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Taxile DELORD
Le Siècle, 8 décembre 1862

SALAMMBÔ, par M. Gustave Flaubert

Muse savante et solennelle, qui inspira à Chateaubriand l'ambition dangereuse de transporter dans notre timide langage les beautés et les grâces des langues antiques, muse d'Eudore et de Cymodécée, salut !

Oui, c'est bien toi, je te reconnais malgré les perles de couleurs variées qui descendent en longues grappes de tes oreilles sur tes épaules, malgré le vermillon de tes joues et l'antimoine de tes paupières, malgré tes sandales coupées dans un plumage d'oiseau et reposant sur de hauts talons en bois de tamrapanni !

Tu n'avais ni fard, ni boucles d'oreilles, ni bandelettes d'or, lorsque, penchée sur Chateaubriand, ton souffle faisait passer dans sa prose le charme et la magie du génie antique. Il t'écoutait, muse classique, et à ta voix le désert s'embellissait, la solitude se peuplait de fantômes, les nuages soulevés flottaient comme des draperies sur les forêts de la Gaule où errait la vierge à la faucille d'or, pendant que la fille de Démodocus revenait avec sa nourrice de la fête de Diane Limnéenne par « une de ces nuits dont les ombres transparentes semblent craindre de cacher le beau ciel de la Grèce ».

Il ne s'agit plus, dans un harmonieux contraste, d'unir le christianisme au paganisme, Jupiter à Jéhovah, la Genèse à l'Odyssée, l'amour à la religion, l'histoire au roman ; elle est brisée, la douce lyre qui faisait ces miracles ; pour réveiller le poète, il ne suffit plus de la lyre, ni du scheminith à huit cordes, ni du kinnor qui en a dix, ni même du nébal, qui en douze. Muse, fais résonner les outres hérissées de tuyaux ; bats les tambourins à tour de bras ; mon cœur saute avec des salsalims qui claquent comme des ailes de sauterelles !

Muse, tu vas chanter les exploits du suffète Hamilcar dans cette guerre contre les Mercenaires unis aux Numides qui mit la fière Carthage à deux doigts de sa perte, et qui a inspiré à l'auteur de Mme Bovary toutes les belles descriptions dont il a farci son nouveau roman, Salammbô. Dis-nous donc les perfidies du suffète Hannon, les souffrances du suffète Giscon, les ruses de Spenthius, la trahison de Narr'Havas, la terreur et le désespoir de Carthage, l'enlèvement du zaïmph qui manqua de causer la ruine de la république ; dis-nous l'amour du Libyen Mâtho, qui était généralissime, c'est-à-dire shalischim des mercenaires, pour la fille d'Amilcar, la belle Salammbô, et conserve le souvenir des innombrables sièges et combats dont cette guerre a été marquée.

Commençons, d'après la règle usitée en pareil cas, par faire le dénombrement de l'armée qui va se ruer sur Carthage. Voici d'abord les chasseurs du Malethech-Baal et du Garaphos habillés de peaux de lion, les Gétules dans des cuirasses en peaux de serpent ; puis les Pharusiens portant de hautes couronnes faites de cire et de résine, et les Caunes, les Macares, les Tillabares, les nègres du Harousch blanc et du Harousch noir, du désert d'Augyles et même de la grande contrée d'Agazymba ; les hommes jaunâtres des forêts de cèdres d'au delà de Taggir. « Derrière tous les autres, des hommes à profil de bêtes et ricanant d'un rire idiot, misérables ravagés par de hideuses maladies, pygmées difformes, mulâtres d'un sexe ambigu, Albinos dont les yeux rouges clignotent au soleil. » Marchent ensuite les nomades du plateau de Barca, les bandits du cap Phiscus et du promontoire de Derné, ceux du Phazzana et de la Marmarique. Ils avaient traversé le désert en buvant aux puits saumâtres maçonnés avec des ossements de chameau ; les Zuaèces couverts de plumes d'autruches étaient venus sur des quadriges ; les garamantes, masqués d'un voile noir, assis en arrière sur leurs cavales peintes ; d'autres sur des ânes, sur des onagres, sur des onagres, sur des zèbres, sur des buffles ; et quelques-uns traînaient avec leurs familles et leurs idoles, le toit de leur cabane en forme de chaloupe.

