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Flaubert par divers auteurs

Citations envoyées par
Louis Watt-Owen (2009)

Thomas Bernhard

« Il est vrai que le chien a toujours été un grand problème, mais son effrayante puanteur engendre les commencements de grandes pensées : Pouchkine, Alexander, Flaubert. »

Thomas Bernhard, Dans les hauteurs, Gallimard NRF, 1991 (p. 11).

Éric Chevillard

« Va, laisse-moi mourir, sauve toi ! l’exhortait Bouilhet dans un râle. Ne dis pas de bêtises, répliqua Gustave en chargeant sur son dos son vieil ami, je ne passerai pas à la postérité sans toi. »

Éric Chevillard, L’Autofictif, L’Arbre Vengeur éditeur, 2009, p. 132.

« Pas du tout ! C’était à Croisset, faubourg de Rouen, dans les jardins de Flaubert. »

Éric Chevillard, note 565 du blog « L’Autofictif », 21 mai 2009.
http://l-autofictif.over-blog.com/article-31681025.html

Cioran

« 12 avril : Si l'on en croit Maxime Du Camp, Flaubert, en Égypte, ne s'intéressait ni aux paysages ni aux monuments, mais songeait tout le temps aux moeurs normandes et aux personnages de Madame Bovary, roman à l'état de projet. C'est cela l'écrivain véritable : rien n'existe en dehors de son oeuvre. Créer, c'est exclure. Sans une énorme capacité de refus, on ne peut rien faire. Nous sommes uniquement dans la mesure où rien n'existe pour nous que nous-mêmes, non point dans le sens moral mais, disons, métaphysique. »

E. M. Cioran, Cahiers 1957-1972, Gallimard NRF, 1997.
« Flaubert, attaques d’épilepsie dès la vingt-deuxième année. Pourquoi l’ai-je pratiqué si peu ? Sa maladie me le rend plus proche. »

Cioran, note de juillet 1965, Cahiers 1957-1972, Gallimard, 1987, p. 299.

Cyril Connolly

« Illumination : « La mélancolie elle-même n'est qu'un souvenir qui s'ignore. » FLAUBERT.
Le Soleil réveille de vieux souvenirs, la Brume en exhume d'autres, chacun faisant lever la fragrance des arbres ou le parfum des foins. »

Cyril Connolly, « La Clé des chants », in Le Tombeau de Palinure, Livre de poche / Biblio, 1993, p. 119.

Joseph Conrad

« On peut écrire des livres en toutes sortes d’endroits. L’inspiration verbale peut pénétrer dans la cabine d’un marin, à bord d’un navire pris dans les glaces sur une rivière, au milieu d’une ville ; et puisque les saints veillent, dit-on, avec bienveillance sur les humbles croyants, une aimable fantaisie me pousse à penser que l’ombre du vieux Flaubert, — qui s’imaginait être (entre autres choses) un descendant des Vikings, — planait avec un intérêt amusé au-dessus du pont d’un steamer de deux mille tonnes, du nom d’Adova, saisi par l’hiver inclément, le long d’un quai de Rouen, et à bord duquel je commençai le dixième chapitre de La Folie Almayer. Avec intérêt, dis-je, car le bon géant normand, à l’énorme moustache et à la voix de tonnerre, ne fut-il pas le dernier des romantiques ? Ne fut-il pas, par son éloignement du monde et par sa presque ascétique dévotion à son art, une sorte d’ermite et de saint littéraire ? »

Joseph Conrad, Des Souvenirs, traduit de l’anglais par G. Jean-Aubry, Gallimard, 1924, p. 43 (début du premier chapitre).

Péter Esterhàzy

« En premier lieu, comme d’habitude, je me tourne vers Flaubert. »

Péter Esterhàzy, « Le chapeau de Dieu », dans Aux gens du livre, essais & nouvelles, traduit du hongrois par Agnès Jarfas, éditions Exils, 2005.

Remy de Gourmont

« Il faut écrire facilement, que ce soit complètement un plaisir. C’est là être un écrivain. J’ai toujours pensé que les gens qui écrivent avec difficulté, écrire n’est pas leur affaire et n’est chez eux qu’un bovarysme. »

Remy de Gourmont, lettre à Paul Léautaud, le 8 janvier 1906.

Henry James

« Le pauvre Flaubert a été décortiqué à des fins exemplaires sur la table de dissection sous les yeux d’une assistance attentive - mais cela lui a pour ainsi dire donné l’opportunité de constituer un “cas” magnifique et hors du commun. »
Henry James, « Gustave Flaubert », article de 1893, repris et traduit dans Du roman considéré comme un des beaux-arts, Ch. Bourgois éditeur, 1987.

Hubert Juin

« Flaubert le voyeur, dans la caverne de Croisset, contemple l’autre Flaubert : le possédé. Dans le même temps, les OEuvres complètes montrent jusqu’à l’évidence comment le géant nerveux érige entre lui et la folie des murailles de fiches, de notes, de bibliographies, de lectures ardues. Tout le travail, ici, acharné, obligé, aigre, se transmue à la fois en effort vers la présence et en tentative éperdue de fuir. Là-dessus, la Correspondance fuse, met le coeur à nu, tire le dégoût au plein jour, colmate les brèches, et blesse ! L’homme hanté veut conjurer ses fantômes : ils les attire ! »

Hubert Juin, « L’Autre Flaubert » dans Lectures du XIXe siècle, collection 10/18, U.G.E., 1977, t. II.

