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Madame Bovary,
intertextualité romanesque

2011. Olivier FRÉBOURG, Gaston et Gustave, Mercure de France
Compte rendu, par Damien Dauge.


2005. Kurt DRAWERT, Emma. Ein Weg [Emma. Un chemin], Sonderzahl, Vienne, 2005.


2000. Kathryn HARRISSON, La Société d'émancipation du pied (Titre original: The binding Chair or a Visit from the foot emancipation society, publié par Random House, New York.) 2001, éditions Jean-Claude Lattès pour la traduction française.
  
Une jeune Chinoise, fortement occidentalisée, se rebelle contre l'ancienne société chinoise qui impose aux femmes la torture des pieds bandés:
«... May découvrit deux nouveaux moyens de se consoler, de fuir.


L’opium. D’une efficacité comparable à la morphine, même si, dès sa première pipe, qui réveilla le souvenir douloureux de sa mère, elle fondit en larmes.


La littérature. D’une fiabilité nettement supérieure. Un roman, Madame Bovary, lui fit le même effet qu’un stupéfiant. Non tant à cause d’Emma - son personnage cessa de l’intéresser, lorsque la tête tournée par ses lectures elle devenait la proie de passions débridées -  que de l’échec de l’opération du pied de Charles. Au cours de ses nombreuses nuits d’insomnie, May se voyait l’épouse d’un docteur tel que Bovary. Et dans ses rêves (de ceux qui, lorsqu’ils arrivent enfin, déclenchent chez le rêveur une sensation de paralysie, d’étouffement), Bovary lui faisait subir les même essais infructueux que ceux qu’il avait infligés au pied-bot de l’infortuné Hippolyte. Il enfermait ses moignons dans des petites boîtes en métal ou en bois dont il serrait les vis, l’expédiant vers la folie et la mort. Une mort dont seule l’amputation la sauverait.» (p. 99-100).


1999. Catherine CUSSET, Le Problème avec Jane, Gallimard, coll. «Folio», 1999, rééd. 2001, p. 324-325
 
«La note racontait un malentendu entre Louise Colet et Gustave Flaubert. Alors qu'ils passaient devant une statue de Corneille à Paris, Louise s'était exclamée qu'elle sacrifierait toute la gloire de Corneille pour l'amour de Gustave. Au lieu de s'émouvoir de cette tendre déclaration, Flaubert s'était mis en colère : comment Louise pouvait-elle proférer une telle bêtise ? Louise avait été tellement blessée par cette rebuffade qu'elle avait transposé la scène dans son roman Lui : il était méprisable, l'homme à l'âme trop petite pour comprendre qu'une femme préférât l'amour à la gloire – l'homme ambitieux et froid qui préférait la gloire à l'amour d'une femme.


Mais si Flaubert s'était mis en colère, ce n'était pas parce qu'il jugeait la gloire plus importante que l'amour. La gloire n'était rien : juste la face sociale, extérieure, de l'art. Pour un puriste comme lui, il était insupportable qu'une femme qu'il aimait, une artiste, pût confondre l'art et la gloire, adoptant ainsi le point de vue des dilettantes qui ignoraient que l'art n'était rien d'autre qu'un progrès patient vers une perfection produite par le travail.»


1996. Miquel LLOR, A propos de Laura (1931)
  
Présentation dans la revue «Lire» n° 244 (avril 1996) de la réédition de ce roman (254 p., Chambon poche) :
«Ce roman fut l’un des premiers à être écrits en catalan. L’histoire de cette "Madame Bovary" barcelonaise, qui constitue une critique farouche de la société espagnole, fit scandale lors de sa parution en 1931. La destinée de Laura, une jeune femme qui débarque dans la petite ville de Vic ensevelie dans le brouillard la plus grande partie de l’année, a été adaptée au théâtre, puis au cinéma en 1987.»


1993. Timothy FINDLEY  (1930-2002), Le Chasseur de têtes (Headhunter)
Trad. de l'anglais (Canada) par Nésida Loyer, Le Serpent à Plumes, 1995, rééd. 1999
 
Ce foisonnant roman de Timothy Findley est avant tout une variation autour des personnages de Marlow et de Kurtz, «échappés» (littéralement ?) du roman de Joseph Conrad, Au coeur des ténèbres. Une ancienne bibliothécaire schizophrène, Lilah Kemp, est ainsi persuadé d'être responsable de l'évasion d'une bonne demi-douzaine de personnages.


Le Chasseur de têtes fait renaître à l'arrière-plan le Jay Gatsby de Fitzgerald, les trois soeurs de Tchekhov, et Emma Bovary. Ici, Emma Berry, lasse de son mariage avec un médecin (un chirurgien esthétique) et mère lointaine parfumée au Calèche trompe son ennui et son époux dans une voiture blanche aux vitres fumées, parcourant les faubourgs tandis que sa passagère y reçoit les hommages d'hommes de la bonne société.