Voyageant avec Eudore, ô muse, tu lui montrais les chefs-d'œuvre des arts, tu lui racontais l'histoire des villes et les vicissitudes de leurs peuples. Aujourd'hui, tu fais défiler devant nous des hommes et tu te contentes de nous apprendre ce qu'ils mangent.

« Il y avait des Ammoniens aux membres ridés par l'eau chaude des fontaines ; des Atarantes, qui maudissent le soleil ; des Troglodytes, qui enterrent en riant leurs morts sous des branches d'arbre, et les hideux Auséens, qui mangent des sauterelles ; les Achyrmachides, qui mangent des poux, et les Gysantes, qui mangent des singes. »

Poignards de bois, haches de pierre, tridents, sabres dentelés comme des scies, coutelas bifurqués en plusieurs branches, serpes, massues, poinçons, pas une invention de ces peuples pour donner la mort que tu ne décrives. « Les Éthiopiens du Bambotus cachent dans leurs cheveux de petits dards empoisonnés ; plusieurs ont apporté des cailloux dans des sacs ; d'autres, les mains vides, font claquer leurs dents. »

Mais là où tu triomphes vraiment, c'est sur la stratégie. À ta voix se meuvent les carrobalistes, les onagres, les scorpions, les tollénones, les béliers, les catapultes ! Tu as reconstruit l'hélépole de Démétrius Poliorcète ; nul ne s'entend mieux que toi à conduire les turmes de cavalerie, à former les syntagmes de carrés pleins, de seize hommes de chaque côté ; tu sais faire manœuvrer la phalange, « la resserrer, l'allonger, la présenter en carrés, en cônes, en rhombe, en trapèze, en pyramide ». J'aime à te voir commander l'exercice à la 4e dilochie de la 12e syntagme de la 1re phalange, et conduire les clinabares en brandissant ta sarisse.

Tu as aussi les talents de l'intendant militaire : tu sais combien de shakels d'or font de sicles d'argent ; combien on a de gomores de farine avec deux kilars d'or ; combien font six lunes à quatre mines par jour, et quel est le plus lourd du k'kommer de millet ou de betza de fruits secs !

Muse, je te féliciterais si le climat africain ne t'avait, à ce qu'il me semble, rendue insouciante sur d'autres objets non moins importants. En apprenant le métier de tailler des costumes, de brosser des décorations d'opéra, n'aurais-tu pas oublié l'art de conduire une action, d'animer les personnages d'un roman ? Il y a peut-être vingt batailles dans Salammbô, et c'est toujours la même bataille ; toujours les mêmes détails d'armures, d'étoffes, de costumes ; toujours les mêmes éléphants piétinant, écrasant, triturant, broyant, éventrant, perçant, fendant, déchiquetant les hommes. Dans toutes ces batailles, c'est la trompe qui a toujours le dernier mot. La trompe sauve Carthage. Honneur aux éléphants ! et allons relire cette belle et terrible bataille que tu dictas à l'auteur des Martyrs, et dont Augustin Thierry se souvient encore dans la préface des Récits mérovingiens.

Muse, l'Orient t'as rendue cruelle ; les massacres succèdent aux batailles, et aux massacres les boucheries : premier massacre des mercenaires entre eux au festin d'Hamilcar ; deuxième massacre des trois cents archers baléares restés à Carthage ; troisième massacre des deux mille mercenaires, prisonniers des Carthaginois ; quatrième massacre des quatre mille barbares enfermés dans le défilé de la Hache dévorés par les lions auxquels succèdent les chacals. Muse, tu as oublié les hyènes et les rats ; cinquième massacre des mercenaires qui sont parvenus à s'échapper ; sixième massacre auquel on ne sait quel nom donner, où les mercenaires s'égorgent entre eux, où « l'amant fait à son amante des adieux éternels » ; septième massacre des soixante amants et amantes qui survivent poignardés par les Carthaginois au moment où ils se penchent pour boire ; huitième massacre d'un millier d'enfants carthaginois immolés à Moloch !

