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FAUST

Le Progrès national, organe des intérêts de l’Aube et de la Champagne, 21 novembre 1869

Chronique parisienne

Un autre livre didactique [autre que Nos fils de Michelet], ou à peu près, fait en ce moment un certain bruit dans le Landerneau (lisez sur les boulevards). Il s’agit du nouveau roman de M. Gustave Flaubert, l’auteur de Madame Bovary et de Salammbô. Cet ouvrage, en deux grands in-octavo, a pour titre L’Éducation sentimentale. On dit un peu, ça et là, que c’est une autobiographie enjolivée. On y raconte comment un jeune homme, nouvellement débarqué de Paris, a fait son apprentissage de galant. Les divers professeurs du sujet sont des femmes. Un tel sujet est souvent scabreux. Il ne manque pas de détails qu’on ne peut lire sans danger qu’après vingt ans sonnés. Comme l’action se passe de 1848 à 1852, on y raconte tout à tour deux grands drames politiques, les journées de juin et le coup d’État du 2 décembre. Il y a de la verve dans ces deux récits. Peut-être L’Éducation sentimentale aura-t-elle du succès ; mais pourquoi M. Gustave Flaubert a-t-il choisi un titre si bizarre ? Pourquoi le livre paraît-il en pleine crise électorale ?


[Le même journal a publié les 19 et 20 novembre le premier chapitre du roman, en le présentant ainsi : « M. Gustave Flaubert, l’auteur de Madame Bovary, cette incomparable photographie de la vie de province, publie chez MM. Michel Lévy Frères un nouveau roman sous ce titre : L’Éducation sentimentale, Histoire d’un jeune homme. Il nous est permis de donner à nos lecteurs un chapitre de ce roman, qui ne paraîtra que dans quelques jours, et dont la publication est un événement littéraire. »

Extraits cités dans Claude Chevreuil, « Nogent dans l’œuvre de Flaubert », Amis de Flaubert, n° 28, 1966, en ligne sur le site de l’Association des Amis de Flaubert et de Maupassant.]



[Document saisi et mis en ligne par Yvan Leclerc, décembre 2017.]


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