Correspondance de Flaubert
Flaubert à Frédéric Baudry, Croisset, 08 juin 1874
Correspondant
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À FRÉDÉRIC BAUDRY

 

[Croisset, 8 juin 1874.]

8 juin Croisset

 

Merci, mon cher vieux, pr deux vos deux élucubrations agricoles qui me semblent à première vue, splendides de bêtise.

Vous me demandez si je ne suis pas effrayé par le développement d'icelle (la bêtise) mais, mon bon, je ne fais pas autre chose que de vouloir en montrer, en décrire l'étendue. La moralité de votre ami consiste en cela.

Je crois que le problème social consiste à la refouler au second plan. Quant à l'anéantir, c'est impossible. En attendant, nous n'avons qu'une chose à faire : [illis.] l'analyser. Un mal connu est à moitié guéri. Ah ! que nous sommes loin de la santé !

                   ___

J'ai, ce soir, dîné avec votre frère chez Lapierre & je l'ai trouvé en très bon état, bonne figure & bonne humeur.

Dans une quinzaine de jours je m'en irai en Suisse, pr respirer pendant un mois sur un haut sommet, afin de me dépaffer & de me dénévropathiser.

Quand nous reverrons-nous ? au mois d'août probablement !

Pour le quart d'heure je suis en train de lire le livre de Haeckel sur la création naturelle lequel m'amuse beaucoup.

 

Adieu, mon cher vieux.

Je vous embrasse.

Votre

Gve Flaubert