Correspondance de Flaubert
Flaubert à Edmond Laporte, Paris, 11 mars 1878
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À EDMOND LAPORTE

 

[Paris, lundi 11 mars ? 1878.]

nuit de Dimanche

1 h

 

Mon vieux Bab

Vous êtes invité à venir Samedi prochain déjeuner chez le Ministre de l'instruction publique à 11 h 1/2.

Voilà le résumé de la conversation que je viens d'avoir avec lui, à trois reprises différentes. Le dialogue a été long & sérieux. D'Osmoy qui m'a l'air du vice-ministre, je parle très sérieusement, veut vous nommer directeur des Gobelins (sic) à la place de Darcel qu'on se propose de foutre à la porte. (C'est un secret d'État). J'ai dit que vous n'en demandiez pas tant. –Mais une place médiocre est plus difficile à avoir qu'une très belle.

– Nous avons parlé de beaucoup de choses mais partout il faut des titres ou des précédents. En résumé, on va faire des nettoyages importants. & il y aura une place pr vous. Je n'en doute pas.

Bardoux est simplement adorable. Il a, de lui-même, travaillé déjà pr que l'on reprenne une pièce de Bouilhet.

Quant à Leplé [Le Plé], je regarde la chose comme faite ?. Cependant, ne lui annoncez rien de positif, mais vous pouvez lui dire que j'ai remis sa note, en l'appuyant chaudement. Je n'ai pas manqué de dire ce qu'il a fait pr le buste. Je reparlerai de lui samedi.

Donc, mon vieux, ne manquez pas d'être à Paris vendredi soir. – Ce jour-là, je dîne chez Baudry. & je ne serai guère rentré avant 11 heures, ou minuit. – Si vous voulez venir vous m'attendrez. Sinon, soyez chez moi samedi matin vers 9 heures pr que nous ayons le temps de causer avant d'aller déjeuner rue de Grenelle.

J'attends de vous un mot de réponse immédiate soit par lettre ou par télégraphe.

Je vous embrasse.

 

Votre vieux

Gve

 

Il faut venir samedi même si vous aviez les quatre membres cassés. J'ai choisi le jour.

« Plus de conscription !

plus de droits réunis ! »