Si j'oublie quelques menus massacres, le lecteur saura bien les retrouver dans le livre. Quant aux supplices, il me faudrait une colonne entière pour les énumérer : les épaules des esclaves ruissellent sous le fouet de rhinocéros, le fer rougi s'enfonce dans leurs chairs ; ce ne sont à chaque instant que gens mis en croix, décapités, étranglés, torturés de mille façons ; presque tous les acteurs de ce drame périssent de mort violente, et quelle mort ! Giscon précipité dans la fosse aux immondices en même temps que trois cents riches de Carthage, n'en est tiré que pour suivre sous le fouet l'armée des mercenaires ; jeté dans un fossé du camp, on lui rompt les jambes à coups de barre, afin qu'il ne puisse s'échapper, et il se traîne sur les coudes et sur les mains jusqu'à ce qu'on lui scie la tête avec une serpe.

Autharite, Spendius, Xarcas, Hannon sont crucifiés ; quant à Mâtho, lisez le récit de sa mort, qui termine le volume : c'est l'horrible qui finit par tourner au ridicule ; il n'y aurait qu'une complainte en cent couplets qui pourrait rendre compte dignement de ce supplice, qui ne dure pas moins de huit pages in-octavo.

Depuis dix ans bientôt que l'infortunée Mme Bovary a rendu le dernier soupir, courbé sur les livres, M. Gustave Flaubert n'a fait, dit-on, que lire et compulser ce que les auteurs anciens et modernes ont écrit sur Carthage. Il sait donc tout ce qu'on peut savoir sur cette civilisation punique dont on ne sait pas grand chose, ce qui ne veut pas dire qu'on n'ait noirci infiniment de papier à son sujet. Quant à moi, je ne voudrais point faire le savant, mais si mes souvenirs de collège sont fidèles, il me semble que le suffète Hannon vécut assez pour rendre à Annibal les plus mauvais offices. N'est-ce pas lui qui répondit au messager envoyé pour annoncer la victoire de Cannes et pour réclamer des secours : « Ton général n'en a pas besoin, s'il a remporté une si grande victoire ; et il ne la mérite pas, s'il nous envoie de faux rapports. » Il me semble aussi qu'au collège le gendre d'Hamilcar s'appelait Asdrabe, Carthaginois de pure race, choisi comme général par l'armée d'Espagne, après la mort de son beau-père, et non point Narr'Havas, un des roitelets de la Numidie.

Mais le romancier a ses privilèges, et à cela près on n'est pas plus carthaginois que M. Gustave Flaubert. Il sait que l'escalier de l'Acropole avait soixante marches, ni plus ni moins ; que le temple de Khamon était situé en face des Syssites, celui de Melkarth à la gauche d'Eschmoûn, et celui de Moloch au bas des citernes près du phare ; pour passer de Malqua, le quartier des marins et teinturiers, à Mégara, la ville neuve, au quartier Monceaux de Carthage, on traversait la rue de Satel, barrée la nuit par des chaînes attachées au nombril des dieux Pataeques.

