Cicéron, Le Songe de Scipion - 1 recto
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                       le Songe de Scipion

 
l’ame emanation des      
                      astres.  X
« leur âme est une emanation de ces feux eternels que vous nommez
constellations, etoiles, et qui corps spheriques et arrondis, animés
par des esprits divins font leurs revolutions et parcourent leurs orbitres[1]
avec une incroyable celerité[2]»
                    ——
« c’etait ce cercle dont la blanche lumière se distingue entre les feux celestes
et que d’après les Grecs vous nommez voie lactée. De là etendant mes
regards sur l’univers j’etais emerveillé de la majesté des objets. J’admirais
des etoiles que de la terre où nous sommes nos yeux n’aperçurent
jamais : c’etait[3] partout des distances ou des grandeurs dont nous
n’avons jamais pu nous douter[4] »
                              ——
 neuf sphères.
    Neuf cercles ou plutot neuf globes enlacés composent la chaine
universelle. Le plus elevé le plus lointain celui qui enveloppe tout le
reste est le souverain Dieu lui même qui dirige et qui contient
tous les autres. à ce ciel sont attachés les etoiles fixes qu’il entraine
avec lui dans son eternelle revolution : plus bas roulent sept astres
dont le mouvement retrograde est contraire à celui de l’orbe
terrestre. puis le premier de ces astres est Saturne, Pui puis
Jupiter, Mars : « ensuite presqu’au centre de cette region
domine le soleil, chef, roi, moderateur des autres flambeaux celestes
intelligence et principe regulateur du monde qui par son
immensité eclaire et remplit tout de sa lumière » après lui
Venus. et Mercure. le dernier cercle est celui de la lune « au dessous
il n’y a plus rien que de mortel et de perissable, à l’exeption[5]
des ames données à la race humaine par le bienfait des dieux.
x
Au dessus de la lune tout est eternel. pour votre terre, immobile
et abaissée au milieu du monde elle forme la neuvième sphère
et tous les corps gravitent vers ce centre commun[6]»
   
  Notes sur « Le Songe de Scipion », Ms. g 477, f° 1r°
Oeuvres de Macrobe, tome I, traduction par Ch. de Rosoy, 1827, Firman Didot.

[Transcription de Atsuko OGANE]     
  
Notes :
Œuvres de Macrobe, « Le Songe de Scipion », traduite par Ch. de Rosoy, t. I, Paris, Firmin Didot, 1827. « orbitres » mis pour « orbites ».
Ibid., VI, p. 7.
3 Lapsus de Flaubert. « était » mis pour « étaient ».
Ibid., VII, p. 7-8.
5 « exeption » mis pour « exception ».
Ibid., VIII, p. 8-9. Flaubert met entre guillemets les propos de l’aïeul de Scipion, Scipion l’Africain (Publius Cornelius Scipio Africanus), pour les différencier des explications abrégées pour chaque astre.