le 18 juillet 1869, Flaubert perd son plus proche ami et également «son accoucheur, celui qui voyait dans ma pensée plus clairement que moi-même», écrit-il à George Sand. Il se donne comme devoir de faire connaître l’oeuvre littéraire de son ami. Il obtient que soit joué au Théâtre de Cluny Le Coeur à droite et au Théâtre de l’Odéon Mademoiselle Aïssé. Il s’attèle à cette dernière en janvier 1872; après de nombreuses difficultés la pièce est jouée au Théâtre de l’Odéon avec dans le rôle principal Sarah Bernhardt.
Jules Troubat (1836-1914), dernier secrétaire de Sainte-Beuve, est son légataire universel et exécuteur testamentaire. Il publie notamment la correspondance de l’écrivain après sa mort.

Caroline Commanville, lettre autographe signée à Gustave Flaubert. S.l.n.d.; 2 pages 1/2 in-8°.
Caroline Commanville donne des informations détaillées à son oncle sur la liturgie pendant les messes, sans oublier de lui demander un service: «Cher vieux, Je reçois les renseignements demandés à Flavie, inutile de te les envoyer à Croisset tu seras parti à l’heure du facteur. On te remettra demain matin ce petit mot. Voici ce que Mr Duquesnoy a répondu à tes questions. En sa qualité de curé il était à même de bien te renseigner. «Liturgiquement on ne doit pas chanter aux messes basses d’enterrement; on le fait cependant aux enterrements de 1ère classe. Partout on chante en général le Dies irae qu’on coupe en plusieurs morceaux de manière à ce qu’ils se rapportent autant que possible aux différents points de la messe, à l’élévation on chante trois fois «Pie Jesus Domine Dona eis requiem». Après la messe on chante ordinairement le «Libera me Domine De morte aeterna». En 1850 on chantait les mêmes morceaux qu’à présent à ces messes qui sont de pure fantaisie. Maintenant mon bon cher vieux je vais te prier de me rendre un service par suite d’une dentellière inexacte je n’ai pu envoyer une robe à arranger. C’est très pressé si je l’expédie demain par chemin de fer elle ne sera distribuée que dimanche. C’est trop tard. Peux tu te charger de la caisse et la remettre en passant chez Gagelin 83 rue de Richelieu. Je suis honteuse de la grandeur démesurée de mon colis mais il est très léger. Mille pardons et autant de bons baisers en te souhaitant un voyage selon tes désirs. Ta toute dévouée Caroline.»

George Sand, lettre autographe signée adressée à Gustave Flaubert. St Valéry lundi 1h du matin [27 août 1866]; 1 page in-8, adresse au dos avec timbre et cachet postal.
George Sand sollicite son complice Gustave Flaubert pour lui faire découvrir Rouen. «Cher ami je serai mardi à Rouen à 1h. Je m’arrangerai en conséquence. Laissez moi voir Rouen que je ne connais pas, ou faites-le moi voir si vous avez le tems. Je vous embrasse. Dites à votre mère combien je suis touchée et reconnaissante du bon petit mot qu’elle m’a écrit.»
C’est le 12 février 1866 que Gustave Flaubert présente George Sand à ses confrères aux dîners du restaurant Magny. De ce jour naîtra une belle et profonde amitié entre ces deux illustres écrivains. Cette même année 1866, Sand lui dédie son roman Dernier Amour et vient pour la première fois le voir sur ses terres normandes en lui annonçant dans cette lettre sa visite à Croisset du 28 au 30 août 1866. Flaubert la réceptionne sur le quai de la gare et l’emmène visiter Rouen en voiture. Puis, ils se rendent à Croisset où les reçoit la mère de Flaubert. George Sand note dans son agenda à la date du 28 août: «La mère de Flaubert est une vieille charmante.»

(< Jacques-Remi Dahan)
Gustave Flaubert, La Tentation de saint Antoine, Charpentier & Cie, Paris 1874, 15,5x 23cm, relié. 10.000 euros.
Édition originale comportant la faute «capitaine» à la place de «capitale», page 152, et «éphémérides» pour «éphémères» à la page 295.
Reliure en demi-chagrin brun, dos à 5 nerfs rehaussés de filets dorés, date en pied, couvertures légèrement salies conservées, en-tête doré, reliure légèrement postérieure.
Exemplaire enrichi d’un envoi autographe signé de l’auteur à Madame Drouais: «à Madame Drouais. Humble hommage de son tout dévoué G. Flaubert.»
Les envois de Flaubert sur ce titre sont d’une grande rareté.
http://www.edition-originale.com/fr/litterature/envois-autographes-dauteurs-manuscrits/flaubert-la-tentation-de-saint-antoine-1874-46529

Catalogue Laurent Coulet, n°57 [décembre 2014]
http://www.laurentcoulet.com
39. Caroline Commanville, Souvenirs sur Gustave Flaubert, Ferroud, 1895. Première édition séparée et première illustrée. Maroquin de Stroobants. N°444 des 500 exemplaires numérotés. 450 euros.
80. Gustave Flaubert, Lettres à sa nièce Caroline, Fasquelle, 1906. EO. N°13 des 25 exemplaires numérotés sur Hollande. 1.500 euros.
81. Madame Bovary, Michel Lévy, 1857, EO. Reliure d’époque. 2.000 euros.
82. La première Tentation de saint Antoine (1849-1856), publiée par Louis Bertrand, Charpentier et Fasquelle, 1908. 120 euros.

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