Correspondance de Flaubert
Alfred Le Poittevin à Flaubert, Fécamp, 23 septembre 1843
Correspondant
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ALFRED LE POITTEVIN À GUSTAVE FLAUBERT

 

[Fécamp, 23 septembre 1843.]

 

Pardon de cette petite lettre, mon cher Gustave, mais je t'envoie mon dernier morceau de papier. Je m'occupe à faire disposer la chambre qui doit te recevoir, mon père occupant celle où tu descends habituellement. Elle sera prête de samedi prochain en huit ; fais donc tes préparatifs pour cette époque, et apprête-toi à venir voir une famille de malades.

La maladie paraît cependant vouloir nous donner un peu de répit. Mon père va mieux, et je coule considérablement moins. Je te prie d'en faire part à ton père, et de lui dire que je compte lui revenir guéri. L'orchite et le canal se rétablissent. J'espère que ton père n'aura plus à me guérir des mêmes accidents, quoiqu'il m'ait traité avec une sollicitude à laquelle je te prie de lui dire que j'ai été sensible. Je me propose bien au reste de l'en remercier à mon retour.

Je viens de lire la philosophie de Kant, et je m'occupe de L'Esthétique de Hegel. Et tradidit mundum disputationibus.

Et toi, vieux Moechus, que fais-tu de la vie ? Analyses-tu toujours Plaute, et fais-tu toujours le désespoir des bourgeois de Nogent, en refusant de parler littérature ?

Adieu, présente mes amitiés à ta famille, celles de la mienne, et réponds-moi vite.

Je t'embrasse.

 

Alfred.