À ces détails et à une foule d'autres du même genre dont ce long livre est plein, le lecteur ne serait pas fâché de joindre quelques renseignements sur la religion et les institutions de cette mystérieuse Carthage, mais bien que Salammbô soit tout à fait dans la haute dévotion et qu'elle ait de nombreuses conférences théologiques avec son directeur, le prêtre Schahabarim, qui lui explique la doctrine de la Rabetna, ces explications ne leur apprendraient pas grand'chose, et nous leur conseillons de se contenter des noms de Tanit, de la Rabetna, d'Anaïtis, d'Astarté, de Derceto, d'Astoreth, de Mylitta, d'Athara, d'Elissa, de Tiratha, d'Eschmoûn, de Kamon, de Malkart, d'Aptouknos, de Baal-Samin, Baal-Peor, Baal-Zeboub, de l'Iarbal de Libyen, de l'Aducmmelech de Chaldée, du Kijun de Syrie, du noir Nébo, du hideux Rahab, des Cabires trapus, des Pataeques au gros ventre frottés de beurre et de cinnamone, sans oublier les yidomins qui prédisent l'avenir avec un os de mort dans la bouche, les Kedenchims qui symbolisent l'hermaphrodisme à la divinité, les hiérodoules et les cynocéphales sacrés qui me rappellent, je ne sais trop pourquoi, les singes que Candide vit dans les Oreillons et qui mordaient les dames.

Quant aux institutions, au commerce, à l'industrie, à la politique de Carthage, l'auteur aime mieux consacrer un énorme chapitre à l'énumération des richesses d'Hamilcar que de nous en dire un seul mot. Les glossopètres, les abadirs tombés de la lune, les boules de Sandastrum, les topazes de Zabarca, les callaïs arrachés des montagnes à coups de fronde, les escarbouches formés par l'urine des lynx, les tyanos, les bérils, les colliers de gagates et les boîtes de psagas, voilà ce qui est vraiment digne d'occuper l'attention des gens d'intelligence. Ce qu'il y a de curieux et d'intéressant dans Hamilcar, croyez-vous que ce soit le suffète, le général, l'homme politique, pas du tout, c'est le négociant ; nous allons visiter les magasins et ouvrir son grand-livre : « À Stratoniclès de Corinthe et à trois marchands d'Alexandrie, dix milles drachmes athéniennes et douze talents d'or syriens. La nourriture des équipages s'élevant à vingt mines par mois pour une trirème... Prêté à Tigillas, jusqu'à la fin de la saison, deux kikars au dernier trois, intérêt maritime ; à Bar-Malkarth, quinze cents sicles sur le gage de trente esclaves »... Maintenant, ce sera piquant, nous allons surprendre ce grand homme fraudant et sophistiquant ses deniers comme le plus vulgaire des trafiquants : « En apercevant des paquets de nard qu'on emballait pour les pays d'outre-mer, il ordonna d'y mêler de l'antimoine, afin de le rendre plus lourd. »

Voilà sous quels traits on nous dépeint le général qui signa en frémissant la paix avec Rome, le sauveur de Carthage, le vainqueur de la Lusitanie et de l'Ibérie, le fondateur de Barcelone ; ainsi le veut le réalisme, croyant montrer des hommes, et n'habillant que des mannequins.

Hamilcar n'est pas un homme, c'est un prétexte pour nous montrer Annibal à dix ans, pas plus haut qu'un glaive romain et n'ayant peur ni des voleurs ni de l'ogresse [un mot illisible] : « Ses cheveux crépus ombrageaient son front bombé. On aurait dit que ses prunelles cherchaient des espaces. »

Hannon non plus n'est pas un homme, c'est une maladie cutanée. La première fois que nous le voyons, la maladie en est à son commencement ; un embonpoint monstrueux ralentit sa marche, « une lèpre pâle répandue sur son corps lui donne l'apparence d'une chose inerte ».

Quelque temps après, la maladie a déjà fait de terribles progrès, et il est douteux que des frictions de sang humain et d'une pâte composée « avec du froment, du soufre, du vin noir, du lait de chienne, de la myrrhe, du galbanum et du styrax », parviennent à soulager Hannon. Au conseil des anciens, il a beau peindre avec du fard les ulcères de sa figure et s'envelopper les mains de linges imbibés de parfums gras ; on sent que « le bouillon de vipère » lui-même sera impuissant contre le mal. Ses yeux disparaissent sous ses paupières tuméfiées, « de ses plaies violacées s'exhale une haleine plus nauséabonde que l'exhalaison d'un cadavre, un amas de peaux rugueuses lui pend sur le front »;  enfin, quand il est crucifié, « les ulcères couvrent cette masse sans nom, la graisse de ses jambes lui cache les ongles de pieds ; il pend à ses doigts comme des lambeaux verdâtres ; ses os spongieux ne tenant pas sous les fiches de fer, des portions de ses membres s'étaient détachées, et il ne restait à la croix que d'informes débris pareils à ces fragments d'oiseaux suspendus contre la porte des chasseurs ». Est-ce un homme que M. Gustave Flaubert a voulu peindre ou l'éléphantiasis ?