Paul Léautaud

« Cinquante Flaubert pour un Stendhal ! C’est presque une devise que je vous offre ! »

Paul Léautaud, Entretien avec Jean de Gourmont, 1904.

Danilo Kis

« Flaubert nous a donc appris que le style est une entité en lui-même, et il nous a ainsi introduits dans la grande communauté des idiots et des martyrs. » (Les idiots et les martyrs, 1980)

« Flaubert est arrivé trop tôt ; c'est pourquoi il n'a pas pu rompre de façon radicale avec la tradition du genre réaliste, bien qu'il fût très près de trouver la solution. Son impuissance venait de ses doutes : il pressentait l'arbitraire du roman psychologique et ses limites... » (Flaubert et Borges, 1986)

Ces deux textes ont été traduits et repris ensemble, sous le titre « Deux variations sur Flaubert », dans Homo poeticus, trad. du serbo-croate par Pascale Delpech, Fayard, 1993.

Octave Mirbeau

« Oh ! elle est bien développée chez moi cette horreur des critiques littéraires ! Oh ! les monstres, les bandits ! Vous les voyez tous les jours baver sur Flaubert, vomir sur Villiers, se vanter d’ignorer Laforgue, ce pur génie français mort à vingt-sept ans, qu’on s’acharne à montrer comme un décadent et qui ne l’est pas pour un sou, et prendre Marmeladoff pour un poète russe qu’ils ignorent. Vous les voyez tous les jours s’emballer pour les idées infâmes et sur les oeuvres de bassesse, mettre le doigt, avec une sûreté miraculeuse, sur la médiocrité du jour, et s’étendre sur l’ordure et l’abjection, avec quelle complaisance porcine ! Oui, ils me dégoûtent bien, les critiques littéraires ! N’en parlons plus, nous voici arrivés… »

Octave Mirbeau, extrait de son interview par Jules Huret, L’Écho de Paris, 22 avril 1891 (réalisé à Pont-de-L’Arche, près de Rouen).

Philippe Muray

« Terrible découverte : Pinard, avec le temps, est devenu respectueux de la création artistique comme de la tradition laïque. Même s’il peut toujours rechuter. […] Pinard a lu Sade et Nabokov. Pinard en a marre d’hurler avec les vieux bigots : il a rejoint le camp des jeunes loups. Comme tout un chacun, Pinard a appris par coeur Lacan en fiches-cuisines. Il est donc capable, désormais, de distinguer la réalité de la fiction, ou le réel du symbolique. Avec son lourd passé, il sait qu’il ne peut plus s’offrir le moindre dérapage obscurantiste. Pinard est devenu moderne. Comme tout le monde. Comme les anti-Pinard. »
Philippe Muray, « Recherche Pinard désespérément », chronique de La Montagne, octobre 2002, reprise dans Moderne contre moderne, Les Belles Lettres, 2005.

« Christine Angot révèle que l’autofiction est une pathologie. Elle ne dit pas “Madame Bovary, c’est moi”, géniale déclaration qui consiste à introduire, malgré l’apparence, une différence entre Bovary et Flaubert, et qui est une définition du roman ; elle dit “Moi c’est moi et le reste aussi”. Tout ce qui passe à sa portée tombe dans son domaine public. D’où le ressassement, l’étouffement, la tautologie. »
Philippe Muray, « On rentre », entretien de septembre 2002, Le Figaro Magazine, repris dans Moderne contre moderne, Les Belles Lettres, 2005.

Vladimir Nabokov

« Pourquoi jongler avec le mot “bourgeois” à propos de Flaubert ? Tu sais très bien que chez Flaubert il ne s’agit pas d’une classe sociale. En d’autres termes, aux yeux de Marx, Flaubert était un “bourgeois” au sens marxiste, alors qu’aux yeux de Flaubert, Marx était un “bourgeois" au sens flaubertien”. »

Vladimir Nabokov, lettre du 4 janvier 1949 à Edmund Wilson, Correspondance Nabokov-Wilson, 1940-1971, trad. par Christine Raguet-Bouvard, éditions Rivages, 1988.

Pascal Pia

« Il serait injuste, et ridicule au dernier degré, de condamner les méthodes de travail de Flaubert : les résultats qu'il a obtenus plaident en leur faveur, et pourtant l'on se défend mal de penser qu'un peu moins de sens critique, un peu plus d'abandon à son génie naturel lui eussent facilité la tâche sans que son oeuvre fût appauvrie. »

Pascal Pia, « Carrefour », 10 juin 1964.

Gertrude Stein

« Tout ce que j’ai fait fut influencé par Flaubert et Cézanne et ceci me donna une sensibilité nouvelles à la composition. »

Gertrude Stein, « Interview transatlantique », traduit et publié par Marc Dachy, Luna Park, n° 7, Transedition, 1981.

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