Moins dans le détournement, le pastiche ou la caricature que dans l'hommage, Findley offre un roman-roman, c'est-à-dire un roman qui entretient une relation de dette avec une multitude d'ouvrages, en même temps qu'il procure un plaisir romanesque irrésistible.



1991. Batya GOUR, Meurtre à l'université, Un crime littéraire
 
Dans la bibliothèque du commissaire principal, Michaël Ohayon.
«Sur une étagère étaient rangés les livres auxquels il tenait le plus: les romans de John le Carré, en hébreu et en anglais, Poèmes d’autrefois, de Nathan Alterman, Poésie pratique, de David Avidan, Poèmes divers, de Nathan Zach et Vers libres de Shaùl Tirosh; Madame Bovary de Flaubert, deux essais de l’historien Florinski sur la Russie tsariste, des nouvelles de Tchekhov et de Gogol, plusieurs tomes de la Comédie humaine de Balzac, en français, Le Bruit et la fureur de Faulkner, Pour inventaire, de Yaakov Shabtaï et quelques numéros de la revue d’histoire Zmanim, dans laquelle il avait autrefois publié un article sur les guildes au Moyen Age.» (p. 163-164)
(Keter Publishing House, Jerusalem Ltd. 1991. Librairie Arthème Fayard, 1994. Poche n° 14998).


1988. Umberto ECO, Le Pendule de Foucault (traduction française en 1990)
 
Un personnage s'interroge sur le degré de foi à accorder aux simulacres que révèrent les participants à une soirée d'un culte ésotérique (Fin du chapitre 57).
«Ils ne sont pas différents de ceux qui vont dans un sanctuaire voir la Vierge noire aux robes brodées et recouvertes de cœurs en argent, dis-je à Belbo. Ils pensent peut-être que c’est là la mère du Christ en chair et en os ? Non, mais ils ne pensent pas non plus le contraire. Ils se plaisent à la similitude, ils sentent le spectacle comme vision, et la vision comme réalité.
— Oui, dit Belbo, mais le problème n’est pas de savoir si ces gens sont meilleurs ou pires que ceux qui vont au sanctuaire. J’étais en train de me demander qui nous sommes, nous. Nous qui croyons Hamlet plus vrai que notre concierge. Ai-je le droit de les juger, eux, moi qui rôde à la recherche de madame Bovary pour lui faire une scène?
Diotallevi hochait la tête et me disait à voix basse qu’on ne devrait pas reproduire d’images des choses divines, et que celles-ci étaient toutes des épiphanies du veau d’or. Mais ça l’amusait.» (Livre de Poche n°4301, 1999, p. 349)


1987. Leopoldo ALAS, dit CLARÍN, La Régente (1884-1885)

Dans l'introduction de l'édition Fayard de ce grand classique de la littérature espagnole, Yvan Lissorgues compare les deux héroïne féminines, puis les deux oeuvres:
«La réalité n’est donc pas seulement ce que l’on peut découper, isoler à l’aide d’un scalpel, la réalité a des racines mystérieuses, nécessairement spirituelles. La quête d’Ana Ozores est hautement spirituelle dans la mesure où elle est recherche d’une harmonie supérieure (impossible, certes, mais en permanente potentialité), qui est tout le contraire de cette béatitude à laquelle aspire désespérément Emma Bovary.» (p. 15)
«Il est aisé de voir qu'il existe des analogies de situation et même de point de vue entre La Régence et Madame Bovary. (Et pourtant, au plus haut niveau, les deux romans s’opposent. Comme l’écrit Gonzalo Sobejano, le plus profond commentateur de la Régente: «Madame Bovary est un roman antiromantique sur l’âme romantique dégradée, alors que La Régente est un roman romantique contre le monde antiromantique et un roman en hommage à l’âme belle et bonne, vaincue mais inadaptable ») (p.16-17)


1974. Ernesto SABATO, L'Ange des ténèbres, Prix du meilleur livre étranger, 1977
 
Dans une lettre adressée à l'un des personnages, le héros rend compte de sa visite en France sur les lieux supposés de Madame Bovary… C'est pour lui l'occasion de méditer sur les personnages de roman... Texte


1966. Sébastien JAPRISOT, La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil, Denoël

Dans la partie 2 «L'auto», l'héroïne, Dany Longo, rencontre un voyou, Philippe Filanteris, dont le narrateur évoque une aventure passée :
«La femme à la DS était mariée à un médecin d’Arles sans doute avait-elle fait son deuil de la voiture pour éviter un scandale. Philippe l’avait rencontrée à Roanne, où elle était venue voir il avait oublié qui à l’hospice des vieillards. Elle était timide, potelée, laissée à demi vierge par son mari, étourdie par son premier adultère au point d’acheter en route — à Tarare exactement — une édition de luxe de Madame Bovary : la poire de qualité sous cellophane» (repris en Folio policier, n° 43, p.145).


1921. Gaston CHÉRAU, Valentine Pacquault, Plon

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