Correspondance de Flaubert
Flaubert à Laure de Maupassant, Paris, 02 septembre 1869
Correspondant
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À LAURE DE MAUPASSANT

 

[Paris, 2 septembre 1869.]

2 7bre.

 

Je te remercie bien de ton obligeance ma bonne Laure. Ton petit mot à Mr Danton sera très utile. – & j’espère que G. [Georges] Pouchet sera rétabli au Muséum.

Hélas, non ! Je n’irai pas à Étretat. À peine si j’aurai le temps d’aller à Dieppe passer un dimanche. Je manque de parole à Du Camp, au père Cloquet et à Me Sand. – Mais la Mort est plus forte que tout. Celle de Bouilhet qui a bouleversé ma vie a dérangé mes projets de vacances. J’ai à m’occuper maintenant 1° de ses affaires, – 2° de mon roman et 3° de mon emménagement rue Murillo.

Toutes les douleurs se tiennent. Comme j’ai pensé à mon pauvre Alfred dans ces derniers temps ! Mais quand je l’ai perdu j’étais plus jeune &, partant, plus robuste qu’aujourd’hui ! Je me sens très vieux & fatigué jusque dans la moelle des os.

Tu reviens sans doute à Rouen vers le commencement d’octobre ? – Je serai forcé d’être à Croisset, au milieu de novembre, pendant une huitaine de jours. Alors je pourrai te voir. J’ai gd besoin de passer avec toi un long après-midi, au coin du feu.

 

Je t’embrasse de tout mon cœur ma chère Laure,

ton vieil ami.

Gve Flaubert