Mettez la main sur le cœur de Salammbô ; [deux mots illisibles] pas. Soit qu'elle gémisse sur les poissons des Barca descendant de ces lottes primordiales qui firent éclore l'œuf mystique de la déesse, soit qu'elle « dise » l'ascension des montagnes d'Ersiphonie, le voyage à Tartessus et la guerre contre Masisabal pour venger la reine des serpents ; soit qu'elle chante Tanit, blanche, douce, lumineuse, immaculée, purifiante, auxiliatrice, sereine, c'est la voix d'un fantôme qu'on entend.

Est-ce Velléda ou Judith ? meurt-elle pour avoir aimé l'ennemi de sa race et de ses dieux ? donne t-elle son honneur pour sauver sa patrie ? Ni l'un ni l'autre ; elle veut reprendre le zaïmph que Mâtho a dérobé. Il est là, le barbare, endormi sur la couche qu'elle a partagée, « un sourire écartant ses dents, elles brillaient entre sa barbe noire, et dans ses paupières à demi closes, il y avait une gaieté silencieuse et un sourire presque outrageant ». C'est l'Holopherne d'Horace Vernet. Salammbô sort de sa tente, et au lieu d'une tête elle tient un voile à la main.

Comme elle a appartenu au chef nubien, elle appartiendra au roitelet numide ; c'est une statue : revêtez-la des plus beaux costumes, couvrez-la de perles, de diamants, brûlez des parfums à ses pieds ; c'est en vain que vous la frottez « du sang d'un chien noir égorgé par des femmes stériles, une nuit d'hiver, dans les décombres d'un sépulcre », le sang ne circulera pas sous le marbre. A-t-elle vécu ? pourquoi meurt-elle ?

Mâtho, malgré ses cris et ses rugissements qui remplissent le volume, n'est en définitive qu'un amoureux transi qui s'endort après avoir « écrasé ses lèvres » sur les mains de la fille du suffète, et qui la laisse partir tranquillement enveloppée de son éternel zaïmph.

Ce qui manque ici, ce n'est pas le talent ; M. Gustave Flaubert est le vrai chef de l'école descriptive réaliste ; c'est l'amour, c'est la passion, « orages du cœur, c'est une goutte de votre pluie » ! Las de l'attendre, accablé par la poussière et par la chaleur de cette longue lecture, je m'endormis, et j'eus un songe : Du haut de l'Olympe, Fénelon et Chateaubriand regardaient en souriant des hommes rangés en cercle sur des nuages en forme de vessies ; tous étaient assis sur leurs œuvres complètes, parmi lesquels brillaient les titres de nombreux romans grecs, romains, assyriens, indiens, mèdes, persans, mexicains, péruviens et même carthaginois ; les auteurs morts figuraient à côté des auteurs vivants encore aujourd'hui. Au milieu d'eux, je reconnus l'auteur de Salammbô, en costume libyen, repoussant avec horreur les couronnes que lui tendait Marmontel d'un air un peu effarouché : « Tu as beau nous repousser, lui disait-il, nous sommes tes pères, tes ancêtres, tes lottes primordiales. » Plus brave, en sa qualité de capitaine de dragons, Florian se glissant par derrière, remplaça brusquement par sa perruque la gueule de lion qui servait de casque à M. Gustave Flaubert, et... je me réveillai !

[Document saisi par Virginie Basquin, 2002. Mise en ligne par Emmanuel Vincent, 2006.]


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