Correspondance de Flaubert
Flaubert à Caroline Commanville, Croisset, 11 octobre 1874
Correspondant
Notice

 

À SA NIÈCE CAROLINE

 

[Croisset, 11 octobre 1874.]

Dimanche

 

Weinschenk, Zola & Banville m'ont répondu que : je ne serais pas appelé à Paris, avant la Ière quinzaine de Décembre. Donc, mon pauvre loulou, tu vas pouvoir passer à Croisset tout le mois de novembre, comme c'était ton intention. Tu sais que je compte là-dessus absolument. & si tu me faisais la « crasse » de manquer à ta parole je serais indigné, ou plutôt déçu, car Vieux ne peut s'indigner contre sa chère fille.

La pièce de Zola sera jouée vers le 25. J'irai voir la répétition & la Ière, tant pr l'auteur que pr moi-même. Ce sera un dérangement de deux jours – après la pièce de Zola, on jouera (par charité), Le Mangeur de fer d'Ed. Plouvier qui crève de misère & de maladie. Je pourrais réclamer mon tour, mais je n'en fais rien, d'autant plus que ce retard m'arrange.

J'aurai le temps d'ici là de mettre bien en train mon premier chapitre (celui de l'agriculture), lequel commence à se dessiner nettement dans mon imaginative. – Mon Prologue sera fait demain. Il me manque, pr l'avoir fini, de m'être promené avec la nuit avec une chandelle dans le potager, excursion que je vais accomplir ce soir.

Il est probable que Samedi prochain j'irai avec Laporte voir la ferme modèle de Lisors.

As-tu trouvé des serviteurs ?

Vite une réponse définitive sur tes projets.

N.B. — Que faut-il que j'écrive au fermier de Deauville ?

Comment se sont comportés les Censier ?

 

Adieu pauvre chat. À bientôt, enfin.

Deux bons baisers de

Vieux.