Correspondance de Flaubert
Flaubert à Edmond Laporte, Paris, 11 septembre 1877
Correspondant
Notice

 

À EDMOND LAPORTE

 

[Paris, 11 septembre 1877.]

mardi

 

J'envoie à Guy son portrait. Quelle merveille ! mais qui est ce bonhomme ? Quand vous irez à Rouen, achetez-en encore deux ou trois pr moi, je mettrai au-dessous ma signature et l'enverrai comme souvenir à différentes personnes.

Maintenant, mon bon, causons de choses sérieuses.

Je serai à Croisset lundi vers 4 heures. Voulez-vous y venir dîner & coucher ? Nous partirons le lendemain matin, à moins que je ne sois obligé de retarder mon départ de vingt-quatre heures, vu la question du blanchissage, et peut-être parce que Caro reviendra ce jour-là même ? Rien n'est encore décidé à ce sujet.

En tout cas le mercredi matin 19 courant au plus tard, nous filons vers Séez. Avez-vous réglé l'itinéraire ? Je me procurerai une bonne carte du Calvados.

J'écris à Pennetier pr savoir jusques à quand reste ouverte l'exposition du Havre.

Je nous ai acheté deux bâtons de voyage, aussi n'apportez pas de canne.

Ah ! mon pauvre vieux, quel plaisir je me promets de ce petit voyage ! Je vous préviens que je le ferai durer le plus longtemps possible. Rien ne me presse d'ailleurs, il faut absorber lentement les choses pr que la digestion soit bonne.

Moi aussi j'ai assisté aux funérailles du père Thiers. Elles m'ont fortement empoigné.

Le père Baudry veut qu'on « guillotine Lizot » (sic). Voilà où en sont les gens modérés.

Re-m… pour Mac Mahon.

Un mot de réponse pour que je sache l'heure à laquelle je verrai mon Asiatique.

Avez-vous fini le travail des notes sur l'Agriculture et la Médecine ? Dans ce cas-là apportez les paperasses.

Depuis dix jours votre Géant a . . . . , sans compter les fioritures !

 

Il vous embrasse.

Tout à vous.

Aulus.